Histoire Coquines - Première victoire
Nous marchions déjà depuis deux bonnes heures. La cabane était maintenant loin, et notre objectif de la journée était de parcourir 35 km de sentiers dans les montagnes pour atteindre un lac d’altitude d’où nous aurions une vue royale sur la chaîne des Rocheuses. Nous devions y arriver absolument deux heures avant le coucher du soleil afin d’avoir le temps de profiter du spectacle. Le ciel était avec nous, pas un nuage à l’horizon.
Sur notre itinéraire, un torrent nous barrait la route. La carte indiquait un gué, 200 mètres en amont. Une fois arrivés au gué, je décidai de passer en premier, car, malgré les indications sur la carte, la profondeur me paraissait importante. Je m’équipai de guêtres étanches qui me protégeaient jusqu’aux genoux. Mon pantalon de randonnée en toile épaisse serait suffisant pour mes cuisses.
Nathalie commença à se préparer pendant que je testais ce gué. L’eau n’était pas profonde au début mais, plus je progressais, plus je m’enfonçais. Au milieu, le courant était très fort et l’eau montait jusqu’à mi-cuisses. Autant dire que mes belles guêtres étanches ne me servaient plus à rien… Nathalie, voyant qu’elle n’échapperait pas à l’eau, décida de changer de stratégie : elle quitta ses guêtres, se déshabilla entièrement et rangea le tout soigneusement dans son sac à dos pour ne rien mouiller.
Nathalie se présentait nue, fière de son idée, dans son plus simple appareil. Je l’admirais, sa poitrine à l’air, alors qu’elle commençait sa traversée. Je m’étais posté au milieu du gué, là où l’eau était la plus profonde, pour assurer Nathalie lors du passage. Je ne perdais rien ni de sa progression, ni de celle de l’eau sur ses jambes. Elle n’était maintenant qu’à cinq mètres de moi, l’eau atteignait ses cuisses et le courant se faisait plus fort. Je lui tendis la main, mais elle se débrouillait très bien. En avançant, l’eau montait sur ses cuisses jusqu’à atteindre ses poils pubiens. Elle eut à cet instant un petit mouvement de surprise, mais poursuivit sa progression. Toujours aussi fière, elle mettait un point d’honneur à refuser mon aide. Elle me passa devant en me fixant dans les yeux d’un air victorieux. Je ne pus résister à la tentation de lui caresser la poitrine et les fesses lors de son passage. Elle me répondit par un léger frôlement de la main sur mon pantalon de toile mouillé jusqu’en haut des cuisses, ce qui faisait ressortir ma bosse. Je la suivis sur l’autre berge.
Nathalie avait choisi la bonne option. Elle se sécha rapidement et entreprit de se rhabiller avec ses vêtements secs, alors que je quittai mon pantalon et mon caleçon et les repliai dans mon sac. Couvert d’un simple caleçon sec, je décidai de quitter également mon tee-shirt afin de poursuivre le chemin ainsi vêtu. Nous ne rencontrerions certainement personne, et si c’était le cas j’étais tout de même présentable ! Nathalie était très heureuse de ma nouvelle tenue et se félicitait que mes fesses remplissent si bien mon caleçon. Décidément elle ne changera jamais ! Et c’était heureux…
C’est ainsi vêtus, moi seulement de mes chaussures de marche et de mon caleçon, que nous parcourûmes les chemins. Le vent commençait à fraîchir, étant donné que nous prenions de l’altitude, mais le soleil généreux et l’effort de la marche nous donnaient plutôt une sensation de chaleur. Mon corps transpirait à grosses gouttes. Nathalie aussi transpirait, et j’étais surpris de voir la marque de sa sueur le long de son pantalon, à la hauteur de sa raie des fesses. Cette vue me laissait songeur : j’aurais aimé que ce soit la vue de mon corps qui lui provoque une excitation telle que son pantalon en porte les traces ! Mais bon, il fallait bien revenir à la réalité, l’effort et la chaleur étaient les seuls responsables de ces traces de sueur, et non pas de mouille. Je laissai donc mes fantasmes.
Notre progression nous faisait prendre de l’altitude et nous quittions les forêts de conifères pour atteindre les alpages des Rocheuses. Nous tutoyions les 2100 mètres. Nous marchions maintenant depuis quatre heures, il était grand temps de faire une pause-déjeuner. Je proposai alors à Nathalie de se reposer et de se mettre à l’aise, pendant que je préparerai les sandwiches. Elle se mit effectivement à l’aise, en se déshabillant pour profiter du soleil sur sa peau. Ses habits était mouillés de sueur et elle les étendit sur un rocher. Je ne m’attendais pas une telle « mise à l’aise » !
Quel bonheur de profiter d’une telle vue : paysagère et féminine ! J’étais un homme comblé, heureux du moment présent, prenant tout son temps pour servir Madame. À cet instant, je ressentais ce que j’étais venu chercher au Canada : la symbiose entre la nature et l’Homme (ou plutôt la femme).
Nathalie était allongée dans l’herbe, les yeux fermés, détendue, profitant du moment présent, des brises d’air lui caressant la peau. Sa poitrine nue se soulevait doucement au rythme de sa respiration. J’étais assis sur un rocher derrière elle, et donc en hauteur. La vue plongeante sur ce corps parfait, dénudé, en plénitude avec la nature, me ravissait.
J’en oubliais les sandwiches… Une fois terminés, j’osai un timide « Madame est servie ». D’un mouvement lent et sensuel, elle se retourna sur le ventre et me regarda, les yeux pleins de reconnaissance pour le moment que nous vivions. Je lui tendis son déjeuner et, sans me quitter des yeux, elle le croqua. À sa manière de me regarder, j’avais l’impression que c’était moi qu’elle croquait. La sensualité qui se dégageait de Nathalie était époustouflante. Je ne pouvais ni ne voulais détacher mes yeux de cette ravissante femme. Elle me déshabillait du regard. N’ayant plus que mon caleçon depuis l’épisode du torrent, je me sentais vraiment nu devant elle. J’en oubliais de me nourrir.
Nathalie, quant à elle, avait déjà terminé et se léchait les doigts, toujours avec son regard appuyé sur moi. Je sentais de délicieux picotements naître dans mon entrejambe, mais j’arrivais à maîtriser tant bien que mal mon émoi. Un sexe bandé, se libérant par l’ouverture de mon caleçon aurait été du plus mauvais effet ; ce moment se devait de rester pur et parfait. Je luttais avec moi-même, alors que je ne pouvais me libérer du regard de Nathalie. Consciente de mon combat intérieur, elle semblait le désirer et l’encourager. Son regard bleu allait de mes yeux à mon caleçon. Ces allers-retours semblaient me lancer un défi en me disant : « Admire-moi, vois comme je suis belle et désirable, mais ne tente rien ! »
Je la reconnaissais bien là : Nathalie était au centre de mon attention, et elle me dirigeait de son magnifique regard. De mon côté, je voulais me maîtriser pour lui prouver ma maîtrise de mes sens.
Je compris que toute résistance était vouée à l’échec quand elle commença à poser ses mains sur sa poitrine. Sentant mon membre échapper à mon contrôle, je proposai à Nathalie de reprendre la route, car officiellement nous ne devions pas perdre de temps si nous voulions arriver largement avant le coucher du soleil au sommet de cette montagne !
Elle ne fut pas dupe, et je lus dans ses yeux le regard de la victoire. Sans dire un mot, elle se rhabilla. De mon côté, je tentai de reprendre mes esprits et de me calmer. Je décidai de remettre mes habits encore humides de la matinée : rien de tel pour calmer mes ardeurs ! De plus ils sécheraient plus vite sur ma peau, au soleil, que dans mon sac à dos.
Nous marchions de nouveau depuis une heure, et je ne cessais de repenser à notre halte-déjeuner. Comment les femmes peuvent-elle ainsi avoir autant de pouvoir sur les hommes ? Face à elles, et malgré notre apparence virile et forte, nous ne sommes que des jouets, à la merci d’un geste, d’un regard, d’une attitude. Nathalie venait de me donner une grande leçon d’humanité.
Je ressassais également notre nuit précédente en compagnie de Judy, Hellen, Paul et son frère jumeau. Nathalie m’avait confié avant son départ qu’elle souhaitait connaître le libertinage, et j’espérais qu’elle ne confondrait pas l’orgie d’hier soir avec une véritable nuit de libertinage !
Mes différentes expériences dans ce domaine m’avaient montrées que bien peu de personnes sont en vérité libertines. Nous en avions fait l’expérience hier, mais Nathalie l’avait-elle compris ? Nous avions certainement vécu un moment exceptionnel en leur compagnie, mais ce moment s’était limité à du sexe. Selon moi, le libertinage est tout à fait différent, c’est un art de vie orienté vers la découverte de l’autre, qui ne se résume pas uniquement à du sexe.
Je commençai à me reprocher d’avoir permis cette orgie alors que Nathalie n’était pas préparée à ce genre de choses. Pourtant, elle semblait avoir apprécié ! Moi aussi, mais je savais faire la part des choses ! Il ne fallait absolument pas qu’elle prenne cette orgie pour du libertinage, ce serait se priver du meilleur !
- — Nathalie !
- — Oui, bel homme ? Que désirez vous ? me demanda-t-elle en se retournant vers moi.
Son sourire et son regard indiquaient qu’elle n’était pas tourmentée par le doute, comme moi en ce moment. Elle jouissait du moment présent. Mon air inquiet rendit son regard plus sombre.
- — Qu’as-tu pensé de la soirée d’hier ?
- — C’était divin.
- — Oui, c’est sûr, tu as pris beaucoup de plaisir, et j’en ai pris aussi en te regardant jouir. Nos hôtes étaient très attirants et…
- — OH OUI ! Ces deux-là, j’aimerais bien les retrouver un jour à Paris !
- — Bon, d’accord, mais penses-tu avoir vécu une expérience libertine durant la soirée ?
- — Bah oui, bien sûr ! Quelle question ! Si ce n’est pas du libertinage, je me demande quand ça le sera !
Je tressaillis, et Nathalie remarqua que sa réponse ne me satisfaisait pas.
- — Nathalie, tu te souviens de notre discussion sur le lit dans ma chambre après notre première relation ?
- — Oui, j’étais follement bien. J’ai même commencé à t’avouer mon penchant pour le libertinage.
- — Tout à fait, et te souviens-tu de ce que je t’ai répondu ?
- — Qu’un jour tu me le ferais découvrir, et je te remercie de me l’avoir fait découvrir hier soir !
- — Nathalie, je suis désolé mais hier soir ce n’était qu’une orgie sexuelle. Il n’y avait rien de libertin là-dedans !
- — Des frères qui se tapent tout ce qui porte un jupon et qui baisent avec la première touriste qui passe, ce ne sont pas des libertins ? J’ai dû louper un épisode !
- — Comme tu l’as dit, ils « baisent» et se « tapent » des chattes. C’est à l’opposé du libertinage !
Et je lui expliquai ma philosophie de la chose, que j’espérais lui faire découvrir au cours de ce voyage. Je lui rappelai l’épisode de la salle de bains : nous étions en symbiose parfaite, Judy, Nathalie et moi. C’était, selon moi, le seul moment qui se rapprochait de l’idée que je me faisais de cette philosophie de vie. Bien sûr, on n’arriverait à un résultat correct qu’avec des gens que l’on connaissait et que l’on appréciait, certainement pas avec des personnes qui nous étaient inconnues cinq minutes plus tôt !
- — Alors, pour toi, si j’ai bien compris, ce que j’ai vécu hier soir n’est rien comparé au plaisir que je pourrais prendre lors d’une véritable soirée libertine ?
- — Absolument ! Imagine des hommes tous plus beaux les uns que les autres, qui te font l’amour toute la nuit, mais tu ne les connais pas, et eux non plus. Ils peuvent êtres experts techniquement pour te faire jouir (si c’est le cas, tu auras eu beaucoup de chance), mais ta jouissance mentale, de jouir de ce qu’est l’autre et non pas de ce qu’il te fait, cette jouissance-là tu ne pourras pas la connaître dans ces circonstances.
Nathalie se tut, et nous n’entendions plus que le bruit de nos pas. Je la sentais déçue d’avoir imaginé vivre une expérience libertine alors qu’elle ne l’était pas. Mais Nathalie semblait aussi très curieuse et impatiente de découvrir ces horizons prometteurs qui, jusqu’à maintenant, s’étaient refusés à elle. Je tentai de la rassurer en lui promettant de faire mon possible pour qu’une telle aventure s’offre à elle.
Elle s’arrêta, le regard triste. C’était le regard d’une femme qui se sentait d’un coup très seule. Je la réconfortai dans mes bras et la serrai fort contre mon corps. Elle avait l’impression d’avoir été abusée. Comme si l’oasis qu’elle avait aperçue hier venait de disparaître par ma faute. Je m’en voulais de lui infliger cela, et je lui promis une seconde fois qu’elle vivrait des moments bien plus forts que ceux que nous venions de vivre la veille.
De nouveau en route, Nathalie me bombarda de questions sur mes expériences libertines. Je lui expliquai qu’à mes débuts, je croyais qu’il suffisait de payer son entrée dans un de ces clubs pour entrer dans le nirvana du sexe libre. Je compris bien vite que ce genre d’endroits était malheureusement trop souvent considéré par une majorité d’hommes comme un vide-couilles avec option voyeurisme. J’avais l’impression que bien peu de femmes y prenaient réellement du plaisir. On attendait d’elles une certaine attitude (variable selon le style du club) et elles devaient s’y plier.
Alors je testais des rencontres via les sites « libertins » sur le net. J’étais assez sceptique, car la toile était pour moi le symbole de l’impersonnel. Mais je fus tout de même surpris de voir que, vu le niveau de méfiance des couples à la recherche d’un deuxième homme, les personnes sont amenées à se décrire précisément, ce qu’elles aiment, ce qu’elle font, et souvent quand l’homme plaît au couple, ils se réunissent une première fois autour d’un verre, en tout bien tout honneur, pour faire connaissance.
J’ai eu ma première expérience libertine dans ces conditions, avec Jean-Marc et Nathalie, un couple très sympa de la région parisienne, sportifs comme moi, aimant la vie, et n’ayant pas peur de se confier. Nous avions pas mal de choses en commun, et c’est au fil de nos rencontres que nous avons appris à nous apprécier et à nous offrir les uns les autres une jouissance pleine et entière. Mais ma quête était loin d’être finie !
Je terminai mon récit et regardai Nathalie perdue dans ses songes érotico-libertins. J’espérais ne pas la décevoir lors de ce voyage et pouvoir tenir ma promesse ! Malheureusement, tout ne dépendait pas de moi.
Nous arrivâmes enfin au but de notre journée. Après trois heures d’ascension intense mêlée de songes érotiques, nous avions vaincu cette montagne, et le panorama qui se dévoilait tout autour de nous était simplement divin. La chaîne des Rocheuses se déroulait à 360 degrés, nous étions à 2900 mètres d’altitude, l’air s’était rafraîchi, mais le spectacle des sommets enneigés au loin nous fit oublier toutes nos petites douleurs plantaires.
Nous avions quittés nos sacs et admirions la récompense de nos efforts. Je repensais à toute notre histoire depuis mes regard furtifs vers Nathalie dans la piscine, notre étreinte dans mon appartement, ce vol de dix heures dont la pauvre hôtesse, Margot, gardera un souvenir cuisant, les deux jours de bus pour rejoindre les Rocheuses, et cette rencontre que je ne regrette pas avec Mike, Paul, mais surtout Judy et Hellen.
Je m’avançai derrière Nathalie qui, comme moi, contemplait le spectacle silencieusement. Elle poussa un soupir de bien-être et de calme intérieur quand je la pris dans mes bras. Ainsi enlacés, me tenant derrière elle, ma tête sur son cou, nous étions comme deux enfants avides de leur cadeau, ne pouvant plus s’en défaire.
Je murmurai à Nathalie de s’asseoir contre le rocher là-bas, pendant que, en silence, je monterai notre tente et préparerai le dîner.
Il est des endroits sur cette terre, où la présence humaine est une hérésie. Ce sommet en faisait partie et nous en avions conscience. Pour rien au monde, il ne fallait troubler la quiétude du lieu. Tous nos gestes étaient lents et précis.
Une fois le camp monté, je m’assurai qu’il restait assez de temps pour préparer le dîner avant la tombée du jour, ainsi nous nous régalerions du spectacle de la nature autour d’un repas chaud.
Une demi-heure plus tard, je vins m’asseoir à côté de Nathalie contre le rocher, avec nos deux assiettes. Toujours en silence, je lui offris la sienne.
Nathalie me gratifia de son plus beau regard de reconnaissance. Elle était au nirvana des randonneurs et elle voulait que je le sache. Je fus ému par une larme qui perla sur la joue de ma protégée. J’avais terriblement envie de la serrer fort contre moi, mais tout geste était superflu. Nos regards se suffisaient à eux même.
Côte à côte, sans un murmure, nous avons dégusté ce coucher de soleil à 2900 mètres d’altitude. Le ciel devint rouge vif quand l’astre solaire nous offrit son dernier rayon entre deux cimes. À l’est, l’astre de la nuit se levait. La nature avait décidé de nous gâter ! C’était une pleine lune rousse, au diamètre très large, qui se levait maintenant sur nous alors que les étoiles commençaient à scintiller. La nuit tombait lentement. Nathalie s’allongea sur un tapis de sol pour admirer le spectacle céleste. À cette altitude, on a l’impression de pouvoir toucher les étoiles. Le ciel est pur de toute pollution, sa limpidité rend éclatant le scintillement des étoiles.
Je m’approchai doucement de Nathalie et m’allongeai à côté d’elle. La nuit était maintenant tombée, une nuit claire car la lune est pleine, mais l’altitude nous permettait d’admirer le spectacle stellaire.
De mon passé d’officier de la marine marchande, je me rappelle les soirées sur le pont du cargo, à admirer au milieu de l’océan la voûte céleste. Les étoiles et les constellations n’ont aucun secret pour moi, car depuis des siècles les marins se sont orientés avec. Je décidai donc de faire partager à Nathalie les légendes entourant le combat de titans que sont Orion au nord (figure de l’hiver) et le Scorpion au sud, Zeus les ayant diamétralement opposés dans le ciel pour mettre un terme à leurs combats homériques. Je lui racontai également les légendes autour des constellations de Cassiopée Persée, Céphée, la Chevelure de Bérénice, Pégase et Andromède bien sûr.
Toujours en murmurant, je lui fis découvrir les Pléiades, la Voie Lactée, la Lyre, le Cygne. Je lui expliquai que, lors de mes traversées maritimes dans l’hémisphère sud, l’on pouvait admirer des constellations comme la très célèbre Croix du Sud, mais que ma préférée était la constellation du Capricorne. Nous ne pouvions malheureusement pas la voir depuis le Canada.
- — Pourquoi est-ce ta préférée ? me demanda Nathalie?
- — J’ai un souvenir particulier sous cette étoile.
- — Raconte-moi.
Une étoile filante déchira le ciel, et disparut de l’autre côté de l’horizon.
- — Cette histoire fut aussi éphémère que cette étoile filante…
- — Raconte-moi ! insista Nathalie.
- — Lors d’une escale en Polynésie, je fis la rencontre d’une femme exceptionnelle, Ondine. Elle était la fille d’un amiral de la marine basé depuis six ans sur l’île de Bora-Bora. Nous nous écrivions en secret car son père était autoritaire, et n’aurait pas supporté de voir sa fille avec un vulgaire officier de la marine marchande. À chaque escale sur l’île de Tahiti, Ondine venait me rejoindre en cachette. Nous aimions nous allonger sur la plage et admirer, sous les alizés, le soleil couchant. Nous parlions beaucoup de sa vie, et de la mienne, nos destinées n’étaient pas supposées se rencontrer et pourtant je l’avais suivi et abordé en gentilhomme de la marine un jour de marché à Papeete. Elle était brune, splendide dans son paréo. Je crois que le charme de l’uniforme a joué en ma faveur. Pourtant, les uniformes, elle connaissait ! Mais son esprit rebelle avait dû la pousser à rencontrer un officier de marine marchande, que son père haïrait certainement.
- — Que s’est-il passé avec Ondine ?
- — On s’est beaucoup écrit et chaque escale à Tahiti était un pur bonheur, jusqu’au jour où son père s’est rendu compte de notre relation. Il est monté à bord de mon bâtiment lors d’une escale, le lendemain d’un rendez-vous avec Ondine. Il était furieux et m’a menacé violemment. J’ai tenté de le raisonner de lui expliquer que je ne faisais rien de mal avec sa fille, mais il ne me croyait pas. Il n’avait qu’une obsession : l’honneur de sa famille. J’ai tenté une dernière fois de lui expliquer que l’honneur de sa fille était intact quand il m’a décroché un coup de poing en pleine mâchoire, qui m’a fait tomber par terre. Il se tenait maintenant debout devant moi et m’a ordonné de ne plus jamais revoir sa fille. Fou de rage je me suis précipité sur lui et nous avons roulé à terre dans un combat à mort. Le bord était vide, nous faisions un boucan d’enfer, mais personne ne pouvait nous entendre. Ma cabine est devenue rapidement un véritable champ de bataille. Nous étions de la même corpulence, et bien qu’il fut plus âgé que moi, ni l’un ni l’autre n’arrivait à prendre le dessus. Épuisé par notre combat, à bout de souffle, il m’a menacé une dernière fois de me plomber la tête si je réapparaissais en Polynésie. Et il a quitté le bord en titubant. C’est le lendemain soir que j’ai eu la surprise de voir Ondine : elle avait bravé l’autorité paternelle quand elle avait appris ce qui s’était passé. J’étais fou de joie de la retrouver, mon cargo appareillait au petit matin, il nous restait une nuit pour nous aimer. Nous nous sommes rendus sur la plage déserte, où seules les étoiles furent témoin de notre étreinte. Nous nous sommes déshabillés mutuellement, assis sur le sable, puis Ondine m’a embrassé fougueusement et m’a dit : « Je te fais cadeau de ma virginité. Prends-moi. » Elle s’est jetée dans mes bras, je suis tombé en arrière et ainsi nous nous sommes aimés pendant toute la nuit. Mon dernier souvenir d’elle est lors de l’aboutissement de notre étreinte : j’étais allongé sur le dos, Ondine était empalée sur mon sexe. Elle était resplendissante, sa tête dans les étoiles était couronnée par la constellation du Capricorne. Je me souviens avoir joui à l’unisson, sous les étoiles. La violence de notre orgasme nous a emportés, et Ondine s’est effondrée sur moi. Je me suis endormi sous elle, terrassé par l’intensité du moment.
- — Et que s’est-il passé ensuite ? demanda Nathalie.
- — Quand je me suis levé peu de temps avant le lever du soleil, Ondine avait disparu. J’entendais la corne de mon cargo qui, dans un son grave, rappelait l’équipage à son bord pour l’appareillage.
- — Et vous ne vous êtes jamais revus ni écrit ?
- — Non, jamais. Les lettres que je lui écrivais me revenaient. Ils avaient déménagés.
Nathalie avait commencé à me caresser la cuisse. Et mes souvenirs avaient éveillé en moi un début d’érection que Nathalie entretenait et développait par ses caresses de plus en plus précises. Je n’osais bouger. Je voulais la laisser libre arbitre de ce que serait notre première nuit à la belle étoile.
Nathalie se retourna vers moi, et nous échangeâmes un long baiser appuyé. Je la pris dans mes bras et la fit glisser sur moi. Nathalie voulait m’offrir cette soirée, elle me le fit comprendre en me plaquant les deux bras au sol. J’étais à sa merci, prisonnier de son corps et de son baiser. Elle me lâcha les bras et parcourut mon corps à la recherche de mes boutons de chemise. Je ne bougeai pas, et me laissai délicieusement faire. Une fois ma chemise grande ouverte, ce fut le tour de mon pantalon de quitter son propriétaire. Il ne me restait plus que mon caleçon, rempli par mon sexe tendu de désir. Une légère brise soufflait et je ressentais le délice fou du prisonnier sexuel parcouru par un léger frisson avant l’amour. Nathalie me couvrait de baisers, mon corps se régalait au contact doux de ses lèvres. Ne tenant plus, je tentai de la caresser mais elle me replaça les bras au sol.
Nathalie prenait maintenant un plaisir évident à me faire languir. Elle embrassait mon sexe au travers du caleçon. Je devais sérieusement me contrôler pour ne pas la caresser. Elle passa une main sous le tissu et fit glisser ma peau tendue sur le gland bien lubrifié par mon désir. Son mouvement était régulièrement interrompu pour porter ses doigts à sa bouche et ainsi se délecter de mon goût. Elle porta ses doigts à ma bouche pour que je partage mon odeur et mon goût. C’était divin. Son autre main me caressait le torse et le ventre. Nathalie étant restée habillée, je tentai une expédition pour la dévêtir mais je fus encore repoussé.
Elle sortit mon membre par l’ouverture de mon caleçon et entreprit de le lécher. Ses coups de langue suivis de l’introduction dans sa bouche me faisaient trembler de délice. Je sentais la pression monter dans mon membre, mais la situation était encore maîtrisable.
Après plusieurs minutes de gâteries buccales que j’avais savourées les bras derrière la tête et cette dernière dans les étoiles, Nathalie entreprit de se déshabiller. Elle ne voulait pas que ce soit moi qui le fasse. J’en était un peu frustré car j’adore parcourir, lécher son corps lors de la séance de déshabillage…
Je l’admirais donc m’offrir, debout, la vue de son corps nu sous la pleine lune. Le spectacle était grandiose. Je me masturbais doucement en dévorant des yeux cette déesse bientôt nue qui m’offrait son corps et son âme.
Une fois nue, Nathalie vint se coller à moi. Nous ne formions plus qu’un corps qui s’enlaçait, se caressait, gémissait de plaisir. Elle émit un râle de plaisir quand mon sexe la transperça. Debout, une main sur les fesses pour m’enfoncer au plus profond d’elle et l’autre sur son cou, nous nous embrassions savoureusement. Nathalie ne bougeait pas ; maintenue par mes bras, elle s’abandonnait à son tour à ma virilité et à la sensualité du moment. Son vagin était terriblement humide, et je sentais Nathalie le contracter pour augmenter la pression sur la colonne qui la possédait, pendant que ses mains parcouraient mon dos et mes fesses.
Elle réussit à se dégager de mon étreinte et m’indiqua de m’allonger de nouveau sur le dos. Décidément, ce soir, je serai spectateur de notre amour. Elle vint s’accroupir au-dessus de moi et lentement contrôla ma pénétration. Nous gémissions en chœur. Une fois entièrement absorbé, Nathalie resta immobile ; elle contracta les muscles de son vagin, me faisant ainsi réaliser l’étroitesse de son antre, ou peut-être l’épaisseur de mon pénis…
Je me sentis prendre du volume et m’allonger sous ses massages vaginaux. Elle me fixait droit dans les yeux, et reprit son mouvement vertical. Mes mains lui caressaient les seins, les flattaient, les soupesaient, les entrechoquaient, sous son regard imperturbable. Elle semblait parfaitement maîtriser son corps et parfaitement maîtriser la situation. Un flash me revint, à propos de ma réflexion sur la supériorité des femmes, lors de notre déjeuner. Les images de Nathalie allongée au soleil, et en train de lécher ses doigts, se bousculaient dans ma tête. Mon souffle se faisait plus court, plus rapide aussi. Je commençai à sentir des gouttes de sueur perler.
Nathalie ressentait tout cela au travers de mon membre. Elle accéléra son mouvement. Je la fixai du regard et je vis dans ses yeux le moment de la mise à mort du taureau dans l’arène. Elle choisit quand et comment. Et c’était maintenant qu’elle l’avait décidé. Un dernier mouvement de son bassin eut raison de ma résistance. J’explosai en elle, libérant mes jets de sperme, noyant littéralement sa caverne. Je hurlai mon plaisir en maintenant fermement ses seins dans mes mains. Mon corps n’était plus qu’un seul muscle bandé à l’extrême, en train d’exploser sous la tension accumulée. La force de ma jouissance entraîna Nathalie dans la sienne. Elle continuait ses mouvements verticaux en gémissant de plaisir sur mon corps devenu dur comme de la pierre. Mon sperme ruisselait de son vagin le long de mon mât solidement planté en elle. Subitement, nos deux corps se relâchèrent et Nathalie s’écroula à côté de moi.
Nous étions en sueur, fourbus ; mon foutre s’écoulait du vagin maculé de Nathalie le long de ses cuisses, et mon sexe en train de se rétracter baignait dans ce même foutre. L’odeur était puissante, mélange de sperme et de sueur. Nous nous caressions, la tête dans les étoiles, nos mains étalaient mon sperme sur nos corps vidés.
C’est ainsi que Nathalie s’endormit. Je la pris délicatement dans mes bras et, sans la réveiller, je la déposai dans notre tente. Une fois isolés du monde extérieur, je m’allongeai contre elle, le long de son dos, et m’endormit avec la délicieuse sensation de mon sexe à demi bandé entre ses fesses.
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