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Histoire Coquines - Intimité (1)

Ecrit par petitlapinou publié le 11/12/2007 à 14:48

J’ai rencontré mon épouse Laurence sur les bancs de la fac il y a presque vingt ans. Elle était déjà cette ravissante femme très classe à la silhouette élancée. J’avais été d’abord attiré par sa stature à la fois fière et réservée, son port de tête ravissant et son cou mince souvent paré d’un collier de perles, ainsi que par ses jambes longues et fermes vêtues souvent d’élégantes chaussures à talon. Issue d’une famille fortunée, elle était souvent habillée de façon très classique, en tailleur, et pour tout dire paraissait un peu coincée. Notre vie sexuelle était pour moi satisfaisante, dans le sens où celle qui est rapidement devenue ma femme acceptait le plus souvent de façon docile de satisfaire mes désirs, à partir du moment où je ne m’aventurais pas sur le terrain de la sodomie ou d’autres pratiques un peu déviantes.
Mais je dois reconnaître que son absence d’initiatives et le sentiment désagréable, malgré ses dénégations, qu’elle faisait l’amour essentiellement pour me faire plaisir pesait un peu ces derniers temps sur la qualité de notre relation. Quand je lui parlais d’un effet de lassitude chez elle, ou d’une absence de désir, elle s’évertuait à m’affirmer le contraire. De plus, elle prétendait que son gynécologue lui avait dit que le fait qu’elle ne mouillait pas durant nos rapports n’était pas lié à un manque de désir, mais chez elle à une constitution particulière et qu’il n’y avait rien à faire.
Il est vrai que depuis le début nous devions souvent utiliser des gels pour ne pas trop l’irriter. Cela ne l’empêchait pas d’exprimer, lorsque nous faisions l’amour, par ses soupirs et les ondulations de son joli corps, le désir qu’elle avait pour moi. Pour ma part, j’ai une libido assez envahissante. Souvent, je lui demandais de me laisser caresser ses seins par dessus son corsage ou encore de les sucer. Elle me laissait le plus souvent faire. Et même parfois lorsque nous étions dehors, après s’être assurée que l’on ne pouvait pas nous voir. Elle m’autorisait aussi à la prendre, vite fait, que ce soit à la maison sur le rebord de la table ou contre l’évier, sur le tapis en l’allongeant sur le dos et en lui relevant les jambes, ou encore debout dans le jardin, dissimulés par le linge étendu…
Comme je l’ai dit, quand l’occasion se présentait et que mon désir était si fort que je ne pouvais m’empêcher de susurrer à son oreille combien j’avais envie d’elle, elle s’exécutait souvent fort consciencieusement. Il semblait même que les lieux insolites et les étreintes fugitives la satisfaisaient davantage.
Alors que mes activités m’occupent beaucoup toute la semaine, car je travaille dans un cabinet d’avocats, Laurence acceptait donc volontiers avec une certaine application studieuse, lorsque j’étais de retour, d’accomplir son devoir d’épouse. Il y avait quelque chose d’un peu désuet dans la tournure de notre relation mais, sans doute par mauvaise foi ou par lâcheté, je m’en satisfaisais, appréciant sa bienveillance à ce sujet malgré ses aspects un peu froids et guindés. J’avais bien essayé d’évoquer avec elle la crainte que j’avais de ce déséquilibre dans l’expression de nos désirs respectifs, mais je m’étais toujours heurté à cette gêne chez elle, dès qu’il s’agissait de parler des choses du sexe.
À la suite de ses études, Laurence avait ouvert un cabinet de psychologue à mi-temps, ce qui lui laissait beaucoup plus de loisirs qu’à moi, d’autant plus que nous n’avons pas pu avoir d’enfant. À midi, je suis venu à son cabinet sans la prévenir, pour l’inviter au restaurant. J’ai trouvé la porte fermée et j’ai réalisé qu’elle ne travaillait jamais ce jour-là à cette heure-là.
Cela faisait longtemps que je n’y étais pas entré, et je l’ai fait parce que j’ai la clé et qu’il faisait froid (nous sommes en novembre). Son cabinet de consultation était arrangé avec soin et sobriété. En m’approchant de son bureau, je vis un tiroir entrouvert. Ce qui a attiré mon attention, c’était ce gros cahier usé sur les bords. J’ai trouvé sa présence déplacée au milieu de tous ses documents bien classés, d’autant plus que je savais que tous les renseignements pour son travail étaient informatisés. Je le fis glisser hors du tiroir, sans trop déranger ce qui était autour et ouvris le cahier à la première page.
Je ne savais pas alors les conséquences que ce simple geste aurait sur ma propre vie…

Lundi 15 septembre 2003
Il faut absolument que j’écrive, que je me décharge de ce poids… Il se passe quelque chose en moi que je ne peux pas définir, et que je n’arrive à exprimer à personne, pas même à mon thérapeute. J’ai quarante-deux ans, je suis mariée depuis dix-sept ans à un mari charmant, et voilà que j’ai l’impression de tomber amoureuse pour la première fois !
Bien sûr, depuis l’adolescence j’ai connu ces moments dont je n’ai jamais parlé à Christophe, où toute ma vie était accaparée par la volonté de voir ou d’être vue par le garçon que j’aimais. C’était arrivé au collège avec un garçon dont j’étais vraiment amoureuse, et puis au lycée avec un autre… Mais j’étais beaucoup trop timide et coincée.
Malgré le succès que j’avais auprès des garçons avec mon côté adolescente bien sage et un peu bourge, je n’ai pas connu à cette époque même l’amorce d’un flirt. Dès que l’un d’eux m’approchait, et d’autant plus si j’en étais amoureuse, je ne cherchais qu’à le fuir, angoissée par la peur de le décevoir.
Quand j’ai rencontré Christophe à l’université, ce qui m’a attirée c’est que lui savait me rassurer. L’attirance physique que j’avais pour lui n’avait rien à voir avec celle que j’avais connue avec les garçons précédents et qui était un peu honteuse pour moi, sous l’influence de l’éducation stricte que j’avais connue. Avec lui, il y avait surtout le désir de me sentir bien dans ses bras, d’être protégée. Nous avons fait l’amour assez rapidement après notre rencontre, mais c’est comme si, dès le début, tout le plaisir que j’avais sexuellement n’était lié qu’au plaisir que je lui procurais.
Aujourd’hui, ce que je vis c’est comme si j’étais une nouvelle fois cette adolescente submergée par des désirs inavouables, et ce n’est pas un hasard si je reprends l’écriture de ce journal, interrompu - et détruit - il y a plusieurs années lorsque j’ai rencontré mon mari. Maintenant, je sais qu’il ne viendra pas à mon bureau et qu’ici mon journal est en lieu sûr. J’aime que ce soit comme quand j’étais plus jeune, sur un cahier d’écolière… Je laisse comme cela une trace secrète, un objet un peu honteux que je peux relire dans la journée quand je le veux à mon travail, et qui sera un confident toujours disponible de l’amour que j’ai pour cet homme.
Il s’appelle Hervé, il est venu la première fois à mon cabinet il y aura bientôt un mois. J’ai tout de suite été séduite par ce beau jeune homme grand et svelte qui n’avait pas trente ans et qui venait me voir pour se libérer, comme il m’a dit, de l’emprise de sa mère. Il s’est confié à moi avec beaucoup de naturel, évoquant le désir que lui procuraient les femmes mûres, et combien il était incapable d’avoir une relation durable avec une fille de son âge.
Le petit jeu de séduction qu’il a essayé d’instaurer entre nous assez rapidement ne m’a pas échappé. C’est naturel dans le cadre d’une thérapie et je n’y prêtais pas d’abord une trop grande attention.
Et puis, je me suis rendue compte que je pensais un peu trop souvent à lui… Il revenait une à deux fois par semaine et j’attendais ce moment particulier de mon emploi du temps avec impatience. Là encore, je savais que cela pouvait arriver d’un jour à l’autre, qu’un jour je pouvais avoir plus que de l’affection pour un client. Mais dans le cadre de mon travail, je savais aussi qu’il était aussi hors de question d’imaginer autre chose que ces confessions dans le cadre de la thérapie, et qu’il fallait toujours maintenir une distance respectable avec le patient.
Pourtant, plus ce jeune homme, dont j’adorais aussi la voix, venait me voir, et plus je pensais à lui. Je me suis rendue compte rapidement que le désir de le revoir n’était pas purement intellectuel. À la fin d’une séance, et alors qu’il me serrait la main pour partir, je ressentis un désir, complètement irraisonné, de le prendre dans mes bras, de l’embrasser et de faire l’amour avec lui.
La seule évocation de ce moment provoque en moi encore une montée de désir… J’ai envie qu’il soit près de moi. Malheureusement je n’ai que mes doigts pour apaiser un peu la tension qui vient trop souvent quand il n’est pas là. Comme bien d’autres fois, je vais me caresser maintenant, et je reprendrai le cours de mon récit demain.
Mardi 16 septembre
Évidemment, comme d’habitude, hier soir Christophe a joui en moi, et comme d’habitude depuis quelques jours, j’ai pensé à Hervé, en imaginant que c’était lui qui se soulageait dans mon ventre. Quand je sais que je vais le voir dans la journée, je n’ai qu’un désir, c’est de me faire belle pour qu’il prête plus d’attention à moi. En même temps, je ne veux pas éveiller les soupçons de Christophe. C’est pourquoi ces jours-là j’emporte discrètement des affaires pour me changer à mon cabinet ou dans la voiture, à l’abri des regards dans le parking de l’immeuble, quand je sais qu’il sera mon premier client.
J’évite d’avoir une tenue trop provocante qui ferait vulgaire, mais j’aime enfiler une jupe légère qui découvre mes jambes jusqu’à mi-cuisses. Souvent, je garde le même corsage mais entrouvre un peu plus mon décolleté pour qu’il puisse porter son regard dans le creux que forment mes petits seins compressés dans un balconnet. Alors que j’en porte rarement, j’ai toujours dans mon sac des chaussures à hauts talons. Tout juste ce qu’il faut pour mettre en valeur mes jambes qui sont longues et fines et qui plaisent beaucoup aux hommes, si j’en crois les regards un peu orientés ces jours-là, ou plutôt désorientés, de mes autres clients masculins…
Je ne me serais jamais permis une telle audace il y a quelques jours, de pouvoir montrer ainsi mes jambes partiellement dénudées à la vue d’autres hommes que mon mari. Curieusement, une fois le pas franchi, dans le seul dessein d’attirer l’attention d’Hervé, j’ai découvert comme une sorte de libération dans ce simple geste. C’était un peu comme me sentir rajeunie, sous l’effet de cette assurance qui m’avait tellement manquée lorsque j’étais adolescente…
J’ai été tout d’abord un peu déçue par sa réaction dans mes tentatives pour capter un peu plus son attention. Si je constatais un certain trouble parfois, lorsque son regard était attiré par mes jambes ou mon décolleté, il s’empressait de ne pas trop le faire paraître. C’était un peu comme si c’était lui qui était soudainement intimidé. D’un certain côté, son attitude n’était pas très différente de celle de mes autres patients, et c’était cela qui me contrariait. J’aurais tellement aimé lui signifier que c’était pour lui que je voulais me montrer désirable ! Je ne savais pas quelle attitude adopter la fois suivante. Je me sentais prête à le draguer, mais les choses se passèrent autrement que je l’avais imaginé.
Dès qu’il fut entré dans mon cabinet, je me rendis compte que son comportement était bien différent de celui qu’il avait eu la fois précédente. D’emblée, il se mit à plaisanter et bientôt à me complimenter au sujet de ma toilette et de mon côté terriblement féminin. Je réalisai combien je m’étais transformée pour le séduire, en pensant aux reproches modérés mais réguliers de mon mari qui voulait me voir plus féminine…
Il se mit précisément à parler de mon mari en me disant qu’il avait de la chance de posséder une femme aussi belle et séduisante. Posséder, ce mot m’a décontenancée sans que j’en connaisse la raison… Et puis, il y avait ce ton si direct, franc et soudain presque familier auquel je n’étais pas habituée. Bien sûr, d’autres hommes m’avaient draguée, et surtout ces derniers temps à proximité de mon travail où à mon cabinet. Mais là, c’était différent. Il y avait cette intimité qui subitement s’était insinuée entre nous, comme la sensation absurde qu’il lisait dans mes pensées et qu’il savait combien moi-même je le trouvais séduisant. S’il ne l’avait pas su, mon sourire et mon incapacité à détacher mon regard du sien aurait suffi à le lui faire comprendre.
Ce jeu continua quelques jours entre nous sans jamais aller plus loin, mais la semaine dernière, alors que nous plaisantions tout en ne nous quittant pas du regard, soudain il s’approcha, me prit par la taille et me serra très fort dans ses bras ! Je répondis à son étreinte en l’enlaçant à mon tour. Il m’offrit alors sa bouche et je sentis la délicieuse moiteur de sa langue contre la mienne. J’avais une envie violente de le sentir, de sentir le contact de sa peau et je fis glisser mes mains sous sa chemise pour lui caresser le dos pendant qu’il me poussait brusquement contre le rebord de mon bureau. Il insinua lui aussi ses mains puissantes sous mes vêtements et s’empressa de faire sauter l’agrafe de mon soutien-gorge, pour masser aussi mon dos de ses paumes un peu rugueuses. Il embrassait avec frénésie les moindres recoins de mon visage et ne dégageait sa bouche que pour murmurer, avec tendresse et fougue à la fois :

  • — C’est tellement bon de te sentir ! Comme tu sens bon, ta peau est douce… Ça fait tellement longtemps que j’attends ce moment-là !

Sa bouche avait les saveurs d’un fruit frais et onctueux, et quel bonheur c’était de la caresser de ma langue… J’avais l’impression de donner et de recevoir un premier baiser, une sensation inconnue jusqu’ici ! À nouveau, je sentis le souffle de ses lèvres contre ma joue.

  • — Depuis la première fois, je n’ai pensé qu’à ça, à l’envie de te sentir, de sentir ta peau nue tout contre moi…

Ses mains à la fois tendres et puissantes effleuraient mes reins, puis le haut de mes hanches. Je ne puis m’empêcher de lui souffler entre deux baisers :

  • — Moi aussi, tu ne peux pas savoir comme j’ai envie. J’ai envie de toi !

Je n’oublierai jamais ce moment extraordinaire où il a glissé ses mains sous ma culotte pour caresser mes fesses… Le laisser ainsi masser une des parties les plus intimes de mon corps, ce que je n’avais fait jusqu’alors avec aucun autre homme que mon mari, c’était comme m’offrir à lui… m’offrir à un inconnu pour la première fois.
Cette sensation confuse de perdre ma virginité, comme si c’était la première fois qu’un homme me palpait les fesses, me troublait de façon intense et évidente, en provoquant en moi un plaisir bien plus profond que les simples caresses que j’avais connues jusqu’alors. J’aimais sa détermination, la fermeté de ses attouchements et en même temps sa présence attentive. Une sensation étrange, comme s’il me violait tout en étant doux et tendre. Ses mains, de mes fesses glissaient maintenant à l’intérieur de mes cuisses et me procuraient une douce chaleur dans le bas du ventre. Mon sexe était en feu, alors qu’il ne l’avait pas même effleuré ! J’entendais ma respiration s’accélérer et je sentis ma poitrine gonfler, soudain trop à l’étroit… J’avais une envie folle de déchirer mon corsage ! Heureusement, je sentis alors ses doigts s’affairer efficacement. En quelques instants, mes seins n’étaient plus contraints que par mon soutien-gorge que je trouvai trop étroit !
Je me sentais une autre femme, capable de vivre ce désir nouveau et intense pour un jeune homme, sans aucune honte ! Comme je n’avais pas honte, non plus, de montrer mon attirance par les réactions incontrôlées de tout mon corps. Je soupirais bruyamment, mes seins et mes mamelons étaient gonflés comme jamais, et il y avait cette humidité insolite entre mes cuisses… Pour la première fois de ma vie, je mouillais vraiment pour un homme ! Et je n’avais qu’un désir, que mon sexe humide et chaud enveloppe le sien.
À ce moment-là, il fit le premier geste qui me parut cruel après tant d’attentions : il me repoussa fermement, comme pour me voir réellement toute entière, telle que j’étais, dévorée de désir pour lui ! J’étais calée contre le bureau, les jambes tendues et légèrement écartées. En regardant ses beaux yeux sombres parcourir mon corps dans sa totalité, et bien que seul mon corsage soit ouvert et ma jupe à peine relevée, je me sentais nue, comme jamais je ne l’avais été face à un homme… Cet instant interminable où il continuait à m’observer était à la fois douloureux et agréable. C’est alors, en voyant sa détermination dans l’assurance de son regard, que je réalisai, mentalement comme dans mon corps, que c’était moi qui étais alors plus jeune que lui. J’étais comme une vierge, prête à se donner entièrement.

  • — Montre-moi tes seins !

Sa voix était douce, mais c’était bien un ordre… J’étais heureuse, d’un bonheur que je ne m’expliquais pas, d’ôter mon balconnet et de lui montrer ma poitrine nue. Je ne reconnaissais pas mes propres seins, je les trouvais plus beaux que d’habitude, impudiques et fiers, gorgés du désir d’être caressés, malaxés, sucés par le jeune homme qui était en train de les découvrir. En observant à mon tour son délicieux sourire et l’évidence qu’il appréciait le spectacle, je me sentis plus heureuse encore, un peu comme une enfant flattée d’attirer l’attention d’un être cher.

  • — Enlève ta culotte maintenant !

Le propos était tout aussi posé et déterminé. Cela ne me choqua pas, et je crois maintenant que c’était cela que j’attendais de lui : qu’il exprime son désir sans détours, jusqu’à devancer le mien !
Je m’exécutai naturellement et fis glisser ma petite culotte le long de mes cuisses et, l’ayant dégagée de mes pieds, je la laissai au sol, attendant de satisfaire à d’autres de ses volontés. Mais son attitude alors me désorienta. Il continuait à me regarder sans un mot, comme soudainement contrarié. Je ne comprenais pas et j’étais brusquement inquiète. Il détourna son regard, comme gêné.

  • — Il vaut mieux que je te laisse maintenant, me dit-il, je ne veux pas que ça aille trop vite. J’ai très envie de toi, mais il ne faut pas… Il ne faut pas nous faire de mal.

Après un silence, il se rajusta… et me blessa par ces derniers mots que je vécus déjà comme un éloignement :

  • — Je vous rappellerai pour vous dire quand je souhaiterai vous revoir. Vous êtes tellement belle !…

Il avait déjà fermé la porte, sans que je réalise vraiment ce qui s’était passé. J’étais brusquement seule avec mon désir et je n’étais pas même sûre de le revoir ! Sans m’en rendre compte, j’avais porté déjà la main à mon sexe nu, et j’étais en train de me caresser frénétiquement. Il fallait absolument que je me libère de cette tension insupportable !
Les jours qui suivirent, je fis ce que je ne faisais jamais : je me masturbai régulièrement deux à trois fois par jour en pensant à Hervé. Il s’écoula une semaine sans que j’aie de ses nouvelles, ce qui n’était jamais arrivé. Je pensais à ses derniers mots, au fait qu’il m’avait vouvoyé en partant, et je me disais qu’il avait peut-être raison de placer une distance, et que cela pouvait être malsain dans le cadre de notre travail sur lui (ce fameux transfert) de vivre une relation plus intime.
Je crois que je réussissais à faire le deuil de cette relation sans doute irréalisable. Mais hier soir, il m’a appelée sur mon portable, alors que j’étais à la maison, en train de regarder la télé avec Christophe. J’ai reconnu tout de suite son numéro. Mon cœur s’est mis à battre et m’a rappelé mes amours lycéennes… Je me suis levée, les jambes vacillantes, pour me diriger vers le couloir et la chambre. Je refermai la porte, et pus enfin entendre sa voix grave et douce en m’allongeant de tout mon long sur le lit. C’était comme s’il était à nouveau près de moi.

  • — Excuse-moi d’avoir été si long ! J’avais besoin de réfléchir. J’espère que tu ne m’en veux pas. J’ai très envie de te revoir, mais pas à ton cabinet, j’aimerais qu’on se voit au dehors, dans un café par exemple.

Rapidement, nous avons fixé pour aujourd’hui un rendez-vous près du quartier où il travaille. Il termina par cette phrase presque irréelle :

  • — Je t’aime très fort !

Avant même que je puisse répondre, la conversation était coupée. Je rejoignis mon mari sur le canapé, et alors que j’improvisais un mensonge pour justifier l’appel, je me mis à réaliser que pour la première fois ce soir, Christophe aurait la surprise, en me pénétrant, de sentir mon humidité…

J’allais refermer le cahier épais presqu’entièrement couvert par l’écriture petite et serrée de Laurence, et je repensais à ce soir de mai, où en effet, j’avais constaté que pour la première fois, j’avais pu glisser mon sexe sans effort dans son intimité… Alors que je réfléchissais à la façon de m’organiser les prochains jours pour continuer à le lire, j’ai regardé les dernières pages de son journal. Quand je vis le nom d’Hervé encore évoqué sous la date d’avant-hier vendredi 30 novembre 2007, j’ai reçu comme un coup de poignard la révélation que cette relation entre ce jeune homme et ma femme durait depuis plus de quatre ans !

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