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Histoire Coquines - Roméo et Juliette - Les malheurs de Cassandra - Acte VI

Ecrit par petitlapinou publié le 11/12/2007 à 14:06

Résumé de l’acte V : Lundi matin, sur son lieu de travail, Flora envoie par mail à Roméo les photos de Juliette, Éloïse et Siriac. Roméo déboule en furie dans son bureau, où elle lui explique tout ce à quoi elle a assisté samedi soir. Roméo enrage et tente d’appeler Siriac à plusieurs reprises. Flora s’en va déposer une copie des mêmes photos dans une boîte aux lettres, en ville. Le soir, lorsque Roméo rentre chez lui, il s’explique avec Juliette et Éloïse, tentant de comprendre. Siriac les rejoint ; les garçons en viennent presque aux mains, mais Juliette parvient à les calmer, et convie Cassandra à les retrouver pour l’apéritif, dès qu’elle aura fini son travail.

LES MALHEURS DE CASSANDRA

Acte VI, scène 1

Lundi, 20h10

L’appartement de Siriac et Cassandra

(Cassandra)

(Cassandra pose sa veste sur une chaise et dépose le courrier qu’elle tenait sur la table.)
Cassandra : C’est bizarre cette grosse enveloppe marron sans nom, sans adresse, sans rien… Voyons voir…
(Elle ouvre cette grosse enveloppe et en retire quatre ou cinq feuillets A4 imprimés de photos. Cassandra pâlit au fur et à mesure qu’elle découvre chaque photo.)
Cassandra (ébranlée) : Mais c’est pas vrai ! J’hallucine ! C’est un cauchemar !
(Elle jette les photos en vrac sur la table et se met à pleurer.)

Acte VI, scène 2

Lundi, 20h50

L’appartement de Juliette et Roméo

(Juliette, Roméo, Éloïse, Siriac)

(Juliette et Éloïse sont toujours assises dans le canapé ; Siriac est assis sur une chaise ; Roméo va-et-vient dans la pièce, un verre à la main.)
Siriac : Mais c’est pas vrai ! Qu’est-ce qu’elle fout ?

Juliette : Bah, t’inquiète pas, elle aura sans doute été un peu retardée au boulot.

Roméo : Ou peut-être qu’elle a la courante et qu’elle est bloquée sur les chiottes…

Éloïse : Quelle finesse !

Roméo : Bon, en attendant, on va se resservir un petit apéro…
(Il s’approche de la table, mais avant qu’il ne puisse attraper la bouteille de whisky, Juliette s’en saisit.)
Juliette : Tu as peut-être assez bu, non ?

Roméo : Oh, ça va, j’en ai bu que deux…

Juliette : Oui, eh ben, pour le troisième, tu attendras Cassandra !

Roméo : Bon alors je vais peut-être la rappeler…

Siriac : Oui, attends, je m’en occupe.
(Il se lève et téléphone. Quelques secondes passent.)
Siriac : Ça bascule sur la messagerie…
(Un silence.)
Siriac : Oui, ma puce, c’est Siriac, ben, c’était pour savoir où t’en étais. On est tous chez Juliette et on t’attend. Bisous. À plus.
(Il range son téléphone et revient s’asseoir.)
Siriac (à Éloïse) : Bon, tu me fais une pipe, en attendant qu’elle arrive ?

Roméo : Hein ? Mais tu veux mourir, Siriac ?

Éloïse : Moi je veux bien, mais…

Roméo (à Éloïse) : Tu veux bien ? Mais j’hallucine… Tu vas aller dormir dehors, toi !

Siriac (à Éloïse) : Si tu veux, y a de la place chez nous.

Éloïse (avec un sourire) : Je ne voudrais pas déranger…

Juliette (avec un sourire) : Je crois plutôt que je vais garder Éloïse et que je vais vous envoyer Roméo…

Siriac (avec un sourire) : Eh ben, dans ce cas-là, je crois plutôt que je vais rester là, avec vous…

Roméo (sans le moindre sourire) : Oui, c’est ça, comme samedi soir…
(Un silence.)
Roméo : Et moi, je surveillerai Cassandra, pendant que vous baiserez tranquillou, comme samedi soir…
(Plus personne ne sourit.)
Siriac : Qu’est-ce que ça veut dire « surveiller » ?

Roméo : Surveiller ? Ça veut dire faire attention à ce que personne ne l’abîme…
(La sonnerie du téléphone fixe retentit.)
Juliette : J’y vais…
(Elle se lève et va décrocher.)
Juliette : Allô ? … Allô ?

Siriac : C’est Cassandra ?

Juliette (reposant le téléphone) : J’sais pas, ça a raccroché direct.
(Une autre sonnerie de téléphone retentit.)
Siriac : C’est lequel ?

Roméo : T’occupe ! C’est le mien…
(Roméo prend son téléphone sur un meuble et décroche.)
Roméo : Allô ?

Juliette : C’est pas louche, ça… Quelqu’un qui appelle sur le fixe, entend ma voix et raccroche, et rappelle aussitôt sur le portable de Roméo ?

Roméo (au téléphone) : Euh, attends deux secondes, je vais aller dans ma piaule, je t’entendrai mieux.
(Il s’éloigne en direction de la chambre.)
Juliette : J’hallucine ! Et en plus il veut être peinard !

Éloïse : Oui, ça doit être sa Flora…

Roméo (sortant vers la chambre) : Hein ? Tu es sûre ?
(Il referme la porte derrière lui. Juliette se lève et va coller l’oreille contre la porte.)
Siriac : C’est bon, Éloïse, tu peux me faire une pipe, y a plus personne qui regarde…

Éloïse : Tu demanderas à ta femme, elle va bientôt arriver.

Siriac : Oui, c’est vrai, qu’est-ce qu’elle fout d’ailleurs ?

Éloïse : Alors, Juliette ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

Juliette : J’sais pas, je comprends rien. J’entends, mais je comprends rien.

Siriac (se relevant) : Je vais essayer de la rappeler.

Éloïse : C’est Flora ?

Juliette : Non, ça n’a pas l’air. Ou alors ils ont buté leur patron ensemble et ils savent pas où foutre le corps. Ça me fait penser à ça, ce que j’entends.
(Siriac reprend son téléphone et compose un numéro.)
Siriac : Messagerie, direct.

Éloïse : Direct ? C’est peut-être elle qu’appelle Roméo…
(Juliette et Siriac la regardent fixement un court instant. Siriac jette son téléphone sur la table et fonce en direction de la chambre. Il s’arrête soudain, réfléchissant.)
Siriac : Non, ça peut pas être elle. Je vois pas pourquoi elle appellerait Roméo. Elle doit être en train d’arriver et a coupé son téléphone.
(La sonnerie du téléphone de Siriac retentit.)
Siriac : D’ailleurs, voilà, ça doit être elle.
(Il saisit son téléphone.)
Siriac (observant l’écran) : Ah, non. Numéro masqué. C’est pas elle.
(Il décroche.)
Siriac : Allô ? … Hein ? Flora ?

Éloïse : Bon, ben c’est pas Flora avec Roméo. Ou alors elle s’emmerde vraiment…

Juliette : J’hallucine ! Je vais lui payer un billet pour Sydney à celle-là !

Siriac (au téléphone) : Quoi ? … Si j’ai trouvé tes photos ? … Quelles pho…
(Il devient livide en s’interrompant et lâche son téléphone qui tombe jusqu’au sol. Il a un court instant d’égarement.)
Juliette : Siriac, ça va ?

Éloïse : Ouh la ! J’ai peur de comprendre…

Siriac (se reprenant, mais anxieux) : Il faut que je vous laisse, les filles…
(Il ramasse son portable et sans ajouter un mot sort à toute allure de l’appartement.)
Juliette : Tu crois que Cassandra est tombée sur les photos que l’autre salope a prises ?

Éloïse : Tu vois une autre explication ?

Juliette : Mais pourquoi elle appellerait Roméo ?

Éloïse : Qui d’autre tu veux qu’elle appelle ? Je te rappelle que sur les photos, il y a Siriac et toi et moi…
(Juliette se redresse et tambourine à la porte de la chambre.)
Juliette : Ouvre, Roméo, ouvre ! Passe-la-moi, il faut que je lui parle. Roméo ! Ouvre, allez !
(La porte s’ouvre enfin. Roméo revient, le téléphone à la main, et l’air tourmenté. Sous les yeux interrogateurs de Juliette et d’Éloïse, il va sans un mot jusqu’à la petite table où sont posés les apéritifs et se sert un grand whisky.)
Roméo : Je crois que je vais pas attendre Cassandra pour le troisième…

Juliette : Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

Roméo : Eh ben c’est la suite de vos conneries de l’autre soir !

Éloïse : Cassandra a aussi trouvé des photos, c’est ça ?
(Roméo acquiesce d’un regard, buvant une gorgée de whisky.)
Éloïse : Siriac vient de partir.

Roméo : Ben à mon avis, il peut la chercher longtemps.

Juliette : Pourquoi ? Elle est où ?

Roméo : J’sais pas, elle a pas voulu me dire.
(Un silence.)
Juliette : Je crois qu’un jour, je vais la tuer, ta Flora !

Éloïse : Je vote « pour »…
(Un silence.)
Éloïse (sentencieuse) : Bon, eh ben, par deux voix pour et une abstention, Flora est déclarée condamnée à la peine capitale. La sentence sera exécutée de la façon suivante : l’inculpée sera sodomisée jusqu’à ce que mort s’ensuive… Bourreaux, préparez-vous !

Roméo (à Éloïse) : Eh, t’as craqué ? Redescends !

Juliette : N’empêche que… la vie serait quand même plus sympa sans cette grosse conne, non ?

Roméo (avec un sourire) : Je t’interdis de parler comme ça de mes collègues de travail…

Juliette : Mais elle est le mal personnifié !

Roméo : N’exagérons rien, tout de même…

Juliette : Eh ben, la preuve : regarde ce qu’elle a fait ce soir. C’est pas juste pour foutre la merde ?

Éloïse : Bon, dites, je vous interromps, mais vous voulez pas plutôt qu’on essaye d’aider Siriac ?

Roméo (avec un sourire) : Non, jamais ! Qu’il crève ! Il n’a que ce qu’il mérite…

Juliette : Ben oui, mais on fait quoi ? On peut bien essayer de l’appeler, mais…

Roméo : Euh… comment dire… je crois qu’elle en a pas mal après vous…

Éloïse : Ah ? Je ne vois vraiment pas pourquoi…

Juliette : Elle ferait mieux d’en avoir après l’autre grosse conne !

Éloïse : Mais non, elle est pas grosse, Flora…

Roméo : C’est aussi ce que je lui ai dit au téléphone, mais elle en a rien à foutre. Et ça se comprend : c’est vous sur les photos en train de pomper Siriac…
(Il boit une grande gorgée de whisky. Juliette a les yeux dans le vague.)
Éloïse : Et donc ? On fait rien ?

Juliette : Ben si, mais quoi ?

Roméo : Si vous n’avez vraiment aucune idée, je veux bien encore une pipe…
(Un silence. Juliette regarde Roméo, consternée. Éloïse sourit.)
Juliette : Aide-nous, plutôt…

Roméo : Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Vous vous êtes tous chié dessus, point barre ! Cassandra s’est barrée je ne sais où et sans doute en bagnole, je ne vois pas du tout comment on peut faire pour tenter de la retrouver…

Juliette : Essaie de la rappeler, toi, avec ton portable !

Roméo : J’ai déjà fait, mais si tu veux réessayer, je t’en prie, vas-y…
(Il lui tend son téléphone. Juliette hésite, puis le prend et appelle Cassandra.)
Juliette : Ça sonne.
(Un silence.)
Juliette : Messagerie.
(Elle tend le portable à Roméo.)
Juliette (à Roméo) : Tiens, cause !

Roméo (déconcerté, au téléphone) : Euh… salut Cassandra, c’est Roméo… ben… euh… je sais pas, mais… tiens-moi au courant de ce que tu fais, quand même… et n’hésite pas à me rappeler, hein ? … À plus.
(Il raccroche et range le téléphone.)
Éloïse : Bravo, c’était très bien !

Roméo : Oh, va te faire foutre…

Éloïse (se levant et déboutonnant son jean) : Okay !

Juliette (l’arrêtant) : Non, non, non, pas maintenant. On verra quand on aura retrouvé Cassandra…

Roméo : Ouh la ! Abstinence jusqu’à ce qu’on la retrouve ? Vite Éloïse, appelle les RG…

Juliette : Allez, soyez un peu sérieux… Voyons, qu’est-ce que vous auriez fait si vous aviez été à sa place ?

Éloïse : Moi j’aurais acheté une arme et je serais allée chez Flora…

Roméo : Non, vous êtes de mauvaise foi, toutes les deux. Moi, quand j’ai trouvé les photos, j’étais pas en colère contre Flora, mais contre Siriac…

Juliette : Donc, là, elle est surtout en colère contre nous…

Éloïse (à Juliette) : Vite, ferme la porte à clef et mets un gilet pare-balle !

Roméo (à Éloïse, avec un sourire) : T’es vraiment insensible !

Juliette : C’est vrai que vous donnez vraiment l’impression de vous en foutre, tous les deux.

Éloïse (habituée) : Franchement, je te parie que dans une heure, ils sont là tous les deux à se marrer comme des baleines en se payant notre tronche…

Roméo : Non, honnêtement, là, je crois qu’elle faisait vraiment la gueule… Mais en même temps, même en essayant de me mettre à sa place, je vois pas ce qu’elle aurait pu faire…
(Un silence.)
Roméo : Peut-être retourner voir l’autre guignol de la pizz’ ?

Juliette : De quoi ?

Roméo : Ben tu sais, le gars qu’elle…
(Il s’interrompt, semblant réfléchir.)
Juliette : Le gars qu’elle a quoi ?

Roméo (empoté) : Non, rien, le gars qui lui avait laissé son numéro samedi soir au restau…

Éloïse : Pourquoi t’as dit « retourner voir » ?

Roméo : Euh… Ben, parce qu’elle l’a déjà vu, l’autre soir, à la pizzeria.

Juliette : Elle l’a revu, après ?

Roméo : Ben, j’en sais rien, moi…

Juliette : Roméo !

Roméo (résigné) : Oh, et puis merde ! Ben oui ! Quand vous êtes allées chez Siriac et qu’elle s’est retrouvée toute seule, la première chose qu’elle a faite, ça a été de l’appeler…

Juliette : Quoi ? Mais elle dormait pas ?

Roméo : J’en sais rien, moi !

Juliette : Et elle est allée le retrouver ?

Roméo : Mais tu rigoles ! Il est carrément venu ici !

Juliette : Quoi ?

Éloïse (à Roméo) : Et toi ?

Roméo (à nouveau embarrassé) : Quoi moi ? Ben que dalle ! Je dormais, moi !

Juliette : Ben comment tu le sais, alors ?

Roméo (de plus en plus gauche) : Eh ben, euh… C’est Cassandra qui vient de me le dire au téléphone, là…

Juliette : Bien sûr ! Elle est en colère et sans doute en pleurs et elle te raconte son week-end…

Roméo (se reprenant) : Bon, mais de toute façon, on s’en fout ! Elle s’est tapée son guignol dans la chambre et moi, j’ai fait le guet et j’ai rien dit à personne, voilà, c’est pas un drame !

Éloïse (amusée) : Comment ? Tu as osé nous mentir ?

Juliette : Mouais, bon, alors admettons qu’elle ait essayé d’aller le retrouver… T’as pas son numéro, Roméo, par hasard ?

Roméo : Ben si, bien sûr ! C’est devenu un pote, maintenant qu’on s’est tapé Cassandra !

Éloïse (très amusée) : Quoi ?

Roméo (vaudevillesque) : Ben, rien… Je me suis tapé Cassandra avec vous… Lui il se l’est tapée après… Alors voilà, on aurait pu devenir potes… C’était une blague, quoi… rien d’autre…

Juliette : J’hallucine complètement !

Éloïse : Non, c’est rigolo…

Juliette : Elle a eu le temps de faire venir ce mec-là et de se faire sauter par tout le monde pendant qu’on était parties ?

Éloïse : Oui, pourtant on s’est pas éternisées chez Siriac…

Roméo : Tout le monde, tout le monde, t’exagères…

Juliette : Et toi, t’as rien dit ?

Roméo : Non, mais attends ! Moi, j’étais vraiment en train de ronfler, vous vous êtes barrées, j’en savais rien, elle a fait son micmac, j’en savais rien non plus, et d’un seul coup, elle m’a réveillé en me faisant une pipe pendant qu’elle se faisait bourrer ! Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Le temps que je me demande où j’étais, et c’était trop tard…

Juliette : Je rêve !

Éloïse (gaiement) : Comment ça, trop tard ? Des détails, des détails !

Juliette : Alors ça vaut bien le coup de revenir nous engueuler avec tes photos !

Roméo : C’est pas mes photos !

Juliette : Ouais, oh, ça va, hein ! Tu nous fais chier parce qu’on se tape ton copain, et pendant ce temps-là tu te tapes ma copine…

Roméo : Non, c’est pas pareil…

Éloïse : Ben oui, évidemment…

Juliette : Bon, stop ! On va arrêter là, on va oublier ce merveilleux week-end et on va essayer d’être constructifs, maintenant, d’accord ?

Roméo : D’accord…

Éloïse : Tout ce que tu veux pourvu qu’on se marre encore !
(Un silence. Juliette et Roméo la regardent, consternés.)
Éloïse (reprenant son sérieux) : Bon, eh ben, y a plus qu’à aller à la pizzeria…

Juliette : Pour trouver le gars ?

Éloïse : Oui, et puis on pourra en profiter pour manger…

Juliette : Oh la la ! Je suis bien entourée ! Une queue et un ventre ! Je suis gâtée…
(La sonnerie du téléphone retentit. Juliette va décrocher.)
Juliette : Oui ? … Ah c’est toi ? Et alors ? Tu l’as trouvée ? … Et sa voiture, elle est plus là ? … Ben non, elle répond pas non plus. … On avait peut-être une idée, va voir sur le parking de la pizzeria rue du Bois d’Or. … J’sais pas trop, mais l’autre soir, on a bouffé là-bas et y a un serveur qui lui a fait du gringue, alors on sait jamais. … Bon, tu nous tiens au courant ? … Oui, à plus.
(Elle raccroche.)
Éloïse : C’est une belle atténuation, quand même, le serveur qui lui a « fait du gringue »… T’aurais pu lui dire : « qu’est venu faire un plan à trois avec elle et Roméo », ç’aurait été plus rigolo…

Roméo : Oh, va chier !

Éloïse (se levant et déboutonnant son jean) : Okay !

Juliette : Oui, ben pas ici, hein ?
(Un silence. Éloïse se rassoit. Puis tous les trois semblent réfléchir un moment.)
Éloïse : Je crois qu’on est vraiment en train de raisonner comme des mecs…

Juliette et Roméo : ?

Éloïse : Non, enfin, ce que je veux dire, c’est que c’est de la faute de Roméo…

Roméo : Ah bah oui ! J’aurais dû m’en douter…

Juliette : Tu peux être plus claire ?

Éloïse : On a pris l’habitude de s’adapter aux frasques de Roméo et de se mettre à réfléchir comme lui… et du coup, on se dit que la première chose que fera Cassandra sera d’aller se taper un autre mec…

Juliette (éclairée) : Alors qu’en fait elle est peut-être vraiment seulement en train de pleurer… Mais toi qui lui as parlé, Roméo, qu’est-ce que t’en dis ?

Roméo : Oui, c’est sûr, elle était pas fière… Mais bon, moi, je raisonne comme un mec, hein ?

Éloïse : Et pourtant t’as pas sauté sur Flora quand t’as vu les photos ?

Juliette : Mouais, c’est ce qu’il nous a dit, ça…

Éloïse : Oui enfin, t’as vu comme il ment ?

Roméo : Tiens à propos de Flora, j’ai un scoop : elle se tape mon patron…

Éloïse : Un scoop, ce serait de trouver un mec en ville qu’elle se tape pas !

Juliette : Bon, vous voulez pas qu’on pense plutôt un peu à Cassandra ?

Éloïse : Si ! Observons une minute de silence en mémoire du couple qu’elle formait avec Siriac…

Roméo : Ah ouais, cash ! Tu penses que c’est vraiment cuit ?

Éloïse : J’sais pas, je connais pas beaucoup Cassandra, mais j’ai comme l’impression qu’elle ne nous pardonnera jamais…

Roméo : Ben, je sais pas non plus, mais vous avez peut-être qu’à lui expliquer, elle aussi ?

Éloïse : Oui, on a bien réussi à te calmer toi, après tout…

Juliette : Oui mais encore faudrait-il réussir à lui parler ?

Éloïse : Ou on lui explique sur la messagerie…

Juliette : De toute façon je vais essayer de la rappeler.
(Juliette prend son téléphone et appelle. Elle attend quelques secondes.)
Juliette (au téléphone) : Allô, Cassandra, c’est moi. Rappelle-moi, s’il te plaît. Je sais qu’on a déconné, mais tu crois pas qu’il vaut mieux en parler ? Allez, je t’en prie, rappelle-moi. Bises.
(Elle raccroche. Un silence.)
Éloïse (avec un sourire) : Bon, allez, à moi !
(Elle prend son téléphone et appelle.)
Éloïse (au téléphone) : Bon, Cassandra, tu vas pas nous faire chier pour une pauvre histoire de cul à deux balles. On s’est tapé ton mec ? Et alors… Tu t’es tapé Roméo juste avant ! Et puis franchement, c’était pour son bien, à Siriac ! Alors arrête de nous emmerder avec tes délires paranos et rentre chez toi vite fait !
(Elle repose le téléphone sous les yeux parfaitement ahuris de Juliette et Roméo.)
Juliette : Euh…

Roméo : Tu crois que…

Éloïse (souriant) : Mais non ! C’était une blague, j’ai pas appelé, en fait… Un peu d’humour, que diable !
(Juliette et Roméo soufflent de soulagement.)
Éloïse : En même temps ça lui aurait peut-être fait du bien d’entendre ça…

Juliette : Pas dans l’état dans lequel j’imagine qu’elle se trouve.
(On entend frapper doucement sur la porte d’entrée, puis on l’entend s’ouvrir. Siriac entre.)
Éloïse (à Siriac) : T’aurais pu attendre qu’on te dise d’entrer… Et si on avait été nus ?

Siriac : Oh, j’ai pas le cœur à rire…

Éloïse : Ah ! Très bien… On dirait Roméo, quand il vient de se taper douze nanas…

Juliette : T’as pas vu sa voiture ?

Siriac : Non. Et c’est quoi, d’abord, cette histoire de pizzaïolo ?

Eloise : Mais non, tu comprends rien ! Pas le pizzaïolo ! C’est le serveur qui s’est tapé ta nana avec Roméo…

Siriac (incrédule) : De quoi ?

Roméo : Oh, eh, ça va, hein ! De toute façon t’as rien à me dire ! Moi j’avais rien demandé, c’est Cassandra qui m’a sauté dessus…

Siriac : Eh ben moi aussi, mon pépère ! C’est tes deux nanas qui m’ont sauté dessus !

Roméo : Oui, mais c’est pas pareil ! Et puis d’abord, moi, j’en ai niqué qu’une !

Éloïse (à part) : Le niveau s’élève à chaque instant…

Juliette (criant) : STOP ! Arrêtez ! On s’en fout et on a mieux à faire !
(Le téléphone de Roméo sonne. Il s’en saisit.)
Roméo (radieux) : Ah, tiens, c’est Flora…

Juliette (agrippant le téléphone) : Donne ! Je vais lui répondre, moi !
(Roméo, mi-amusé mi-inquiet, laisse le téléphone à Juliette, qui décroche.)
Juliette (au téléphone, déchaînée) : Alors ? T’es fière de toi, ma salope ? … Oui ! … Oui c’est Juliette ! … Non, je te passerai pas Roméo ! … Et je veux plus que tu t’en approches, tu as compris ? … Bon ! … Adieu !
(Elle raccroche, satisfaite.)
Roméo : Et qu’est-ce qu’elle voulait ?

Juliette : J’sais pas. Te parler, je crois. Mais je l’emmerde !

Siriac : Oui, on a vu…

Éloïse : Bon, dites donc, j’ai vraiment faim, moi…

Roméo (déboutonnant son pantalon, avec un sourire) : Okay…

Éloïse : Non, sérieusement, on pourrait vraiment aller à la pizz’… Et on pourrait en profiter pour questionner le serveur. Comment il s’appelle, déjà ?

Roméo : Jonas.

Éloïse : Ah oui, c’est ça, Jonas.

Roméo : Pourquoi ? Tu le connais ?

Éloïse : Ben non, mais il était pas mal…

Juliette : Bon, allez, on y va. Tu viens avec nous, Siriac ?

Siriac : Honnêtement, j’ai pas très faim…

Juliette : T’inquiète pas, Éloïse mangera ta part…

Siriac : Et puis j’ai pas très envie de voir ce Jonas…

Roméo : T’inquiète pas, Éloïse s’en chargera…
(Éloïse tape sur Roméo en faisant semblant d’être fâchée.)
Éloïse (à Roméo) : Arrête ! Qu’est-ce qu’il va penser de moi, après ?

Siriac : Et qu’est-ce qu’on va lui dire, au Jonas ?

Juliette (cynique) : Roméo, qui le connaît très bien, va lui demander s’il sait où est Cassandra…

Roméo : Mouais, si c’est juste pour ça, autant l’appeler et lui demander direct…

Éloïse : Non non non, on va y aller, et comme ça on pourra manger !

Juliette (à Roméo) : Et on le trouve où, son numéro ?

Roméo (avec un sourire) : J’sais pas, je peux appeler Flora, elle doit bien l’avoir…

Juliette : Oh ! Contente-toi de prendre les clefs de la bagnole et de nous emmener à la pizzeria !

Éloïse (avec un sourire) : Avec ses trois whiskies ? Mais c’est du suicide !

Roméo : Oui, après tout, tu as raison, on peut bien y aller à pied, quand même…

Juliette : À pied ? Y en a au moins pour un quart d’heure…

Roméo : Eh ben ça nous fera du bien, voilà tout.

Éloïse (impatiente) : Tout ce que vous voulez pourvu qu’on y aille…

Siriac (accablé) : Moi, je crois que je vais vous attendre ici, au cas où elle changerait d’avis et qu’elle nous rejoindrait quand même…

Éloïse (enjouée, passant sa veste) : D’accord, à tout à l’heure !

Juliette (à Siriac) : Mais non, voyons, tu vas pas rester là tout seul…

Siriac : T’en fais pas pour moi.

Roméo : Il a raison, t’en fais pas pour lui et viens bouffer !
(Roméo et Éloïse sortent.)
Juliette : Tu veux vraiment pas venir ?

Siriac : Non, non, je t’assure…

Juliette : Bon, à tout à l’heure, alors.

Siriac : À plus.
(Juliette sort. Siriac prend son téléphone et essaie d’appeler. Quelques secondes passent. Il raccroche et reste hagard, les yeux dans le vague et son téléphone à la main.)

Acte VI, scène 3

Lundi, 21h55

La salle de la pizzeria

(Juliette, Roméo, Éloïse, des serveurs, des clients)

(Juliette, Éloïse et Roméo sont attablés. La plupart des autres clients en sont au dessert ou au café.)
Éloïse : Eh ben, c’était limite. À dix minutes près on pouvait pas manger…

Juliette (se moquant d’Éloïse) : Ouf ! On va pouvoir manger !

Roméo : Tiens ! Voilà Machin !
(Jonas entre et vient vers eux, un carnet de commandes à la main.)
Juliette (à Roméo, à voix basse) : Essaie de lui demander habilement s’il sait où se trouve Cassandra.

Jonas (s’approchant) : Messieurs dames, bonsoir. Prendrez-vous un apéritif ?
(Il reconnaît Roméo, qui le regarde avec insistance.)
Jonas : Ah, salut, je t’avais pas vu…

Roméo : Salut, ça va ? Tu sais pas où est Cassandra ?

Éloïse (à Juliette) : Oh, la vache ! Qu’est-ce que c’est habile !

Jonas : Cassandra ? C’est la nana de l’autre soir ? Celle qu’est grave salope ?
(Roméo acquiesce. Juliette est consternée, Éloïse est morte de rire.)
Jonas : Ben non ! Pourquoi je saurai ?

Roméo : J’sais pas, mais elle s’est fritée avec son mec, et je me disais qu’elle serait peut-être venue te voir.

Jonas : Pourquoi ? C’est pas toi, son mec ?

Juliette (perdue) : Non non non non non ! C’est le mien celui-là ! Et on n’y touche pas !

Jonas (à Juliette) : Ben moi, j’en avais pas l’intention, mais votre copine Cassandra, je serai vous, je me méfierais…

Roméo : Bon, tu l’as pas vue et tu l’as pas eue au téléphone ?

Jonas : Non. Désolé.

Éloïse : Eh ben ce n’est pas grave du tout. Voilà. Alors moi, je vais prendre une « quatre-fromages » ; pour mon amie, une salade verte, pur malt, pas trop chargée en sauces, et pour monsieur, des nouilles, bien saignantes !
(Tous la regardent, atterrés.)
Éloïse : Et puis vous nous mettrez une bouteille de vin rosé. Pas trop cher.

Jonas (avec un sourire) : C’est noté !

Juliette : Euh, attendez, apportez donc une Calzone avec la salade verte…

Roméo : Et pour aller avec les nouilles, une entrecôte à point…

Jonas : D’acc ! Et en apéritif ?

Juliette : Rien, non merci, ça v…

Roméo (très fort, couvrant sa voix) : Un whisky !

Éloïse (regardant alentour) : Chhhut !

Juliette : Encore ?

Jonas : Et vous, belles jeunes femmes ?

Roméo : Eh, du calme, pépère !

Éloïse (clignant des yeux avec un sourire à l’attention de Jonas) : Des petites cacahuètes, s’il vous plaît, monsieur Jonas…

Jonas (souriant aussi) : Je vous apporte tout ça tout de suite.
(Il s’éloigne.)
Juliette : Bon, ben finalement, on est venu pour rien.

Éloïse : Tu rigoles ? On va enfin pouvoir manger !

Juliette : Ça m’énerve, quand même, de ne pas savoir…
(Un silence.)
Juliette : Pauvre Siriac…
(Un silence. Jonas revient avec un petit plateau chargé de couverts, de verres et d’une bouteille.)
Roméo (fort) : Aaaah ! Mon whisky !

Éloïse (à voix basse) : Chhhhuuuttt ! Tout le monde te regarde !

Juliette : Quelle classe ! Un alcoolique et une boulimique !
(Jonas dépose en riant le whisky, les cacahuètes et la bouteille de vin, qu’il débouche ensuite.)
Juliette (à Jonas) : Je peux vous demander quelque chose ?

Jonas (charmeur, zyeutant Juliette sous tous les angles) : Une femme comme vous peut me demander tout ce qu’elle veut…

Roméo : Oh, oh, oh ! Doucement, garçon !

Juliette (à Roméo, lui rapprochant son whisky) : Tiens, bois, toi !

Roméo : Oh, oh, oh ! Doucement, jeune fille !

Juliette (à Jonas) : Promettez-moi de me prévenir si jamais vous aviez des nouvelles de Cassandra, d’accord ?
(Un silence. Jonas contemple les seins de Juliette.)
Jonas : D’accord. Mais il faut que vous me donniez votre numéro de téléphone, du coup.

Roméo : Euh… peut-être que son mail suffirait, non ?

Juliette : Non, attendez, je vais vous l’écrire.
(Elle fouille rapidement dans son sac à main et en extrait un stylo et un petit bout de papier sur lequel elle griffonne un numéro. Puis elle le tend à Jonas, qui le met dans sa poche en adressant un clin d’œil à Juliette.)
Jonas : Je vous tiens au courant.
(Il s’éloigne.)
Juliette : Et voilà ! C’est pas plus compliqué que ça…

Éloïse : Ouais, sauf qu’il va t’appeler nuit et jour, maintenant…

Juliette : C’est pas grave, c’est le numéro de Roméo que j’ai marqué.

Roméo : Hein ?

Éloïse (avec un sourire) : Rien. Bois !

Acte VI, scène 4

Lundi, 22h40

L’appartement de Juliette et Roméo

(Siriac)

(Siriac est avachi sur le canapé et comate devant la télé, un téléphone portable dans la main droite et le téléphone fixe dans sa main gauche. Une sonnerie retentit. Siriac sursaute, regarde en hésitant les deux téléphones, puis porte à son oreille le téléphone fixe.)
Siriac : Allô ?
(La sonnerie se poursuit.)
Siriac : Oh, merde ! C’est l’autre !
(Il repose le fixe et décroche le portable.)
Siriac : Oui ? … Quoi ? Qui ça ? … Ah, Daphné ? … Excuse-moi, je ne t’avais pas reconnue. … Ben pas très fort. … Oh, c’est compliqué. … Et puis je suis fâché après ta sœur, aussi ! … Parce que. … Je te dis, c’est long et un peu compliqué. … Mais non, t’es pas conne, mais je suis pas sûr que ça t’amuse d’écouter tout ça. … Si ? … Eh ben, écoute, ta salope de sœur, tu sais ce qu’elle m’a fait ?

Acte VI, scène 5

Lundi, 23h30

L’appartement de Juliette et Roméo

(Siriac)

(Siriac est encore avachi dans le canapé, et encore au téléphone. Il a posé une main sur son entrejambe et se frotte doucement par-dessus son pantalon tout en discutant.)
Siriac : Ouais ! … C’est clair que c’était vraiment génial ! … Et quand tu m’as sucé juste après le repas, c’était excellent, aussi…
(On entend s’ouvrir la porte d’entrée.)
Siriac (lancé, ne l’ayant sans doute pas entendue) : Moi, ma copine, elle avale pas…
(Juliette, Éloïse et Roméo entrent doucement, les yeux écarquillés. Siriac ne les a pas remarqués. Ils observent un moment Siriac en train de se toucher.)
Éloïse (à voix basse) : J’hallucine !

Juliette (très fort) : Ça va ? Tout va bien ?
(Siriac sursaute et retire immédiatement sa main d’entre ses cuisses.)
Siriac (au téléphone) : Bon, ben, donne le bonjour à tout le monde, et puis on se rappelle à l’occaze, hein ? Allez, bye.
(Il raccroche. Un silence.)
Siriac (déconfit) : Voilà, voilà… Alors ? C’était bon ?

Roméo : Et toi ? C’était bon ?

Siriac (abracadabrant) : C’était mon cousin. Marcel. On parlait de nos copines…
(Un pesant silence.)
Siriac (nébuleux) : Alors ? Vous… vous avez des news ?

Roméo : Oui, une bonne nouvelle, même : Éloïse n’a plus faim…

Éloïse : Gna gna gna !

Juliette : Non, on a une vraie bonne nouvelle : elle n’est pas allée voir le serveur !

Siriac : Qui ça ? Éloïse ?

Roméo : Eh mais t’es con ou quoi ?

Siriac : Ah, Cassandra…

Juliette : Ça n’a pas l’air de te réjouir ?

Siriac : Je sais pas, je me demande si elle me pardonnera jamais…

Éloïse : Ça c’est la phase 2… La phase 1, déjà, c’est de rentrer en contact avec elle !

Juliette : Et toi ? T’as eu des nouvelles ?

Roméo : Ben oui, il a eu son cousin Marcel avec qui il se branle au téléphone !

Éloïse : Oui, j’aimerais bien entendre sa voix, à Marcel, pour rire !

Siriac : Oh, ça va, hein ! On a bien le droit de se détendre un peu…
(Un silence.)
Siriac (avec un sourire) : D’ailleurs, Éloïse, je voudrais bien une pipe, s’il te plaît…

Éloïse : Non, c’est bon, j’ai assez mangé, merci…

Siriac : Juliette ?

Juliette : Euh… non, je passe… Roméo ?

Roméo : Ben oui, bien sûr ! Je vais sucer le nain…

Siriac : Oh, ça y est, ça recommence… Un peu de compassion, tout de même !

Juliette (s’étirant) : Bon, ben… Je suis désolée, mais je vais vous abandonner là. Tu dors là, Siriac ?

Siriac : Ben… j’sais pas trop…

Roméo (railleur) : Dans le canapé, elle veut dire… parce que dans la chambre, c’est moi !

Juliette : Bon, faites comme vous voulez. Moi je vous laisse.
(Elle sort vers la salle de bains, en commençant de déboutonner son chemisier, sous les regards importuns de Siriac.)
Éloïse : Pareil ! Je vous laisse aussi. Bonne nuit, Siriac…
(Elle sort vers les toilettes, en commençant de déboutonner son pantalon, sous les regards envieux de Siriac.)
Siriac : Oh la la !

Roméo (avec un sourire) : Bon, ben, tu m’en veux pas, mais je crois que je vais aller les rejoindre…
(Un silence. Siriac bout.)
Roméo : T’as qu’à rappeler ton cousin Marcel…

Siriac : C’est ça, fous-toi de moi !
(Juliette revient de la salle de bains, à demi nue, portant juste une nuisette presque trop petite et, passant devant les garçons, se dirige vers les toilettes, sous les regards avides de Siriac.)
Roméo : Siriac ?

Siriac (sans détourner les yeux du corps de Juliette) : Oui ?

Roméo : Tu peux regarder ailleurs ?
(Siriac lève des yeux embarrassés vers Roméo. Éloïse sort des toilettes et va vers la salle de bains, passant devant les garçons avec son jean ouvert et en retirant son tee-shirt. Siriac la dévore des yeux.)
Roméo : Siriac ?

Siriac : Euh… ça va, ça va, ne t’inquiète pas…

Roméo : Peut-être qu’un peu de bromure te ferait du bien ?

Siriac (se reprenant) : Je crois que je vais aller me coucher. Ça ira mieux demain. Tu peux m’aider à déplier le canapé ?
(Roméo et Siriac se mettent à transformer le canapé en lit. Juliette, puis Éloïse, passent l’une après l’autre, peu vêtues, devant les garçons pour aller vers la chambre, sous les regards affamés de Siriac.)
Juliette (provocante) : Bonne nuit, Siriac…

Siriac : Bo… bonne nuit.
(Elle sort vers la chambre. Les garçons continuent de déplier le canapé.)
Éloïse (allumeuse) : Bonne nuit, Siriac…

Siriac (hurlant) : Aaaaaahhh !

Éloïse : Qu’est-ce qui t’arrive ?

Siriac (secouant sa main) : Je me suis coincé le doigt entre deux barres de cette connerie de putain de saloperie de merde de convertible à la con !

Roméo : T’avais qu’à pas regarder les fesses d’Éloïse !
(Siriac met un grand coup de pied dans le canapé et se remet à hurler en se tenant le pied et en sautant sur l’autre. Roméo et Éloïse rient. Éloïse sort en roulant ostensiblement du cul. Roméo achève de déplier le canapé-lit.)
Siriac : Il reste pas une place dans ta chambre ?

Roméo : Non, c’est mort ! Rappelle Marcel !
(Roméo fouille sous le sommier du convertible et en ressort un duvet bien enroulé.)
Roméo : Ça te suffira ?

Siriac (regardant avec regret en direction de la chambre) : Je suis sûr qu’on pourrait tenir à quatre…

Roméo (jetant le duvet sur le lit) : Pense à Cassandra…

Siriac : Mouais…

Roméo (se dirigeant vers les toilettes) : Mouais ? C’est tout ?

Siriac : Mouais.
(Roméo sort vers les toilettes. Siriac l’observe et attend qu’il s’y soit enfermé pour se précipiter tout contre la porte de la chambre, tentant d’observer à l’intérieur par la serrure.)
Siriac : Oh, putain, on n’y voit rien, c’est nul !
(Roméo revient des toilettes, sans un bruit.)
Roméo : Qu’est-ce tu fous ?

Siriac (sursautant) : Euh…

Roméo : Tu te fais du mal…

Siriac : Tu tires jamais la chasse ?

Roméo : Bah, j’ai juste pissé, tu la tireras ?
(Il sort vers la salle de bains. Siriac hésite un instant, regarde encore vers la salle de bains, puis ouvre la porte de la chambre et y entre. On devine les rires de Juliette et Éloïse. La porte se referme. Un silence. Roméo revient.)
Roméo (cherchant Siriac) : T’es aux chiottes ?
(Un silence.)
Roméo : Eh ben bonne nuit.
(Il ouvre la porte de la chambre et y entre.)
La voix de Roméo : Vous avez déjà éteint, les filles ?
(La porte se referme. Un silence. On entend soudain un hurlement et des rires, puis des cris. La porte de la chambre s’ouvre à nouveau. Siriac, en caleçon, en est expulsé avec violence et s’étale de tout son long dans le salon.)
Siriac (se relevant) : Oh, tu fais chier ! Tu pourrais partager, un peu…
(Le jean et la chemise de Siriac sont projetées en boule depuis la chambre et lui tombent dessus. La porte se referme en claquant.)
Siriac (ramassant ses affaires) : Pfffff !
(Il pose ses affaires sur une chaise et sort vers les toilettes. Un silence. On entend quelques gémissements étouffés monter de la chambre. Siriac revient, s’avance en direction de la chambre et colle son oreille contre la porte. Il écoute un instant.)
Siriac (à voix basse) : Salaud, va !
(Il se retourne et va éteindre. Le salon n’est plus éclairé que d’une infime lumière tamisée qui provient des fenêtres donnant sur la rue. Un trait de lumière passe également sous la porte de la chambre. On devine Siriac s’allonger et se glisser dans le duvet, puis chercher quelques secondes une position confortable. Le silence n’est plus troublé que par la respiration troublée de Siriac et par de fugaces soupirs et gémissements réprimés.)
Siriac : Comment tu veux dormir avec ça à côté !
(On entend soudain une longue plainte.)
Siriac (attentif) : Ah, ça c’est Juliette !
(Puis une longue série de râles saccadés, auxquels s’entremêle de temps à autre un lent gémissement.)
Siriac (à bout) : Oh non mais là c’est plus possible !
(Il sort de son duvet et se redresse ; on l’entraperçoit dans la pénombre en train de se masturber tandis que redoublent les bruits provenant de la chambre. Cela dure ainsi une ou deux minutes, puis la porte de la chambre s’ouvre soudain, éclairant brusquement un peu plus le salon et accentuant le volume des soupirs et gémissements. Éloïse entre, nue, et, amusée, regarde quelques secondes Siriac, qui ne s’est pas arrêté.)
Éloïse (affriolante) : Tu viens ?
(Siriac lance une sorte de cri de combat et, sautant du lit, se précipite, sexe tendu en avant, à la suite d’Éloïse vers la chambre. La porte se referme derrière eux.)

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Histoire Coquines - Roméo et Juliette - Les malheurs de Cassandra - Acte V

Ecrit par petitlapinou publié le 11/12/2007 à 14:04

Résumé de l’acte IV : Dimanche après-midi, chacun de leur côté, Siriac et Cassandra se mordent les doigts en repensant à ce qu’ils ont fait la veille. Juliette parvient à convaincre Cassandra de retourner voir Siriac et ils se pardonnent mutuellement, décidant d’oublier ce week-end désastreux. Pendant ce temps, Flora se demande de quelle façon elle va bien pouvoir utiliser les photos qu’elle a prises la veille. Dimanche soir, Juliette, Éloïse et Roméo passent une soirée sympa, persuadés que tout est rentré dans l’ordre.

LES MALHEURS DE CASSANDRA

Acte V, scène 1

Lundi, 9h50

Le bureau de Flora (sur son lieu de travail)

(Flora)

(Flora est assise à son bureau et pianote à toute allure sur le clavier de son ordinateur. Un téléphone portable est posé sur le bureau, relié à l’unité centrale.)
Flora (cliquant sur sa souris) : Et allez, c’est parti…
(Elle regarde sa montre.)
Flora : Je parie qu’il sera à mes pieds dans moins de dix minutes…
(Elle débranche le téléphone portable et le range au fond d’un petit sac. Elle clique encore deux ou trois fois, puis sort une pochette qu’elle ouvre et se met à étudier attentivement quelques secondes. On entend frapper à la porte d’entrée de son bureau.)
Flora : Déjà ?
(Elle referme sa pochette, se recoiffe rapidement, tire sur son chemisier et remet en valeur sa poitrine.)
Flora : Oui, entrez.
(La porte s’ouvre. Marcel entre.)
Flora (déçue) : Ah, bonjour, monsieur le directeur.

Marcel : Bonjour mademoiselle Flora. Je ne vous dérange pas ?

Flora : Non, non, du tout. Qu’y a-t-il ?

Marcel : Mademoiselle Flora, il y a encore des traces de sperme dans le local de la photocopieuse !

Flora : Oh je suis désolée, monsieur le directeur.

Marcel (fermant la porte derrière lui, puis déboutonnant son pantalon) : Il faut vraiment que vous fassiez attention. Un de ces jours, il va y en avoir sur le reprocopieur et ça pourrait l’abîmer. Cette bécane nous a coû…

Flora (l’interrompant) : Non, monsieur le directeur, pas maintenant, j’ai beaucoup de travail, là, et puis j’attends quelqu’un d’une minute à l’autre.
(Comme en guise de réponse, la porte s’ouvre violemment. Roméo entre, en furie.)
Marcel (rougissant et tentant de refermer discrètement et à toute allure son pantalon) : Vous pourriez frapper, Roméo !

Roméo (tentant de se contenir) : Bonjour, monsieur le directeur, j’ignorais que vous étiez là.

Flora (suave) : Salut, mon Roméo.

Marcel (maladroit) : Bon, je vous laisse. Si vous avez un instant, mademoiselle Flora, vous passerez me voir à mon bureau.

Flora : J’essaierai de passer dans la journée, monsieur le directeur.
(Marcel sort, sous les yeux ahuris de Roméo et ceux, amusés de Flora.)
Roméo : Je rêve ou c’est du harcèlement sexuel ?

Flora : T’en fais pas, Roméo, tout va bien.
(Un silence. Roméo est toujours stupéfait.)
Flora : Je suis très touchée que tu t’inquiètes pour moi, mon Roméo, mais je te promets qu’il n’y a aucun problème.

Roméo (reprenant soudain ses esprits furieux) : Bon, de toute façon, je m’en fous, c’est pas pour ça que je suis venu ! Qu’est-ce que c’est que ces photos que tu m’as envoyées ?

Flora (de plus en plus amusée) : Eh ben ? Tu les reconnais pas ? C’est tes deux grognasses, avec ton meilleur pote…

Roméo (hurlant presque) : J’ai bien vu ! Mais d’où ça sort ?

Flora : De mon appareil photo.

Roméo : C’est toi qui as pris ça ? Mais c’était où ? Et quand ?

Flora : Samedi soir, chez Siriac.

Roméo (verdissant) : Non, c’est impossible ! Dis-moi que c’est un montage !

Flora : C’est pas un montage…

Roméo : Non, j’y crois pas ! C’est impossible !

Flora : Tu vois, mon Roméo, pendant que toi, t’as des scrupules à me toucher, elles, de leur côté, elles se gênent pas…
(Roméo s’appuie sur le bureau, penché en avant, tête baissée. Il marmonne à voix basse. Flora se lève, s’approche de lui et lui passe la main dans les cheveux.)
Flora : Je compatis…
(Roméo relève la tête et la regarde fixement, longuement. La sonnerie du téléphone retentit soudain. Flora va décrocher.)
Flora : Allô ? … Oui. … Oui, monsieur le directeur, j’arrive tout de suite.
(Elle raccroche.)
Flora (réjouie) : Il faut que je te laisse, Roméo. Fais comme chez toi, j’en ai pour cinq minutes.
(Elle sort, tandis que Roméo reste comme prostré. Quelques secondes passent. Roméo, tremblant, va s’asseoir au bureau et décroche le téléphone. Il commence à composer un numéro, puis se ravise et raccroche.)
Roméo : Il faut que je me calme !
(Il tend ses mains devant lui en soufflant et ferme les yeux.)
Roméo : Je dois me calmer…
(Il reprend doucement le téléphone et compose à nouveau un numéro et attend quelques secondes.)
Roméo : C’est la messagerie… Tant pis, je m’en fous.
(Il respire un grand coup et se concentre.)
Roméo (au téléphone) : Putain, Siriac ! T’es un véritable enculé ! Ça te fait rien de te taper Juliette et Éloïse ? T’avise pas de te rapprocher de moi ou je te ruine la gueule ! Et moi qui croyais que t’étais un pote ! Sale bâtard d’enculé de fils de pute de merde !
(Il raccroche et respire encore puissamment.)
Roméo : Y a pas à dire, ça fait du bien.
(Il se lève et fait les cent pas dans le bureau.)
Roméo : Bon, en même temps, je me suis tapé sa nana…
(Un silence.)
Roméo : Oui, mais ils étaient plus ensemble, à ce moment-là. C’est pas pareil.
(Un silence.)
Roméo : Et puis quand bien même, c’est pas une excuse.
(Un silence.)
Roméo : En plus, j’en reviens pas, il venait déjà de se taper Flora et Daphné. C’est vraiment un enculé !
(Il reprend le téléphone, appuie sur une touche et attend quelques secondes.)
Roméo (au téléphone) : T’es vraiment un enculé ! En plus on peut pas dire que t’étais en manque, tu venais déjà de te taper Flora et Daphné ! Salaud, va !
(Il raccroche et se remet à marcher en long et en large dans le bureau.)
Roméo : J’en reviens pas, j’comprends pas. Et elles, pourquoi elles ont fait ça ? Pourquoi ?
(Il reprend le téléphone, hésite un instant, puis le raccroche.)
Roméo : Non, il faut que je me calme. Il doit y avoir une explication.
(Un silence.)
Roméo : Il doit y avoir une explication.
(Il reprend le téléphone, appuie sur une touche et attend un peu.)
Roméo (sanglotant presque) : Siriac, pourquoi t’as fait ça ? Enculé ! Pourquoi t’as fait ça ? Hein ? Rappelle-moi pour m’expliquer et je te pèterai pas la gueule !
(Il raccroche et se remet à marcher.)
Roméo : Et puis l’autre salope de Flora ? Qu’est-ce qu’elle foutait là, d’ailleurs ?
(Un silence.)
Roméo : C’est impossible ! J’y comprends rien…
(La porte s’ouvre et Flora entre, rayonnante. Elle s’essuie la bouche ostensiblement.)
Flora (souriant) : Alors ? Ça va ?

Roméo (lui sautant dessus et l’attrapant par le col) : T’étais là, toi, l’autre soir, hein ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Raconte-moi tout !

Flora (se dégageant doucement) : Y a presque rien à raconter : on était là, chez Siriac, on baisait, c’était cool, d’un seul coup y a tes nanas qui se sont pointées, on s’est planquées, elles se sont tapé Siriac et elles sont reparties, quasiment sans un mot. Point barre.

Roméo (apitoyé) : Putain, j’y crois pas ! Mais pourquoi ?

Flora : Je dois admettre que moi non plus, je ne vois pas bien pourquoi.

Roméo : C’est impossible ! Il doit y avoir une explication…

Flora (saoulée) : Bon, pendant que tu réfléchis, tu m’excuses, mais j’ai du travail.
(Elle s’assoit à son bureau, rouvre sa pochette et s’y plonge à nouveau.)
Roméo : Tu t’en fous de ce qui m’arrive ?

Flora : Non, j’avoue que ça me fait plutôt rigoler. Et puis comme je te l’ai dit samedi soir, tu sais où me trouver si tu as besoin ou envie de moi, non ?

Roméo : Mais là j’ai besoin de toi ! J’ai besoin de comprendre…

Flora : Oui, mais de t’entendre parler de tes gonzesses, moi, ça me saoule, Roméo. Je m’en fous, d’elles.
(Le téléphone sonne encore. Flora décroche.)
Flora : Oui ? … Pardon ? … Oui, qui le demande ? … Ah, c’est toi Siriac ? Je t’avais pas rec…

Roméo : Donne-moi ça !
(Il lui arrache le téléphone des mains.)
Roméo (au téléphone, glacial) : Alors ? Je t’écoute !
(Flora se remet avec un sourire sur l’ordinateur. Elle déclenche des impressions.)
Roméo (au téléphone) : Non, mais tu te fous de moi ou quoi ? … Bien sûr ! … Et tu crois que je vais gober ça ? …
(Flora prend les feuilles sorties de l’imprimante et les glisse dans une grande enveloppe.)
Roméo (au téléphone) : Et qu’est-ce qu’elles t’ont dit ? … Comment ça, c’est tout ? … Ça peut pas être tout ! … Ben, non, évidemment elles m’ont rien dit. … Ben c’est l’autre sal…
(Il s’interrompt en regardant Flora.)
Roméo (au téléphone) : Euh… c’est Flora qui me l’a dit.

Flora (souriant) : Eh oui, mon pauvre Roméo, t’es entouré de salopes !

Roméo : Quoi ?

Flora : Non, rien. Je te laisse, j’ai une course à faire en ville.
(Elle prend un sac et enfile une veste.)
Roméo (au téléphone) : Oui. …
(Flora s’approche tout près de Roméo et lui fait une bise.)
Flora (d’une voix mielleuse, tout près du téléphone) : Embrasse Siriac de ma part, Roméo.

Roméo (au téléphone) : Non, rien. … Non, elle a rien dit. …

Flora (ouvrant la porte) : À plus.

Roméo (au téléphone) : Et Cassandra, elle est revenue ?
(Flora reste en travers de la porte, écoutant sans se retourner.)
Roméo (au téléphone) : Bon, c’est déjà ça. … Et tu lui as dit ? … Mouais évidemment. …
(Flora sort et referme la porte derrière elle.)
Roméo (au téléphone) : Non, j’sais pas ce qu’elle a fait, Cassandra, ce week-end, t’as qu’à lui demander…

Acte V, scène 2

Lundi, 11h20

Un hall d’immeuble

(Personne)

(Flora entre. Elle scrute minutieusement l’ensemble des boîtes à lettres, puis dépose finalement la grande enveloppe dans l’une d’elles, avant de sortir.)

Acte V, scène 3

Lundi, 18h25

L’appartement de Juliette et Roméo

(Juliette, Éloïse)

(Juliette est assise sur le canapé, une tasse de thé à la main, les yeux dans le vague. On entend s’ouvrir la porte d’entrée de l’appartement. Éloïse entre.)
Éloïse : Hello !

Juliette : Ça va ? La journée s’est bien passée ?

Éloïse : Eh ben pas trop mal…
(Elle pose ses affaires sur une chaise avant de venir embrasser Juliette.)
Éloïse : Et toi ?

Juliette : Ça a été. Mais je suis vraiment crevée. J’ai du mal à récupérer après des week-ends comme ça.

Éloïse : Tu m’étonnes ! Faudra dire à Cassandra de pas se friter avec Siriac trop souvent…

Juliette : En même temps, on n’est pas obligées d’aller baiser avec lui chaque fois qu’ils se fritent…

Éloïse : T’as pas aimé ?

Juliette : J’sais pas… Pas spécialement, en fait. Mais je crois que je commençais à être saturée.

Éloïse (amusée) : Oui, la prochaine fois, on ira plus tôt.

Juliette : Il n’y aura pas de prochaine fois. J’ai déjà eu suffisamment de scrupules et de remords.
(Éloïse s’assoit.)
Éloïse : Roméo n’est pas encore là ?

Juliette : Non.

Éloïse : Ça nous laisse un peu de temps tranquille pour toutes les deux, alors ?
(Elle se presse contre Juliette et l’embrasse à pleine bouche.)
Juliette (souriant) : Tu crois que c’est bien raisonnable ?

Éloïse (souriant aussi) : Oh non, certainement pas…
(Éloïse s’agenouille à califourchon sur les cuisses de Juliette, face à elle. Elle passe ses bras autour de son cou et l’embrasse encore. Juliette pose ses mains sur les fesses d’Éloïse, qu’elle caresse un instant à travers son pantalon. Éloïse déboutonne lentement le chemisier de Juliette, tandis que cette dernière remonte doucement ses mains le long des hanches de son amie, puis sous son chemisier jusqu’à ses seins. Les deux jeunes femmes se caressent ainsi un instant. Mais le bruit de la porte d’entrée les fait sursauter.)
Juliette : C’est rien, c’est Roméo, continue…
(Éloïse ne répond rien et baisse le soutien-gorge de Juliette, lui libérant les seins, puis les embrasse et les lèche délicatement.)
Juliette : Tu viens nous rejoindre, Roméo ?
(Roméo entre, livide.)
Juliette : Ça ne va pas ?
(Éloïse s’arrête et se retourne pour observer Roméo. Celui-ci sort de la poche de son veston quelques feuilles pliées en quatre. Il s’avance jusqu’aux deux jeunes femmes en les dépliant.)
Roméo (froidement, leur tendant sous les yeux les feuilles dépliées) : L’une d’entre vous peut-elle m’expliquer ces photos ?
(Un silence. Les deux jeunes femmes scrutent la première feuille. Juliette pâlit et Éloïse rougit.)
Juliette : Mais…
(Éloïse se saisit des feuilles et les passe toutes rapidement en revue. Juliette observe également, tout en replaçant son soutien-gorge.)
Roméo : Alors ?
(Éloïse et Juliette relèvent les yeux vers Roméo.)
Éloïse : Euh…

Juliette : Ben…
(Elles se regardent quelques longues secondes, puis se mettent soudain à partir d’un long fou rire sous les yeux sidérés de Roméo.)
Roméo (excédé) : Je ne vous gêne pas trop ? Ça vous fait marrer de me tromper avec mon meilleur pote ?

Juliette (riant toujours) : Non…

Éloïse (riant) : C’est pas ça…
(Les deux jeunes femmes parviennent peu à peu à se calmer.)
Juliette : Écoute, on va tout te raconter, et je suis sûre que tu vas comprendre.

Roméo (bouillant) : Bien sûr.

Juliette : C’est à cause de Cassandra…

Roméo : Évidemment.

Éloïse : Mais si ! Tu te rappelles, quand elle est arrivée l’autre matin ?

Juliette : Oui, eh ben, elle disait qu’elle en avait marre de Siriac…

Éloïse : Oui, parce qu’il arrêtait pas de la gonfler…

Juliette : Il la gonflait avec ses délires de se taper plusieurs nanas, tu te souviens ?

Roméo : Mouais…

Éloïse : Eh ben voilà. Il ne la gonflera plus avec ça…

Juliette : Oui, on s’est dit que si il couchait avec nous deux, il serait satisfait et qu’il ne lui prendrait plus la tête avec ça…

Éloïse : En somme, on a fait ça pour Cassandra…
(Un silence.)
Roméo : Et vous croyez que je suis content, là ???

Éloïse : Bah, de toute façon, c’est fait…

Juliette : Et si ça peut te rassurer, le cœur n’y était pas…

Éloïse : Oui, c’était du cul « social »…

Roméo : Mais j’en ai rien à foutre ! Vous m’avez trompé avec mon meilleur pote, bordel !

Juliette : Justement…

Éloïse : C’est pas comme si c’était un inconnu…

Juliette : Et puis tu devrais être content qu’on se casse le cul pour que ton pote aille mieux…

Roméo : Vous voulez pas des fleurs, ou une statue, non ?

Éloïse : Et puis, d’un autre côté, tu t’es tapé sa nana, toi…

Roméo : Oui, mais c’est pas pareil, ils étaient plus ens… Et puis, merde ! J’ai rien à vous dire ! C’est pas mon procès, c’est le vôtre, là !

Juliette : Procès, c’est un peu fort, non ?

Roméo : Putain, mais vous vous rendez pas compte de ce que vous avez fait, ou quoi ?

Éloïse (avec un clin d’œil à Juliette) : Bon, et alors ? Quel est le verdict, votre honneur ?

Juliette : Oui ? À quoi sommes-nous condamnées ?
(Les deux jeunes femmes s’agenouillent aux pieds de Roméo et commencent à lui déboutonner son pantalon.)
Roméo (se reculant légèrement) : C’est une tentative de corruption, ou quoi ?

Éloïse (s’avançant) : Oui.
(Elles parviennent à baisser quelque peu son pantalon et son caleçon et en extraient son sexe encore presque mou. Elles le caressent et le masturbent doucement, tout en le suçant tour à tour. Roméo durcit à vue d’œil.)
Éloïse : Alors ? Tu nous pardonnes ?

Roméo : Vous êtes vraiment des salopes…
(Éloïse se remet à le sucer profondément et à toute allure, tandis que Juliette le masturbe avec vigueur et lui caresse les testicules. Puis elles inversent. Et continuent ensuite en le suçant ensemble, faisant glisser simultanément leurs lèvres de chaque côté de son sexe. Roméo a rangé ses photos ; il se laisse faire et, tout en gémissant, leur caresse doucement les cheveux. Cela dure ainsi quelques minutes, au bout desquelles Roméo se met à gémir plus fort et, pressant ses deux partenaires tout près de son sexe convulsif, éjacule entre leurs lèvres et sur le bas de leurs visages. Elles se mettent à s’embrasser à pleine bouche tandis qu’il achève de se vider, se léchant partout autour des lèvres, et ne s’arrêtent que lorsque le sexe de Roméo commence à se ramollir.)
Roméo : Eh ben putain !

Éloïse : C’est un compliment ?
(Elle se relève et s’essuie la bouche d’un revers de la main. Elle se dirige vers la cuisine.)
Éloïse : Tu veux un truc à boire, Juliette ?

Juliette (se relevant) : Non, je crois que je vais plutôt aller me brosser les dents…
(Elles sortent, l’une vers la cuisine, l’autre vers la salle de bains. Roméo remballe son sexe et se rhabille correctement. Il s’assoit ensuite dans le canapé.)
Roméo : Ah, la vache !
(Éloïse revient, un grand verre de sirop à la main.)
Éloïse : Qu’est-ce que tu dis ?

Roméo : Comme tout à l’heure… Que vous êtes vraiment des salopes !

Éloïse : Et t’aimes pas ?

Roméo : Par certains côtés, j’aime beaucoup. Mais quand c’est pour satisfaire les fantasmes de quelqu’un d’autre, ça me gêne un peu… J’sais pas, mais vous auriez pu au minimum me demander mon avis, non ?

Éloïse : Et puis ? T’aurais dit oui ?

Roméo : Euh… non, je pense pas…

Éloïse : Tu vois, on a bien fait, donc.
(Juliette, en train de se brosser les dents, passe la tête par la porte de la salle de bains.)
Juliette : Et qui ché qui les ja prijes, ché photcho ?

Roméo : Bah qui veux-tu que ce soit ?

Éloïse : Flora ?
(Roméo acquiesce. On entend Juliette cracher.)
Éloïse : Il s’est tapé Flora, juste avant ?

Roméo : Oui. Flora et sa sœur.

Éloïse (terrassée) : Les deux ?

Juliette (revenant) : Tu veux dire que ce qu’on a fait n’a servi à rien ?

Roméo : Ah bah si ! Ça a foutu une belle merde !

Juliette (à Éloïse) : Je t’avais dit que c’était une mauvaise idée !

Éloïse : Ça y est ! Forcément, ça finit par être de ma faute !

Juliette (agacée) : Mais elle viendra donc me faire chier partout, cette Flora !

Roméo : Oui, ben en attendant, heureusement qu’elle était là…

Juliette (tiquant) : Pourquoi ? Elle t’a réconforté, après t’avoir donné les photos ?

Roméo : Ça pose un problème ? T’es quand même mal placée pour me le reprocher, non ?
(Juliette se cache le visage dans les mains et s’éloigne vers la cuisine.)
Éloïse (à Roméo, murmurant) : Tu peux vraiment pas te retenir cinq minutes ?

Roméo (fort, à l’attention de Juliette) : Eh ben non, tu vois ! Je l’ai pas touchée, figure-toi, même si c’est clair que c’est ce qu’elle attendait ! Si je dis « heureusement qu’elle était là ! », c’est parce que sinon, j’aurais jamais su que vous me trompiez avec Siriac !

Éloïse : Oui, ben ça aurait pas été plus mal, à mon avis.

Juliette (revenant et reniflant) : Mais tu dis ça comme si c’était quelque chose d’habituel ! C’est arrivé une fois, c’est tout ! Moi je te fais pas chier quand tu te tapes Cassandra !

Roméo : C’est pas pareil !

Juliette (se reprenant) : Mais si, c’est pareil ! C’est exactement pareil ! Alors arrête de me faire chier !

Roméo : Mais…

Juliette (l’interrompant avec un sourire) : T’as qu’à faire chier Éloïse…

Éloïse (faussement offusquée) : Hein ?

Juliette : Oui, tout est de sa faute !

Roméo : Oh, vous me gavez !
(Il se lève et sort vers la cuisine. On entend frapper à la porte d’entrée de l’appartement.)
Juliette (fort) : Entrez !
(Siriac entre, paraissant troublé.)
Siriac : Salut les filles. Roméo n’est pas là ?

Roméo (revenant en furie) : Pourquoi ? Tu veux encore te les faire, salaud ?
(Il prend tout ce qui traîne sur la table et le lance sur Siriac avec force : des papiers, un stylo, un livre, des clefs, un téléphone portable…)
Roméo : Moi qui croyais que t’étais un pote !

Siriac : Aïe !

Roméo : Enculé !

Siriac : Mais arrête !

Éloïse : Mon téléphone !

Siriac : Aïe !

Juliette : Mais arrête, Roméo !
(Roméo s’arrête, ne trouvant plus rien sur la table. Il est rouge et respire fort et vite.)
Siriac : Je suis désolé, Roméo, mais franchement t’aurais fait quoi à ma place ? Hein ?

Roméo : En moins de deux heures, tu t’es tapé Flora, Daphné, Éloïse et Juliette…

Éloïse (à Juliette) : En fait il s’en fout de nous ! Il est juste jaloux.

Roméo (l’ignorant) : Et tu vois, Siriac, y en a deux qui sont « chasse gardée » là-dedans…

Éloïse (à Juliette) : J’espère que c’est nous, au moins…

Siriac : Écoute, imagine-toi un soir, à trois heures du mat, un peu bourré, y a deux bombes qui débarquent chez toi, complètement en chaleur et qui te sautent dessus… Et tu vas me dire que tu les fous dehors ? Toi ? J’y crois pas un instant.

Roméo : Oui, mais toi t’aurais dû ! Et puis t’oublies de dire que t’avais déjà baisé je ne sais combien de fois avec les deux autres salopes et que les deux bombes sont à ton meilleur pote !

Éloïse (à Juliette) : Il parle de nous comme d’un objet, non ?

Siriac : Et toi ? Tu t’es pas tapé Cassandra, par hasard ?

Roméo : C’est pas la question !

Éloïse (singeant Roméo) : Oui, c’est pas pareil !

Siriac : Réponds !

Juliette (s’interposant) : Bon les gars ! Stop ! Ça va ! Vous avez sans doute autant à vous reprocher l’un que l’autre…

Éloïse : Oui, et à mon avis, on ne sait pas tout…

Juliette : Alors, on laisse tomber, d’accord ?
(Un silence. Roméo se retourne ; Siriac regarde par terre.)
Juliette : Oh ! Je vous parle !

Roméo : Dis à cet enculé que c’est vraiment un enculé !

Siriac : Je t’emmerde ! Et puis, arrête d’être con !
(Roméo sort en maugréant vers la cuisine. Siriac s’assoit sur une chaise et Juliette sur le canapé à côté d’Éloïse.)
Juliette (fort, à Roméo) : Tiens, mon chéri, tu nous apportes l’apéro ?

La voix de Roméo : C’est ça ! On va picoler !

Éloïse (à Siriac) : Alors ? Elle est revenue ?

Siriac : Oui, je suis trop content. Elle me manquait vraiment en fait.

Juliette (narquoise) : Samedi soir elle t’a pas trop manquée apparemment, quand même…

Siriac : Je te demande pas ce qu’elle a fait avec vous ou avec d’autres, alors on laisse tomber, d’accord ?

Éloïse : Décidément, on n’aura bientôt plus rien à se dire…

Siriac (à voix basse) : Et… euh… vous les avez les photos, là ?

Éloïse : Pourquoi ? Tu veux les agrandir et les afficher dans ta chambre ?
(Roméo revient de la cuisine, portant un plateau avec trois verres et quelques bouteilles, qu’il vient poser sur une petite table près du canapé.)
Roméo (désignant Siriac) : Il est hors de question que je serve le nain, là…

Juliette : Oh, allez, c’est bon, arrête ! Et puis donne-moi les photos.

Roméo : Bien sûr ! Et puis on se branle tous en les regardant ?

Juliette : S’il te plaît.
(Roméo hésite, puis fouille dans son veston posé sur une chaise et en extrait les photos pliées qu’il donne à Juliette. Celle-ci, sans les déplier, se met à les déchirer vivement en mille morceaux, sans cesser de regarder Roméo.)
Éloïse : C’est beau…
(Juliette, quand elle a terminé, jette tous les morceaux en l’air avec désinvolture.)
Siriac (regardant tristement les morceaux retomber) : Mouais…

Juliette (à Roméo) : Bon, alors, tu nous le sers cet apéro ?

Roméo : Mouais…
(Il sort à nouveau vers la cuisine.)
Éloïse (à Siriac) : Vous vous êtes réconciliés ? C’est bon ? Tout est rentré dans l’ordre ?

Siriac : Oui, je crois que c’est bon. Elle m’a pas demandé ce que j’ai fait, je lui ai pas demandé ce qu’elle a fait, on a dit qu’on oubliait tout et voilà. Mais bon, on a pas trop parlé, hier soir, c’était quand même un peu tendu, je crois ; on s’est couché tôt, mais ce matin, c’était bien, ça avait l’air normal.

Juliette : Et du coup, comme tout est rentré dans l’ordre, tu te barres prendre l’apéro chez nous ?

Siriac : Mais non, elle finit à sept heures et demie, ce soir.
(Roméo revient avec un autre verre, des glaçons et deux autres bouteilles.)
Roméo (donnant le verre à Siriac) : Tiens, Siriac, je t’ai servi quelques glaçons…

Siriac : Oh, va te faire foutre !

Éloïse : Mon amour, je veux bien un whisky-coca, s’il te plaît…

Juliette : À qui tu parles ?

Éloïse : Je sais pas, n’importe…

Roméo : Pas au nain, j’espère…

Siriac : Oh, va chier !

Juliette : Bon, ben moi aussi, tiens, whisky-coca, et toi, Siriac ? Qu’est-ce que tu bois ?

Roméo : N’importe ! Du moment qu’il y a à boire, le nain est content !

Siriac : Oh, je t’emmerde ! Et puis arrête de m’appeler « le nain », je suis presque aussi grand que toi.

Roméo : Tout est dans le « presque »…

Juliette : Vous êtes vraiment pitoyables !
(Elle sert finalement deux verres de whisky au coca, tandis que les deux garçons maugréent chacun de leur côté.)
Juliette (à Siriac) : Appelle Cassandra et dis-lui de venir manger ?

Éloïse (à part) : Je sens qu’un jour, ça va devenir un ménage à cinq ici…

Siriac (hésitant) : Ben, je sais pas, oui, pourquoi pas…

Roméo : Et mon avis ? On s’en fout ?

Siriac (désignant Roméo) : Sauf s’il faut qu’on supporte ça toute la soirée…

Éloïse : Si j’étais à la place de Cassandra, j’aimerais autant passer la soirée en tête à tête avec mon chéri que je viens de retrouver.

Siriac : Oui, c’est ce que je me disais justement.

Roméo : Mieux vaut tard que jamais…

Juliette : Ou invite-la pour nous rejoindre à l’apéro ?

Siriac : Okay.
(Il se lève et s’éloigne un peu pour téléphoner.)
Juliette (à Roméo) : Bon, ça y est ? T’arrêtes d’être lourd ?

Roméo : Boah…

Siriac (au téléphone) : Allô, mon amour ? … Oui, c’est moi. … T’es pas encore partie ? … Dis, je suis passé chez Juliette and co, et ils nous proposent de venir prendre l’apéro, ça te botte ?

Éloïse : C’est qui « and co » ?

Siriac (au téléphone) : Bon, eh ben à tout de suite alors… Oui. … Okay. … Bisous.
(Il range son téléphone et revient s’asseoir.)
Juliette : Alors ? C’est d’accord ?

Siriac : Oui ; elle passe juste chez nous se changer et elle arrive.

Éloïse : Se changer ?

Siriac : Oui, pour être plus cool. Bah, elle en a pas pour longtemps, elle sera là dans un quart d’heure à peu près.
(Un silence.)
Roméo (à Siriac) : Eh, Judas ! Tu arriveras à te contrôler quand ta femme sera là ? Tu sauteras pas sur Juliette ? Ni sur Éloïse ?

Siriac : Oh, ta gueule !

Juliette (à Roméo) : C’est toi qui devras te contrôler ; c’est pas utile qu’elle apprenne ce qui s’est passé…

Roméo (avec un sourire) : Ah oui ?

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Histoire Coquines - Roméo et Juliette - Les malheurs de Cassandra - Acte IV

Ecrit par petitlapinou publié le 11/12/2007 à 14:03

Juliette

Cassandra : la meilleure amie de Juliette

Roméo

Éloïse : la meilleure amie de Roméo

Siriac : le meilleur ami de Roméo et le petit ami de Cassandra

Flora : une collègue de Roméo

Daphné : la sœur de Flora

Résumé de l’acte I : Samedi vers 16h, Cassandra débarque chez Juliette et Roméo ; elle s’est disputée violemment avec Siriac et veut « faire un break ». Juliette, Éloïse et Roméo tentent de lui remonter le moral et lui proposent un restaurant, puis un cinéma. Siriac, de son côté, est décidé à tout tenter pour satisfaire son vieux fantasme de faire l’amour avec deux jeunes femmes. Il invite Flora et Daphné à passer la soirée avec lui, non sans avoir auparavant acheté de puissants aphrodisiaques.

Résumé de l’acte II : Samedi soir, Flora et Daphné viennent manger chez Siriac ; pendant ce temps, Juliette, Éloïse, Cassandra et Roméo sont au restaurant. Siriac dépasse toutes ses limites avec ses deux invitées. Cassandra, quant à elle, s’amuse à séduire des serveurs du restaurant. Roméo, tentant désespérément d’obtenir des nouvelles de Siriac, décide de passer chez lui à l’improviste. Tandis que Juliette et Éloïse ramènent Cassandra pour « la calmer », Roméo essaie de raisonner Siriac, mais finit par succomber à nouveau aux charmes de Flora.

Résumé de l’acte III : Tandis que Siriac, Flora et Daphné poursuivent leur marathon sexuel, Roméo rejoint Juliette, Éloïse et Cassandra, mais ne dit mot de ce qu’il a vu. Juliette et Éloïse finissent par se convaincre que si Siriac est aussi pénible avec Cassandra, c’est notamment à cause de son vieux fantasme de faire l’amour avec deux femmes. Elles décident de le lui réaliser, sans bien sûr rien en dire ni à Cassandra ni à Roméo. Vers trois heures du matin, elles sonnent chez Siriac. Flora et Daphné ont tout juste le temps de se cacher, et observent, sans comprendre, Juliette et Éloïse se livrer à Siriac. Flora, cachée, parvient à prendre quelques clichés compromettants des trois jeunes gens. Pendant ce temps, Cassandra a réussi à convaincre un des serveurs du restaurant de venir la retrouver et elle s’abandonne à lui à côté de Roméo endormi, qu’elle réveille finalement pour qu’il se joigne à eux.

LES MALHEURS DE CASSANDRA

Acte IV, scène 1

Dimanche, 15h30

L’appartement de Siriac et Cassandra

(Cassandra, Siriac)

(Siriac va-et-vient, debout, dans la pièce, apparemment soucieux.)
Siriac : Ah la la la la la la ! Je m’en veux… J’ai vraiment déconné !
(Il marche quelques secondes en se rongeant les ongles.)
Siriac : Je voudrais tant qu’elle revienne…

Acte IV, scène 2

Dimanche, 15h40

L’appartement de Juliette et Roméo

(Juliette, Cassandra, Éloïse)

(Juliette et Éloïse sont assises dans le canapé, en nuisettes. Cassandra, habillée, va-et-vient autour d’elles.)
Cassandra : Ah, je m’en veux ! J’ai vraiment déconné !
(Éloïse bâille ostensiblement.)
Cassandra : Vous vous en foutez, c’est ça ?

Juliette : Tu peux pas dire qu’on t’a pas prévenue…
(Cassandra marche quelques secondes en se rongeant les ongles.)
Cassandra : Je sais pas quoi faire…
(On entend un bruit de chasse d’eau. Une porte s’ouvre ; Roméo entre, en caleçon.)
Roméo : Alors ? Vous avez progressé ?

Éloïse : Non. C’est tout juste si on ne recule pas…

Juliette (à Cassandra) : À mon avis, tu devrais retourner chez vous et tenter d’arranger la situation.

Roméo : Oui, pardonne-lui ses conneries et il te pardonnera les tiennes.

Cassandra : Quelles conneries ?

Roméo (embarrassé) : Euh… le choix est vaste… Les tiennes ou les siennes ?

Éloïse (à part) : Ou d’autres encore…

Cassandra : Quoi ?

Éloïse : Non, non, rien.

Juliette : Mouais, je crois que c’est un week-end qu’il faudra vite oublier.

Éloïse : Ben, non, c’était marrant.
(Tous la regardent, consternés.)
Éloïse : Bon, ok, ok, c’était pas marrant.
(Un silence.)
Juliette : Sur ces belles paroles, moi, je vais à la douche.
(Elle se lève.)
Éloïse (se levant à son tour) : Attends, je vais avec toi…

Cassandra (les observant) : J’y crois pas !
(Juliette et Éloïse sortent.)
Cassandra : Elles s’arrêtent vraiment jamais.

Roméo (ravi) : Non.
(Cassandra s’approche de Roméo avec un sourire.)
Cassandra (murmurant) : En tout cas, moi je n’oublierai jamais tout ce qu’on a fait. C’était génial !

Roméo : Euh…
(Cassandra dépose un baiser sur les lèvres de Roméo, puis attrape un petit sac par terre et se dirige vers la porte d’entrée de l’appartement.)
Cassandra (fort, à l’attention de Juliette et Éloïse) : Bon, à plus les filles ! Je suis décidée, j’y vais.

Les voix de Juliette et Éloïse (de la salle de bains) : À plus !
(Cassandra sort. Roméo prend une télécommande et s’assoit lourdement dans le canapé.)
Roméo : Ah, c’est quand même marrant, les nanas !

Acte IV, scène 3

Dimanche, 16h10

L’appartement de Siriac et Cassandra

(Siriac)

(Siriac est affalé dans le canapé et regarde vaguement la télévision.)
Siriac : Oh, ce que c’est chiant, la téloche le dimanche !
(On entend frapper doucement à la porte d’entrée. Siriac se lève brutalement et éteint la télévision. La porte s’ouvre et Cassandra entre.)
Cassandra (piteuse) : Salut, Siriac…
(Siriac lui saute au cou et l’embrasse longuement, la serrant dans ses bras.)
Siriac : Oh, mon amour, je suis désolé. Je m’en veux. Pardonne-moi. Excuse-moi.

Cassandra : Moi aussi, je m’en veux. Moi aussi, je suis désolée.
(Ils s’embrassent encore.)
Siriac : Je veux plus que tu partes comme ça.

Cassandra : On va oublier tout ça, d’accord ?

Siriac : Oublier tout quoi ?

Cassandra (souriant) : T’as déjà tout oublié ? Je t’aime, mon Siriac adoré.
(Ils s’embrassent encore.)
Siriac (anxieux) : Tu sais, il faut que je t’avoue quelque chose. J’ai peur de te le dire, mais…

Cassandra (tourmentée) : Euh, moi aussi, il faudrait que je t’avoue quelque chose, en fait…

Siriac : Je vois pas comment tu pourrais me pardonner…

Cassandra : Écoute, on a dit qu’on oublierait tout, alors le mieux c’est qu’on ne sache rien, d’accord ? Tu ne me dis rien, je ne te dis rien, et on oublie tout ça pour de vrai.
(Ils se regardent sans rien dire un instant. Puis Siriac embrasse encore Cassandra.)
Siriac : Bon, viens vite, installe-toi. Tu veux boire quelque chose ? Ou tu veux que je te prépare à manger ? Assieds-toi. Je vais t’apporter tout ce qu’il faut.

Acte IV, scène 4

Dimanche, 16h30

Le salon de Flora

(Flora, Daphné)

(Flora et Daphné sont attablées et savourent une tasse de café en discutant. Flora contemple un téléphone portable.)
Flora : Je suis vraiment contente.

Daphné : Comme quoi, il ne faut pas grand-chose. Et qu’est-ce que tu vas en faire de ces photos ?

Flora : Eh ben, pour commencer, je vais les envoyer à Roméo. Du coup, il va larguer ses deux grognasses et il sera enfin à moi.

Daphné : Oui, et puis c’est sûr que quand il va se rendre compte que c’est toi qui les as prises, il va être fou amoureux de toi…

Flora : T’inquiète pas pour ça. Il a pas besoin d’être amoureux de moi. La seule chose qui fait qu’il me résiste un peu, c’est justement ses deux grognasses. Pour le reste, il suivra sa queue…

Daphné : Quelle délicatesse !

Flora : Et puis, ensuite, je crois que je vais aussi les envoyer à Siriac.

Daphné : Pour quoi faire ?

Flora : J’sais pas.

Daphné : C’est intéressant.

Flora : J’aime bien avoir un pouvoir sur les autres…

Daphné : Ah ben tiens ? Je ne m’en étais jamais rendu compte… Enfin, c’est bien que tu le reconnaisses.

Flora (souriant) : Et puis, j’aime bien foutre la merde aussi…

Daphné : Ah bon ?

Flora : En fait, l’idéal, ce serait de les envoyer à la nana de Siriac…

Daphné : Ça servirait à rien, ils ne sont plus ensemble.

Flora : Oui, j’sais bien, mais comme ça on en serait sûr. Et puis, lui aussi, je n’aurais plus qu’à le cueillir.

Daphné : Je comprends rien. C’est Roméo ou Siriac que tu veux ?

Flora : Bah… les deux.

Daphné : Voilà, voilà… Et comment tu comptes lui envoyer à la nana de Siriac ?

Flora : Ben justement, j’en sais rien. Mais comme ils sont plus ensemble, je vais simplement les envoyer à Siriac, tu as raison.

Daphné : Ouh là ! Stop ! Va pas encore dire que c’est moi qui t’ai donné cette idée débile !

Flora : Bon, de toute façon, je ferai ça demain.
(Elle repose son téléphone sur la table et vide sa tasse de café.)
Flora (avec un sourire) : Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Daphné : Ça y est, c’est reparti !

Flora : T’as pas des copains qui font rien, cet après-midi ?
(Un silence.)
Daphné (naïvement) : T’as qu’à inviter Siriac…

Flora (taquine) : Ah oui ? Je me trompe ou il t’a tapé dans l’œil, le garçon ?

Daphné : Dans l’œil, je sais pas…

Flora : En tout cas, je préfèrerais le laisser un peu mijoter. Faudra que t’attendes un peu avant de le revoir.
(Elle reprend le téléphone et fait défiler le répertoire.)
Flora : Alors… Alex ? Non, il m’a saoulée la dernière fois. Arnold ? Bof… Arthur ?

Daphné : J’hallucine !

Flora : T’as pas l’air emballée… Benjy ? Je me demande s’il est pas homo, celui-là. Benoît ? Bertrand ? Tu m’arrêtes quand il y en a un qui te plaît…

Acte IV, scène 5

Dimanche, 17h50

L’appartement de Siriac et Cassandra

(Siriac, Cassandra)

(Cassandra est en train de débarrasser la table du salon des restes d’un goûter, tandis que Siriac revient de la cuisine où il a déjà ramené diverses choses. Cassandra passe un dernier coup d’éponge puis sort vers la cuisine. Siriac se laisse choir dans le canapé, en soupirant.)
Siriac (fort, à l’attention de Cassandra) : Eh ben, je me sens quand même mieux. Tu peux pas savoir comme j’étais inquiet…
(Un silence. Siriac jette un regard en direction de la cuisine.)
Siriac : Cassandra ?
(Un silence.)
La voix de Cassandra (mortifiée) : C’est quoi toutes ces capotes dans la poubelle ? ? ?

Siriac (se frappant le front) : Ah, merde !
(Cassandra entre, blême. Siriac se lève et s’approche d’elle.)
Siriac : Écoute, ma chérie…

Cassandra (l’interrompant, visiblement avec difficulté) : Non, non, tu as raison, on a dit qu’on oublierait tout, et qu’il valait mieux qu’on ne sache rien, et qu’on allait reprendre une vie normale, et qu’…

Siriac (l’interrompant) : Cassandra, calme-toi !

Cassandra : Non, non, ça va ! Je ne veux rien savoir ! Tout va bien. Il ne faut pas que je sache !
(Elle adresse un sourire forcé à Siriac, puis l’embrasse rapidement et se dirige vers la salle de bains.)
Cassandra : Je vais prendre un bain, ça va me détendre.
(Elle sort.)
Siriac (incertain) : Pfffffffff !

Acte IV, scène 6

Dimanche, 22h10

L’appartement de Juliette et Roméo

(Juliette, Éloïse, Roméo)

(Éloïse, habillée, est assise sur un bout du canapé, en tailleur, les coudes sur les genoux et la tête sur ses poings et regarde attentivement la télévision. Roméo, en caleçon et tee-shirt, est avachi dans le canapé à côté d’elle et gémit doucement, car Juliette, de l’autre côté, en nuisette et culotte, est agenouillée, tournée vers lui et l’embrasse langoureusement tout en le masturbant avec ardeur.)
Juliette (décollant ses lèvres de celles de Roméo) : Bon, tout semble être rentré dans l’ordre.

Roméo : Hmmmmm ?

Éloïse : Chhhhttttt ! Taisez-vous !

Juliette (sans cesser de branler Roméo) : J’avoue que j’ai cru jusqu’à y a pas longtemps qu’on aurait un coup de fil à la con de Siriac ou de Cassandra…

Éloïse : Oh, mais on s’en fout !

Juliette : Vous êtes pas contents qu’ils se soient réconciliés ?

Éloïse (exaspérée) : Allez, suce-le, comme ça t’arrêteras de parler…

Roméo (à Juliette) : Oui, oui, ça je suis d’accord, elle a raison…
(Juliette sourit, puis l’embrasse encore et se penche jusqu’à pouvoir glisser sa bouche autour de son sexe, qu’elle suce doucement et profondément quelques secondes. Roméo promène une main sur les fesses de Juliette, les caressant au travers de sa culotte.)
Éloïse (fort, absorbée par le film) : Fais gaffe, planque-toi !
(Roméo sursaute et met un grand coup au fond de la bouche de Juliette.)
Juliette (se reculant) : Aïe ! Putain, mais t’es con, Roméo !

Roméo : Mais c’est elle ! Elle est chiante, elle se met à gueuler, comme ça, là !

Éloïse : Vous avez qu’à me foutre la paix et aller baiser ailleurs…

Juliette (avec un sourire) : Non, j’aime bien baiser à côté de toi pour voir combien de temps tu vas tenir…

Éloïse (essayant de se retenir de sourire) : Laissez-moi regarder mon film !
(Juliette replonge en avant pour sucer Roméo, mais en produisant cette fois de longs bruits de succion. Roméo passe à nouveau sa main le long de la raie de Juliette et soulève doucement sa culotte pour venir lui glisser quelques doigts.)
Juliette : Sllluurrrrrppp ! Slrrp ! Sllllllrrrrppp !

Éloïse : Oh vous faites vraiment chier !

Roméo : Ah non, moi je fais pas de bruit… Je savoure en silence…
(Comme en guise de réponse, Juliette se met à gémir longuement à plusieurs reprises.)
Éloïse : Et ça ? C’est pas de ta faute, peut-être ?
(Roméo se laisse choir sur le côté et passe ses jambes derrière Éloïse, se retrouvant ainsi étendu sur le canapé. Juliette vient s’allonger sur lui, à contresens, les cuisses légèrement écartées par-dessus son visage, et se remet à le sucer avec frénésie, tandis que lui écarte d’une main sa culotte et plonge sa langue contre son clitoris et sa vulve. Éloïse continue de regarder la télé comme si de rien n’était.)
Juliette (lâchant le sexe de Roméo) : Aaaahhhh ! Oooohhh !
(Éloïse se retourne, attrape le sexe de Roméo et le tient dressé devant la bouche de Juliette ; de son autre main, elle appuie derrière la tête de Juliette.)
Éloïse : Tiens, suce ! Et arrête de faire tout ce bruit…

Juliette (resuçant) : Hmmmmm ! Hmmmmmmmm !

Éloïse (se réinstallant) : Mouais…
(La scène se poursuit ainsi deux ou trois minutes, Juliette suçant Roméo tandis qu’il la lèche, et Éloïse faisant tous les efforts possibles pour parvenir à suivre son film à travers tous leurs gémissements. Juliette finit par se redresser et s’avance à quatre pattes par-dessus Roméo jusqu’à être tout contre Éloïse, toujours assise en tailleur. Elle l’embrasse dans le cou et déboutonne son jean, d’une main, qu’elle glisse ensuite entre ses cuisses dans son pantalon.)
Juliette (ravie) : Hmm, mais t’es toute trempée…
(Éloïse l’ignore.)
Juliette : Tu ne me réponds pas ? Très bien…
(Juliette soulève légèrement ses fesses, s’empare du sexe de Roméo qu’elle tient droit en dessous elle, et s’empale doucement dessus en poussant un long hurlement de bonheur, presque juste à l’oreille d’Éloïse.)
Éloïse : Oooohhh ! C’est incroyable ! Je pourrais donc jamais être tranquille…
(Juliette, l’ignorant à son tour, se penche en avant puis se met à monter et descendre son bassin à un rythme allant croissant. Elle gémit et souffle de plus en plus fort aux oreilles d’Éloïse. Roméo gémit également.)
Éloïse (repoussant Juliette) : Oh, la paix !
(Juliette se laisse aller en arrière et s’allonge sur Roméo, tendant ses jambes en avant, de part et d’autre d’Éloïse, qui bougonne. Roméo continue de faire l’amour à Juliette et referme ses mains sur sa poitrine, qu’il se met à masser doucement. Juliette gémit toujours. Éloïse jette un regard malicieux vers le couple, avant de reporter toute son attention sur la télé.)
Juliette : Aaahaaa ! Ouiiiii ! Vas-y, Roméo ! Ouiiii !
(Éloïse, posant son coude gauche replié sur le ventre de Juliette, se met à lui caresser nonchalamment le clitoris. Juliette redouble de gémissements. Éloïse sourit et glisse son autre main dans sa propre culotte. Une ou deux minutes passent ainsi.)
Éloïse : Ça y est…

Juliette : De… Hmmm ! De quoi ? Aaaahh !

Éloïse : Ça y est, le film est fini…
(Elle se redresse péniblement d’entre les jambes de Juliette, se lève et s’avance jusqu’à être tout près des visages de Juliette et Roméo. Elle se déshabille lentement en dardant vers eux des yeux enflammés. Puis elle les enjambe et vient se placer, cuisses écartées, juste au-dessus du visage de Juliette, écrasant de sa cuisse et de son genou celui de Roméo. On devine Juliette se mettre à lécher Éloïse, et celle-ci commence à gémir à son tour intensément.)
Roméo : Eh, vous m’écrasez, les filles !

Éloïse (entre deux gémissements) : On s’en fout !
(Elle se penche légèrement en avant pour venir à nouveau masturber le clitoris de Juliette, qui gémit de plus belle. Roméo, tentant de se dégager quelque peu, pousse de toutes ses forces le genou gauche d’Éloïse vers le bord du canapé. Celle-ci tombe soudain et, tentant de se rattraper, s’agrippe au corps de Juliette, qu’elle entraîne avec elle dans sa chute du canapé.)
Juliette (tombant) : Aaaah !
(Elle s’écroule à plat ventre par-dessus Éloïse.)
Éloïse : Ouch ! … Ah, mais c’est pas vrai, t’es trop con, Roméo ! Tu pourrais faire gaffe, j’aurais pu me faire mal !

Roméo (avec un sourire narquois) : On s’en fout !
(Juliette embrasse Éloïse, sans plus attacher la moindre importance à ce qui vient de se passer. Roméo descend du canapé et vient s’agenouiller derrière les filles. Il guide son sexe à l’intérieur de celui de Juliette et se met à la défoncer à toute allure. Elle crie de nouveau de bonheur. Éloïse, rampant sur le dos en arrière, s’extirpe avec difficulté de dessous le corps de Juliette. Elle s’arrête un instant lorsque sa poitrine est à hauteur de la bouche de son amie, qui lui mordille doucement les tétons sans cesser de gémir. Puis Éloïse continue de se reculer doucement jusqu’à ce qu’elle puisse écarter tout grand ses cuisses devant le visage de Juliette.)
Éloïse : Allez, fais-moi jouir !
(Juliette plonge entre les jambes d’Éloïse et se met à la lécher avec passion. Roméo poursuit ses va-et-vient effrénés. Tous trois gémissent et hurlent même. Juliette parvient à glisser une main entre ses propres cuisses et se caresse le clitoris. Une minute passe ainsi. Juliette, cessant simultanément de lécher et de se caresser, se met bientôt à crier plus fort encore et à se balancer plus vite sous les assauts de Roméo. Éloïse lui presse le visage contre son entrejambe, mais Juliette s’écroule bientôt quasi-inerte entre les corps de ses deux partenaires.)
Juliette : Ouaaaahhhh ! C’est trop bon ! Continue, Roméo ! Ça me fait un bien fou…

Éloïse : Non ! Elle a déjà joui ! Maintenant tu viens t’occuper de moi, Roméo !
(Elle se redresse et vient à quatre pattes extraire le sexe de Roméo de celui de Juliette, qui s’écroule dès lors complètement à terre. Éloïse suce quelques secondes Roméo avant de se retourner et de lui présenter à son tour son arrière-train. Il la prend en levrette comme Juliette quelques minutes auparavant. Éloïse hurle tandis que Roméo la pénètre puissamment. Juliette comate à côté d’eux en se caressant paresseusement les seins.)
Juliette (indolente) : Lèche-moi, Éloïse…

Éloïse (entre deux gémissements) : Hein ?

Juliette : Lèche-moi…

Roméo (ravi) : Ouais ! Lèche-la !

Juliette : J’en veux encore…
(Éloïse se déplace, suivie de près par Roméo, jusqu’à pouvoir venir enfouir sa tête entre les cuisses de son amie. Juliette se remet à geindre doucement. Bientôt, Éloïse se cambre soudain et son corps se raidit tandis qu’elle pousse un long hurlement de jouissance. Roméo poursuit quelques secondes ses mouvements frénétiques, mais Éloïse se décontracte rapidement et s’effondre presque. Roméo se retire et vient présenter son sexe à sucer à Juliette. Celle-ci se met à se caresser entre les jambes en léchouillant délicatement le gland de son chéri qui se masturbe de toutes ses forces.)
Roméo : Rââaaaaaahhhh !
(Il éjacule soudain ; les deux premiers jets surprennent Juliette et s’échouent sur son visage et sa langue, mais elle se rapproche vite et se remet à le suçoter et il finit de jouir dans sa bouche en hurlant, tandis qu’elle se caresse toujours la vulve et le clitoris.)
Éloïse (les observant pensivement) : C’est beau…
(Juliette avale et s’essuie nonchalamment le visage.)
Roméo (se rasseyant lourdement sur le canapé) : Aaaaaah, bah putain, c’était bon !

Éloïse : Ah, ça y est, on retrouve la délicatesse coutumière des mecs !
(Elle se rhabille. Juliette, appuyée en arrière sur une main, continue de se caresser doucement de l’autre.)
Éloïse : Euh, Juliette, je crois que c’est fini, là…

Juliette (suppliante) : Faites-moi jouir encore !
(Éloïse et Roméo se regardent, croisant leurs yeux fatigués.)
Juliette (à Éloïse) : Lèche-moi encore…

Éloïse : Tu entends, Roméo ? Occupe-toi un peu de ta femme…

Juliette : Non, toi, Éloïse ! Tu lèches mieux que lui…

Roméo : Hein ? Quoi ?
(Éloïse est morte de rire.)
Roméo (à Juliette, piqué) : Tu veux bien répéter ça ?

Juliette : Oh, tu vas pas te vexer pour ça…

Roméo (s’éloignant vers la salle de bains) : J’hallucine !!!
(Il sort en maugréant.)
Juliette (se caressant toujours) : Bon, alors ? Tu viens me lécher ?
(Éloïse la regarde un instant, sans dire un mot. Puis elle s’approche d’elle et vient s’asseoir juste à côté. Elle l’embrasse sur la bouche.)
Éloïse : Non… Je suis calmée… Tu vas devoir te contenter de tes caresses…

Juliette (implorante) : Oh, je t’en supplie, lèche-moi… Fais-moi jouir…
(Éloïse la regarde un instant tendrement puis passe aussi une main entre ses cuisses. Leurs deux mains vont et viennent en cadence le long de la raie de Juliette.)
La voix de Roméo (de la salle de bains) : Tiens, fous-lui ça !
(Éloïse lève vers la salle de bains des yeux interrogateurs. Un gode est soudain projeté en tournoyant de la salle de bains vers le salon et tombe juste entre les deux jeunes femmes. Éloïse le prend et le présente à sucer à Juliette.)
Éloïse (coquine) : Tu le veux ?
(Juliette, le suçant lentement, acquiesce en secouant quelque peu la tête, et en dardant vers Éloïse des yeux ardents. Celle-ci guide alors le gode jusqu’entre les cuisses de son amie et la pénètre très doucement. Juliette continue de se caresser le clitoris et émet une longue plainte tandis que le jouet s’enfonce en elle. Roméo revient et s’assoit dans le canapé, regardant la scène avec satisfaction. Éloïse fait glisser le gode, d’abord lentement puis de plus en plus rapidement, d’avant en arrière, tout en embrassant langoureusement Juliette qui accentue ses propres caresses. Elle se crispe soudain, penchant la tête en arrière, et semble parcourue d’une série de convulsions. Éloïse poursuit ses assauts et Juliette pousse une dernière plainte de plaisir avant de se relâcher et de tourner vers son amie ses yeux espiègles. Elles s’embrassent encore.)
Éloïse (avec un sourire, se relevant) : Alors ? Je baise mieux que lui, aussi ?

Juliette (regardant tour à tour Éloïse et Roméo) : Aaaaah ! Je vous aime tous les deux !

Roméo (cynique) : Tu veux dire : Éloïse et son bout de plastique en forme de bite ?
(Juliette se lève et vient embrasser Roméo.)
Roméo : Oh, puis tu pues le sperme !

Juliette (commençant d’être agacée) : Eh ben la prochaine fois je te recracherai tout dessus, si tu préfères…

Roméo (se reprenant) : Euh… excuse-moi, mon amour… Moi aussi, je t’aime…
(Il l’embrasse, mais sur la joue. Elle sourit, puis sort vers la salle de bains. Éloïse s’assoit sur le canapé à côté de Roméo et lui tape sur la cuisse.)
Éloïse (souriant) : Tu vois ? Elle a dit que je lèche mieux que toi…

Roméo : Il faut pas croire tout ce que dit une femme quand elle est excitée. Crois-moi, j’en sais quelque chose…

La voix de Juliette (venant de la salle de bains) : Qu’est-ce que ça veut dire, ça ?

Éloïse (dardant des yeux de braise vers Roméo) : Moi, je trouve que tu lèches très bien…

Roméo (soutenant son regard, séducteur) : Ah oui ?

La voix de Juliette : Mieux que moi ?
(Un silence. Éloïse s’allonge sur le canapé en regardant Roméo d’un air malicieux.)
Éloïse (écartant les jambes) : J’sais pas… je m’en rappelle plus…

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