Trois copines et un gode
Charlotte et Fanta me rendent souvent visite, principalement les jeudis après-midi.
Avant de se rendre à leur séance de step au club Moving, à deux pas de ma rue, mes deux amies viennent boire le thé chez moi, dans mon appartement. Nous papotons de choses et d’autres comme trois copines peuvent le faire. Elles me parlent avec passion de leur prof de step qui exerce sur elles une sorte de fascination empreinte de charme et de fantasmes. Je leur raconte mes aventures avec les hommes que je rencontre lorsque je suis en tournée. La semaine dernière, Charlotte et Coralie passèrent juste après leur cours, nous prenions comme chaque semaine le thé dans mon salon, assises toutes les trois sur le canapé, ce jour-là inondé de soleil. Nous discutions une fois de plus du beau Gil, leur prof de gym, quand Coralie me dit :
« regarde dans mon sac, j’ai une photo de Gil que j’ai réussi à lui subtiliser, il ne sais pas que je l’ai »
J’attrapais le sac de Coralie, Je l’ouvrais et commençais à chercher la photo en question. Mais mon attention fut vite détournée par un autre objet qui se trouvait dans le sac.
« tu as un godemichet dans ton sac Coralie, tu te sers de ce genre d’ustensile ? je n’aurais jamais imaginé que tu puisses posséder un tel objet »
Les joues de Coralie prirent une teinte rosée sous ses cheveux bruns. Charlotte laissa échapper un soupir d’étonnement.
« oui, je m’en sers assez souvent pour ne rien vous cacher. Ce petit objet possède des vertus merveilleuses, il dispense beaucoup de plaisir à qui sait s’en servir. Quand on l’utilise, très vite on ne peut plus s’en passer. »
Je le sortais du sac, je l’observais attentivement sous tous les angles. C’était la première fois que je tenais un godemichet dans mes mains. Je laissais courir mes doigts le long de l’objet, découvrant une matière souple et moelleuse étonnement agréable au toucher. Je le portais machinalement sous mon nez pour le sentir. Un parfum suave et musqué caressa mes papilles olfactives. Je trouvais cette sensation plutôt captivante et déroutante à la fois. Je me demandais s’il s’agissait du parfum des effluves de Coralie ou de l’odeur produite par cette matière que je ne parvenais pas à définir avec précision ? J’avais très envie de poser ma langue sur cette verge postiche pour en connaître le goût. Coralie se rendit compte de ma curiosité pour cet objet des plaisirs solitaires.
« tu peux y poser tes lèvres Fanta, si tu le désires ! » dit Coralie comme pour me donner le feu vert et me permettre de faire ce que je n’aurais pas osé faire sans son aval.
Je posais alors ma langue à la base de l’objet et remontais lentement vers l’extrémité haute du membre factice. Je sentis sous ma langue, à la fois un goût délicieux et douceâtre, et une rugosité proche de celle d’une véritable verge. Sentant que Coralie et Charlotte ne semblaient nullement gênées par la situation, je laissais libre cours à mes instincts et fit coulisser mes lèvres le long du gland, détectant sous ma langue la protubérance du frein, jusqu’à sentir l’objet buter doucement contre le fond de mon palais. Je sentis de chauds frissons parcourir mon corps.
« tu sembles y prendre un certain plaisir Fanta » me dit Charlotte.
« je dois avouer que cet objet exerce sur moi une certaine fascination, son goût, son parfum, sa consistance produisent une réaction d’excitation en moi. Pourtant, il manque une chose à cet engin. La matière est froide, et ce que j’aime dans une bite, c’est aussi la chaleur qu’elle dégage. »
« oui, tu as raison Fanta, répond Coralie, …il faut d’abord chauffer le godemichet, il y a une manière de faire particulière pour en tirer le maximum, il ne faut pas s’y prendre n’importe comment. Voulez-vous que je montre sur l’une d’entre vous comment on doit s’en servir ? »
La situation nous paraissait des plus étranges, mais l’atmosphère n’était nullement coincée et je me portais volontaire pour cette expérience originale.
« je veux bien que tu essaies sur moi, si tu es d’accord Charlotte »
« je suis d’accord, dit Charlotte…je suis curieuse d’en savoir un peu plus sur les fameuses vertus de cet objet du désir. »
Coralie pris le gode dans ces mains, fit aller et venir plusieurs fois la paume de sa main droite le long du manche comme pour le préchauffer, avant de me donner les premières recommandations.
«il faut d’abord que tu agisses sur ton esprit et détendes tout ton corps, comme s’il s’agissait d’un massage façon asiatique. Chaque parcelle de ta peau devient réceptive, toutes tes pensées focalisent sur le seul plaisir que tu t’apprêtes à recevoir… »
Je suivais attentivement les instructions que me donnait Coralie. Je parvenais à me détendre et je sentais progressivement chaque muscle de mon corps lâcher prise. Je me laissais faire. Soudain, je perçu le contact de cette queue synthétique qui effleurait l’intérieur de mes cuisses, juste au dessus de mes genoux. Une onde puissante courue le long de ma cuisse, pour s’insinuer sur mon sexe que je sentis gonfler sous ma jupe.
« lorsque tu en ressens l’envie, tu ôtes lentement tes vêtements,» continua Coralie.
Elle actionnait le gode délicatement le long de mes jambes nues, soulevant ma jupe pour s’immiscer en dessous et atteindre ma chatte qui se gonflait toujours plus, revenant le long de mes cuisses, repartant en direction de mon ventre, s’attardant autour de mon nombril sensible, poursuivant sa course sous mon chemisier, glissant entre mes deux seins voluptueux. Je sentais avec précision les moindres variations de mouvements que Coralie, d’une main experte, infligeait à son godemichet qui courait maintenant sur mon corps. Les yeux mi-clos, je matais la bosse que formait l’objet se promenant d’un sein à l’autre, frottant tour à tour mes bouts érigés sous les stimulations. Je dégrafais un à un les boutons de mon chemisier et laissais surgir ma poitrine. Je me débarrassais de ma jupe et de ma petite culotte, puis j’écartais largement les jambes, pour signifier à Coralie que j’étais prête à recevoir le membre en moi. Elle retarda pourtant ce moment en faisant remonter le gode jusqu’à mon visage.
« suce cette queue », me dit-elle d’une voix charnelle.
Je m’exécutais et pompais sensuellement ce chibre qui me paraissait de plus en plus réel. Coralie descendit enfin vers ma chatte inondée de plaisir. Elle s’attarda quelques instants sur mon pubis, massant mes grandes lèvres, caressant mes fesses, remontant le long de ma raie après avoir titillé mon petit anus accessible. Je sentis enfin le gode pénétrer dans ma chatte jusqu’à la garde. Je ne pus retenir un immense soupir de jouissance.
« Aaahhh….Oouiii….. »
Coralie accéléra son va et vient, j’étais en extase, je me caressais les seins et cambrais mes reins jusqu’au maximum. Je prenais vraiment mon pied. A mes côtés, Charlotte qui restait silencieuse mais ne perdait pas une miette du spectacle, avait passé une main dans sa petite culotte en dentelle blanche et se masturbait sans gêne, son regard se promenant sur mon corps frémissant. Coralie aussi avait passé une main dans sa culotte et se masturbait tout en poursuivant sa démonstration. Je sentais le plaisir grandir encore, j’en étais à mon troisième orgasme consécutif, j’allais venir une dernière fois en un immense feu d’artifice. J’obligeais Coralie à retirer le gode, je me retournais, à quatre pattes, cambrant mes reins à l’excès, lui présentant ainsi mon cul et ma chatte ouverte.
« vas-y, mets-moi, vas-y, oui comme ça, plus vite, je vais venir… »
Un ouragan de plaisir m’emporta, j’avais rarement joui autant. A cet instant, Charlotte s’écria, comme si elle était entrée en état de transe.
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Histoire Coquines - Honneur
Résumé des épisodes précédents
Après une longue conversation avec sa mère, troublée par le nombre impressionnant de détails qui coïncident, Miko est désormais persuadée que Ninaa est sa demi-sœur, soi-disant morte quelque temps avant sa propre naissance dans une fausse-couche. Elle devine que sa tante et sa mère, jumelles parfaites, amoureuses du même homme, ont échangé leur place dans la couche de son père. Miko révèle ses soupçons à sa demi-sœur. Ninaa, d’abord incrédule, décide de faire procéder à un test ADN. Et attendant les résultats, Miko est conviée à une nouvelle épreuve, dont Ninaa l’informe qu’elle n’en est pas la conceptrice. Elle la prévient que cette épreuve, incontournable pour une raison qu’elle ne peut lui révéler, risque d’être très difficile.
Miko, dont tous les sens sont coupés de l’extérieur, se retrouve suspendue dans une salle d’exposition, comme un mécanisme scientifique censé démontrer les fonctions organiques humaines au public. Un dispositif particulier permet aux spectateurs de la faire jouir à distance, par télécommande. Elle profite de son isolement pour réfléchir, et arrive à la quasi-certitude que Vincent, un de ses anciens amants qu’elle n’apprécie pas du tout, est derrière ce jeu, sans doute avec comme objectif de la reconquérir, alors qu’elle l’avait plaqué.
Les maîtres du jeu lui repassent dans son casque vidéo l’enregistrement de la journée. Elle se voit exposée, faisant ses besoins sans retenue devant l’assemblée. Un sentiment de honte commence à l’envahir et, rapproché de celui qu’elle devine habiter depuis des années sa mère et sa tante, elle croit reconnaître les jumelles dans deux spectatrices. Miko craque devant cette vision, se débat jusqu’à se défaire de ses masques, et une violente nausée la submerge et provoque un malaise. L’organisation des maîtres du jeu intervient aussitôt. Mais Miko a pris sa décision, elle ne prendra pas le risque d’une nouvelle honte majeure pour sa famille, et renonce à poursuivre le jeu.
Miko se réveilla en sursaut.
Elle était dans sa chambre d’hôtel, celle-là même qu’elle avait visitée avec Ninaa. L’avant-veille à peine, et pourtant une éternité.
Le jeu était fini. Pour preuve, elle était vêtue d’une chemise de nuit des plus sobres. Elle revit les derniers instants de la veille, juste avant qu’elle ne sombre dans un sommeil lourd provoqué par un somnifère.
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Ninaa était heureusement présente lorsqu’elle avait repris connaissance, accompagnée d’un médecin. Fidèle à son engagement initial, même si elle n’avait pas organisé cette épreuve, la jeune directrice de production avait assuré avec toujours la même efficacité sa sécurité, comme elle l’avait fait depuis le début du jeu. Les violents haut-le-cœur avaient littéralement épuisée Miko, mais son état physique n’était rien par rapport à son état mental, perturbé par la vision de sa mère et de sa tante. Elle en tremblait de honte.
C’est avec l’aide de Ninaa qu’elle avait pris une douche, s’était séchée et emmitouflée dans un peignoir éponge. Sa demi-sœur lui avait tendu enfin un thé réconfortant. Prostrée, Miko ne disait pas un mot, ne pouvait pas prononcer le moindre mot. Elle était encore en deçà des mots, la tête vide, le corps sans force.
- — Tiens, bois cela. Il y a un léger calmant dedans, le docteur trouve que tu es plus perturbée que malade. Lorsque tu te réveilleras, tout sera fini comme tu l’as demandé, avait-elle annoncé avec une immense tristesse. Mais ne t’inquiète pas, nous nous reverrons très rapidement.
Ninaa avait ajouté cette dernière phrase avec un sourire plein d’espoir.
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Tout était fini. Ne pas pleurer ! C’est elle qui avait choisi de mettre fin à tout cela. Et fidèles à leurs engagements, là aussi, les maîtres du jeu – dont elle ne connaîtrait à présent jamais l’identité – avait respecté sa décision. Elle repensa à son dernier orgasme. À son tour, elle allait devoir vivre le restant de sa vie avec un terrible secret. Cette perspective lui fit comprendre à quel point les jumelles avaient dû regretter leur moment d’égarement, le partage intime de son père. Elle haussa les épaules. Son secret ne pourrait pas avoir d’aussi horribles conséquences. Sauf s’il s’ébruitait !
Miko se leva. Elle avait faim. Elle regarda par la fenêtre, le soleil était haut dans le ciel. Il ne fallait plus espérer pouvoir prendre un petit déjeuner au restaurant de l’hôtel. Elle appela la réception pour qu’on lui monte un repas.
En attendant la venue de sa collation, Miko prit une douche rapide et s’habilla. En ouvrant sa lingère, elle découvrit de superbes petits sous-vêtements très mignons. Décidément, pensa-t-elle, le jeu était vraiment fini… Mais elle préféra rester nue sous sa jupe courte.
Le repas fut amené par un jeune homme. Pendant qu’il disposait le plateau sur la table basse, Miko ouvrit le sac à main qu’elle aperçut, déposé sur un fauteuil, en espérant y trouver un porte-monnaie. Il y en avait un, dont elle commença à sortir un billet pour donner un pourboire au groom, avant de se souvenir, que cette coutume était pratiquement inexistante au Japon : très mal perçue, elle était considérée comme une insulte au serveur. Confuse, ayant peur que son geste soit d’autant plus mal interprété qu’elle pouvait difficilement passer pour une étrangère, Miko fut sauvée par ce qu’elle trouva dans le porte-monnaie, soigneusement plié à côté des billets : le chèque du montant de ses gains dans l’émission zenra. Elle le sortit en montrant ostensiblement au groom que ce n’était pas de l’argent qu’elle prenait, mais un papier personnel. La voyant le déplier, le groom s’effaça dans un ballet de multiples courbettes.
En terminant machinalement de déplier ce fameux chèque, signé par Ninaa de son véritable nom, Miko pensa qu’elle était à l’image de la décoration de cette chambre : en équilibre, quelque part entre Orient et Occident, trait d’union entre deux cultures dans lesquelles elle avait baigné successivement. Ses yeux tombèrent sur le montant du chèque. Elle possédait là une véritable fortune, qui ne lui servait à rien, puisque son père la refusait. Cette seule évocation de ce problème, toujours sans solution, la fit fondre en larmes.
Quel étrange concours de circonstances… Ce bout de papier aurait pu permettre de mettre un terme à tous les problèmes rencontrés par le père de celle qui y avait placé son inkan, et qui portait le nom de celui qui avait provoqué ces problèmes !
Brusquement, Miko s’arrêta de pleurer, sécha ses larmes, sourit, et finit par éclater de joie. Elle avait LA solution. Elle aurait pour cela besoin de Ninaa, mais elle escomptait bien que sa demi-sœur accepterait ! En attendant, il lui fallait mette ce précieux bout de papier à l’abri. Après son repas, elle descendit à la réception de l’hôtel et demanda s’il était possible de louer un coffre.
Les démarches finies et le cœur plus léger, Miko décida d’aller faire un tour. Sitôt dehors, elle retrouva la sensation connue du vent passant sous sa jupe. Ce n’est pas parce que le jeu était fini qu’elle ne pouvait plus rien faire, d’autant plus qu’il lui avait permis de découvrir tant de sensations délicieuses… Elle savait bien que lorsque sa directrice serait présente, elle devrait retrouver une tenue plus conventionnelle. Mais pour l’instant, elle avait encore une bonne semaine de jeu…. personnel.
Son attention fut attirée par une de ces nombreuses salles de jeux vidéo, qui semblaient pulluler dans son pays. En passant la porte, un courant d’air releva sa jupe. Elle la rabaissa aussitôt et observa les personnes à l’intérieur. Son entrée était passée complètement inaperçue, au milieu d’un bruit impressionnant. Elle sourit. Les joueurs étaient tellement pris par leur console qu’ils n’auraient rien remarqué si elle était entrée nue !
Et si ?
Miko dégrafa sa jupe et libéra le tissu. Vêtue seulement de son chemisier et de ses chaussures, sa jupe en main, elle déambula dans la salle, au milieu des consoles, sans qu’aucun des joueurs ne fasse un seul instant attention à cette fille provocante qui tournait autour d’eux.
Les joueurs non, mais les caméras de surveillance ? Et les vigiles, surtout, qui patrouillaient juste à quelque pas devant elle, sur la ligne rouge délimitant la zone de pachinko (1), et dont il était de notoriété publique qu’ils appartenaient en majorité aux yakuza ? Frémissante de honte et d’inquiétude, elle se rhabilla rapidement avant de sortir à toute vitesse, le feu aux joues ! Était-elle devenue folle ? Il n’y avait à présent plus personne pour la protéger, aucune de ses « extravagances » n’était préparée, conduite dans un terrain reconnu et « sécurisé » par l’organisation de Ninaa. Elle n’était plus dans le jeu !
Dans sa précipitation, Miko bouscula un homme. Elle bafouilla une excuse et continua sa course sans s’arrêter. Elle sentit d’un coup que quelqu’un la suivait, peut-être un des joueurs, moins absorbé que les autres, ou un des vigiles, et qui avait remarqué son manège provocateur ? Elle n’eut pas le temps de laisser l’inquiétude l’envahir, une voix bien connue l’arrêta dans sa course : Ninaa.
- — Eh, petite sœur ! Tu as vu le diable dans ce centre de jeu ? demanda-t-elle.
- — Non, je fuis ma bêtise, avoua Miko dans un sourire gênée.
- — Ah ? Bon, puisque tu le dis… J’ai une grande nouvelle ! J’ai les résultats de l’analyse : nous sommes bien sœurs !
Ce n’était plus qu’une confirmation de la vérité que leur avait soufflée leur cœur, mais c’était une vérité scientifique, désormais, et cette révélation confirmait son hypothèse. Miko sauta dans les bras de Ninaa et pleura de joie. Autre point, cette confirmation rendait complètement réalisable le plan qu’elle avait conçu pour sauver son père. Il suffisait à présent que Ninaa accepte.
- — Ninaa, j’ai trouvé comment faire accepter l’argent par NOTRE père. Mais il faudra que tu m’aides et… cela va être très dur pour toi.
- — Ah ? Écoute, nous n’allons pas discuter de cela en pleine rue. Allons chez moi, on sera au calme.
L’idée était excellente, et Miko accepta. Ninaa héla un taxi et donna une adresse à la sortie de la ville.
Lorsque Ninaa parlait d’être au calme, elle ne disait pas à quel point ce n’était pas là une simple image, mais une réalité. Miko fut époustouflée par la beauté des liens. La maison en elle-même était belle, sans être extraordinaire, mais la décoration intérieure était… sidérante, soufflante, étonnante, magique ! Miko avait de nouveau sous les yeux ce savant mélange d’Occident et d’Orient, dans un équilibre merveilleux et délicat, que seul quelqu’un qui connaissait – et aimait passionnément – les deux cultures avait pu réussir. Une musique douce et calme venait de toute part.
- — Tiens, installe-toi ici. Tu veux boire quelque chose ?
Miko prit place dans un divan très confortable, elle demanda un thé. Ninaa partit vers la cuisine faire chauffer l’eau, tout en interrogeant Miko sur son idée pour sauver leur père. Embarrassée, Miko rejoignit sa sœur et lui expliqua son plan.
- — Très joli ! Et qu’est-ce que tu trouves de difficile dans cette histoire ? Tu as peur que je me sente honteuse ? Rassure-toi, tu as fait des choses nettement plus honteuses pour moi. C’est d’accord !
Miko sauta au cou de sa sœur et déposa un énorme bisou sur la joue.
- — Téléphone à ta maman, dis-lui que l’on passe demain… et retire-moi ces vêtements ! J’ai un kimono en soie naturelle dans ma garde-robe. Ça sera nettement plus confortable.
oooOOOooo
Le lendemain matin, Miko préparait un petit déjeuner pour toutes les deux, alors que Ninaa dormait encore. Elle, de son côté, n’avait pratiquement pas dormi, beaucoup trop préoccupée par la « grande révélation » à faire à ses parents. Est-ce que son père n’était pas trop affaibli pour supporter la révélation de l’existence de sa deuxième fille ? Est-ce que ce secret mis à jour n’allait pas accabler sa mère ?
Miko était en train de presser des oranges lorsque sa sœur débarqua nue. Miko remarqua immédiatement son sexe fraîchement rasé, rouge et humide. Elle sourit. Sa sœur n’avait pas pu s’empêcher de se donner du plaisir.
- — Qu’est-ce que tu regardes ? Ben oui, je me suis masturbée ! Et tu ferais bien d’en faire autant. Tu verrais ta tête, tu es crispée comme ce n’est pas possible ! Allez, mademoiselle, retirez cette chemise et calmez-moi ce corps !
Miko sourit. Elle n’était plus dans le jeu et Ninaa n’avait plus d’ordre à donner mais son conseil était judicieux, elle sentait bien qu’elle avait besoin de se décontracter. Elle ôta la chemise de nuit et rejoignit le divan confortable. Doucement, elle joua avec son petit bouton. Elle n’éprouvait aucune honte à ce que Ninaa puisse la voir. Celle-ci lui apporta un petit œuf vibrant. Elle la remercia et le plaça dans son intimité.
Des sensations de plaisir vinrent rapidement effacer ses angoisses, par vagues successives, comme la mer efface petit à petit les traces sur le sable. Ninaa, ne voulant pas la déranger, prétexta la préparation du thé pour laisser sa sœur seule avec son orgasme. Lorsqu’elle revient avec le plateau, Miko dormait profondément. Son sexe bougeait légèrement sous les vibrations du petit œuf. Ninaa hésita, mais finit par retirer l’objet par son fil pour laisser Miko se reposer dans le calme.
Une bonne heure plus tard, Miko se réveilla parfaitement détendue. Elle vit le plateau placé sur la petite table basse et dévora les toasts à la confiture que Ninaa lui avait préparés. Elle entendit l’eau couler. Ninaa devait probablement prendre une douche. Elle se précipita pour la rejoindre.
—oooOooo—
Sur la route qui les conduisait chez les parents de Miko, les deux filles révisaient leur plan. Le chauffeur frappa à la fenêtre séparatrice. Miko observa la route : elles étaient arrivées.
- — Tu attends bien que je t’appelle avant de venir, annonça Miko.
- — Ne t’inquiète pas, dit nerveusement Ninaa qui avait fini par réaliser qu’elle allait voir pour la première fois son vrai père !
Miko sortit de la voiture et alla sonner à la porte de ses parents. Sa mère ouvrit et la fit entrer. Miko vit tout de suite à son visage qu’il y avait un problème.
- — Ah ! La voilà, ta fille ! Que va-t-elle trouver comme excuse, cette fois-ci ? Méfie-toi, elle nous a déjà menti plusieurs fois ! Et tu sais que les menteurs sont sans scrupules, même envers leurs proches. Ta sœur en a déjà assez souffert.
Miko blêmit. Devant elle se dressait son oncle, et à ses côtés sa tante !
- — Bonjour mon oncle, bonjour ma tante, dit Miko en saluant respectueusement sa famille.
- — Ne sois pas insolente ! C’est prosternée que tu devrais nous saluer ! Avec tout le mal que tu nous as déjà fait, cracha l’homme blême de rage et de colère.
Miko ne savait plus si elle devait lui obéir ou si elle devait lui tenir tête. Les règles de conduite que son éducation lui avait inculquées exigeaient qu’elle obéisse aveuglement à un parent plus âgé. Elle était sur le point de suivre ses ordres lorsqu’elle pensa à Ninaa et…
- — Non ! Je refuse de me prosterner à tes pieds !
- — Comment ça, non ! Tu n’as donc toujours pas compris le mal que tu nous as fait ! Et maintenant nous découvrons une photo de toi qui dévoile tes véritables activités. Activités honteuses !
Mon Dieu ! Quelle photo ? Pas une du jeu quand même ? Les maîtres du jeu avaient promis… Miko sentit ses jambes se transformer en coton. Son oncle s’approcha d’elle, une photo en main. Sa mère et sa tante l’avait très certainement déjà vue… Quelle horreur cela pouvait-il être ?
Toujours furieux, l’oncle lui montra l’image sans cesser de postillonner d’autres insultes. Miko vit la photo et… éclata de rire. Rire qui décupla la colère de l’oncle qui, tout en hurlant des mots de plus en plus durs, levait la main et s’apprêtait à corriger Miko.
- — SUFFIT !
L’ordre était sec, plein d’autorité, et bien qu’il ait été prononcé à voix basse, il s’imposa instantanément. Celui qui venait de le lancer et de mettre ainsi fin à la réprimande était le père de Miko. Sur la pas de la porte, il avait énormément de mal à rester debout mais malgré sa faiblesse, sa forte personnalité transparaissait dans son attitude. Les trois femmes se précipitèrent pour aider le malade à s’asseoir.
- — Tu es ici chez moi. Sous mon toit, c’est moi qui décide du bien et du mal ! souffla-t-il difficilement. Je veux entendre les explications de ma fille sur cette photo et j’aviserai ensuite si celle-ci doit me faire honte ou pas !
L’oncle n’était pas calmé, on le sentait toujours sous pression, prêt à exploser et à reprendre ses accusations de mensonge. Mais la forte personnalité de son beau-frère l’avait réduit au silence, et il attendait, contraint et forcé, les explications de Miko.
Miko avait un mal fou à rester sérieuse. La photo était loin d’être un problème, elle allait même devenir l’élément central de sa révélation. Elle la prit en main, respira profondément avant de se lancer dans les explications. Elle savait déjà que celles-ci allaient détruire définitivement l’image de son oncle, mais elle n’hésita qu’une seconde, le temps que tombe le denier tabou culturel qui la retenait.
- — Je suppose que vous vous demandez pourquoi cette fille a un micro dans une main et un vibromasseur dans l’autre ? La réponse est qu’elle va le donner à une des filles nues derrière elle ! Vous avez remarqué que c’est tout simplement une séquence tirée d’un programme zenra !
- — Tu vois, hurla une fois de plus l’oncle, elle avoue ! Et en plus elle a tellement honte de ce qu’elle a fait que n’ose même pas dire que c’est elle qui tient le micro et… cette horreur !
- — Désolé de te contredire, mon oncle, mais ce n’est pas moi sur cette photo. J’étais justement venue aujourd’hui pour en parler à mes parents. C’est bien finalement que tu sois là, tu pourras confirmer mes dires…
- — MENTEUSE ! hurla l’oncle.
- — Laisse parler Miko, coupa calmement le père.
- — Merci, père. Cette histoire a commencé il y a longtemps, bien avant ma naissance… ma tante, ne rougis pas et n’ais pas honte… maman non plus ! Je ne vous juge pas. J’ai compris, simplement compris. Vous avez voulu faire une bonne blague à celui que vous aimiez toutes les deux en secret… simplifia Miko, plus embarrassée qu’elle n’aurait imaginé l’être.
L’homme diminué par la maladie comprit tout de suite à quoi Miko allait faire allusion et vint en aide à sa fille.
- — Je vois que ma fille a grandi, et qu’elle a compris que sa mère et sa tante ont profité de leur ressemblance pour partager ma couche…
- — Effectivement… J’ai aussi compris d’où provenaient tes cicatrices… ajouta Miko en regardant tendrement sa tante.
Le visage de celle-ci s’assombrit. Miko enchaîna immédiatement, pour ne pas laisser le temps à la tristesse de ramener la honte à la surface.
- — Mais pour vous, l’histoire s’est arrêtée avec ce malheur. La mienne commence là, à ce moment précis.
C’est devant des spectateurs abasourdis que Miko conta la suite des événements :
Le bébé avait pu être sauvé. Un homme appela un de ses amis, dont il savait que sa femme et lui-même étaient désespérés de ne pas pouvoir avoir d’enfant, et le lui confia. Le corps médical présent avait très probablement reçu une forte récompense pour prix de son silence… Le nouveau père, fou de joie à l’idée de cette paternité inespérée, n’eut pas le courage d’y renoncer. Malgré l’ignominie qu’il commettait envers son associé, le laissant seul, sans aide et sans moyens, le désir de paternité fut le plus fort, et il fit le choix de disparaître avec l’enfant. L’instigateur de cet enchaînement d’actes odieux pouvait dès lors, en toute dignité, épouser la jeune fille qui n’était plus fille-mère. Peu lui importait de la laisser vivre avec le remords d’avoir tué son enfant et de ne pouvoir plus jamais en avoir un autre. Et peu lui importait si son beau-frère allait être ruiné par la disparition de son associé. Son honneur, ou plutôt les apparences de celui-ci, étaient sauves aux yeux du monde.
- — C’est une honte ! cria l’oncle. Comment oses-tu me salir ainsi !
- — Ma fille est vivante ?
La question, prononcée d’une voix très douce, presque inaudible, venait de la tante de Miko.
- — Tu sais où est ma fille ? insista-t-elle alors que des larmes perlaient à ses yeux.
Miko glissa sa main dans sa poche et appuya sur une touche du téléphone portable.
- — Tu ne vas pas la croire, quand même ? Mais vous êtes devenu fou ? hurla l’oncle. On rentre au pays en pleine nuit, et quelques heures après, on m’accuse d’avoir donné l’enfant de ma femme ! Et toi, tu la crois ! Le décalage horaire te fait perdre tout jugement, ma pauvre ! Elle n’a aucune preuve de ce qu’elle annonce !
- — Si, mon oncle. Tu tiens sa photo dans ta main, dit Miko.
On sonna. Miko ouvrit la porte et fit entrer Ninaa.
- — Chers parents, je vous présente Ninaa. Je ne prononcerais pas son nom d’adoption, puisqu’il est banni de cette maison !
La tante de Miko se précipita dans les bras de la jeune fille qui venait d’entrer. Et s’effondra en larmes en la serrant sur son cœur.
Miko observait ses parents. Sa mère avait le visage d’une personne qui se demandait quand elle allait se réveiller, sans savoir si le rêve était merveilleux ou cauchemardesque. Son père était étrangement calme. Avait-il enfin l’explication de tous ses malheurs ? L’oncle avait perdu de sa splendeur et de son arrogance. Son regard, qui fuyait et évitait cette fille qui n’aurait jamais dû réapparaître, constituait à lui seul la confirmation implicite de l’histoire.
Ninaa pleurait. Miko se précipita vers elle.
- — Je suis désolée, rien ne s’est passé comme prévu ! J’ai dû improviser. Ninaa, voici ta mère et ton père !
Ninaa essaya de ravaler ses larmes. Elle avait un devoir à accomplir. Dans un geste très tendre, elle déposa un bisou sur la joue de sa mère, et se dégagea le plus gentiment possible de cette emprise maternelle si tardive. Elle savait qu’elle avait enfin trouvé la tendresse qu’elle n’avait jamais eue. Solennellement, elle se plaça devant son père et se prosterna.
- — Très honorable Monsieur…
- — Père ! Je t’autorise à m’appeler père… si tu le veux, évidement !
- — Père…
Ninaa ne put s’empêcher de fondre en larmes. Ce petit mot d’enfant avait décidément nettement plus de valeur qu’elle ne le pensait.
- — Père, c’est le plus humblement possible que je viens vous raconter mon histoire. J’ai vécu dans l’ignorance jusqu’à il y a très peu de temps. Je viens d’apprendre que ma naissance a failli coûter la vie à ma mère. Ensuite, l’homme qui m’a élevée l’a fait au détriment de son honneur, en étant forcé de renoncer à sa loyauté envers vous et vos proches. Par ma faute, la honte du déshonneur est tombée sur votre famille le jour où les banques vous ont confisqué vos biens, ce qui provoqua en plus vos ennuis de santé. Je ne sais si vous accepterez un jour de me pardonner pour tout le tort que je vous ai fait…
Ninaa refondit en larmes. Miko savait que Ninaa dévoilait ses sentiments les plus profonds et les larmes qui lui échappaient montraient qu’elle en avait mal pour elle. Le père, visiblement très ému, tendit sa main pour toucher pour la première fois cet enfant non désirée mais tellement regrettée. D’un doigt tremblant, il releva le menton de la jeune fille devant lui et lui caressa la joue.
Ninaa continua en s’appuyant sur cette main si tendre. Elle sortit d’un pan de son kimono un petit coffret de bois, recouvert d’une laque dorée et décoré d’un dragon au dessin d’une finesse extrême et aux couleurs brillantes. Un nobori-ryû, remarqua Miko, celui-là même de Shunbun, la fête où tout avait basculé… Ninaa tendit le coffret à celui qu’elle pouvait appeler désormais son père, en s’inclinant profondément devant lui.
- — Je voudrais honorer sa mémoire, parce qu’il m’a permis d’être vivante aujourd’hui pour me prosterner devant vous et tenter d’obtenir votre pardon. Veuillez accepter ce modeste présent qui ne peut réparer que le seul préjudice matériel que mon existence vous fait subir depuis tant d’années, parce que c’est le seul que je puisse réparer tout de suite. Rien, sinon mon amour et mon dévouement envers vous jusqu’à ma mort, ne réparera jamais la souffrance que vous avez supportée par ma faute.
Ninaa baissa la tête et tendit le coffret laqué à bout de bras, en offrande. L’assemblée était pendue aux lèvres du patriarche. Celui-ci était visiblement très ému. Il fit mine de reprendre son souffle, son regard s’égara au loin, et à cela Miko devina le conflit qui l’habitait : il avait deviné que le coffret contenait de l’argent, un chèque probablement. La source de cet argent n’était probablement pas honorable, de son point de vue rigide. Mais comment le savoir ? De plus, cette fille était venue d’elle-même se prosterner, demander son pardon en endossant une responsabilité qui n’était pas la sienne, mais celle de son faux père, de quelqu’un qui n’était rien pour elle. Et s’il y avait un responsable de son existence, eh bien, c’était lui, qui n’avait pas su reconnaître sa femme de sa belle-sœur.
En venant ainsi prendre sur elle toute la responsabilité de l’histoire, en le dédouanant de sa responsabilité « biologique », Ninaa faisait preuve d’un sens de l’honneur peu commun, qui dépassait toute attente, et refuser son offrande devenait de ce fait l’attitude la moins honorable qui soit. Cette jeune fille avait su adopter un comportement en tous points conforme à six des sept principes du bushido, et elle lui promettait le septième, la loyauté. Pouvait-il refuser sans lui-même commettre une grave infraction à ce même code d’honneur ?
Miko sut, à son regard, avant même qu’il n’ait parlé, qu’il avait pris sa décision et qu’elle avait parfaitement imaginé quel serait le raisonnement de son père devant l’attitude de Ninaa :
- — Parce que tu es honorable dans ton attitude et sincère dans ton cœur, je te pardonne, ma fille, et j’accepte ton offrande. Tu m’apprends que ton père adoptif est mort ? En respect pour toi, je ne montrerai aucune joie, car je sens la souffrance que tu en as éprouvée. Ne te considère plus responsable de ses actes, car le véritable responsable est ici, devant moi !
- — Qu’est-ce que tu fais encore ici, chien galeux ? Je te donne le temps d’un souffle pour disparaître ! JAMAIS tu ne seras pardonné pour ce que tu nous as fait. Sache que je me ferai un plaisir d’avertir tout le monde de ton horrible acte, quitte à ce que tu perdes ton emploi et que tu finisses ta vie en prison !
C’est toute tremblante de colère que la tante de Miko venait de chasser son mari. Elle répondait ainsi à la demande du seul homme qu’elle n’ait jamais aimé et qui lui avait pardonné depuis longtemps cet abus d’amour. L’oncle ne chercha pas à se défendre. Il sortit les mains sur les tempes. Miko savait qu’il n’y avait aucun risque pour qu’il se fasse seppuku. Il était beaucoup trop lâche pour cela.
Une bonne heure passa. Ninaa avait toujours sa mère près d’elle. Celle-ci n’arrêtait pas de poser des questions, buvant littéralement tous les instants d’une vie qu’elle aurait dû accompagner et qui lui avait totalement échappée. Elle revint sur la photo qui avait tout déclenché
- — Et donc tu es animatrice de zenra ? demanda-t-elle sans préjugés.
- — Je suis même directrice de production.
- — Il n’y a que l’autre qui trouvait cela dégoûtant, dit le père. Quoique tu fasses, tant que tu le fais dans le respect des autres et de ta personne, je ne vois rien à redire.
Les deux femmes approuvèrent, au grand soulagement de Ninaa. Miko repensa à la scène du pantin et s’enfonça dans le fauteuil. Il y avait quelque chose qui la tarabustait, qui ne collait pas… Mais quoi ? Elle devait revoir cette vidéo.
Le père de Miko, malgré le bonheur de ces retrouvailles, montrait de plus en plus de signes de fatigue. Son épouse lui proposa de se retirer pour se reposer. Ninaa sauta sur l’occasion pour justifier son départ. Elle avait un rendez-vous pour son travail qu’elle ne pouvait reporter. Sa mère approuva mais eut énormément de mal à se séparer de cette fille retrouvée. C’est à force de promesses de la recontacter rapidement que Ninaa put enfin avoir l’autorisation de quitter la maison.
Miko proposa à sa sœur de l’accompagner, prétextant elle aussi diverses courses urgentes. En réalité, elle ne voulait pas rester seule avec ses parents sans avoir tiré au clair cette histoire de visite pendant le jeu ! Surtout que personne ne lui avait demandé comment elle avait retrouvé cette sœur disparue, et que les explications… pouvaient attendre.
Un doute travaillait en effet Miko depuis plusieurs minutes, et elle venait de mette le doigt sur ce qui l’avait étonnée dans le discours de son oncle. Si sa tante n’était arrivée que dans la nuit… comment avait-elle pu être, la veille, avec sa mère devant les manettes de la machine de l’horreur ? Elle avait besoin des bandes vidéo.
Dans la voiture qui ramenait les deux filles, un profond silence était tombé. Aucun mot ne pouvait expliquer l’état d’esprit des deux sœurs. Arrivées chez Ninaa, Miko se lança :
- — C’est quoi ton rendez-vous ?
- — Une dame de mon club de gym rythmique me propose d’investir dans une vidéo…
Elle ne pouvait offrir plus belle ouverture à Miko :
- — En parlant de vidéo… Qu’est devenue celle que j’ai vue lorsque j’étais suspendue ?
Ninaa observa sa sœur, et haussa les épaules comme si la réponse était évidente.
- — Détruite, comme toutes les autres photos et films. Nous t’en avions fait la promesse.
Miko poussa un profond soupir. Elle n’aurait pu dire si c’était de soulagement ou de regret.
- — Tu l’as vue, cette vidéo ?
- — Oui, évidement !
- — Et rien ne t’a choqué ?
- — Que Yoko est une sale garce !
- — Ah ! Tu connais Yoko ?
Ninaa rougit. Le fait que Miko mette fin au jeu impliquait normalement que tout devait disparaître, y compris les explications. Mais la découverte de leur lien de parenté allait forcément compliquer les choses, et remettre pas mal d’éléments en question.
- — Je ne l’ai jamais rencontrée, tout s’est passé par courrier et par téléphone. Mais c’est elle qui a mise au point cette scène, intégralement, et elle y tenait ! Je dois me préparer, on parlera de cela un autre moment si tu veux ?
Cette révélation surprit Miko. Mais il y avait plus important dans l’immédiat, aussi suivit-elle sa sœur comme une petite fille n’ayant pas reçu le jouet demandé.
- — Sur la fin de la vidéo, tu n’as pas remarqué… deux femmes ?
Ninaa répondit machinalement, tout en préparant son sac.
- — Si, c’est même une des deux qui t’a fait le plus jouir. J’aurais bien voulu être dans ses mains expertes…
Miko fut choquée par cette remarque. Mais elle réalisa que les deux femmes ne pouvaient pas être sa mère et sa tante : habituée aux images de télévision, l’œil expert de Ninaa aurait repéré immédiatement la gémellité des deux femmes, et les aurait reconnues en les voyant aujourd’hui devant elle. Un immense soulagement l’allégea de l’énorme poids qui l’accablait depuis la veille. C’était probablement les pensées qui se bousculaient en elles, l’épuisement, la privation de contact avec le réel, bref, toute la fatigue de cette épreuve complètement anormale qui lui avait fait voir le visage de sa mère et de sa tante là où il n’y avait que deux inconnues.
- — Tu viens ? demanda Ninaa qui sortait pour rejoindre son club de gym.
- — Euh, oui, oui, j’arrive.
Miko se sentait toute légère, à la limite euphorique. Ninaa était nettement plus tendue. La rencontre de sa vraie famille ou les obligations du boulot ? Dans la voiture qui les conduisait, Ninaa entama une explication non demandée. Miko se tut, malgré le nombre incroyable de questions qui lui venait à l’esprit.
- — Je ne te donnerai aucun nom. Je t’explique simplement comme tout cela a commencé. Un jour, j’ai fait venir un décorateur d’intérieur occidental. L’Occident m’a toujours attirée. Lorsqu’il m’a vue la première fois, il m’a appelée « Miko » ! Au fur et à mesure de nos rencontres de travail, une amitié profonde s’est établie entre nous. Il m’a tout raconté sur votre histoire. J’ai été séduite.
Miko se demandait ce que Vincent avait pu inventer pour séduire quelqu’un avec leur histoire. Comment un garçon aussi nul avait-il fini par devenir décorateur ? Et un bon, en plus !
- — Il m’a dit que tu avais un petit vice, l’exhibition. Tu imagines à quel point, dans mon boulot, cela pouvait m’intéresser ! Il voulait aussi tenir une promesse qu’il n’avait pas pu tenir : te ramener au Japon. Ton corps mais aussi ton esprit.
Miko se remémora le jour où elle avait définitivement claqué la porte de chez Vincent, lorsque celui-ci avait dépensé toutes les économies faites pour rentrer au pays, en s’achetant une voiture d’occasion… japonaise ! Le comble était que, pour lui, cela équivalait à avoir tenu sa promesse !
- — J’ai donc organisé avec lui le jeu de piste. Je ne te dis pas notre tête lorsque tu nous as appris ton voyage pour le boulot ! J’étais prête à mettre fin au jeu lorsqu’il m’a annoncé qu’il ne voulait pas renoncer. Il ne voulait plus te lâcher.
Tu m’étonnes, tiens ! Possessif comme il est !
Les filles arrivèrent devant un bâtiment qui ne ressemblait pas vraiment à un club de gym. À une usine désaffectée, oui, mais à un club, non ! Miko s’inquiéta.
- — Où on est ?
- — À mon club… Viens, nous sommes en retard, annonça Ninaa.
Miko suivit sa guide dans un couloir sombre pour arriver dans un vestiaire où des vêtements pendaient à différents crochets. Miko se déshabilla complètement, enfila des bas de laine et se fit une queue de cheval avec un élastique. Elle rit, ils étaient tous fuchsia !
- — Tu as le maillot assorti ?
Ninaa, qui avait déjà enfilé un maillot bleu ciel très échancré lui lança :
- — Zut, je l’ai oublié ! Tu fais comme tu veux. Soit tu te rhabilles et tu m’attends dans la salle, soit tu viens comme tu es. Sache que c’est un club… spécial. Telle quelle, ta « tenue » ne dérangera personne.
Miko sourit, et sans une hésitation entra avec Nina dans la grande salle où une dizaine de filles en tenues plus ou moins provocantes se déhanchaient au rythme d’une musique très rythmée. Ninaa salua une dame à la poitrine nue et au corps ferme malgré son âge, et se dirigea vers elle. Miko n’entendit pas la conversation dans le vacarme, mais elle comprit rapidement à leur attitude que Ninaa avait un problème.
Prise par l’envie de donner le meilleur d’elle-même, Miko perdit de vue Ninaa. Elle décida de se concentrer sur les ordres de la prof de gym. Le cours venait de commencer, elles avaient probablement raté les échauffements. Les premiers exercices consistaient à monter et à descendre une marche. Le miroir permettait à Miko d’observer ses partenaires : deux étaient dans une tenue habituelle pour ce sport. Une autre avait un simple maillot couleur chair. La vue de son abondante toison qui en débordait quelque peu provoqua une grimace de Miko. Le professeur avait un collant intégral semi-transparent. Miko trouvait cette femme aux proportions idéales, d’une finesse incroyable, une vraie poupée. Une fille n’avait qu’un top qui maintenait une lourde poitrine, son sexe nu et glabre était fermé par un cadenas en or. Sa voisine, vêtue de l’autre moitié de la tenue, avait entre sa poitrine une chaînette sur laquelle une clé dorée se balançait. Les trois filles du fond avaient la même tenue, un collant intégral de couleur rose. Miko remarqua que leurs tétons et leur sexe étaient à l’air libre. Avaient-elles vu le zenra inspiré par sa course dans la forêt ?
Ninaa et la dame à la poitrine nue n’étaient plus dans la salle.
Un nouvel exercice envoya les filles au sol. Elles devaient faire des abdominaux avec les jambes écartées. Miko sourit à la vue de son petit abricot baillant sous l’effort.
Une série de pompes, et la poitrine de Miko laissa des traces de sueur sur le tapis. Elle constata que son corps perlait de toute part. Les mouvements proposés par la prof étaient de plus en plus provocateurs. Miko aimait faire vibrer son bassin en rythme. Elle remarqua que certaines filles en profitaient pour se toucher. Une fille s’approcha d’elle, mais Miko lui fit un petit sourire et un signe de dénégation. La fille haussa les épaules et se dirigea vers une autre, qui avait décoloré ses cheveux.
Tiens, une Yoko, une ! Comme ça, c’est donc Yoko qui a organisé cette humiliante épreuve, et donc c’est bien elle que j’ai vu sur la bande. Ce n’était pas une illusion, cette fois-ci. Comment est-elle rentrée dans ce jeu ? Je finirai bien par le savoir…
Des massues de GRS furent distribuées. Miko comprit immédiatement qu’elle ne devait en prendre qu’une seule. Les exercices suivant étaient ouvertement sexuels : frottement du pubis sur l’objet ou simulacre de pénétration pour certaines, voire véritable outil de jouissance pour d’autres. Comme certaines filles étaient proche de la jouissance, Miko décida d’aller jusqu’au bout. La fille à côté d’elle regarda avec envie son éjaculation typiquement féminine. Miko s’assit pour reprendre son souffle.
Ah ! voilà Ninaa ! Oh là ! Vu la tête, cela ne s’est pas passé comme prévu !
Une musique douce indiqua la fin du cours et le début de la séance d’étirements. Ninaa s’approcha de Miko.
- — Si je fais l’épreuve suivante à ta place, est-ce que tu accepterais de reprendre le jeu ?
Miko ne s’attendait absolument pas à cette proposition. Ninaa avait probablement pris des engagements pour son boulot. Le fait que Miko ait mis fin au jeu faisait que sa sœur se retrouvait sans « testeuse ». Miko hésita, prise de court. S’il est vrai qu’elle était prête à faire plaisir à sa sœur, elle n’avait absolument pas envie de faire plaisir à Vincent.
- — Si tu as besoin de moi pour tester tes épreuves, je le ferais volontiers. Mais il est hors de question que je reprenne ce jeu pour faire plaisir à Vincent !
- — Vincent ? Mais qui est Vincent ? demanda Ninaa, tombant des nues.

