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Histoires Coquines - La libertine

Ecrit par petitlapinou publié le 10/12/2007 à 5:04

La libertine

  • — Demain, ce sera un peu tard, ma chérie, il faut que tu te décides aujourd’hui, je dirais même maintenant.

Les deux femmes se faisaient face, tendues, avec cet air d’affection qu’empruntent les vrais antagonismes, ce sourire qui ne révèle que les dents. Pour mieux mordre.

  • — Ça fait deux ans que tu me donnes des ordres, que tu règles ma vie, que je m’habille comme il te plaît, deux ans que je suis tes pas et assiste aux spectacles que tu aimes.

La tonalité monte, va crescendo de sweet whispering à fortissimo. La cadence s’accélère et les cheveux s’agitent en faisant des vagues rousses.

  • — Mais, ma pauvre chérie, qu’aurais-tu fait d’autre ? Si je n’étais pas là pour t’assurer un petit vernis, tu continuerais à triturer des bassins de malades.
  • — Et pour me sauter.
  • — Tu t’en plains, je t’ai toujours entendue roucouler. Et quel vilain mot, « sauter », va vers les mâles si tu veux l’employer. Et en voilà assez, ou nous partons en Italie ou tu fais tes bagages, mais toute seule et pour la destination qui te plaira, papa-maman, je suppose.
  • — Tu sais très bien que je ne céderai pas et tu auras du mal à trouver une fille qui te supporte. D’ailleurs, je me demande si ce n’est pas ce que tu cherches, m’exaspérer pour changer de partenaire dans ton jeu. Mais tu vieillis, ma grande, tes petits tétés commencent à fléchir, tu as besoin de Nivea maturité. Tu commences à réparer, bientôt le lift.
  • — Je crois que tout est dit, tu as franchi la ligne jaune…
  • — Blanche la ligne… jaune, c’est de ton temps, il y a vingt ans.

La parole devient sifflement, récupérant dans sa modulation venimeuse toutes les petites rancœurs des matins gluants, la présence obligatoire de ce corps tout nu qui réclame, la nécessité d’aller à la fontaine intime, les efforts consentis, et aujourd’hui insupportables, pour les jours difficiles et néanmoins exigeants.
Les odeurs se repoussent et on évoque, avant de les dire, mais le fera-t-on, les petits haut-le-cœur des écouvillons d’oreille, des cheveux sur la brosse ou de la culotte abandonnée sur le bord du lavabo. Elles se voient tout à coup telles qu’elles sont, achetant du papier toilette ou enrhumées. Elles passent de la publicité pour cosmétique à la réalité du tampon périodique.

  • — Odieuse, tu es odieuse, mais comment ai-je fait pour t’aimer ?
  • — Je t’en prie, pas de mot dont tu ignores le sens, tu es seulement venue respirer mes cuisses, tu t’es régalée, c’est tout, parce que j’ai quinze ans de moins que toi.
  • — Tu baisses dans tes injures, tu deviens sotte, c’est pire que tout. Je t’aurais gardée mauvaise ; stupide tu ne m’intéresses pas, allez, je ne veux plus te voir quand je rentrerai. Ou plutôt, non, tu vas déguerpir, me rendre les clefs de la maison et j’attends.

Il n’est jamais bon de faire sa valise en étant en colère. On a du mal à plier son linge, à se souvenir des pots de crème et à qui appartient le sèche-cheveux. Mariées, pacsées, unies librement, le départ sera toujours un moment de perplexité.

  • — Mais c’est parfait, je ne vais pas te donner le plaisir de contester ce que j’emporte, tu feras mes bagages, et tu me les enverras à l’adresse de Maëlle, ma sœur, tu sais, celle qui t’intéressait bigrement quand tu allais la respirer sous les bras.
  • — Dehors.

Une porte qui se referme, fermement fermée d’une main ferme comme on enferme l’enfermement dans son passé, une voiture qui démarre un peu vite, et Madame se retrouve là, entre rire et colère, les mains au début d’un geste qui aurait été celui de l’indulgence quand elles se tendent en se retournant, les paumes vers le haut, laissant apparaître la pulpe et non les ongles.
Certes, il va falloir évacuer la présence de Mademoiselle, son parfum, son odeur, ses petits slips et ses chemisiers, ne pas oublier la robe dite « de soirée », ah et puis, son manteau, mais il y en a pour des heures à tout emballer. La fin de ce déménagement sans meubles meublants sera laborieuse, surtout quand on en sera aux épingles à cheveux et à la boîte d’ovules.
Madame sent une émotion la traverser, vite chassée, ce n’est pas le moment encore de penser. Bientôt, il faudra faire revivre le doux ventre rond de Mademoiselle, sa poitrine longue et ce si joli duvet qui garnit son sexe et ses aisselles.
Cette nuit encore, malgré les piaillements annonciateurs de la migration, elles se sont affrontées au déduit. Sur la langue, malgré le thé du matin, elle a encore la saveur de ce petit abricot qui savait si bien s’ouvrir pour dire « viens » et de ce geste charmant qu’elle a pour lui prendre la tête et la caresser en la maintenant entre les jambes.
Oui, elle faisait ça très bien, elle ne se serait jamais déshabillée sans jeter un regard par-dessus son épaule, pour dire avec les yeux avant le corps qu’elle allait être nue bientôt.
Ce n’est pas une raison pour mettre à sac un projet, sans aucune raison ; c’est charmant, l’Italie. D’ailleurs, avant de faire les bagages de Mademoiselle, Madame va finir les siens, ils sentent déjà le départ, les bijoux étrusques, les fresques du Tiepolo et la côte amalfitaine. Quelle sotte, je lui aurais fait connaître des comtesses, authentiques. On aurait dormi à Vicenza, aux Due Mori puis on serait descendues dans le tacco, tout au long de l’Adriatique.
C’est délicieux de jouer en Italie. Très peu d’État, la vie à la fois sauvage et civilisée. Qu’elle était charmante cette comtesse, pauvre, mélancolique qui savait si bien renverser le buste en arrière pour dire qu’elle était prête à tous les outrages, pourvu qu’ils soient féminins. Mais il est indéniable que Mademoiselle avait quelque chose de la Comtesse, la façon de se donner sans se vendre.
Il faudra penser à emporter les livres d’histoire, surtout Venise et Napoléon, puis non, le séjour à Venise n’est pas utile, il faudrait pour cela être amoureuse – oh là là, ses seins, comme ils étaient tendres à croquer tout en passant une main légère entre ses jambes pour sentir le relief de ses fesses et mine de rien, pointer un index qui laissait présager d’autres pénétrations…

oooOOOooo

Mademoiselle peste (verbe ou substantif adjectivé ?), se venge sur sa petite auto, comme on le fait quand on est ardente et fâchée.
Tout d’un coup, son emportement lui paraît factice ; prétexte ? Quel autre sens donner à cette foucade de refuser de partir en Italie parce qu’elle aurait voulu répondre à une invitation pour une fin de semaine « grillades ». Sans doute la lassitude du couple et la vigoureuse revendication de la jeunesse.
Il faut maintenant être cohérente ; il faut aller à la cochonnaille, côte d’agneau, brochette-merguez-taboulé-partie. Même seule, en ayant sans doute un peu de mal à se justifier. Madame soigne sa maladie intello, oui, ça peut passer.
Mademoiselle sourit, la nuit a été belle, Madame a été très bonne, elle a usé de toute sa science, oh ce petit bout de langue pointue qui sait se fourrer partout, même… enfin… oui, là, mais comment fait-elle pour aller si loin ? Il faut reconnaître qu’elle est bien faite, et qu’elle sait se rendre attrayante, ah ses doigts, sa façon de frôler la peau, jusqu’à en sentir le frémissement, son habileté à préparer l’exigence, en faisant que le bassin vienne au-devant des désirs et reçoive dans sa coupe secrète les dilatations les plus diverses. L’audace, dans ce domaine, c’est presque le quotidien. Elle a tout fait accueillir à ce jeune ventre, depuis les doigts subtils jusqu’aux plus grossiers jouets de latex. Elle ne recule devant rien. En disant recule, Mademoiselle pense surtout à « cule », elle sent toute l’incongruité et le pouvoir de cette sotte aphérèse. Tout ce qui peut faire penser au corps la tarabuste, presque elle aurait chargé cette grosse fille aux cuisses de leveur de fonte avec son sac à dos, qui a agité la main sur le bord de la route, rien que pour conjurer l‘image tanagra de Madame.
Elle rit.
Non, cette « gonzesse » doit avoir une culotte en coton qui sent la transpiration et la toilette sommaire. Et en plus, elle cachait peut-être un bouc dans le fossé qui se serait montré au dernier moment, avec l’inévitable barbichette et la chemise à carreaux. Et ils auraient fait des plaisanteries idiotes en se vantant de leurs voyages imaginés ou projetés. Foutus d’aller à Katmandou, ces débiles. Pas possible d’être aussi bêtes. Ils ont voté pour qui ? Arlette, c’est sûr.
Ce débridage des idées la met en joie, elle envoie valser Chopin, roussir Vivaldi, et périr d’ennui Wagner. Ces expos ! Madame, ne tenant plus, trépignant comme une fillette pour aller béer chez De Staël ou Mondrian quand ce n’était pas, comment déjà ? Poulet, non, merde, ah oui, Poussin.
Tout ça passe très vite dans une tête folle et on voit encore dans le rétroviseur le geste un peu désespéré mais amical de la grosse fille au sac à dos qui, apparemment, continue de marcher, seule. Un bon mouvement en entraîne un autre et les deux mobiles vont à la rencontre l’un de l’autre, celui d’acier en reculant, celui de toile et de chair en trottinant.
C’est vraiment une grosse fille, avec un sourire de chef scout. Elle trouve que c’est « chic » de s’arrêter et s’inquiète du dérangement. Elle va jusqu’en Avignon, si c’est possible, mais partout avant ça sera aussi bien parce qu’elle est fatiguée et que si elle marche seule c’est qu’elle va rejoindre un groupe de copains qui n’a pas pu l’attendre au départ, elle avait du travail à la clinique, avec l’été, et puis, elle a dû refuser des hommes seuls qui l’auraient bien prise à bord, mais on sait jamais, vous comprenez ?
Mademoiselle s’en fout.
Elle aimerait, rien que pour voir, envoyer sa main entre les jambes de cette chair pas canon. Dans son cerveau compliqué germe cette idée que, si elle pouvait se taper cette nana grassouillette, elle retournerait chez Madame en demandant pardon puis l’embrasserait avec, sur les lèvres et sur les doigts l’odeur de l’autre. Rien que pour l’humilier puis s’enfuir pour de bon en éclatant de rire.
Nadine est sereine, elle peut laisser aller son corps, muscles au repos, elle n’est pas fille, elle est chair lasse, depuis les trois jours qu’elle force ses jambes, par défi, par provocation aussi. Se forcer à rattraper les autres, ce n‘était pas nécessaire, elle aurait pu prendre le train, mais elle jubile d’être meilleure que les autres, d’être admirée pour son effort.
Elle n’a d’ailleurs pas demandé à cette voiture de s’arrêter, juste, elle a fait un signe, comme ça, parce qu’une jolie fille qui conduit c’est toujours agréable à regarder. Mais elle a accepté de tricher un peu, par égard pour ses propres pieds.

  • — Ça vous embêterait si j’enlevais un moment mes chaussures ?
  • — Penses-tu, et même si tu veux te mettre à l’aise, je suis plutôt pour.

Silence, le temps de se déchausser.

  • — Vous prenez souvent des gens en stop ?
  • — Non, mais toi, je sais pas, un petit coup de cœur.
  • — De cœur ?
  • — On peut dire ça, parce que j’ai le cœur de ce côté.

Nadine se tasse un peu, son esprit se brouille, l’allusion est claire, le geste est possible, le fantasme prend corps, le retrait se dilue. Elle sait ce qu’elle est, une fille, ni moche ni belle, treize à la douzaine, elle connaît la résignation après l’aventure manquée avec un collègue, les bafouillis, les promesses et les plaisirs moyens.

  • — Vous voulez dire que vous aimez les filles ?
  • — Ça te ferait mal de me tutoyer ? Oui, c’est vrai, je suis comme ça, mais disons que j’aime les femmes, plutôt.
  • — Ça fait une différence ?
  • — Pour moi, oui, j’aime les femmes parce qu’on est les doubles les unes des autres, on se mime et quand on est nues, le physique de l’autre, c’est le mien.

Mademoiselle a parlé sans réfléchir, spontanément, mais elle sait que cette idée elle la doit à Madame. Nadine l’a ressentie comme un cadeau. Elle n’a jamais eu d’idée sur les femmes, sauf par comparaison, et personne ne lui a jamais dit une chose aussi sensible. Cette jolie fille n’est pas une concurrente, elle est une semblable, mais pour ça, il faut être nues. Elle sent la main sur sa cuisse, qui tapote, puis s’arrête et glisse, de haut en bas, de bas en haut, accompagnant des mots rassurants.

  • — Tu ne risques rien, et puis, si je t’embête, je ne dirai plus rien.

Mademoiselle ricane encore un peu, tout en sentant son manège tourner de plus en plus.

« Il ne faudrait pas faire trop de chemin, sinon, Madame sera partie avant que je revienne, oh puis flûte, on verra bien. »
Et les mots de se former, et les doigts de se décrisper. Nadine est presque tremblante.

  • — Tu sais, ça va trop vite pour moi, je n’ai jamais pensé à un truc pareil, et on n’est pas dans une nouvelle érotique. Je tiens à moi. C’est comme ça, les femmes ? À la hussarde ?

Mademoiselle est mouchée. Quelques kilomètres défilent en silence, de ces moments que seule une petite voix timide pourrait interrompre, du moins dans la quasi-totalité des cas recensés à ce jour.

  • — Excuse-moi, je n’ai pas réfléchi, j’ai été sotte, mais ça n’enlève rien, ça déforme seulement, oui, c’est vrai, je peux te draguer, t’enfermer dans mon monde, sauf que tu es rentrée dans le mien par effraction et que je te l’ai dit sans rien savoir de toi. Oui, c’est aussi ça, les femmes. La jubilation.

Dans le même temps, Nadine se rend compte qu’elle est atteinte par quelque chose d’inconnu, la découverte d’un continent ; elle se fait draguer par une nana, ce qui veut dire qu’il n’y a pas d’obstacle physique entre elles, sauf la répulsion qu’elle aurait pu éprouver et qu’elle ne parvient pas à déceler dans ses sensations.
Sans doute, ce serait différent si la voiture était à l’arrêt, avec un risque immédiat de passage à l’acte : elle refuserait, mais là, sauf ce furtif effleurement de son pantalon de toile et ce regard répété, rapide, malicieux, il n’y a rien de condamnable. Elle n’arrive pas à démêler la crainte de ce qu’il faut bien appeler la tentation. Elle n’a pas eu besoin de corriger les défauts de la nature, de soigner sa tenue ; elle est si démunie dans son armure de randonneuse qui double son armure morale. Elle aurait dû normalement, exiger qu’on s’arrêtât, et sortir, l’air farouche, empoigner… oui mais elle ne l’a pas fait et convient qu’elle serait mal venue de le faire maintenant. Comment peut-on recevoir une invite aussi claire de quelqu’un qu’on ne connaît pas, quand on est attifée comme l’as de pique. Sans doute à cause de cette petite phrase sur les doubles, le mimétisme…
Elle ne compte pas le temps depuis lequel son corps n’a plus frémi, c’est une comptabilité de roman. Elle sait seulement qu’elle n’y pensait plus et que, là, quelque chose s‘est éveillé, volens nolens, elle est soucieuse de son état intime, curieuse et effarouchée sans qu’une seule seconde elle se soit posée la question de savoir si cette fille lui plaît. Alors, pour la première fois, elle tourne la tête vers elle.

oooOOOooo

Madame palpite en bouclant sa valise trolley. Plus un sac pour les nuits en transit, le vanity, les lunettes noires, l’assurance, tout est là. Soudain, la fébrilité la prend ; elle renverra les affaires de Mademoiselle au retour, vite, s’éloigner, retrouver l’autoroute rassurante d’anonymat féroce et métallique pour pouvoir regarder droit devant soi, manger des repas sans intérêt servis par des esclaves consentantes. Elle ne saisit plus le sens de cette déroute intellectuelle, regret ou violence ? Au dernier moment, elle sent le danger de son exaltation qui résonne jusque dans son intimité. Appuyée contre un mur, elle fléchit les jambes, porte la main à son ventre dont elle apaise rapidement l’humidité par une secousse sans plaisir. Changement de programme, le TGV pour Paris, puis le train de nuit, wagon-lit, Venise, arrêt à Vicenza, vite un taxi, elle ne sera plus traçable.

oooOOOooo

Nadine regarde ce profil. Mademoiselle a le visage lisse et fait des grimaces comiques en plissant le nez. Après tout, pourquoi ne pas se laisser aller ? C’est sordide, dans une voiture, mais elle ne court aucun danger, personne ne le saura et elle n’est pas obligée de rendre ce qu’on lui fera. Il n’y a pas de contrat dans une pulsion, et cette fille est jolie, elle n’a pas l’air d’une… d’une… d’une gouine.
La voiture roule doucement sur le bas-côté, emprunte un chemin entre les pins, s’arrête dans un bosquet. Nadine se tasse, fantasmant que c’est un garçon qui est en face d’elle, oui, sans doute, ça arrive qu’on se plaise et qu’on se laisse aller, alors, une fille, après tout, c’est possible, la poésie romantique de Liane de Pougy c’est bon pour les cocottes, pas pour les filles qui marchent sac au dos. Elle laisse Mademoiselle s’approcher, crispée, elle sent des lèvres sur les siennes, glisser lentement sur sa joue, venir mordiller son oreille pendant que des mains s’arrondissent sur ses épaules ; oh que ça se passe et que le souvenir reste comme une carte postale, rien de plus.
Elle devine maintenant, elle peut anticiper les gestes auxquels elle s’identifie, le double, c’est ça, les seins, donc tout va arriver. Une voix imperceptible souffle « Ouvre les yeux » et son regard se perd dans cette crinière rousse qui croule de chaque côté de son visage. « Touche-moi, mets tes mains sur moi », elle les plaque sans grâce sur la taille, pendant que son dos est griffé :

  • — Ta chair est belle, occupe-toi de moi, enlève-moi ma culotte

L’ivresse la gagne, la confusion des genres, pendant que la petite dentelle aboutit dans sa main, une main s’est emparée de son ventre, rapidement, on aurait pu imaginer une gradation très lente, mais ni l’une ni l’autre n’a le temps. Chacune a une envie à épancher, la traduit dans le sexe de l’autre. Elles se contentent de se toucher le pipi, comme des lycéennes attardées, fébriles. Nadine sent cette chose étrange, un doigt qui écarte ses lèvres intimes, qui glisse le long de chairs qu’elle devine humides, qui trouve avec une habileté confondante le bourgeon du clitoris, l’effleure, le fait vibrer, la fait vibrer, se positionne à l’entrée du vagin en explorant juste le vestibule, puis se fait accompagner d’un deuxième doigt qui rentre en crochet et va chercher cette zone mythique et bien réelle qui lui fait ouvrir grand les jambes, jusqu’à ce que Mademoiselle plonge entre les cuisses, se soude à la vulve, se gorge de cette odeur de femme grasse et transpirante, s’en macule le visage en le frottant de haut en bas, s’en sature jusqu’à ce qu’un cri libère sa proie qui lui fait pleuvoir dessus la preuve de son plaisir.
Mademoiselle n’a pas besoin de plaisir, elle joue la satisfaction vaniteuse – « C’était bon, très-très ? » – sans avoir de réponse articulée. Nadine ne peut qu’approuver en silence, elle est trempée, respire rapidement, n’ose pas sourire, sent encore son ventre agité de vagues mourantes et laisse s’écouler d’elle ce qui l’a désignée à la malice de Mademoiselle.

  • — Je crois que je suis heureuse d’avoir fait ça avec toi, Nadine, tu es vraiment une fille de qualité. N’aie pas honte, moi, je suis vraiment contente, même si je ne suis pas payée de retour. Tu oserais me toucher ? Je suis saine, tu ne risques rien.

Elle ouvre ses jambes, montre sa fente, en y portant deux doigts qui révèlent sa chair intime comme ils ont révélé celle de Nadine qui regarde, complètement en déroute. D’un coup, elle sent cette odeur de femme chaude, comme un aphrodisiaque, elle se rend compte de sa défaite et de sa satisfaction. Presque en hésitant, elle avance la main, la pose sur la cuisse de Mademoiselle et la trouve douce, plus que ce qu’elle a connu, plus que sa propre chair, et repassant sa main au même endroit, elle agrandit le domaine de son contact jusqu’à frôler la petite toison, puis la chair tendre.
Mademoiselle bécote dans le vide, dit des petites choses insignifiantes et décisives. Nadine ferme les yeux et franchit le millimètre décisif en portant ses doigts sur le sexe de sa compagne. Oh, toucher un sexe de femme, elle ne l’aurait jamais imaginé comme ça, la chair cède sous le doigt, pas de dureté, pas d’angles vifs, seulement, cette humidité grasse et odorante. Elle ne sait pas s’y prendre et caresse un peu au hasard, surprise de découvrir le dessin des nymphes leur élasticité, et l’entrée du chemin du plaisir. Elle est surprise de ne sentir qu’une toute petite éminence à la place du clitoris, le cherche presque, et ne comprend qu’elle est au but qu’en sentant une contraction de sa partenaire.

  • — Oui, tu y es, là, tu peux me toucher comme ça, lentement, je suis sensible, mets un doigt dans mon vagin.

Elle suit les instructions dites à mi-voix. N’arrive pas à comprendre que ce sont ses doigts qui disparaissent dans le sexe de Mademoiselle, puis réapparaissent dans une alternance qu’elle ne se souvient pas avoir créée. Elle branle une fille, elle la baise.
Des petits bruits liquides achèvent de la fasciner. Ses doigts libres sentent la fente des fesses et se posent sur une ouverture défendue. Elle laisse faire et se prend à vouloir faire jouir. Alors, elle se laisse choir sur le plancher et remonte son visage vers le sexe toujours investi, où ses doigts cèdent la place à sa bouche pendant qu’ils s’insèrent entre les fesses pour chatouiller la rosette soudain autorisée.
Mademoiselle est sur le point de perdre son contrôle ; cette fille, qui devait être l’exutoire de sa colère devient une redoutable amante. Elle se laisse aller pour sentir monter les spasmes, modestes, qui la secouent. Un plaisir de rencontre, un déjeuner de soleil.

  • — Merci, tu m’as bien sucée, tu es un amour.

Nadine est déjà dehors, à remonter sa culotte, reboucler son pantalon et prendre son sac, tout en vacillant. Elle a tiré un coup, avec une fille. « C’est fini, laisse-moi ».

oooOOOooo

Madame a du retard, elle presse l’allure. Madame descend de son taxi, paie, passe au guichet retirer sa réservation téléphonique, s’engouffre dans le TGV.
À Paris-Lyon, elle ne fait que changer de quai, elle monte in extremis dans le rapide un peu antique, maintenant, et soupire d’aise dans le compartiment que lui désigne l’employé.

oooOOOooo

Mademoiselle pile devant la maison, la voiture est dans le jardin, donc Madame est encore là, elle sonne, re-sonne, sonne encore, les volets sont fermés, le portail verrouillé. Elle est partie où, cette vieille vache ? Qu’est ce que je fais, je l’attends ? Et mes affaires ? Zut, la nana, elle a gardé ma culotte, elle m’a pissé son plaisir dessus et ça sert à rien. Bon, reste plus qu’à rentrer chez papa-maman

oooOOOooo

Nadine marche encore un peu, rêvasse et décide de s’arrêter pour dormir dans un petit hôtel sans luxe. Elle occupe une chambrette et sourit en se déshabillant, après tout c’était un bon moment, peut-être un peu rapide. Dans sa poche de pantalon, un contact mousseux, la culotte de Mademoiselle, tiens, au fait comment s’appelait-elle ? Sans réfléchir, elle plonge son nez dans le sous-vêtement et le trouve… agréable.

oooOOOooo

Madame se déshabille lentement, pendant que la cadence de roulage augmente, avec le balancement indispensable des grands voyages. La paix de la solitude provisoire descend en elle. En kimono, elle se glisse dans les draps, ferme les yeux et glousse :

  • — Et si cette petite dinde revenait ? Eh bien, elle n’a qu’à se tripoter toute seule !

Ce qui suffit à la rendre sereine. Elle n’a pas de théorie sur les femmes, elle revendique seulement de les détailler, de les consommer, et de les garder tant qu’elles ne lui opposent pas un système. Madame est une libertine, et cet adjectif lui convient parfaitement jusqu’au premier arrêt du train.
Un coup à la porte qui s’ouvre tout de suite, et laisse passer une jeune femme qui rougit :

  • — Pardon, je vous dérange, mais je crois que j’occupe le deuxième lit.

Protestations, amabilités, on est entre personnes de bonne compagnie. Coralie est une jeune mariée qui va rejoindre son époux ingénieur en Italie, oui, savez-vous, il travaille sur les marées de Venise, mais comme c’est intéressant, ah oui, sauver cette merveille, quelle motivation.
Les yeux de Madame pétillent, elle veut tout savoir, elle demande, s’enquiert, exige des détails et englue du même coup la jeune femme dans son personnage.
Ce n’est que plus tard après mille fils lancés entre les deux femmes par notre libertine que la jeune épouse doit se résoudre à se dévêtir pour se coucher.

  • — Je vais au cabinet de toilette, je ne veux pas vous gêner.
  • — Vous n’y pensez pas, nous sommes entre femmes, d’ailleurs, moi-même, voyez, je me suis défaite, demain il faudra bien que vous soyez là, au rhabillage, mais je vais fermer les yeux, je vous le promets, même si ça me coûte, vous êtes si charmante.

Coralie rougit, pouffe, elles rient ensemble et Madame, pendant que la jeune femme se déshabille, laisse glisser un pan de son kimono, découvrant sa jambe jusqu’à l’aine.
La voyageuse cligne des yeux, la vision la repousse d’autant moins que les yeux fermés de Madame lui permettent un regard aussi curieux que discret. Elle voit le ventre lisse, nu et ralentit son effeuillage, sans autre idée que de profiter de cette impudeur involontaire et charmante sauf que Madame sait filtrer son regard entre les cils juste pour confirmer la justesse de sa manœuvre. Elle décroise rapidement les jambes, puis les recroise assez lentement pour que sa coturne puisse bien voir son abricot et vite elle ramène les pans de son kimono.
Ça va marcher, ou non ? Elle est bien, cette petite, mais, enfin, bon, elle n’a peut-être pas envie de compromettre une existence confortable. Ah là là ! toujours le conformisme qui l’emporte.
Coralie sait maintenant qu’une nuit, dans un train, elle a regardé un ventre de femme autrement que par accident. Un jour, peut-être… Car, enfin, on ne couche pas comme ça. Mais si, justement, on couche comme ça. C’est aimer qui est différent. Baiser, c’est autre chose, ça ne demande qu’une seconde d’inattention.
Coralie sent bon la bourgeoisie confortable et porte encore en elle les recommandations de sa maman qui l’a accompagnée jusque sur le quai.
Elle va rejoindre un mari au moins versatile qui retarde depuis un mois son retour d’Italie. Le travail, mon cœur, jour et nuit, sept jours sur sept. Elle arrive sans prévenir, comme l’a dit maman, au moins, elle saura pourquoi son charmant mari, si plein de fantaisie, se tue à la tâche. Ça la navre de devoir dormir seule. Ça l’irrite de devoir reprendre des habitudes de collégienne et d‘ouvrir les jambes pour ses jolis doigts fuselés.
Il y a bien eu cette soirée Rotary où un jeune militaire de l’École de l’Air l’a serrée de près pendant plusieurs danses, respectueux mais hussard quand même. Il lui a même semblé, dans un tango qu’il bandait très fort et qu’il avait une grosse…, enfin, qu’il en avait une grosse. Elle a brisé là, il sentait une eau de toilette de grande surface.
Madame soupire :

  • — Ça y est, je peux ouvrir les yeux ?

Et elle le fait, bien sûr, pour découvrir un corps rose, potelé qui lâche un petit « non, » tout fluet, alors qu’un rire presque enfantin lui fait suite.

  • — Oh, flûte !

Après tout Coralie est presque nue. Les femmes rient ensemble. Madame se dresse savamment sur son lit et laisse s’écarter les pans de son kimono. Échange de regards et rire de nouveau.

  • — Vous ne trouvez pas que c’est piquant ?
  • — C’est tout le plaisir des wagons-lits, du voyage en général. On se découvre dans un espace réduit, on est obligées de se voir, presque de se rapprocher.

Coralie dose ses gestes, elle les analyse. Doit-elle enlever sa culotte bleu ciel ou mettre d’abord sa chemise de nuit ? L’enlever ensuite ou la garder pour la nuit ? La dame est visiblement nue sous son kimono. Alors, elle se décide à retirer son petit voile.

  • — J’apprécie votre confiance, c’est très mignon de se voir dans cet état.

Mais un cahot perfide la déséquilibre et elle tombe à la renverse sur son lit, une jambe empêtrée dans sa culotte et Madame a tout le temps de voir la jolie fente dans le désordre de la chute.

  • — Si vous saviez ce que j’ai vu, Coralie, vous seriez… peut-être… gênée.
  • — Oh, après tout, non, parce que moi, savez-vous, j’ai vu la même chose.

Les deux femmes ont dépouillé ce qui les séparait pour regarder mieux ce qui les rapproche, l’état de nature, soigneusement parfumée et poncée. Coralie n’aurait jamais pensé que regarder un corps de femme l’aurait à ce point ravie ni, a fortiori que de se savoir regardée au plus secret l’aurait à ce point émoustillée.
Madame n’ose pas faire le geste que la situation n’impose pas : retirer son kimono, le faire c’est dire « Me voilà, toute nue, pour vous ». C’est une invite directe, alors que la jeune femme l’a fait par nécessité. Elle se résout au badinage.

  • — Vous vous rendez compte ? si quelqu’un nous voyait, qui pourrait penser que nous sommes un peu… un peu… spéciales.

Coralie pouffe.

  • — Mais moi, je trouve ça drôle, ça change et puis, tout de même, nous sommes grandes, pas des collégiennes.
  • — Justement, je me demande si je ne me sens pas une âme de pensionnaire en ce moment, pensionnaire d’un train nommé…
  • — Désir, peut-être ?
  • — Vous comprenez vite, Coralie.
  • — C’est qu’en deux heures, j’ai beaucoup appris, notamment que la liberté est agréable, qu’elle touche au libertinisme.
  • — Même toute nue ?
  • — Mon Dieu, c’est vrai, je suis indécente… tout comme vous.

Les deux femmes perlent ce rire qui détend les traits, rosit les joues et fait briller les yeux.

  • — Vous semblez avoir l’habitude des femmes.
  • — Je suis une femme vraiment libre, sans doute libertine, mais au féminin, et je n’ai jamais fait de mal à personne.
  • — Vous êtes belle.
  • — Je fais attention à moi, j’ai quarante ans.

Coralie reste pensive une seconde, puis, comme à regret, enfile sa chemise de nuit.

  • — L’apparition a pris son envol, mais il reste une charmante compagne de voyage.
  • — Excusez-moi, je suis pleine de contradictions, je n’avais jamais ressenti à la fois ce plaisir et cette réserve de tout mon être.
  • — Mais je ne veux rien de vous, seulement ce délicieux moment de badinage et la vision fugitive de votre corps.
  • — On éteint ?
  • — On étreint ?
  • — Je crois qu’on est en train. Je ne me trompe pas ? Vous touchez bien mes seins ?
  • — Vous aimez ?
  • — Vous le faites très bien
  • — C’est un peu étroit.
  • — Rapprochons-nous.
  • — Vous embrassez bien
  • — Vous avez la langue douce

Après bien des ouiiiiiii, nooooooon, comme ça, là ! retournez-vous ! mais c’est formidable !, Coralie se demandait pourquoi elle n’avait pas fait ça avant.

« Quelle subtilité dans la caresse, où donc avais-je la tête ? Bien, précisément, là, dans la fourche des cuisses de Madame et je trouve aussi étrange que délicieux de titiller du bout de ma langue un petit bouton de chair qu’on nomme clitoris. Mais que c’est bon d’agacer un clitoris !

En plus, elle me fait des tas de petits liquides sur le menton, ça sent bon. Et si je lui mettais un doigt, là, en bas, ça fait déjà des petits bruits. Génial !
Madame est descendue à Vicenza, Coralie à Venise. L’une comme l’autre très satisfaite d’avoir fait l’amour avec une libertine.

oooOOOooo

Mademoiselle rentre joyeusement chez papa-maman.

  • — Coucou, c’est moi, vous allez bien ? Ça vous dérange si je reste là quelques jours, le temps de trouver un appartement, ma colocataire commençait vraiment à me gonfler.

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Histoires Coquines - Rencontre en de curieuses circonstances

Ecrit par petitlapinou publié le 10/12/2007 à 4:54

Le lendemain matin, c’est la douceur des rayons de soleil sur notre toile de tente qui me réveillèrent. Nathalie n’avait pas bougé et je pouvais admirer son dos et sa délicieuse cambrure de reins. J’eus une terrible envie de la caresser, le contact avec sa peau satinée est si doux et délicieux ! Mais je me l’interdis, elle est si belle quand elle dort. Doucement, je me levai sans faire de bruit, en prenant bien soin de ne pas la réveiller. Le glissement de la fermeture éclair fut une épreuve pour ne pas troubler la pureté du sommeil de cette femme avec qui j’avais tant de chance de faire cette randonnée.
Une fois dehors, je m’étirai et pus profiter de la nature à son état brut. Nous étions à deux mille neuf cents mètres d’altitude et malgré cela, la température extérieure était bonne. L’été canadien nous réservait décidément de bien agréables surprises ! Le panorama qui s’étalait devant moi était époustouflant. Nous l’avions découvert hier soir au coucher du soleil, maintenant la lumière du matin venait caresser les cimes environnantes éternellement enneigées, et la vallée était recouverte d’une épaisse brume matinale. J’avais l’impression de voler au-dessus des nuages entre les sommets qui culminaient à trois mille cinq cents mètres pour les moins hauts. Pas un bruit ne venait troubler cette quiétude matinale.
Toujours en tenue d’Adam depuis notre étreinte de la veille, je décidai de prendre mon courage à deux mains et de tenter une baignade dans le lac. Mon corps portait encore les traces de notre nuit d’amour et je me persuadais qu’un tel bain serait tout à fait indispensable à ma survie en montagne… Une fois au bord de l’eau, je tentai timidement un orteil, que je retirai très vite… À cette altitude, l’eau ne devait pas dépasser les 5°C ! Un véritable supplice ! Je décidai donc de renoncer au bain et de simplement me laver le corps en plongeant mes mains dans l’eau. Cette toilette fut la plus difficile depuis mon service militaire, mais bon, il faut ce qu’il faut… C’est alors que je sentis une présence derrière moi. Nathalie s’était levée et vint se coller à mon dos en m’enlaçant de ses bras. Le contact de son corps chaud avec le mien froid la fit frissonner. Mais elle m’enserrait et ses mains parcouraient mon corps.

  • — Tu allais te baigner ? Tu en as du courage ! Cette eau doit être glaciale.

En disant cela, Nathalie ne cessait de parcourir mon corps de ses mains fines et sensuelles. Je sentais la chaleur de son être coller à mon dos, c’était une sensation divine ! Je ne pouvais honnêtement pas lui avouer que j’allais simplement faire trempette, trouvant moi aussi ce foutu lac bien trop froid ! Non, ce n’était pas possible, ma virilité devait rester intacte ! Je pris mon courage à deux mains, me retournai tout contre elle et l’embrassai langoureusement. Le corps de Nathalie frissonna au contact de ma peau froide et humide.
Je puisai dans ses lèvres le courage de ne pas la décevoir. Les hommes sont capables de grandes choses, quand ils se sentent admirés et aimés, je suis de ces hommes capables de déplacer des montagnes pour l’amour d’une femme.
Rassemblant toutes mes forces et mon courage, et surtout avec un air de ne pas en avoir l’air, je commençai ma lente descente vers les flots gelés de ce maudit lac. On ne m’y reprendra pas deux fois et je prendrai bien soin, lors de nos prochains bivouacs, de trouver un endroit sans lac ! Quoique, parfois, on n’y fait d’agréables rencontres ! Et je me remémorai l’épisode du lac, avec Mike et Paul, et surtout la fameuse pipe aquatique ! Cela me paraissait lointain maintenant. (11601 - Rencontres très intimes).
J’en étais au passage le plus délicat : l’immersion de mes attributs virils dans cette eau glaciale. C’est certain : mes toilettes, au service militaire, en plein hiver, dans de l’eau gelée, n’étaient rien comparées à ce matin d’été canadien ! Je tournai la tête pour savoir si mon calvaire était au moins digne d’intérêt de la part de la femme que j’avais tant aimée cette nuit, et que je tentai d’impressionner. Elle semblait m’encourager du regard, se tenant les bras croisés. Le froid mordait mes jambes et commençait à se faire sentir le long de mes cuisses. Dans un dernier élan de courage, puisé auprès de ma supportrice, je plongeai tête la première dans le lac. Tentant de ne pas me frigorifier sur place, je nageai le plus rapidement possible pour tenter de me réchauffer. Et l’effet se fit sentir, mes muscles et ma peau, après s’être tétanisés sous le choc de la température, commençaient à se réchauffer sous l’effet de mes mouvements rapides. Décidément, les hommes sont stupides : un regard, une caresse de femme et les voilà en train de faire des folies !
Je sentis, après quelques minutes de ce traitement, que mes testicules me rentraient véritablement dans le ventre à cause du froid. Les messieurs comprendront l’effet pour le moins désagréable et douloureux de la chose, et je jugeai que j’en avais assez fait pour « éblouir » ma belle. Lentement, toujours sans avoir l’air de souffrir du froid, je quittai ce lac pour me diriger vers Nathalie. Je ne souhaitai qu’une chose : me précipiter dans la tente et prendre la première serviette venue pour me sécher et me réchauffer, mais je croyais plus valeureux de tenter de cacher mon claquement de dents et de me diriger lentement vers cette femme pour qui j’acceptais de me faire souffrir. Quand je fus près d’elle, elle éclata de rire.

  • — Tu es fou ! Tu as les lèvres bleues, les doigts et les orteils bleus ! Tu es gelé, mon pauvre ! Pourquoi t’es-tu baigné ? C’est stupide ! Elle est beaucoup trop froide !

Et voilà comment toute la volonté du monde est réduite à néant devant la faiblesse du corps ! Mes efforts avaient donc été vains et l’estocade fut portée quand elle me dit :

  • — On ne voit même plus ton sexe, tellement tu es gelé ! Ce n’est d’ailleurs plus un sexe mais un vermicelle !

Et Nathalie, fière de sa remarque, éclata de rire. Désorienté, je jetai un coup d’œil rapide sur l’objet de l’hilarité féminine et je m’aperçus avec stupeur que ce qui me pendait habituellement fièrement entre les cuisses, n’était plus que l’ombre de lui-même, ma virilité elle aussi avait capitulé, me laissant ainsi dans un grand moment de solitude. Ayant pitié de mon état, Nathalie vint me rejoindre avec une serviette et me frictionna avec vigueur afin que je retrouve des couleurs. Vexé, je ne disais rien. Comment lui avouer la véritable raison de ma baignade forcée ? Nathalie commença à préparer le petit-déjeuner pendant que je terminais de me frictionner et d’enfiler un caleçon.
Elle s’était mise en sous-vêtements comme elle seule en a le secret : c’est bien la seule femme qui part en randonnée avec des sous-vêtements de dentelle ! Mais c’était pour mon plus grand bonheur et pendant que j’enfilais mon caleçon, je l’admirais dans sa petite tenue rouge vif, penchée sur le réchaud à gaz. C’est dans cette tenue et toujours aussi envoûtés par le panorama, que nous avons pris notre premier repas de la journée. Assis l’un à côté de l’autre, je me concentrais sur mon bol de lait chaud pour tenter de poursuivre mon réchauffement. Nathalie, sans rien dire, me caressait le dos et les épaules. Mais j’étais trop absorbé par mon repas pour pouvoir vraiment en profiter.
Deux heures plus tard, le campement n’était plus qu’un souvenir, et nous reprenions la route en direction d’une ville de taille moyenne que nous espérions atteindre dans la soirée. Pour cela, il nous fallait passer un col situé à environ vingt kilomètres et la ville serait quinze kilomètres plus loin. Nathalie était derrière moi et ne cessait de me parler de sa vie d’avocate, de ses amies qui l’avaient pourtant mise en garde sur cette expédition avec un homme qu’elle ne connaissait pas (moi, en l’occurrence).

  • — Ah ! elles vont en faire, une tête, quand je leur raconterai nos vacances ! Attends-toi à avoir une meute de jeunes femmes à tes trousses pour tes prochaines randos ! Et quand je leur aurai montré ta photo, là, ce sera le siège devant ta garçonnière à Paris ! J’ai plein de copines célibataires en mal de beaux mâles comme toi, tu sais !

Nathalie était intarissable ; elle enchaîna sur l’énumération du pedigree de tous ses amoureux depuis l’âge de douze ans (eh oui : elle était précoce !!!) Cette séance de confidence me rappela une scène de 4 mariages et un enterrement où, dans un bar, les héros se prêtent au même type de confidences. Sauf que je restais muet et me contentais de marcher à un bon rythme. Nous quittions les alpages pour redescendre dans la forêt de conifères. L’odeur était envoûtante, bien plus que les récits de Nathalie, qui devait en être à son copain numéro 7, à seize ans…
Voyant mon absence de réaction, Nathalie se fit plus précise sur les goûts sexuels et les pratiques sexuelles de ses amants. J’appris ainsi que le numéro 9 était bi et qu’il rêvait de parties fines avec Nathalie et son meilleur ami. Je me demandai où elle voulait en venir, avec ces confidences. Elle n’avait jamais fait l’amour avec plusieurs hommes, sauf depuis notre périple américain, mais m’avouait avoir pris beaucoup de plaisir à sucer deux hommes après leur entraînement de rugby. Ce devaient être les numéros 14 et 15, me précisa-t-elle, leurs camarades avaient laissé la porte des vestiaires grande ouverte en quittant les lieux, alors que les deux chanceux étaient encore sous la douche. Je me demandai bien ce qu’elle faisait à traîner dans les couloirs des vestiaires. Ma curiosité l’emporta et je rompis mon silence.

  • — Tu avais quel âge ?
  • — Dix-neuf ans, je crois
  • — Et qu’est-ce qu’une jeune fille de dix-neuf ans fait dans les couloirs des vestiaires après les matches de rugby ?
  • — Des pipes !

Nathalie était vraiment incroyable, son ton assuré me troublait, elle s’assumait comme rarement les femmes le font.

  • — Tu les connaissais ?
  • — Oui, si l’on peut dire… depuis quatre-vingts minutes… J’avais flashé sur leur corps, ils étaient bâtis comme les dieux du stade et durant tout le match je n’avais cessé de les imaginer jouant torse nu.
  • — Tu ne recules devant rien ! Tu en as d’autres comme cela ?

Je me rendis compte qu’elle savait tout de moi, de ma vie et de mes expériences sexuelles, alors que je croyais bien la connaître mais, au final, elle ne m’avait dévoilé qu’une partie de sa vie. Nathalie était, malgré les apparences, très pudique et je compris que son apparente facilité à rencontrer les gens n’était en fait qu’une carapace pour se protéger elle-même. Ses confidences intimes, que j’avais d’abord prises pour du pipelettage, étaient en fait une marque de confiance, car enfin elle levait le voile sur une partie d’elle-même. Nathalie avait besoin de se confier, elle continuait le récit de ses frasques, amoureuses ou purement sexuelles. Elle semblait avoir besoin de se confier à quelqu’un en qui elle avait confiance.

  • — Ma meilleure expérience a été avec des militaires ! me confia-t-elle.

Très étonné, je la questionnai.

  • — Des militaires ! Mais tu auras fait tous les corps de métiers ! Il ne te manque plus que le ramoneur ! osai-je, un peu honteux…

Nathalie ne releva pas, et commença son histoire.

* * * * * *

C’était en Afrique, j’étais au Tchad, à N’Djamena, pour une semaine de négociations sur un dossier juridique dans le cadre d’un stage dans un cabinet d’avocats parisien. Le soir, j’aimais sentir l’ambiance brute de la ville, sous la moiteur du mois de mars. Après une longue marche, je rentrais vers mon hôtel. Sur la route, trois légionnaires français en poste au Tchad m’ont dépassée. Ils devaient être en permission et parlaient fort. Une fois devant moi, ils se sont retournés pour me déshabiller du regard. Ils n’avaient certainement pas vu de femme blanche depuis longtemps, car leurs regards se faisaient insistants. Ils semblaient vouloir profiter de ce moment que je leur offrais. Ces quelques instants volés me troublèrent et je les regardai s’éloigner, reprenant leur conversation qui, cette fois, concernait mon anatomie. D’après leurs commentaires maladroits et peu discrets, ils semblaient me trouver à leur goût. Je profitais également du spectacle qu’ils m’offraient, en s’éloignant. J’admirais leurs larges épaules et leurs petits culs de militaires serrés dans leur pantalon kaki. Ils étaient beaux gosses, et je me sentais troublée par cette rencontre furtive mais intense. Leur sourire carnassier évoquait toutes les pensées lubriques qui leur passaient par la tête. Je n’oublierai jamais cette image.

Qu’as-tu fait ? Tu ne les as tout de même pas violés, les pauvres ! Ils auraient été trop contents !
J’ai décidé de les suivre… Je savais où ils allaient car, près de mon hôtel, se trouvait un bar à légionnaires. Tous les soirs, ce bar était envahi par ces hommes à la recherche d’un moment d’évasion. J’étais certaine que je les retrouverais dans ce bar. Ils marchaient trop vite pour moi et je les ai perdus de vue. Mais une fois arrivée devant le bar, je pris mon courage à deux mains et poussai les portes d’entrée dont la peinture avait disparu depuis longtemps au fil des bagarres. L’atmosphère était encore plus moite que dans la rue, une musique des années 50 criait dans la pièce principale où des couples s’étaient formés et dansaient sensuellement. Toutes les femmes étaient tchadiennes. Elles ne cherchaient qu’une chose : satisfaire un de ces hommes en mal de sexe moyennant finance. Mon entrée fut remarquée, car j’étais la seule femme blanche, des centaines de paires d’yeux me scrutaient, me jaugeaient, et je me sentais nue devant ces hommes en uniforme, tous plus beaux les uns que les autres. Ils dégageaient une virilité sensuelle qui me troublait.

Tu ne t’es pas enfuie ?
Non. Bizarrement, je me sentais protégée par eux, je sentais que j’exerçais sur eux un pouvoir d’attraction qui leur interdisait tout geste déplacé. Je pense que je bénéficiais de l’effet de surprise… Je me mis donc rapidement en quête de mes trois mâles, et je les trouvai attablés au bar, une bière à la main. Ce devait être les seuls qui ne m’avaient toujours pas remarquée, car ils me tournaient le dos et étaient en pleine discussion. J’ai alors pris mon air de rien et je me suis installée à côté d’eux. Ils m’ont tout de suite reconnue et se sont tournés vers moi, je retrouvai leur sourire qui m’avait tant émue. Je faisais toutefois mine de ne pas les voir et attendais que l’on me serve mon jus de tomate. Une fois servie, l’un d’eux régla la note à ma place. Sans un regard pour lui, j’entamai la conversation sur leur comportement inacceptable dans la rue quelques minutes plus tôt. Ils ne répondirent pas et m’entourèrent en me proposant de trinquer avec eux. Ma tentative d’intimidation avait manifestement échoué…
Leurs voix étaient calmes, posées, rassurantes et terriblement viriles. Je ressentais au plus profond de ma chair l’appel du sexe. Un sentiment lubrique m’envahissait. Leur côté bestial me rendait folle, et ils en jouaient. Ils se rapprochèrent, et leurs mains frôlèrent mes cuisses. Celui qui se tenait derrière moi se rapprocha encore un peu plus, et je commençai à sentir son souffle dans mon cou et la chaleur de son corps sur mon dos. N’y tenant plus, je décidai de me lever et les invitai à me suivre d’un regard qui en disait long sur ce que j’attendais d’eux. Ils me suivirent en dehors du bar, leurs sourires ne laissaient plus aucun doute sur la teneur des heures à venir…

Tu m’avais dit que tu n’avais jamais fait l’amour avec plusieurs hommes en même temps !
C’est vrai. Laisse-moi continuer…
Nous nous sommes dirigés vers mon hôtel, je les ai fait rentrer dans ma chambre, moyennant un bon pourboire au portier pour qu’il ferme les yeux. Trois légionnaires avec une femme seule dans une chambre d’hôtel, ça peut en effet être considéré comme une entorse au règlement intérieur de cette vénérable maison. Mais mes trois militaires eurent tôt fait de régler ce détail avec le portier. La suite s’est passée dans une ambiance surnaturelle. J’avais à ma disposition trois forces de la nature dans ma vaste chambre, dont je m’apprêtais à abuser selon mes attentes. Tous leurs gestes étaient empreints de douceur et de respect, ils étaient très attentifs au moindre de mes gestes, au moindre de mes désirs, j’étais le centre de toutes leurs attentions. Ils m’entourèrent et, très délicatement, leurs mains parcouraient mon corps. Je les embrassais chacun leur tour, pour goûter leur bouche, mêler nos langues. Mes mains parcouraient leurs corps prometteurs, alors que leurs caresses se faisaient plus précises. Je me collais alternativement sur l’un puis l’autre et enfin le troisième pour me sentir désirée, et prisonnière de leurs caresses.
Les mots étaient inutiles mais je voulais tout de même fixer une règle : je voulais m’offrir à chacun d’entre eux alternativement, je voulais profiter de chacun de ces hommes entièrement, totalement et exclusivement offerte. Ma proposition leur convenait manifestement car deux d’entre eux se reculèrent et vinrent s’asseoir chacun d’un côté du lit.
Je commençai donc par ce grand gaillard, resté debout devant moi. Il était brun et portait une barbe de trois jours. Sa chemise kaki à manches courtes laissait entrevoir des bras de bûcheron. Ses mains énormes caressaient mes seins. Je me collai contre son corps pour ressentir tout le désir qui déformait son pantalon. J’ai toujours aimé ce moment où l’homme, emprisonné dans ses vêtements qui entravent son membre, se frotte contre mon corps avec impudeur, fier de faire sentir le résultat de mes caresses. C’est donc en me retournant vers la glace de ma chambre que je frottais mes fesses rebondies sur son entrejambe. Comme ses deux collègues, je ne manquais rien du spectacle, il me caressa tout le corps, remonta ma robe, me caressa les cuisses et se fit plus précis. Ses baisers dans mon cou et sa manière de rouler des hanches contre mon cul vinrent à bout de ma raison, de ma résistance. Je me retournai et, après l’avoir sauvagement embrassé en lui maintenant la tête, je m’agenouillai et commençai à lui ouvrir sa ceinture. Il en profita pour me dégrafer la robe et la faire coulisser par le haut. Un sifflement d’admiration retentit dans la pièce, quand les deux autres légionnaires me découvrirent en lingerie fine.
J’avais ce matin opté pour un ensemble string-wonderbra blanc qui faisait ressortir mon teint halé par le soleil africain. Leur surprise et leur admiration pour moi décuplèrent mon envie de les satisfaire, ce serait ce beau brun mal rasé qui allait goûter le premier mes caresses expertes. Son sexe était tendu et dur. Il était doux et délicat, ce qui contrastait avec l’image de cet athlète au visage sévère, cela renforçait mon désir. Je le léchais tendrement, sensuellement, en glissant mes mains sous sa chemise. Son membre s’allongeait encore dans ma bouche. Je me régalai de cette sensation de douceur et de virilité. Mon désir n’en finissait pas de grandir quand mes mains parcouraient ses abdos tendus sous sa peau. Je n’aurais décidément pas trop de trois hommes pour me satisfaire. Je jetais un coup d’œil aux deux autres de temps en temps. Leur détresse se lisait dans leur regard, ils étaient impatients que ce soit leur tour et leur pantalon était sur le point d’exploser. Ils tentaient de se faire patienter en se caressant au travers de la toile épaisse et rugueuse de leur uniforme.
Mon premier militaire se tenait devant moi, avec simplement sa ceinture ouverte et la braguette défaite pour laisser libre accès à ma bouche sur son membre court, mais épais et nerveux. Il semblait trouver un certain plaisir de se voir ainsi dans la glace, le sexe planté dans ma bouche en train de le gratifier. Ses mains imprimaient un rythme plus rapide sur ma tête et j’entendais son souffle fort. Il se cambrait en arrière pour s’offrir entièrement à ma bouche, sa virilité gonflait encore, il était au bord de l’explosion. Par respect pour ses camarades, je ne voulais pas qu’il explose en moi ou sur moi. Je me dégageai juste à temps pour pouvoir admirer la violence de son jet de sperme qui s’écrasait sur la moquette. Son éjaculation avait été aussi violente que brève. Il avait poussé un long râle de jouissance qui m’excitait au plus haut point : j’adore entendre ces messieurs céder au plaisir et ne plus se contrôler pendant ces quelques secondes au paradis Je trouve qu’il n’y a rien de plus beau qu’un homme qui se laisse aller à sa jouissance.
Un long trait de sperme de légionnaire maculait maintenant la moquette sombre de ma chambre. Épuisé par la rapidité et la violence de sa jouissance, mon beau légionnaire brun s’écroula sur le lit alors que je couvrais de baisers son torse imberbe, son ventre, terminant par un délicieux baiser sur ses bourses douces et légèrement velues.
De retour devant la glace, le second s’était déjà levé et m’attendait en massant délicatement la bosse qui déformait scandaleusement son pantalon d’uniforme. Nous nous embrassâmes fougueusement devant la glace, sous le regard de ma première victime (toujours allongé sur le lit en train de reprendre ses esprits) et de ma future troisième victime. Nos langues se mélangeaient pendant que ses doigts frôlaient ma peau. Il était blond et, comme son ami, bâti dans le roc. Je voulais cette fois profiter de ce corps et pendant qu’il me couvrait de baisers debout devant la glace, je le déshabillai et découvris ce physique, semblable à ces fameux calendriers, qui m’avaient tant fait fantasmer durant mes années d’études.
Agenouillé devant moi, il me titillait l’entrejambe, léchait mon intimité, me masturbait avec douceur et force. Il me caressait à la manière d’une main de fer dans un gant de velours, c’était la première fois que je ressentais cela. La force brute de ses muscles contre mon corps et l’agilité, la souplesse et la précision de ses mouvements félins me transportaient de bonheur. Je m’abandonnais à ses caresses en m’appuyant sur ses larges épaules pour ne pas tressaillir. Sa bouche sur mon sexe me transportait de plaisir, je ne touchais plus terre. Je lui imprimai le rythme avec mon bassin qui me menait tout droit vers l’extase de la jouissance. J’étais comme tétanisée par la violente vague qui me submergeait. Mon orgasme avait été si soudain et si violent que j’en étais moi-même surprise. La bouche de mon deuxième légionnaire était recouverte de ma substance vaginale et ses yeux pétillaient de plaisir, il me souriait avec un air de vainqueur. Agenouillé à mes pieds, nu et le sexe tendu, il poursuivait ses assauts en me dévorant de la bouche, des mains, son corps entier me possédait.
Je voulais maintenant que cet homme qui avait si bien su s’occuper de moi avec sa bouche et ses mains, me montre de quoi il était capable avec ce beau sexe décalotté gorgé de sang et de plaisirs prometteurs. Je voulais m’offrir exclusivement à lui, et le sentir me posséder devant ses copains. Je me plaçai à quatre pattes face à la glace, sur la moquette, à l’endroit où la trace de sperme de son ami était encore fraîche. La glace reflétait nos images et j’admirai cet homme à la musculature saillante, se positionner derrière moi. Son corps reflétait la vigueur, la virilité et la douceur. Ses mains saisirent mes hanches fermement et je sentais son membre glisser entre mes grandes lèvres, sans toutefois me pénétrer. Sa colonne de chair coulissait le long de mon intimité lubrifiée, me permettant de prendre la mesure de l’objet phallique qui s’apprêtait à me posséder. Ce contact dur et doux, me faisait perdre la tête, la glace me renvoyait l’image d’un dieu du stade au corps luisant de sa transpiration dans la pénombre de ma chambre.
Les rideaux tirés, un rayon de soleil éclairait notre étreinte et mettait en valeur son corps souple et solide ainsi que mes formes avantageuses. C’est moi qui, par un mouvement de hanche, m’empalai sur son pieu. Mon vagin emprisonnait ce sexe et j’imprimai mon propre rythme. Ses mains sur mes hanches, il accompagnait ma danse vaginale autour de son phallus, qui me pénétrait profondément. Ses couilles butaient en moi, et j’admirais dans la glace les muscles de cet homme se contracter sous le plaisir. J’augmentais ma cadence en resserrant du mieux que je pus mes muscles vaginaux, ce qui lui arracha des soupirs de plaisir. Ses yeux me fixaient dans la glace, il était à l’écoute de mon plaisir, tous ces sens étaient à mon service pour me procurer le maximum de plaisir. Mes mouvements de hanches se faisaient tantôt plus rapides, tantôt plus lents, j’aimais parfois m’arrêter pour prendre la mesure de ce sexe figé au plus profond de moi. Ma main gauche partait à la découverte de ses testicules qui butaient lourdement contre mon clitoris. Les soupirs s’étaient transformés en gémissements. J’aimais entendre cette voix rauque dure et virile céder au plaisir de ma chair.
Son ami brun, toujours en tenue d’Adam (pour mon plus grand plaisir…) s’était remis de la violence de sa jouissance et vint s’asseoir à côté de moi. Sa présence aussi proche m’excitait beaucoup, car il ne cachait rien de son nouvel état d’excitation et semblait espérer que je revienne sur les règles du jeu que j’avais édictées. Malheureusement pour lui, je ne revins pas sur ma décision, j’aimais la proximité de sa présence, mais je m’abandonnais totalement à l’homme qui me chevauchait. Comprenant que je ne reviendrais pas sur mes règles, il commença à se masturber en me caressant le corps de ses yeux. C’était divin de sentir ces forces de la nature me désirer si fort, et en même temps totalement dociles. J’avais le sentiment d’avoir dompté trois dieux grecs. Derrière moi, mon bel athlète blond transpirant de plaisir m’offrait un délice charnel et visuel que je n’avais jamais connu. D’une main il se caressait le torse et les abdos ruisselants de sueur, et de l’autre il me titillait alternativement l’anus et le clitoris.
C’était lui maintenant qui imprimait le mouvement. Sa résistance semblait inébranlable. Cet homme était un véritable roc. Je sentais à chaque contact avec son corps ses muscles bandés me heurter dans la violence de l’étreinte et la douceur virile de l’amour. Je voulais le sentir tout contre moi, et pour cela je me dégageai et quittai le miroir à regret, pour m’installer sur le lit. Il vint me rejoindre et se positionna naturellement au-dessus de moi. Je m’offrais à cet homme, me permettant ainsi de le caresser à loisir. Son large dos puis la cambrure de ses reins et ses fesses dures et légèrement velues qui, dans l’effort de la pénétration se contractaient. C’était un régal permanent que mes mains tâtaient, flattaient, caressaient, griffaient même. J’étalais sa sueur sur nos corps. J’avais le loisir de jouer avec son corps alors que lui, les bras tendus au-dessus de mes épaules, ne pouvaient me caresser que du regard.
Et son regard était inouï, j’étais littéralement happée par ce regard intense bleu profond de l’homme entièrement dévoué au plaisir de sa maîtresse. Il me possédait mais je le possédais également entre mes cuisses, entre mes mains, entre mes seins qu’il embrassait comme un fou. Son pieu me transperçait de plaisir, j’étais à sa merci, je ressentais son corps ferme et puissant sur mon corps, m’abandonnant à lui, à son être et à ses reins. Une deuxième vague de jouissance me submergea, criant mon orgasme qui venait du plus profond de mon intimité. Ses coups de boutoir ne faiblirent pas, bien au contraire, son regard était devenu plus bestial, il m’avait honoré de deux orgasmes intenses et je savais qu’il voulait me donner encore le plus de plaisir possible. Une de mes mains plongea entre ses cuisses pour ressentir encore plus la rigidité du membre qui me labourait. J’enserrai la base de ce pieu qui glissait dans ma fente et entre mes doigts, tant il était lubrifié par mon liquide d’amour. Parfois je remontais ma main et lui faisais goûter mes doigts le liquide qu’il avait déjà découvert lors de mon premier orgasme.
Je découvris que le contact de mes doigts sur son bas-ventre, ses poils et son sexe, lui faisait peu à peu perdre le contrôle de lui-même. Son regard devenait plus vague et ses gémissements plus appuyés et rauques. Il était au bord de l’explosion, mais tentait, dans un incroyable effort, de se maîtriser. J’eus raison de sa résistance quand, sans la moindre pitié devant son regard implorant, j’enfonçai une deuxième fois ma main aux confins de nos corps. C’est avec mes doigts au contact de sa colonne chaude et visqueuse de ma jouissance que mon deuxième légionnaire se redressa et, sur mon bas-ventre, expulsa de longs jets de foutre. Sa jouissance était si intense qu’il macula mon corps de son plaisir. Ses râles de jouissance étaient profonds et rauques, mon deuxième homme s’abandonnait devant trop de plaisirs et devant ses deux amis qui n’en perdaient rien.
Vaincu, il s’écroula sur le côté, le sexe encore raide de trop de plaisirs charnels. Du sperme s’en écoulait encore doucement. C’est la tête dans un nuage que je me relevai et, assise à côté de lui, j’entrepris de masser le corps de cet homme vidé. Ce corps qui m’avait tant fait vibrer était maintenant là, allongé, incapable du moindre mouvement et entièrement abandonné à mes massages. Mes mains parcouraient ce corps superbe, arrachant à mon légionnaire des soupirs de plaisir.
Après un long moment de ce traitement, je décidai de partir à la découverte de mon troisième colosse ! J’étais toujours très excitée et je ne voulais qu’une chose : découvrir ce légionnaire toujours habillé qui, depuis bientôt une heure, admirait le spectacle que nous lui offrions, en se caressant langoureusement au travers de son uniforme. Le premier légionnaire (le brun) était assis sur une chaise, nu, le sexe dressé et ne perdait rien de mes moindres gestes. Décidément, leurs corps étaient parfaits et je ne voulais qu’une chose : découvrir ma troisième prise de guerre. Il était également brun, un peu plus petit que ses deux amis mais aussi carré, ce qui lui donnait un air plus trapu. Il me semblait du genre légèrement poilu, d’après ce que je pouvais voir de ses biceps, et de la chemise entrouverte sur un poitrail prometteur dont des poils dépassaient. Il était toujours assis sur la moquette le long d’un côté du lit et n’avait pas bougé depuis le début de nos ébats. Son pantalon d’uniforme laissait deviner la forme d’un sexe tendu de dimension plus qu’impressionnante.
Je m’approchai de lui mais je fus surprise en le voyant se reculer. Sans un mot, il pointa mon ventre et mes seins d’où le sperme de son collègue dégoulinait en grosses gouttes le long de mon corps. L’excitation du moment m’avait fait oublier ce petit détail sans importance pour moi, mais qui, pour les hommes peut se révéler un véritable facteur de blocage. Je le pris par la main et l’emmenai avec moi dans la salle de bain où je fis rapidement couler un bain. En attendant que la baignoire soit prête, je pris une douche sous les yeux enchantés de mes trois hommes. La vapeur d’eau brouillait la vision de mon corps et ils ne pouvaient maintenant que voir mes formes harmonieuses onduler sous la caresse de la douche tiède. Je me positionnai de manière à faire ressortir mes formes et me caressai sans retenue les seins, le ventre, les cuisses et le sexe. De mon côté, je n’apercevais que trois masses dont deux nues semblaient se masturber.
Mon troisième guerrier restait incorruptiblement debout et ne me quittait pas des yeux en se massant l’entrejambe. Je mis un terme à mon manège, voyant que ce dernier ne se déshabillait pas. J’avais espéré qu’il vienne me rejoindre sous la douche, et nous aurions poursuivi dans le jacuzzi. J’imputai ce manque de réactivité non pas à de la timidité (ç’aurait été le comble chez un légionnaire !) mais au blocage dû au sperme de son ami sur mon corps. J’espérais en sortant de la douche que l’incident serait oublié. Je fus agréablement surprise de voir en quittant la cabine de douche, que mes deux amants nus m’attendaient avec une grande serviette blanche. Leurs sourires et leurs regards en disaient long sur ce qu’ils avaient pensé de ma prestation sous la douche. C’est avec leurs verges pointant fièrement vers le ciel qu’ils m’enveloppèrent dans cette serviette douce et chaude.
Je profitai de ce moment de calme (avant une nouvelle tempête…) pour détailler les sexes de mes deux anciens amants. Ils étaient vraiment très différents, mais chacun de ces membres dégageait une sensualité, une virilité, une douce puissance qui m’enflamma le creux des reins. J’aurais voulu les masturber, un dans chaque main, pendant que leurs propriétaires me couvriraient de baisers et de caresses érotiques, mais je ne voulais pas moi-même contrevenir à mes propres règles : ç’eut été la perte totale de la maîtrise de la situation !
Mon troisième légionnaire semblait toujours interdit. Je décidai d’employer les grands moyens. Mon entrée dans la baignoire serait bandante à damner un saint. Je laissai donc glisser nonchalamment la serviette au sol et, du coin de l’œil, j’invitai cet homme toujours en uniforme à venir me rejoindre. Je m’amusai de l’effet que j’exerçais sur lui quand, en débutant ma toilette intime, debout dans la baignoire, je vis qu’il accentuait ses mouvements sur son pantalon, décidément très résistant (vu la taille de l’engin qui se dissimulait encore dessous).
Il s’approcha de moi, La baignoire étant légèrement surélevée, sa bouche était à hauteur de mes seins. Pendant que je continuais à me savonner, il commença à titiller mes tétons du bout de sa langue. Ce contact tant attendu avec cet homme énigmatique m’électrisa. Je fermai les yeux pour mieux ressentir sa caresse. Sa langue descendit le long de mon ventre pour contourner mes grandes lèvres et poursuivre sa route sur mes cuisses. Je compris qu’il avait décidé de se venger de tant de frustration d’être le dernier. Je n’eus donc d’autres choix que de me laisser aller à ses caresses expertes sur mon corps. Ce petit contact doux, humide et chaud de cette langue sur ma chair me rendait folle. De mon sexe, je sentais un flot de désir m’envahir. Je n’attendais secrètement qu’une chose : qu’il m’embrasse le sexe à pleine bouche, mais ce petit bout de langue me parcourait le corps en évitant soigneusement mon entrecuisse. Mon corps roulait sous le plaisir, je me retenais à ses épaules et la chair de poule m’envahissait. Je le suppliai de me rejoindre dans le bain, mais pour seule réponse, il commença à caresser mes seins de ses mains fermes et douces.
Je rouvris les yeux et vis mes deux premiers militaires devant moi, droits comme des I, en train de se délecter du spectacle que nous leur offrions. Leurs sexes toujours fièrement dressés, ils se caressaient en ne perdant rien du spectacle. Cette vision eut raison de mon endurance ! Je pris la tête de mon trapu de légionnaire et la plaquai sur mon minou. Il s’en empara et me brouta comme je l’attendais, c’est-à-dire vigoureusement. J’avais donné le signal des hostilités, que je voulais viriles, intenses et presque bestiales. J’entrepris de déboutonner le haut de sa chemise d’une main, alors que l’autre plaquait sa tête sur mon intimité en feu. Mes mouvements de bassin accentuaient ses intrusions dans mon vagin, dilaté par le désir et la précédente pénétration de son ami. Quand enfin j’eus dégagé sa chemise, mes mains plongèrent sur son torse dont les muscles étaient saillants et je le caressai en sentant ses muscles rouler sous mes doigts.
Cette sensation me fit perdre ma lucidité, et je l’encourageai pour qu’il accélère ses mouvements de langue. J’étais au bord de l’orgasme et je dus m’asseoir sur le rebord de la baignoire pour ne pas flancher. Ma nouvelle position l’obligea à rentrer dans le bain. Il arracha presque son pantalon d’uniforme et se précipita dans le bain, la tête entre mes cuisses largement ouvertes pour lui. Enfin je pouvais le contempler, le toucher, le caresser à ma guise. Il était effectivement poilu, mais juste sur le torse et les avant-bras. J’adorais caresser son torse, sentir ses poils sous mes mains, il y avait une certaine bestialité chez cet homme qui me fit chavirer. Cette vague de jouissance s’empara de moi et je me délectai de ce plaisir intense et bestial qu’il me donnait. Dans mes cris de jouissance, j’enserrai la tête de cet homme entre mes cuisses, tant la violence de mon orgasme fut forte. Tentant de reprendre mes esprits je le relevai et le caressai sur tout le corps. Je pouvais ainsi l’admirer et le contempler.
Je m’aperçus que mes pressentiments sur la taille de son sexe se révélaient exacts. Ce pieu qui jaillissait de son slip blanc était beaucoup plus large et plus long que ceux de ses amis. Mon troisième militaire était donc incroyablement membré. Il exhibait son engin sous mon visage alors que je restais assise. J’ai saisi ses fesses à pleines mains et me suis approché de cette queue qui m’impressionnait. C’était à mon tour de jouer avec le bout de ma langue autour de la commissure de son gland, le long de sa grosse veine, sur le trou du gland, je faisais ainsi des allers-retours du bout de la langue sur son engin, laissant augurer des prochaines réjouissances.
Mes deux autres légionnaires, toujours en tenue d’Adam et toujours aussi craquants (non, décidément, je ne pouvais pas me décider lequel des trois était le plus beau) s’étaient assis sur l’autre extrémité de la baignoire, chacun d’un côté et poursuivaient chacun à son rythme et à sa manière la masturbation de leur membre, les yeux toujours rivés sur ce que j’infligeais à leur compagnon. J’aimais les observer se masturber, aucun homme ne se masturbe de la même manière, le brun était plus sauvage dans ses mouvements verticaux, plus saccadé, alors que le blond était plus lent, plus posé et donnait l’impression de vouloir que cette masturbation ne termine jamais. Il se caressait le torse et le ventre comme lorsqu’il me prenait en levrette, alors que le brun gardait sa deuxième main sur sa cuisse, parfois il se caressait les couilles ou les poils du bas-ventre.
Je ne me lassais pas d’admirer ce spectacle tout en me délectant du supplice que j’infligeais à mon troisième légionnaire. Il râlait de plaisir et de frustration, je sentais qu’il se maîtrisait pour ne pas me violer sur place. Moi je mouillais encore, je sentais que j’avais besoin de ce sexe en moi, me sentir possédée, à la merci de cet homme à la carrure de déménageur, et armé d’un manche dont bien des femmes devaient se souvenir… Je me sentais parfaitement bien, ces trois hommes savaient me respecter et savaient déchiffrer mes fantasmes les plus intimes. Pour ajouter au supplice de ce sexe insolemment gros, j’enfonçai le bout de ma langue dans son petit trou à l’extrémité de son membre. Mon légionnaire semblait moyennement apprécier mais je ne lui laissais pas le choix en plaquant mes mains sur ses fesses. Quand je ne sentis plus de résistance de sa part, je décidai de déclencher une nouvelle fois les hostilités, en lui présentant mes doigts préalablement recouverts de mon liquide intime.
Il me leva et me souleva dans ses bras puissants. Il voulait me prendre contre le mur en reposant mon dos contre le mur. Les jambes relevées sur ses hanches, il me présentait son engin. Je ne touchais plus le sol et j’étais livrée à cet homme qui s’apprêtait à me transpercer. Je ne voyais plus que lui, son torse velu et ses épaules larges. Son visage était carré et ses yeux en amande reflétaient mon propre besoin de coït sauvage sous le regard de ses deux compagnons. Je m’abandonnai donc à cet homme, dont le sexe se pressait sur ma vulve. J’espérais qu’il me prenne vigoureusement, mais conscient de la taille de son membre, il m’investit en douceur. Ma chair était écartelée par cette intrusion qui m’arracha un cri de douleur mélangé à la surprise qu’un tel manche put me pénétrer. Je lui étais reconnaissante d’avoir su se retenir de m’assaillir à la hussarde.
Ses premiers mouvements furent lents et je pus m’habituer à sa présence en moi. Après quelques mouvements de reins lents, je l’encourageai à accélérer. Je le voulais en moi, au plus profond, moi sa proie grande offerte pour lui. Je m’abandonnais totalement entre les bras de cet homme qui me labourait en me maintenant fermement contre le mur. J’étais si vulnérable entre ses bras ! Dans cette position, mes mains pouvaient le parcourir, et je lui caressais le bas-ventre tendu par une musculature abdominale impressionnante. Ses mouvements se faisaient plus saccadés et je ressentais pleinement en moi l’augmentation de volume de son membre. Cet homme continuait à me labourer en se maîtrisant pour ne pas exploser, il voulait me donner le plus de plaisir possible.
Tant de sensations eurent raison de mon corps, et je m’abandonnai dans ses bras dans un quatrième orgasme en l’embrassant langoureusement à pleine bouche, ce qui contrastait avec la bestialité de notre étreinte. Pendant que je savourais ma jouissance et sa bouche, mon légionnaire resta figé en moi pour me permettre, en roulant des reins, de prolonger plus longtemps cette onde de jouissance. Cette rencontre était allée au-delà de toutes mes espérances ! Je ne pouvais pas laisser mon dernier amant dans l’état d’excitation où il était. Ce n’étais pas le seul, d’ailleurs, les deux autres n’avaient pas bougés et se masturbaient toujours. J’avais joui quatre fois et je voulais leur rendre un peu du plaisir qu’ils m’avaient offert.
Mon troisième légionnaire relâcha son étreinte et je pus redescendre sur « terre », les pieds dans la baignoire. Alors je le pris par les épaules et le dirigeai vers l’autre extrémité de la baignoire, faisant face à ces deux collègues. Il s’assit, le sexe toujours aussi dur et imposant, dressé par le désir. Faisant face à ses deux amis et tournant le dos à mon amant du moment, je me présentais au-dessus du pieu tendu de tant de plaisirs inassouvis. Il n’avait qu’à se laisser guider sur la route de la jouissance, c’est alors que je m’enfonçai centimètre par centimètre sur sa colonne de chair qui me remplissait si bien. J’en avais des frissons le long du corps, ce militaire était décidément divinement membré ! Mon traitement était un véritable supplice pour lui, qui me suppliait d’en finir avec cette introduction millimétrée. Chaque lent va-et-vient de ma part lui arrachait un râle profond et je sentais qu’il s’abandonnait pour la première fois à mon étreinte. Mes lents mouvements verticaux faisaient alternativement disparaître et réapparaître ce sexe doux, dur et chaud. Son propriétaire me flattait les seins et, ne perdait pas une occasion pour aller flatter mon clitoris pour le plus grand bonheur de ses deux autres amis qui, face à nous, se régalaient du spectacle.
Leurs glands étaient violacés de tant de désir et d’envie de jouir. Le brun se masturbait ou plutôt se branlait à un rythme effréné, sa main libre ne quittait plus ses couilles qu’il malaxait consciencieusement. Pour la première fois, je le surpris à jeter un coup d’œil discret au sexe de son collègue blond, qui lui aussi se régalait de mon exhibition. L’énorme manche planté en moi, je regardais fixement mon amant blond. Mon regard allait de son visage à ses épaules et descendait vers l’objet qu’il masturbait toujours aussi langoureusement. Il empoignait son sexe à pleine main et le mouvement m’apparaissait comme viril, doux et dur en même temps. Je ne crois pas qu’une femme puisse un jour arriver à imiter parfaitement le mouvement idéal de son homme. Le sien était beau et majestueux et je me régalais de le voir près de moi se masturber de la sorte. Je tentais de calquer mes mouvements sur les siens ce qui impliquait que j’accélère légèrement ma cadence pour le plus grand bonheur de mon amant derrière moi qui haletait de plus en plus fort. Ses jambes se tendaient et il bandait ses muscles pour tenter de contrôler le flux de sève qui ne demandait qu’à jaillir.
En face de moi ce fut mon amant blond qui décida de l’explosion finale, il avait compris que je suivais son rythme, et que le légionnaire que je chevauchais était au bord de l’explosion. C’est le regard complice qu’il accéléra son propre mouvement masturbatoire. Je répercutai immédiatement ce nouveau rythme sur le membre que je chevauchais. En quelques mouvements de ce traitement, ma caverne qui enserrait son pieu à merveille eut raison de toute la volonté de mon légionnaire. J’eus juste le temps de me retirer et je vis le spectacle incroyable de ces trois légionnaires jouissant à l’unisson.
Le manche que je venais de posséder expulsa des salves de sperme chaud et épais qui s’écrasèrent sur mon ventre. Alors, en face de moi, le brun libéra (comme sur la moquette) un long jet qui vint mourir dans l’eau à quelques centimètres de ma cuisse, pendant que le blond éjaculait abondamment sur son ventre qu’il caressait de sa main libre, et ainsi étalait sa semence sur l’ensemble de son torse. Je n’oublierai jamais la vision de ces trois hommes tendus à l’extrême, libérant chacun leur semence dans un râle commun, viril et profond.

* * * * * *

Nathalie me regardait intensément. Elle venait de me raconter son expérience la plus intime, et je restai paralysé par ce qu’elle venait de me dire. Son récit m’avait bouleversé et je dois dire que je ne l’aurai jamais imaginée capable d’un tel comportement ! Elle me fixait, attendant une réaction de ma part, mais je restais sans voix, estomaqué par l’intensité de sa confidence. Moi qui la prenais pour une gentille demoiselle attendant son prince charmant pour lui faire découvrir les choses de la vie… Il était urgent de réviser mon jugement !
Son récit, alors que nous continuions notre marche, m’avait follement excité et je découvrais tout ce dont ce petit bout de femme était capable. Elle savait tout des hommes, et surtout comment les dominer, elle pouvait obtenir ce qu’elle voulait d’eux.
Nathalie me tira de mes intenses réflexions.

  • — Alors ? Ça te laisse de glace, mes confessions intimes ! Ça alors !
  • — De glace ? Tu m’as excité comme un fou ! Tu n’as qu’à vérifier par toi-même ! Je suis encore tout retourné de ce que tu viens de me raconter, c’était très risqué !

En observant mon entrejambe pour vérifier mon état, elle ajouta :

  • — Risqué, oui et non : les hommes sont tous les mêmes, et c’est avec des hommes bâtis comme des athlètes que je me sens le mieux, je ne suis pas avec toi par hasard, je me sens protégée, et j’apprécie ta présence, c’était tout aussi dangereux de te suivre dans ce voyage !
  • — Et tu ne leur a jamais demandé leurs prénoms ?
  • — Si, en partant. Je les ai embrassés très fort tous les trois et nous nous sommes promis de nous retrouver quand ils seraient de retour à Paris. Mais je n’ai jamais eu de nouvelles d’eux depuis…

Nous continuions notre itinéraire et arrivions à ce col d’où nous pouvions apercevoir notre ville étape. Le temps était agréable et les minutes qui suivirent furent entièrement consacrées à repasser le fil de son récit que je trouvais totalement fou, pour une jeune stagiaire fraîchement débarquée de Paris. Mon sexe tendait mon pantalon. Nathalie marchait devant moi et je ne pouvais m’empêcher d’imaginer que ce cul magnifique, qui se dandinait devant mes yeux, avait été la proie de trois légionnaires en mal de pulsions lubriques. Mon état d’excitation était tel que mon sexe tendu se lubrifiait de mon excitation, provoquant ainsi un délicieux massage sur mon gland à chaque pas. Mon érection n’en était que renforcée. Nathalie n’avait probablement pas conscience l’effet qu’avait eu sur moi son récit. Me rapprochant d’elle lentement, je hasardai une main sur sa cuisse, et lentement la remontai sur ses fesses. Nathalie se laissait faire.

Continuant notre chemin, je pris sa main et l’embrassai, la léchai, la mordillait et suçai ses doigts alternativement. À ce rythme, Nathalie ne résista pas bien longtemps.
Mais comme pour ses légionnaires, elle prit les choses en main.

  • — Mon aventure africaine t’a vraiment plu, on dirait…
  • — Oui, je suis comme un fou ! J’aurais aimé être une souris pour jouir de ce spectacle !
  • — Je me masturbe souvent en y repensant…

Nathalie, consciente de l’effet de cette annonce sur moi, me regarda fixement dans les yeux et poursuivit :

  • — Je crois que j’aurais aimé être prise par ces trois hommes en même temps.
  • — Tu le regrettes, maintenant ?
  • — Non, j’espère simplement les retrouver un jour, à Paris, cela entretient le mythe.

Mon excitation était à son comble, ma main entama une attaque en règle de ses seins, que je titillais au travers du tissu de son tee-shirt. Comme à son habitude, en marchant elle ne portait pas de soutien-gorge… Nathalie appréciait beaucoup ce traitement et commençait, avec sa main, que j’avais tant embrassée, à me caresser le torse puis les abdominaux et me dit :

  • — Tu me fais penser à Marc, le légionnaire blond. Ton corps est assez proche du sien, sauf que tu es brun. Mais quand tu jouis, tu aimes aussi te caresser, sans parler de ta manière de te masturber, on croirait que vous êtes frères.

Mon pantalon allait céder sous les assauts de mon sexe tendu. Je sentais le massage sur mon membre de plus en plus excitant et des frissons me parcouraient à chaque pas. Alors n’y tenant plus, j’attrapai Nathalie par le bras et l’embrassai langoureusement en plaquant nos deux corps l’un contre l’autre. Je ressentai la chaleur de son être alors que je ne lui cachai rien du délicieux supplice que subissait mon membre, trop à l’étroit dans ce pantalon.
Jamais à cours d’idées, Nathalie se libéra brusquement et se mit à courir, en regardant derrière elle pour s’assurer que je la poursuivais. Ainsi avait-elle décidé de se faire désirer. Je me lançai donc à sa poursuite. Notre course prit une autre tournure quand Nathalie, en éclatant de rire, hurla dans la forêt que quelqu’un la poursuivait. Elle voulait donc mettre en place un scénario de ce genre… pourquoi pas, j’aimais m’imaginer chasseur ayant repéré sa proie. J’accélérai lentement pour faire durer cette délicieuse poursuite, tel un félin jouant avec sa proie. Nathalie s’époumonait toujours, en rires et en appels à l’aide, ce qui faussait un peu la véracité de notre jeu, mais au fond je n’en avais que faire : ces forêts étaient désertes, et nous nous sentions libres.
Notre course déboucha sur une clairière, un arbre se trouvait non loin du centre, et je résolus de rattraper ma proie à hauteur de l’arbre afin de la posséder contre le tronc. Nathalie, en nage, me souriait et tentait vainement de me résister. Je bloquai ses mains contre l’arbre, et, debout, je l’écrasai de tout mon corps pour l’empêcher de bouger. Le contact délicieux entre nos corps avait repris où il s’était arrêté, et j’imprimai à ma victime consentante mes mouvements de reins, pendant que ma main libre dégageait ses seins. Nathalie répondait à mon ardeur par son propre mouvement de reins qui amplifiait le contact de nos sexes. Elle me mordillait le lobe de l’oreille en m’encourageant à la posséder sans ménagement contre cet arbre. Ma bouche se perdait dans ses seins pendant que ma main libre s’attaquait à son pantalon. Pendant que le dernier obstacle à sa nudité volait dans la clairière, je libérai enfin ma virilité endolorie par une trop longue séquestration.

  • — Je vais te baiser par-derrière !

D’un geste rapide, je retournai Nathalie. Je la pris ainsi sans ménagement, la besognant gaillardement contre cet arbre. Mon membre glissait dans son sexe chaud et hyper lubrifié par tant de souvenirs érotiques. Mon corps butait sèchement contre sa chair, et le bruit de notre coït fut rapidement couvert par les cris de jouissance de Nathalie. Elle m’emprisonna les fesses de ses mains pour arrêter mon assaut en me gardant figé au plus profond d’elle afin de savourer l’orgasme qui la ravageait. Mes mains maltraitaient ses seins alors que son corps se raidissait de plaisir. Ainsi figé en elle, son bassin ondulait, sous l’effet de l’orgasme, autour de l’axe de mon sexe, plus bandé que jamais. J’étais au bord de l’explosion mais tentai de me maîtriser pour rester bien long, afin de ne rien gâcher de cet instant merveilleux. Tout mon être n’était plus que cette colonne de chair virile, solidement plantée dans la chaleur de cette femme.
Puis la pression de ses mains sur mes fesses se fit moins forte et son corps se relâcha, je me dégageai pour laisser Nathalie disposer de ma jouissance à sa guise. Immédiatement elle s’agenouilla et me gratifia d’une de ses pipes dont elle avait le secret. Je n’eus pas vraiment le temps de la savourer, car à mon tour, des râles rauques et puissants vinrent troubler la quiétude déjà malmenée de la forêt. Mes jets de sperme vinrent s’écraser sur le tronc de l’arbre, sur le visage de Nathalie, sur ses seins.
C’est en se relevant que Nathalie poussa un cri de stupéfaction
Une vingtaine de mètres derrière nous se trouvait un couple debout, estomaqué par le spectacle que nous venions de lui offrir. C’est le sexe encore vaillant mais dégoulinant de ma semence que je me retournai pour évaluer les dégâts. Nathalie était maculée de mon sperme et je n’eus pas de suite le réflexe de me rajuster, tant la surprise fut grande. C’est donc ainsi, le temps que chacun reprenne ses esprits, que nous apparaissions à la vue de ce couple.
Je décidai de prendre les devants en m’avançant vers l’homme pour tenter une explication d’homme à homme. Me voyant aller à sa rencontre, il fit de même, et c’est à mi-chemin qu’il me dit :

  • — Très belle prestation ! Un homme des cavernes n’aurait pas fait mieux ! Mes félicitations à madame ! Je m’appelle Luc, et je te propose de ranger ton matériel…

Il me regardait, avec un sourire jusqu’aux oreilles. Très gêné, je renfermai mon membre mi-bandé dans mon pantalon. Visiblement, nos inconnus avaient apprécié. Hésitant, j’évitai de lui tendre la main, encore pleine de ma jouissance, mais me présentai tout de même. Son humour m’avait conforté sur le caractère amical et jovial de cet homme. Sa femme vint nous rejoindre pendant que Nathalie tentait de se rendre présentable. La tâche n’était pas facile, car mon sperme avait coulé sur son tee-shirt, et elle n’en avait plus de propre. Nous avions prévu dans notre itinéraire d’arriver ce soir à la ville afin de pouvoir refaire nos stocks de vivres et également faire nos lessives, car c’était plus que nécessaire. Mais là, Nathalie n’avait plus rien et après mes appels répétés pour qu’elle vienne faire la rencontre de ce charmant couple, elle prit son courage à deux mains et vint nous rejoindre, le tee-shirt maculé de mon propre sperme.
Cette situation ne semblait pas les gêner. Je ressentais même une certaine attirance de la part de Marion (c’était le nom de la femme de Luc) à l’encontre du tee-shirt de Nathalie.
Luc félicita directement Nathalie pour sa ravissante poitrine qui se découvrait sous son tee-shirt humide. Il me surprit quand, sans hésiter, Nathalie et Luc se firent la bise. Deux minutes plus tôt, le visage que Luc embrassait était couvert de foutre qui n’était pas le sien, mais visiblement la beauté de Nathalie l’avait motivé.
La glace était pour le moins rompue, comment ne pas l’être avec une telle entrée en matière ! Luc et Marion étaient suisses, de Nyon, et faisaient comme nous une randonnée dans le grand ouest canadien. Ils étaient partis d’un village plus au nord et se rendaient comme nous dans cette ville pour se ravitailler.
C’est en parcourant les derniers kilomètres que nous fîmes plus ample connaissance.

À suivre.

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Ecrit par petitlapinou publié le 10/12/2007 à 4:46

Il fait plus frais que d’habitude et le ciel est couvert. Nous traînons dans les ruelles bruyantes de la cité comme le font de nombreux autres jeunes. Les scooters pétaradent en passant tout près de nous. Parfois, Julien reconnaît quelqu’un, alors ils se saluent et échangent quelques plaisanteries et nous poursuivons notre chemin. La robe que je suis allée enfiler chez Julien n’est pas bien épaisse et mon corps se couvre de frissons. Je me rapproche de Julien.

  • — Tu as froid ? s’inquiète-t-il.
  • — Un peu !
  • — Veux-tu rentrer ?
  • — Pas encore. Je crois que je commence à mieux comprendre cet endroit et je veux m’imprégner de son ambiance.

Il dépose alors sa veste en Jean sur mes épaules et nous continuons à marcher. Désormais, je ne vois plus du tout cette cité comme un lieu dangereux et sans âme. Je lève les yeux vers les fenêtres éclairées et j’essaye de deviner ce qui se passe derrière. Combien de joie, combien de peine, combien de rêves, combien de couples en train de s’aimer passionnément ? J’ai l’impression de découvrir le visage humain de la cité. Nous marchons encore et, immanquablement, la fin de ma relation avec Julien s’impose à mes pensées. Tout ce qui s’est passé entre nous depuis notre rencontre restera pour toujours gravé au fond de ma mémoire. J’ai vécu des expériences formidables que je n’aurais certainement pas osées vivre sans ce garçon et sa façon si particulière d’aborder le sexe passion et d’en braver les interdits. Tout va prendre fin et je suis comme un sportif qui vient de réaliser un exploit : heureux et mélancolique à la fois. J’ai le sentiment d’avoir acquis une victoire sur moi-même. Bien que je ne sois pas convaincue d’avoir envie d’aller plus loin, au fond de moi, pourrai-je résister à l’appel du loup? C’est sans doute pour cette raison que je suis soulagée par notre future séparation, cependant, au fond de moi, j’appréhende énormément ce moment. Pourrais-je me passer complètement des plaisirs que j’ai découverts ? Je ne sais pas comment l’expliquer mais, pour moi, Julien est devenu comme une drogue. Il a le goût de l’interdit, il me fait délirer, je suis consciente que ce n’est pas sain et pourtant, l’idée d’en être bientôt privée me laisse craindre d’être rapidement en manque…

xxx

Un brouhaha terrible règne dans cette salle de jeu. Julien m’y fait découvrir un concours de baby-foot à l’ambiance survoltée. Des sortes de petites estrades permettent aux spectateurs de mieux voir les parties. On s’y bouscule et chaque fois que la balle claque sèchement contre le fond métallique des buts, la joie des supporters de chaque joueur éclate aussi fort que s’il s’agissait d’un match international. Sur un tableau noir, les noms inscrits à la craie sont effacés au fur et à mesure des rencontres. Le regard bleu foncé d’un concurrent croise le mien. Le jeune homme, grand, châtain clair, presque blond et à l’allure très athlétique, lève les bras au ciel après une victoire arrachée sur le fil. En se rendant à la table des organisateurs de ce concours, il se faufile entre Julien et moi, s’excusant au passage d’être obligé de me bousculer pour se frayer son chemin. Son visage bien que viril a conservé des traits légèrement juvéniles qui lui confèrent un charme fou. Il me sourit, ne cherchant pas un instant à dissimuler la lueur coquine qui illumine son regard, puis disparaît dans la foule. Je regarde une partie à l’issue sans surprise tant la domination d’un jeune homme noir est flagrante. Julien reconnaît un groupe d’amis qui se désaltère au bar. Il leur fait un signe amical et m’indique :

  • — Je te rejoins dans quelques minutes…

Mon intérêt pour les parties, qui se succèdent à une cadence non-stop, commence à faiblir. Soudain, alors que tous les matchs semblent terminés, le jeune homme blond prend place en face du noir qui vient encore de terrasser deux autres adversaires avec des scores sans appel. Tout le monde se regroupe autour d’eux. La pièce qui doit désigner celui qui mettra la première balle en jeu est lancée en l’air par l’arbitre. Durant cette fraction de seconde, les yeux du garçon trouvent les miens. Cet échange de regard est à la fois extrêmement bref et étonnamment puissant. La pièce tournoie en l’air avant d’être rattrapée en plein vol par l’arbitre qui la dépose sur sa main gauche et annonce :

  • — Face ! Demi-finale, engagement Romuald !

Le jeune homme blond s’empare d’une balle en liège. Le public est survolté pourtant, le silence se fait lorsqu’il se prépare à lancer la balle au milieu des petits bonshommes en métal. Ses yeux cherchent les miens et, lorsqu’ils finissent par les trouver, semblent leur implorer de lui porter chance. La balle claque sèchement contre le rebord du baby-foot. Autour de moi, les encouragements fusent :

  • — Allez Victor !!!
  • — Vas-y Romuald !!!

Je n’ose me laisser aller à crier le prénom de mon favori, surtout que Julien est revenu, pourtant je ressens une joie intense à chaque fois que le jeune homme marque un but. À 4/1, je commence à appréhender la véritable correction pour son adversaire. Julien m’attrape par la taille, juste au moment où Romuald lève les yeux vers moi après avoir marqué un 5e but. Son visage s’assombrit en l’espace d’une fraction de seconde. Que se passe-t-il dans sa tête ? Brusquement, ses gestes deviennent moins précis et immédiatement, son adversaire en profite pour marquer but après but. Les encouragements du public n’y font rien et Romuald perd 6 à 9.

  • — Tu veux rester jusqu’à la finale ? me demande Julien.
  • — Non ! C’était super mais j’ai envie de prendre l’air…

En sortant de la salle, nous croisons le jeune vaincu. En passant près de lui, je lui glisse discrètement :

  • — Désolée !

Le jeune homme m’adresse un sourire qui ne parvient pas à masquer ses regrets. Mais, quels regrets ? Ceux d’avoir perdu ou bien ceux d’avoir découvert que j’étais accompagnée ? Un grand gaillard lui tape sur l’épaule et lui demande :

  • — On organise une fête déguisement papier ce soir au 443, tu viendras ?
  • — O.K. !

Et aussitôt, le grand type bondit vers Julien qu’il agrippe au bras au moment où nous sortons de la salle.

  • — Salut Julien ! lui lance-t-il prestement.
  • — Ha ! Frédo ! Qu’est-ce que tu fous là ?
  • — J’organise une boum costumée ce soir dans l’appart 443. Soirée spéciale papier… C’est Luigi qui s’occupe de la sono et y’aura Lolo et sa copine…
  • — Désolé vieux mais je ne suis pas libre, répond-il aimablement en me désignant.
  • — C’est pas un blême, elle est invitée aussi.
  • — C’est gentil Frédo mais je n’y tiens pas…
  • — Enfin, si tu changes d’avis nous serons au 443, tu sais, juste au-dessus de chez les Amadi. J’ai vu Abdelhaziz hier soir. Il partait pour Casablanca avec ses parents aujourd’hui. C’est lui qui m’a dit que ces voisins du dessus venaient de déménager. On va être pénards…

Julien lui sourit aimablement, mais coupe court à toute discussion et nous nous éloignons. Je suis franchement frustrée, car outre m’amuser, je me rends compte que j’aurais bien aimé revoir Romuald. Je ne sais pas ce qui me prend, mais j’extériorise ma déception :

  • — Pourquoi as-tu refusé ? J’adore me déguiser et danser. On pourrait s’amuser un peu pour notre dernière nuit.
  • — Écoute, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de t’amener dans ce genre de soirée. C’est réservé aux filles très libérées
  • — Bien sûr ! Et moi, je ne suis qu’une petite oie blanche de bourgeoise !!!
  • — Ce n’est pas ce que je voulais dire…
  • — Non ! mais c’est pourtant ce que tu viens d’insinuer.
  • — Écoute, je n’ai pas envie de t’y amener, c’est tout !
  • — Pourtant, tu disais que tu allais me montrer tous les endroits secrets de cette cité.
  • — Hé bien, j’ai changé d’avis !
  • — Hé bien, moi, j’insiste pour découvrir ce qui se cache derrière tout ça.
  • — Alors viens avec moi, je vais te montrer quelque chose…

Pour la première fois, j’ai l’impression de l’avoir mis en colère. D’un pas décidé, il m’amène jusque dans les couloirs de la cave aux multiples miroirs. Il m’intrigue. Finalement, nous nous arrêtons devant une autre porte, située au milieu de l’allée suivante. Julien ouvre et m’attire à l’intérieur. De vieux canapés sont installés en ligne face à une cloison démolie qui laisse apparaître deux grands miroirs aux pâles reflets. Julien appuie sur le double interrupteur qui a été monté tout près de la porte. Nous nous retrouvons plongés dans le noir face à deux miroirs sans tain à travers lesquels je reconnais parfaitement la pièce aux multiples glaces où j’ai fait l’amour avec Julien hier.

  • — Ils ont récupéré ça lorsque la boucherie du quartier a été rasée, me précise-t-il.
  • — Quelqu’un nous a regardés faire l’amour ?
  • — Je ne répondrai pas à cette question. Je veux simplement te faire prendre conscience qu’ici, il faut se méfier des apparences. La petite boum de ce soir est organisée par celui qui a aménagé ces deux caves…

J’insiste :

  • — Y avait-il quelqu’un ici hier soir ?
  • — J’ai dit que je n’y répondrai pas.

Cette incertitude me met en colère. Des yeux indiscrets m’ont peut-être épiée durant mes ébats d’hier et Julien ne veut ni me l’avouer ni démentir. Je pense au spectacle que la multitude des miroirs de cette salle peut offrir aux voyeurs qui se cachent dans l’obscurité de cette cave. Est-elle réservée aux hommes ou bien des couples viennent-ils y pimenter leurs relations. Ai-je été observée sous toutes les coutures lors de ce moment, si intime et personnel, que j’ai passé avec Julien dans ce palais des images réfléchies et volées. En tout cas, Julien n’est pas décidé à me faire la moindre révélation et j’en suis plus qu’agacée. À mon tour, je veux le contrarier, alors au-delà de l’envie réelle, j’insiste lourdement pour participer à la soirée costumée de ce soir. Julien reste sur ses positions.
De retour dans l’appartement de Julien, je boude dans mon coin. J’attends sans doute qu’il me rassure en m’indiquant qu’il n’y avait personne dans la cave espionne, pourtant au fond de moi, l’idée d’avoir, malgré moi, excité des couples confortablement installés dans les canapés, m’apparaît de moins en moins désagréable. Je finis même par les imaginer, faisant lentement l’amour, les yeux rivés sur mon corps déchaîné par la violence d’un coït violent et total. Julien conserve son mutisme. Ma colère s’estompe toutefois, je ne veux surtout pas qu’il s’en aperçoive, alors je repense à la petite fête de ce soir et à l’occasion qu’il m’est donné de revoir Romuald. Je finis par décider qu’il faut que je mette fin à cette situation conflictuelle si je veux parvenir à mes fins :

  • — J’ai besoin de me changer les idées, sinon je vais gâcher ma dernière soirée de vacances, alors je vais à cette soirée toute seule, si tu ne viens pas !! !

Je me dirige prestement vers la porte. Au moment où j’en franchis le seuil, Julien cède enfin :

  • — Attends-moi, j’arrive !!!

Il ne dit rien et soudain, au fond de moi, je me demande s’il n’a pas volontairement monté tout ce stratagème pour me provoquer et me faire endosser toute la responsabilité du choix de ma soirée. Nous arrivons devant la porte de l’appartement 443. La musique résonne déjà jusque sur le palier. Julien sonne et une jeune fille, très sexy, nous accueille. Elle nous demande une petite participation financière, puis nous remet une grande pochette de serviettes en papier à chacun avant de nous indiquer :

  • — La chambre de gauche est libre. Vous avez quinze minutes maximum pour vous confectionner un costume avec ces serviettes. Il y a une agrafeuse dans la pièce. Le plus original sera récompensé. Ha ! J’oubliais, vous ne devez porter que les serviettes et rien d’autre !

Dans la chambre, nous trouvons effectivement une agrafeuse, un gros paquet d’agrafes et quelques serviettes aux motifs différents abandonnées là après la confection de tenues bien singulière. Je suis affolée, car mes talents de couturière sont bien médiocre et puis comment parvenir à une tenue décente en utilisant seulement quelques morceaux de papier. Julien semble avoir sa petite idée tandis que moi, je songe sérieusement à quitter cet endroit. Je me ravise en songeant que c’est moi qui aie insisté pour venir. Julien me demande de me déshabiller entièrement. Je m’exécute en dissimulant de mon mieux un léger tremblement d’appréhension. Pendant ce temps, Julien agrafe des serviettes les unes aux autres puis en roule certaines. Après quelques instants, il dépose sur mon corps les pièces de papier qu’il vient de composer. Il continue à les agrafer, avec une telle dextérité que j’ai du mal à croire qu’il improvise. Il ne lui faut qu’à peine plus de cinq minutes pour me confectionner une robe échancrée sur les côtés. Ma nouvelle tenue me rappelle étrangement ce que portaient les femmes de l’antiquité romaine. La ressemblance est d’autant plus frappante, que Julien s’est servi des serviettes roulées pour me confectionner une ceinture qu’il noue autour de ma taille et une petite couronne qu’il fixe dans mes cheveux. Je suis stupéfaite par le résultat de cette couture hors normes et j’en oublierai presque que je suis entièrement nue sous ce déguisement en papier soyeux.

  • — À toi de jouer, m’annonce soudain Julien en se déshabillant à son tour.

J’ai peur de paraître godiche par rapport à lui. Je n’ai pas autant d’imagination et je ne sais même pas par où commencer. Heureusement, Julien doit deviner mon désarroi, car il me vient prestement en aide. Il m’indique comment m’y prendre pour fixer les serviettes entre elles tout en se fabriquant lui-même un caleçon qui me fait éclater de rire.

  • — Ce n’est pas de la haute couture pourtant, c’est seyant non ? plaisante-t-il.

Ensuite, il participe au montage de sa tenue de papier, nouée sur l’épaule gauche. Elle rappelle également les draperies des Romains de l’antiquité. Nous rajoutons chacun quelques agrafes de consolidation. Julien nous confectionne également, à chacun, un loup derrière lequel nous dissimulons notre visage. Cet accessoire me tranquillise un peu. Malgré tout, lorsque nous sortons de la chambre, mes jambes flageolent à l’idée de me présenter en public dans cet accoutrement.
Nous arrivons dans le séjour. La fête bât déjà son plein et à peu près quinze jeunes gens se déhanchent gaiement sous les rythmes entraînants d’une béguine. Il faut dire que les pagnes exotiques ont inspiré une majorité de couturiers d’un soir. Quelques visages sont masqués, mais pas tous, ce qui me surprend un peu compte tenue de l’audace de certains déguisements. À peine arrivés, nous sommes entraînés au milieu des danseurs. Je me laisse vite envoûter par la musique tout en portant un regard curieux sur ceux qui m’entourent. Une jeune métisse, superbe, déguisée en Polynésienne, capte l’attention de plusieurs garçons par les mouvements frénétiques qu’elle impose à son bassin. Elle fait étrangement vibrer les franges découpées dans les serviettes. Lorsqu’elle virevolte, on entrevoit furtivement la nudité de ses fesses. L’atmosphère de cette fête est tout à fait particulière. Une tension sexuelle couve dans chacun des invités pourtant, tout le monde tente de ne rien faire transparaître et continue à danser gaiement. Moi aussi, je cède aux rythmes endiablés de la musique des îles, alors le malaise que je ressentais en arrivant est bien loin désormais. J’admire les efforts d’originalité dont la majorité a fait preuve pour se déguiser. Il y a même un garçon qui me fait rigoler, car il s’est confectionné une tenue de Sumo qui ne correspond pas du tout avec sa carrure et lui donne plutôt l’aspect d’un grand bébé affublé d’une couche géante. Julien danse à côté de moi en faisant semblant de rester insensible aux charmes à peine voilés de certaines jolies nymphettes.
De mon côté, je fais attention de ne pas faire de gestes trop brutaux, car déjà quelques agrafes de ma robe ont lâché prise. Un garçon perd le masque qui dissimulait son visage. C’est Romuald ! Un trouble très puissant m’envahit. Je danse là, à moins de deux mètres de lui, nue sous quelques feuilles de papier. Heureusement, le jeune homme ne peut pas me reconnaître sous mon masque. Instinctivement, toujours au rythme de la musique, je me rapproche de lui, attirée par son regard de velours et le petit sourire coquin qui illumine en permanence son visage. Ressent-il le pouvoir de sa séduction sur moi ? En tout cas, ses yeux se posent sur les courbes de mon corps. Brusquement, j’ai l’impression d’être démasquée. Je suis gênée, mes pommettes chauffent, je dois être toute rouge sous mon loup. Je détourne mon regard pour me ressaisir.
La jeune et trop jolie métisse s’est rapprochée de Julien. Elle le provoque. Elle ondule sa croupe, la bouche légèrement entrouverte, les yeux pétillant de sensualité et tout son corps s’engage dans un balai torride qui pourrait damner un saint. Julien est soumis à une bien rude épreuve. Il se tourne un instant vers moi, semblant presque s’excuser d’être l’objet d’une telle convoitise et de cette démonstration de séduction féminine. Contrairement à toute attente, ce comportement envers mon compagnon ne me met pas en colère. En fait, il m’arrange un peu puisqu’il me permet de ne pas éprouver trop de remords à succomber au charme de Romuald. Malgré tout, dans un sursaut d’orgueil, je ne veux pas céder trop vite à la concurrence, alors je me rapproche de Julien et à mon tour j’entreprends une danse de séduction. D’ailleurs, un nouveau morceau de musique, plus lent, me permet de soumettre le garçon à une démonstration particulièrement éloquente. Je lui fais une chorégraphie lascive à la limite de l’indécence. Il ne peut pas rester de marbre tout de même ! Ho, non ! Je suis rassurée en constatant qu’une certaine déformation du papier, au bas de son abdomen, valide ma victoire.
Romuald n’a rien raté du petit spectacle que je viens de donner et j’avoue que j’en ai été d’autant plus stimulée. Qu’il est bon de se sentir à ce point désirée ! Autour de nous, des couples se forment. Depuis quelques instants, la tension est montée d’un cran. Un jeune homme s’est placé juste derrière la jeune fille à la peau cuivrée. Tout en dansant, il lui caresse les hanches et insidieusement, il glisse une cuisse sous le pagne du déguisement tahitien pour s’y frotter avec perversité. La jeune fille n’esquive pas, bien au contraire, elle se trémousse comme s’il s’agissait d’un rite sexuel. Son regard devient encore plus brillant et son visage traduit le plaisir que lui procure ce contact masculin qui lui écrase les fesses et se faufile jusque contre son intimité. La jeune fille n’en abandonne pas pour autant ses efforts pour séduire Julien. Bien au contraire, elle se sert de l’autre garçon pour le provoquer davantage encore.
L’annonce d’une série de slows met un terme à cet exercice périlleux. Ma concurrente est retournée comme une crêpe par son surprenant cavalier, qui la plaque immédiatement et autoritairement contre lui. Julien agit de la même façon avec moi, tandis que Romuald déambule à la recherche d’une cavalière. Je constate d’entrée que Julien a apprécié le petit duel de séduction auquel nous l’avons soumis. Il appuie sa virilité contre mon mont de vénus, avec tant de puissance, que je crains qu’il ne déchire le papier. Enlacés au plus serré l’un contre l’autre, je suis en ébullition. J’observe les couples qui tournoient autour de nous. Certains déguisements commencent à souffrir sérieusement et à dévoiler quelques parcelles d’intimité. Julien, lui, trouve un passage dans ma tenue. Il y enfile aussitôt une main douce et brûlante, qui fait frissonner de bonheur l’épiderme de mon dos puis de ma nuque. Il m’embrasse langoureusement. Ma tête tourne. Deux gouttes glissent le long de l’intérieur de mes cuisses. J’imagine qu’il s’agit d’un peu de sueur pourtant, je n’en jurerai pas, car mon ventre est dans un tel état…

  • — Il est temps de procéder au tirage au sort de la soirée, annonce soudain le disc jockey.

Une blonde aux formes généreuses, se promène dans la pièce en présentant aux invités un petit panier en osier à l’intérieur duquel chacun prend une boule en plastique. Il s’agit de petites boîtes colorées, semblables à celles que les enfants achètent dans les distributeurs automatiques de confiserie des foires ou des galeries des grandes surfaces.

  • — N’en prends pas, me conseille Julien lorsque la jeune fille s’approche de nous.
  • — D’accord, si tu me dis s’il y avait quelqu’un dans la cave au miroir sans tain.
  • — Est-ce un chantage ?

Visiblement, il n’est pas disposé à faire des concessions et dans un sens, ça m’arrange, alors je ne lui laisse pas le temps d’épiloguer et je m’empare d’une jolie boule rouge. Dans un premier temps, Julien refuse d’en faire autant, puis se laissant quelques instants de réflexions, il rattrape la jeune fille et tout en me fixant droit dans les yeux, il pioche une boule bleue et jaune. On nous remet de la musique, toutefois le volume est beaucoup plus bas que tout à l’heure. Je conserve la petite boîte, sans l’ouvrir, dans le creux de ma main et je me remets à danser. J’espère ainsi vaincre l’angoisse qui me tenaille.
Cinq ou six personnes qui ne se sont pas servies dans le panier d’osier, quittent la pièce. Les autres extirpent de petits bouts de papier des boîtes multicolores. J’hésite puis, constatant que Julien guette mes réactions, j’ouvre à mon tour :
7 : si tu es un homme, trouve 8. Si tu es une fille, 9 a des instructions pour toi. Cherche-le et soumets-toi.
Dans la pièce, c’est la confusion. Certains annoncent leur chiffre à voix haute. Je n’ose pas en faire autant, car la suite commence à sérieusement me préoccuper. Je regrette même d’avoir ainsi bravé les conseils de Julien. Sous mes yeux, de nouveaux couples se forment. Dans son coin, Julien attend. Un garçon s’approche de moi. Il lit mon papier et paraît déçu en constatant que je ne suis pas le numéro qu’il cherche. En partant, il révèle mon chiffre aux autres. Une petite brune, à l’œil pétillant de malice, vient soudain me murmurer à l’oreille :

  • — Je suis le numéro 9. Viens avec moi…

Je suis affreusement frustrée d’avoir une partenaire du même sexe que moi. Dans un coin de la pièce, Julien a visiblement eu plus de chance que moi. Il a littéralement été kidnappé par la jeune métisse. Elle paraît apprécier l’opportunité du tirage au sort. D’ailleurs, elle semble déterminée à profiter sur le champ de sa chance, faisant sauter les agrafes du papier pour atteindre le corps de Julien. Elle le caresse avec délicatesse. Un jeune noir se mêle à eux. Il impose à la jeune fille de se mettre à quatre pattes devant lui et de continuer à s’occuper de Julien. Celui-ci me regarde et je lis une certaine détresse dans ses yeux. Il faut bien l’avouer, ce spectacle me déplaît terriblement, cependant il me captive à tel point que je ne prête même plus attention à ce que l’on me fait.
Lorsque je retrouve le sens de la réalité, la petite brune est en train de nouer mes poignets et mes chevilles à celles d’un jeune homme. Je tourne lentement la tête. Je sursaute en découvrant le visage de mon partenaire : Romuald !!! En moins de trois minutes, nous nous retrouvons ligotés face à face, l’un contre l’autre. Mon rythme cardiaque s’affole. La jeune perverse nous indique alors les règles du jeu :

  • — Vous ne devez en aucun cas briser ces liens de papiers, sinon…

La brunette ne s’en tient pas à ça. Elle glisse ses mains à l’intérieur de ma robe de papier, s’amuse à émouvoir ma peau par d’habiles caresses, puis retire une à une les serviettes qui me protègent de la nudité totale. Romuald semble apprécier ce spectacle. Il ne rate pas une miette de cet effeuillage. Peu à peu, c’est l’intégralité de mon corps qui lui est offert. Je prie pour conserver le loup qui masque mon visage. Soulagement, la jeune fille m’abandonne ainsi masquée pour aller s’occuper de Romuald. Elle le met également à nu puis le couvre de baisers, alors qu’il est tout contre moi. J’ose à peine poser mes yeux sur le torse musclé du garçon. Son parfum m’enivre. J’aimerai poser ma joue contre ses pectoraux, bien dessinés. La brunette profite de la situation pour s’attaquer à ses parties génitales. Je me cambre pour éviter le contact, menaçant ainsi directement de rupture le papier qui nous lie. Elle malaxe les testicules, les caresse, s’empare de la hampe à pleine main et la masturbe lentement pour lui donner vie. Elle y dépose même un baiser furtif en passant sa tête entre lui et moi. Rapidement, l’érection devient superbe. Je réalise soudain qu’elle me menace directement.

  • — À genoux ! ordonne la fille brune à Romuald.

La manœuvre n’est pas facile, car il faut que je suive chacun de ses mouvements pour ne pas rompre nos liens. Après quelques efforts, je me retrouve assise devant lui, les jambes outrageusement écartées. J’éprouve une terrible gêne d’adopter une telle posture devant ce garçon. Je rougis sous mon masque. Cette honte n’affecte cependant pas mon intimité, car une bouffée de chaleur déferlant directement du fond de mes entrailles plonge tout mon bas ventre dans une bien perverse volupté.

  • — Caresse-la ! se voit à nouveau ordonné mon compagnon de captivité.

Nos mains étant liées, je parviens à esquiver une attaque contre ma poitrine. Le garçon s’empare alors de mes poignets et use de sa force pour m’imposer ses mains sur mes hanches. Le but recherché est bien plus lubrique et rapidement, sous les encouragements de la brunette, les mains de Romuald parviennent à explorer la totalité des courbes lisses et douces de mon corps. Après quelques minutes, je ne sais plus si ce sont ses mains ou bien les miennes qui dirigent cette promenade. Les mains sont curieuses, douces mais déterminées à toucher tout ce qu’une honnête femme réserve à son mari. Les caresses deviennent tellement précises que leurs bienfaits m’arrachent un soupir, aveu malgré moi du plaisir que je ressens. Les doigts vagabonds de Romuald s’insinuent jusqu’à la fourche de mes cuisses.
La jeune fille nous abandonne un peu quand qu’un garçon la saisit par la taille et sans autre forme de procès, la pénètre là, debout, juste devant nous. Mes joues rougissent à nouveau lorsque les doigts de Romuald ressortent complètement trempés des pétales de mon sexe. Le garçon paraît tellement apprécier qu’il y replonge immédiatement pour écarter les chairs douces, délicates et luisantes de mes petites lèvres. Mon clitoris est encerclé par des phalanges titilleuses qui finissent par l’extirper complètement de son repère, pour mon plus grand plaisir. Je me mords les lèvres pour ne pas gémir. Romuald est chauffé à blanc. Il m’attire contre lui puis s’allonge sur le dos pour me positionner sur lui. Cette fois, je m’abandonne totalement.

  • — Prend-la ! parvient à ordonner la brunette qui subit maintenant un pilonnage impressionnant.

Je ferme les yeux tandis que le pieu de chair se positionne contre l’ouverture incandescente de mon ventre. J’attends le coup de reins profanateur. Le souffle chaud d’une respiration profonde me sort de ma stupeur, mais trop tard, Romuald mord dans le papier qui masque encore mon visage et, d’un coup sec, me l’arrache tandis que plus bas, son membre force ma vulve détrempée. Dévoilée, je me débats :

  • — Non !!!

Personne n’écoute ma plainte, d’ailleurs, en est-ce une ? En fait, mes protestations n’altèrent en rien les va-et-vient du phallus qui m’écartèle délicieusement. J’y prends un plaisir immense. Le gland frotte bien contre la partie la plus sensible de l’intérieur de mon vagin et termine sa course contre le fond de ma matrice, tandis que la hampe, au gré des mouvements, glisse sur la zone de mon clitoris et me procure des petites décharges de bonheur. Tous ces plaisirs, presque irréels, se joignent pour m’amener sur les chemins tourmentés des délices de la perversité.

  • — Elle a rompu le lien !!! s’exclame bruyamment la jeune fille en remarquant la liberté de ma cheville droite. Elle doit subir la punition…

Je ne l’écoute pas, continuant à onduler la croupe pour aller à la rencontre du bassin de Romuald. Soudain, je me rends compte qu’un homme vient de prendre place derrière moi. Trop tard, il s’empare fermement de mes fesses et place son sexe contre mon anus. Cette fois, je me débats mais la petite brune aide l’homme à me tenir tranquille. Je proteste :

  • — Hé ! Non ! Pas ça !!!

En guise de réponse, la petite salope m’administre une magistrale claque sur chaque fesse. Elle a dû y aller de toutes ses forces, car durant quelques instants, je ne ressens plus que la douleur de cette correction. Peu à peu, elle finit par s’estomper et laisser place à une sensation de chaleur extrême qui irradie mes deux lobes. La brunette ne m’abandonne pas et c’est même elle qui crache dans la raie de mes fesses pour lubrifier mon anus. Mon agresseur y positionne aussitôt son gland congestionné. Je n’ose plus lutter et j’ai horriblement peur. Trop tard, l’homme pousse et profite d’un mouvement en retrait de Romuald dans ma vulve pour s’enfoncer entre mes reins.
Cette pénétration est brutale et profonde. Lorsque le sexe coulisse pour revenir au bord de mon anus dilaté, le pieu de Romuald vient s’écraser contre le col de mon utérus. Ils me besognent ainsi, l’un entrant, l’autre se dégageant et ainsi de suite jusqu’à ce que je finisse par m’y perdre et mélanger les sensations que chacun me procure. Ils font attention de ne jamais s’extraire complètement de l’orifice qui les accueille. Mon ventre est en proie à un dilemme qu’il ne tarde pas à résoudre en me procurant autant de plaisir pour chacune de ces pénétrations.
Soudain, les garçons changent de rythme et cette fois, les deux phallus entrent en moi en même temps. Et s’y immobilisent. Je suis pourfendue et j’ai l’impression que je vais me déchirer et mourir. Doucement, ils commencent à bouger ensemble. Ce que je ressens est tellement fort que je ne sais même plus s’il s’agit de plaisir ou de douleur. Jamais je n’ai éprouvé une telle chose. J’en pleure. Heureusement, mes chairs ne cèdent pas. Je bénis leur élasticité car, contre toute attente, elles acceptent l’inacceptable. Le mouvement conjoint des deux virilités est si intense que tout mon ventre en est ébranlé. Ils vont et viennent encore. Maintenant, je n’ai plus le moindre doute. C’est bel et bien du plaisir que les deux garçons me donnent besognant mon sexe et mon fondement sans retenue. Toutes les terminaisons nerveuses les plus personnelles de mon anatomie sont sollicitées. Je perds la tête. Mon souffle est court et rapide, je crie sous les assauts combinés des deux hommes. Le rythme s’accélère, mes chairs fondent. C’est trop intense… ils sont trop gros… c’est trop bon… j’y prends trop de plaisir … je vais en mourir… J’implore :

  • — Non !!! Non !!!

Heureusement, mes supplications n’ont aucun effet sur les deux étalons, alors je jouis comme je n’aurais jamais cru qu’on puisse le faire. Mon plaisir, en se propageant, a anéanti la fine cloison qui sépare mes deux orifices. J’en suis convaincue, car il m’est impossible de dire lequel me fait le plus de bien. Mon anus et mon vagin ne font plus qu’un, tout comme les assauts simultanés des deux puissantes virilités. Ma jouissance se prolonge durant de longues et délicieuses minutes, tandis que les deux garçons continuent leur folle envolée. À leur tour, ils vont s’abandonner et m’inonder. Ils vont le faire ensemble, j’en suis certaine, mais ils se retiennent au maximum pour faire durer le plaisir qu’ils prennent à me voir dévastée par cette fantastique humiliation. Mon regard, totalement dévolu à la perversité, se trouble, mais trouve les yeux hagards de Julien. Devant lui, la jeune mulâtre caresse ses seins luisants de la semence de celui qui m’a entraîné dans cette aventure contre sa volonté. La jeune fille est toujours besognée par un garçon au visage couvert de sueur. Un rictus caractéristique s’imprime sur son visage lorsqu’il lui inflige l’estocade et l’inonde. Je soutiens le regard, presque triste, de Julien, tandis qu’une série de formidables crampes de jouissance m’entraînent encore plus loin dans l’orgasme. Tout mon corps se crispe, mes muscles sont tendus à se rompre. L’extase est totale. Je n’en peux plus, je manque d’air… Je sombre dans le chaos…

  • — Ouiii !!!

Les deux garçons explosent ensemble en râlant comme des animaux sauvages. Ils se répandent en longues giclées qui apaisent mes chairs meurtries. Je ne peux m’empêcher de penser très fort : « Julien, tout ça est de ta faute ! ! ! »

xxx

J’ai pris les clefs à Julien et j’ai couru comme une folle jusqu’à son appartement. Je veux partir tout de suite et abréger les adieux. Je m’apprête à sortir au moment où la porte s’ouvre.

  • — Je… tente-t-il de m’expliquer.
  • — Non ! ne dis rien ! Ce qui devait se passer est arrivé. Pas d’explications, pas de regrets, pas de commentaires…

Julien se jette immédiatement sur moi et m’embrasse avec une fougue qui ne peut me laisser froide. Ses mains courent sur l’ensemble de mon corps et rapidement, ma petite culotte rejoint le sol. Julien me soulève et me plaque contre le mur avant de me laisser retomber sur son sexe tendu. Je croise mes jambes autour de sa taille pour mieux m’empaler. Nous faisons l’amour comme ça, debout contre le mur du couloir. Mon ventre, surchauffé par mes précédents amants, n’est pas rassasié. Mes sens se réveillent instantanément et je plonge dans un plaisir tout à fait différent par rapport à la débauche que je viens de vivre. Cette fois c’est la passion qui domine. J’accueille chaque mouvement de mon partenaire avec délectation. Nous nous donnons l’un à l’autre sans restriction. J’ai tellement envie de Julien que j’atteins rapidement les sommets du plaisir. Mes ongles se plantent dans son dos. Nos bouches restent collées l’une à l’autre. Je respire par Julien comme lui respire par moi. Notre étreinte, passionnée, est violente comme s’il devait en rester des traces longtemps encore après nos adieux. J’implore :

  • — Viens ! Viens !!!
  • — Ouiii…

Il m’inonde et nous râlons ensemble, tenaillés par un feu dont les braises vont marquer mes chairs à tout jamais, laissant en moi ce souvenir indélébile d’une union éphémère, mais au combien délicieuse. Je me dégage prestement, m’empare de mes affaires et disparais dans la cage d’escalier.

xxx

Le secrétariat tourne au ralenti. Seule Sabine est studieusement installée devant l’écran de son ordinateur. Ses doigts courent à une vitesse vertigineuse sur les touches du clavier. Coiffure extravagante bicolore, décolleté outrageux et jupe ultra-mini, elle fait tout pour se faire remarquer et pourtant, le patron a choisi Nicole pour le poste de secrétaire de direction. Pauvre Sabine, elle ne l’a pas encore digéré.

  • — Ha ! Vanessa ! Bonjour ! Alors, ce séminaire ? me lance-t-elle.
  • — Dix jours de travail intensif. C’était fatiguant mais très intéressant. Et en fin de compte, je n’ai pas vu le temps passer.
  • — Et tes vacances ?
  • — Très bien, je suis allée à l’Ermitage, comme d’habitude.
  • — Je n’arrive pas à comprendre que tu ne profites pas de ta jeunesse pour t’éclater, plutôt que de t’enterrer là-bas comme les vieux. Moi, j’ai fait connaissance avec un moniteur de ski nautique et j’ai passé des vacances délires.

Elle prend son petit air coquin et rajoute :

  • — Tu ne devineras jamais ce que j’ai fait !!!
  • — Mais tu n’es plus avec Franck ?
  • — À la fête des cerises, j’ai un peu flirté avec son copain Sébastien. Il nous a vu et il en a fait toute une histoire et moi, tu me connais, les histoires je n’aime pas ça alors : « Ciao ! ». Les vacances s’annonçaient galère… Heureusement le deuxième jour, j’ai rencontré Antoni. Grand, brun, yeux bleus, musclé comme les gars qu’on voit dans les magazines. Bref, je suis tombée amoureuse tout de suite. Et tu ne devineras jamais où nous avons fait l’amour !
  • — Non ?
  • — Je n’ai pas voulu céder le premier soir, alors le second, lorsque je suis venue le chercher, après son travail, il m’a entraînée sur la plage et lorsque la nuit est tombée, on a fait ça là, bercés par le bruit des vagues et éclairés par la Lune. Tu imagines, quelqu’un aurait pu venir… C’est pas toi qui ferais un truc pareil hein ! En fait, tu ne sais pas ce que tu perds. T’es trop sérieuse et tu ne profites pas assez de ta jeunesse…

La pauvre, si elle savait !!! Je me contente de pousser un petit soupir de résignation pour masquer les émotions que provoquent les souvenirs qui déferlent soudain dans ma tête.

  • — Le patron est là ? fais-je pour couper court à toute discussion.
  • — Oui ! Il attend quelqu’un, mais je crois qu’il veut te voir.

Sabine m’annonce et j’entre seule dans le bureau luxueux du directeur.

  • — Ha ! Vanessa, asseyez-vous, je vous en prie !

Il me fait un petit discourt sur la stratégie commerciale de l’entreprise, puis m’informe d’un projet de restructuration et de l’informatisation de notre société. Le téléphone sonne. Mon patron décroche :

  • — Ha oui ! vous pouvez le faire entrer !

Il continue aussitôt son exposé :

  • — Voilà c’est pour ces raisons que j’ai été séduit par le projet de la société A.R.I.F. Ils ont accepté de nous envoyer un de leur technicien. Afin de mener ce projet à bon terme, je vous demande de prendre cette personne sous votre coupole pour lui faire découvrir l’ensemble de notre domaine marketing. Vous devrez l’orienter sur les besoins réels de notre société dans le domaine de l’informatique. Je compte sur vous…

On frappe.

  • — Oui, entrez Monsieur Terana, je vous présente la responsable de notre service marketing : Mlle de Monceau. Elle vous indiquera la stratégie complète de notre groupe.

Puis, il s’adresse à nouveau à moi :

  • — Je vous le confie et surtout, rappelez-vous bien, je vous donne carte blanche pour lui présenter l’ensemble de nos capacités de marché. Il a quinze jours pour élaborer les bases de son travail…

Mon Dieu !!! Julien !!!
Mon patron poursuit les présentations et les recommandations. Julien s’avance et me salue comme s’il me voyait pour la première fois. Je bafouille :

  • — Ravie de faire… enfin je veux dire… Enchantée !

Je suis pétrifiée, mon cœur cogne, mes jambes se ramollissent tandis qu’une crampe délicieuse embrase mon ventre…

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