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Histoire Coquines - Virginie

Ecrit par petitlapinou publié le 11/12/2007 à 13:10

CHAPITRE 1 : VIRGINIE
Tout a commencé ce jour où je suis rentrée en avance.

Non.

On ne peut pas commencer par là.

Tout a commencé le jour de notre emménagement, alors ?

Non plus.

Commençons par le tout début : Moi.

Après tout, je suis la narratrice et le personnage principal à la fois, autant que vous sachiez tout de suite qui je suis.

Je m’appelle Melissa Belnato, mais la plupart des gens que je connais m’appellent Mely. Ou Mel, mais c’est plus récent, et pour le moment réservé à une seule personne. Mais je ne vous en dirai pas plus pour le moment, vous l’apprendrez bien assez tôt.

J’ai de longs cheveux bruns que j’attache la plupart du temps en queue de cheval et des yeux noisette qui me valent généralement un certain succès. Ma peau est lisse et bronzée. C’est probablement dû à des origines méditerranéennes, on m’a souvent dit que mon nom était italien. Ou espagnol, parfois, mais ça me paraît moins probable. Certains vont même jusqu’à me parler de grec ou de portugais. Mais je m’éloigne du sujet. On m’a souvent dit que j’avais un très beau visage, et je pense pouvoir dire que c’est vrai.

Je suis plutôt petite, un mètre soixante, et assez fine et élancée, mais dotée d’une poitrine légèrement trop large à mon goût, ce qui n’est pas pour déplaire à la plupart des garçons que je croise et n’a jamais été un handicap pour en trouver un quand j’en avais besoin, bien que ce passe-temps ne fasse plus partie de mes préoccupations principales à l’heure actuelle. En attendant, le reste du temps, c’est plus un poids qu’autre chose. Si on descend, on trouve une taille fine puis un joli petit cul. Pour terminer, j’ai des jambes relativement longues, comparées au reste de mon corps.

Vous devez penser que je ne me préoccupe que de mon apparence, après avoir lu ces lignes. C’est vrai que je suis un brin narcissique et que je passe pas mal de temps à m’occuper de mon corps, mais je cultive aussi mon esprit. J’adore la littérature, le cinéma, l’art, les documentaires… et c’est justement pour cela que j’avais décidé de faire des études de journalisme, sans savoir encore à quelle branche de la profession me destiner dans l’avenir.
Avec mon petit copain de l’époque, Fabien, on avait décidé de prendre un appart ensemble pendant nos études. Fabien est un garçon grand, blond, bien bâti, plutôt mignon et bon vivant mais, comme je le découvris plus tard à mes dépends, bourré de préjugés et d’idées reçues et assez macho. Cela dit, au début de cette affaire, nous filions le parfait amour.

Nous avions trouvé un appart dans un quartier populaire de la ville. Sans aller jusqu’à dire qu’il soit malfamé, il n’était pas toujours bien fréquenté et il valait mieux éviter de sortir tard le soir, surtout pour une fille. Mais le loyer n’était pas cher et l’appart vivable. Ça a suffi à nous convaincre d’emménager. Cela dit, je pense que Fabien avait été pas mal motivé par notre rencontre avec la voisine, lors de notre première visite.

Elle est sortie de son appart au moment où nous entrions dans celui qui deviendrait le nôtre, mais cette brève entrevue suffit à provoquer l’excitation de mon mec. Des cheveux blonds qui lui cascadaient dans le dos jusqu’aux reins, deux yeux vert émeraude pleins de vie, des lèvres pleines étirées en un sourire franc et joyeux que j’ai vite appris à connaître, tant elle semble incapable de s’en défaire dans presque toutes les situations, et des dents si blanches qu’on la croirait sortie d’une pub pour dentifrice, le tout dans un visage aux traits harmonieux et délicats. Légèrement plus petite que moi, et dotée d’une poitrine encore plus « généreuse » et d’une adorable petite paire de fesses qui ce jour-là se trémoussait dans un mini-short en jean du genre qui a le don d’hypnotiser les mecs et de faire se dresser leur serpent encore mieux qu’une flûte de fakir. Elle nous a simplement dit un « Bonjour » accompagné d’un de ces sourires irrésistibles dont elle a le secret et a posé sur notre couple un regard appréciateur qui ne me dit rien de bon, puis est partie en coup de vent avant que le regard de Fabien n’ait réussi à traverser son tee-shirt blanc au niveau de la poitrine. Il brûlait tellement qu’il n’aurait pas tardé à y arriver, si elle s’était attardée. J’appris plus tard que cette jeune fille s’appelait Virginie Brivelonce et était en deuxième année à la fac de lettres modernes.
Le soir même, j’ai demandé à Fabien si notre future voisine lui avait plu. Il m’a répondu avec l’hypocrisie typique du mâle moyen que j’étais la seule qui puisse lui plaire et qu’il n’avait même pas fait attention à elle. Plus tard dans la soirée, alors que nous faisions l’amour, j’ai brusquement arrêté ce que j’étais en train de faire et lui ai reposé la question. Il a été forcé de reconnaître la vérité avant que je ne m’y remette.
Quelques jours plus tard, nous avons emménagé. Virginie a proposé de nous donner un coup de main, ce qui nous a permis de faire un peu plus connaissance. J’étais assez méfiante à cause de sa façon de nous regarder, Fabien et moi, et parce que si je ne pensais pas que mon mec m’ait déjà trompée, je ne l’avais encore jamais vu autant excité par une autre fille, et je ne pouvais dire si elle tenterait de le séduire, ni si elle avait des chances d’y parvenir. Elle s’est pourtant montrée très gentille, serviable et énergique, bien qu’un peu maladroite, ou peut-être trop motivée pour se rendre compte que certains cartons étaient trop lourds et trop fragiles pour elle. Quoi qu’il en soit, durant la semaine qui suivit, Fabien et moi avons dû manger dans des bols, le temps de trouver de nouvelles assiettes. Ce qui ne nous a pas empêchés de bien rigoler et d’offrir un verre à Virginie pour la remercier de son aide. Il faut dire que sa maladresse l’avait tellement perturbée que nous nous sentions encore plus coupables qu’elle, de l’avoir laissée faire.

Puis nous avons dû reprendre les cours, l’un après l’autre. Fabien était en fac de droit et n’avait donc pas les mêmes horaires que moi. Du coup, je passais une bonne partie de mon temps à me demander ce qu’il faisait au même moment, ce qui n’améliorait pas mon attention en cours, ni d’ailleurs mes relations avec Virginie. Elle avait beau être gentille, gaie, pétillante et pleine d’humour, je ne pouvais m’empêcher de la traiter avec une certaine froideur, ce qui semblait l’affecter plus que ça n’aurait dû. Si j’avais été plus attentive, j’aurais déjà dû avoir la puce à l’oreille, mais j’étais trop occupé à surveiller Fabien. Si j’avais su à quel point c’était inutile, je me serais probablement sentie ridicule.

Finalement, un jour, Virginie est venue me voir et m’a demandé si elle m’avait fait quelque chose qui m’avait déplu, pour que je la traite ainsi. Sans vraiment savoir pourquoi, je lui ai répondu que je la trouvais insupportable et complètement stupide. J’ai même déclaré que je la détestais. Elle m’a écoutée lui dire les pires horreurs jusqu’à ce que je ne trouve plus rien à ajouter. Elle est restée un moment comme ça, un peu perdue, puis a fondu en larmes et a couru se réfugier chez elle. J’avoue avoir été injuste et pourrie avec elle, mais à ce moment-là, je n’étais déjà plus dans mon état normal à cause de mes échecs à l’école de journalisme et de mes doutes sur la fidélité de Fabien. Je me suis immédiatement sentie coupable, mais j’étais trop bornée et sûrement trop stupide pour aller lui présenter des excuses. Les jours qui suivirent, elle fit tout pour nous éviter, Fabien et moi. Ce dernier, ignorant tout de ma crise de nerf, ne comprenait rien à la situation, mais je n’avais pas le courage de lui avouer.
Et puis un jour, en novembre, tout a changé. Le stress accumulé durant les dernières semaines a eu raison de moi et j’ai fait une crise d’angoisse en plein cours. On m’a conduite à l’infirmerie, et finalement, après m’avoir pris la tension, l’infirmière m’a ordonné plus que conseillé de rentrer chez moi pour me reposer. Ensuite, c’est le trou noir. Je me suis retrouvée dans mon appart sans savoir comment et, trop fatiguée pour me poser des questions, me suis affalée sur mon lit. Fabien n’était pas encore rentré, je n’avais personne à qui parler. Je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps. Quelque chose me pourrissait la vie et je n’arrivais pas à m’en débarrasser. J’étais épuisée, lessivée, et surtout complètement seule. En larmes, je me suis enfoncée la tête dans l’oreiller et l’ai serré dans mes bras. Je sentis soudain quelque chose d’étrange sous mes doigts. Je retirai ma main et découvris un string rose, qui de toute évidence ne m’appartenait pas.
Instantanément, la tristesse se changea en surprise, la surprise en certitude, la certitude en rage. Je saisis le string, sortis de mon appartement, fulminante et allai me planter devant la porte de Virginie. Je donnai un violent coup de pied dedans, sans savoir si j’espérais la casser ou simplement passer mes nerfs dessus. Je poussai un cri de douleur en me rendant compte que finalement, les portes de cet immeuble, c’était pas de la pâte d’amande. J’ai attrapé ma jambe douloureuse pour la masser, mais ne réussis qu’à me déséquilibrer et à tomber. Je me suis donc rattrapée à la poignée dans ma chute. Ce qui m’a permis de me rendre compte que le verrou n’était pas mis sur la porte. Je me suis étalée de tout mon long au milieu de l’appartement.

J’ai relevé la tête en fulminant et ai enfin aperçu Virginie. Elle était assise sur sa banquette, les genoux ramenés sous le menton, un bol de céramique dans une main et une paire de baguettes dans l’autre, des nouilles japonaises pendant de sa bouche et ses yeux verts écarquillés de surprise. Elle portait un immense pull-over rouge dont ne dépassaient que ses pieds, sur lesquels elle avait enfilé des chaussettes à rayures multicolores avec les orteils séparés. Malgré ma fureur, je n’ai pas pu m’empêcher de graver cette image dans ma mémoire. Elle était tellement drôle et en même temps tellement touchante que si je ne devais garder qu’un seul souvenir de ma vie, ce serait celui-là que je choisirais sans hésiter.

Mais sur le moment, j’étais trop énervée pour rire. J’allais me relever, quand Virginie a bondi, s’éclaboussant au passage avec le contenu du bol, et a foncé sur moi en lâchant tout ce qu’elle avait dans les mains pour venir m’aider.

  • — Tu t’es fait mal, Melissa ?

Ignorant sa main, je me suis relevée d’un bond et ait brandi le string sous son nez en hurlant :

  • — C’est quoi ça ?

Elle recula et me regarda avec des yeux écarquillés, et finit par répondre :

  • — Bin… Ça m’a tout l’air d’être un string.
  • — Te fous pas de moi, je sais très bien ce que c’est ! ce que je te demande, c’est qu’est-ce que ce string foutait chez moi, sous mon oreiller ?
  • — J’en sais rien, je suis pas ta femme de ménage. Si tu laisses traîner tes affaires n’importe où, c’est pas mon problème.
  • — Justement, c’est pas mon string. Est-ce que tu peux m’expliquer ça ?
  • — Oh… Tu y tiens vraiment ?
  • — Putain, mais arrête un peu de me prendre pour une conne ! Tu crois que j’ai pas remarqué les regards que vous vous faites, Fabien et toi ?
  • — Hein ? fit-elle, réellement surprise.
  • — Je m’en suis rendue compte dès le premier jour ! Je savais que c’était juste une question de temps avant que vous passiez à l’acte ! Et maintenant, je trouve ça dans mon lit ! Vous vous cachez même plus !

Un long silence s’installa. Nous sommes restées immobiles toute les deux, le string pendouillant dans ma main, pendant une bonne dizaine de secondes. Virginie brisa enfin le silence.

  • — Melissa, regarde un peu autour de toi.

Ce fut à mon tour de reculer sous la surprise. Je mis quelques secondes à comprendre ce qu’elle voulait dire et à détacher mes yeux d’elle pour faire le tour de la pièce du regard. Ce que je vis me stupéfia. Les murs étaient couverts de photos de femmes, plus ou moins habillées, seules, par deux ou en groupes, en couleur ou en noir et blanc, sages ou impudiques, parfois provocantes, blondes, brunes ou rousses, blanches, noires ou asiatiques, anonymes ou célébrités. Que des photos ou des dessins de femmes, jeunes et belles, allant de la simple pose à la scène d’orgie en passant par le nu artistique. Il y avait aussi des posters et des images de mangas. Un véritable musée dédiée à la femme dans toute sa splendeur, et où l’homme serait banni.

Virginie me laissa contempler la scène un moment avant de déclarer.

  • — Pas la peine de t’en faire, j’ai jamais eu l’intention de te piquer ton mec. Pour tout dire, il aurait plus d’inquiétude à se faire que toi.

Je rougis instantanément, à la fois de honte, de gêne et de confusion, et eut un mouvement de recul que Virginie dut interpréter comme de la répulsion, ce qu’elle devait déjà bien connaître.

  • — T’inquiète pas, ajouta-t-elle, affichant toujours son large sourire, mais dans lequel je remarquais pour la première fois plus de cynisme et d’ironie que de joie et de franche gaieté. Je suis lesbienne, c’est vrai, à cent pour cent et depuis longtemps, mais ça ne veut pas dire que je vais sauter sur la première fille qui passe. C’est vrai que quand je couche, c’est pour le plaisir plus que pour la survie de l’espèce, mais je pense que c’est le cas de la plupart des hétéros, et ça n’en fait pas pour autant des nymphos.

Comme je ne répondais rien et ne bougeais pas, elle continua :

  • — Et puis faut pas croire, c’est pas parce que des filles couchent ensemble que c’est qu’une histoire de cul. Y a pas que ça dans la vie, les sentiments ça existe, et c’est souvent plus important que le reste dans un couple, que ce soient deux mecs, deux filles ou un mix. Bien sûr, y a des filles qui se mettent ensemble que pour le cul et qui ressentent rien pour celle avec qui elles sont, à part physiquement. Mais perso, je pourrais pas supporter ça. Je choisis pas mes copines comme un steak pour midi, si tu vois ce que je veux dire. Et c’est valable pour toi. T’as pas l’air dans ton assiette, depuis que tu sais ce que je suis. C’est vrai, t’es une fille super canon, et c’est arrivé qu’on déconne bien ensemble, et c’est vrai que quand je t’ai rencontrée, je me suis dit que si il devait se passer quelque chose entre nous, c’est pas moi qui dirait non. Mais tu vois, j’ai un peu appris à te connaître, et t’es vraiment pas le genre de nana que j’apprécie, enfin, surtout, pas le genre avec lequel je voudrais me mettre en couple…
  • — Oh… parvins-je à bredouiller après avoir laissé Virginie débiter ce flot de paroles ininterrompues. Et… euh…

Virginie avait d’abord parue vexée, ou plutôt déçue, que je lui coupe la parole alors qu’elle n’avait probablement pas fini, mais devant mes difficultés, elle se ravisa et me lança un sourire encourageant. Je la regardais dans l’espoir d’y puiser la volonté de continuer. Maintenant qu’elle était debout, on avait l’impression qu’elle nageait dans son grand pull-over rouge, qui lui arrivait sous les genoux et dont les manches étaient trop longues pour ses bras menus qui ne devaient pas dépasser l’emplacement prévu pour les coudes. Ses jambes nues sortaient d’un côté, et sa tête de l’autre. Elle ressemblait à une petite fille fragile et perdue, ainsi. Mais en même temps, il émanait d’elle une confiance et une innocence qui me rassurèrent.

  • — Virginie… je… je suis désolée. Je me suis faite de fausses idées et… enfin… Désolée, j’ai tendance à me fier un peu trop à ce que je crois voir. Je pensais… enfin, désolée de m’être emportée, tout à l’heure. Et puis aussi de t’avoir fait pleurer la dernière fois. Et surtout de m’être montrée si… désagréable… tout ce temps… Je pensais… enfin, je pensais que tu…
  • — Que je me tapais ton mec dans ton dos ? C’est vrai que j’ai remarqué qu’il avait tendance à me mater un peu ouvertement, et que plusieurs fois, il m’a limite allumée. Mais j’ai un peu déclenché tout ça, en fait. La première fois que je vous ai vus, j’ai vraiment trouvé que t’étais une bombe, et j’ai jamais vraiment réussi à cacher tout à fait ce que je ressentais. Mais comme il était juste à côté, vous avez tous les deux mal compris mon regard. Je dois avouer que j’sais pas comment je fais, mais j’ai tendance à m’attirer la réputation d’allumer les mecs des autres filles. Dans le meilleur des cas.
  • — Et dans le pire ? ne pus-je m’empêcher de demander.
  • — D’allumer les copines des mecs. Ce qui, je précise, n’est jamais arrivé, ajouta-t-elle avec empressement devant la tête que je fis.
  • — Quoi qu’il en soit, je suis vraiment désolée. Je… je te demande pardon.
  • — Bah, c’est oublié. Et puis je dois te remercier, si je m’étais pas rendue compte que t’avais un caractère de chien, j’aurais peut-être pour la première fois de ma vie essayé de draguer une fille déjà casée.

Elle éclata soudain de rire, ce qui me surprit tout d’abord, puis me rassura. Je finis par rire avec elle, même si, en d’autres circonstances, j’aurais trouvé la plaisanterie de mauvais goût.

  • — Enfin, quoi qu’il en soit, ajouta-t-elle en reprenant soudain son sérieux, ça résout pas le problème de départ. Si t’es là, c’est parce que ton mec se fait des fantasmes sur moi.
  • — Oui, enfin, au point où on en est, je crois que c’est pas le pire, fis-je remarquer en lui présentant le string d’un air pitoyable.
  • — Mais c’est peut-être à cause de moi que c’est parti. Je veux pas avoir l’air prétentieuse mais ce sera pas la première fois. Un mec casé fantasme sur une nana qui n’est pas la sienne, et comme il arrive pas à l’avoir, il va voir ailleurs. Réfléchis, est-ce qu’avant de me rencontrer il avait l’air de s’intéresser aux autres filles ?

Je n’eus pas besoin de me poser la question longtemps.

  • — Jamais, c’était pas son genre. Il disait tout le temps qu’il attendait autant de fidélité de moi que je pouvais en attendre de lui, et il me l’a jamais ressorti depuis qu’on est ici. S’il m’avait trompée, à l’époque, je m’en serais rendue compte, ou alors j’étais soit aveugle, soit conne.
  • — Je pense que t’es aucun des deux. Mais s’il te trompe, à mon avis, c’est en attendant d’arriver à m’avoir. Il a d’abord essayé pour être sûr qu’il pouvait y arriver, et puis ensuite parce qu’il commençait à trouver ça cool. Peut-être qu’une nana qui sait qu’elle n’aura un mec qu’une nuit est prête à lui faire plus de choses que si elle pense pouvoir le garder encore, tu crois pas ? Enfin bref, je pense qu’il s’arrêtera pas tant qu’il aura pas eu ce qu’il voulait ou qu’il se soit rendu compte qu’il y arriverait jamais. À moins qu’il soit déjà devenu accro.
  • — Tu vas quand même pas me dire qu’il faut qu’il couche avec toi pour que tout s’arrange ?
  • — Ça va pas ??? c’est dégueulasse, c’est un mec !!!

Je la regardais d’un air surprise.

  • — Pardon, reprit-elle. J’ai des réactions bizarres, des fois. Tu comprendrais mieux si tu me connaissais vraiment bien, et ça m’étonnerait que tu veuilles.
  • — Mais si, enfin ! Je suis désolée pour ce que je t’ai dit avant, j’étais jalouse. Et pour rien, en plus !

Elle me regarda un instant, comme pour essayer de déchiffrer ce qui était écrit dans mes yeux, et si c’était un mensonge ou de la vérité, puis elle déclara lentement.

  • — Non, je ne pense pas que tu le veuilles. Maintenant, tu peux le dire et même le penser, mais quand tu en sauras plus, tu changeras d’avis, et ce sera trop tard.

Je fus surprise par la gravité de ses paroles. Était-ce la même fille qui, d’habitude, paraissait si insouciante et désinvolte ? Celle qui se tenait devant moi me parut bizarrement marquée et durcie par la vie, comme une pierre laissée aux vents et marées. Mais cette image disparu lorsqu’elle reprit la parole de son ton joyeux.

  • — Ce que je voulais dire, en fait, c’est qu’il faudrait faire comprendre à Fabien que je suis pas une fille pour lui, et pour ça, je crois qu’on devrait pas avoir trop de problèmes.
  • — Tu veux que je lui dise que tu es lesbienne ? m’étonnais-je.
  • — Non, ça suffirait pas. Il te croirait pas, pas assez en tout cas, et ça risquerait même de l’exciter davantage. Et je te parle même pas de ramener une copine pour que je l’embrasse devant lui, y a rien de mieux que ça pour qu’un mec s’imagine que les deux filles ont désespérément besoin de lui parce qu’elles pourraient rien faire sans « un vrai gars ».

Elle avait dit ces trois derniers mots en prenant une voix exagérément grave et qui aurait pu effrayer un bûcheron, ce qui me fit pouffer malgré moi.

  • — Finalement, mon humour te plaît plus que je croyais. Je me suis peut-être trompée sur toi, va falloir que je te remette vite fait avec ton mec, sinon je risque de te violer sur place. Je plaisante, enfin ! Pas la peine de faire cette tronche ! Bref, je pense que le mieux pour qu’il arrête de se faire des idées sur moi, c’est que je vous invite à bouffer. Et ce soir même, ce serait le mieux. Je fais des super spaghettis, tu sais ?
  • — Hein ?
  • — Bin oui, des spaghettis, les pattes jaunes, allongées, toutes fines, tu dois déjà en avoir mangés, non ?
  • — Non, je veux dire, pourquoi nous inviter à manger ? Ça va changer quoi ?
  • — Regarde encore cette pièce.

Je fis de nouveau le tour de la pièce du regard et souris, comprenant où elle voulait en venir.

  • — Que des filles qui savent se débrouiller sans mecs, confirma Virginie. Ils sont même tellement absents que le premier à entrer dans cette pièce se sentirait exclu direct. De quoi calmer les fantasmes de la plupart des pervers amateurs, je pense pas que son obsession y survivra.
  • — Virginie, t’es géniale ! m’exclamais-je en me jetant dans ses bras.

Avant même de comprendre ce que je faisais, je déposais un baiser sur sa joue. Nous nous figeâmes instantanément et sommes restées immobiles quelques secondes. Ou quelques siècles, je ne sais plus. Je ne sentais plus que sa respiration lente qui faisait remonter sa poitrine et la collait à la mienne, à travers les épaisseurs de tissus et de laine que nous portions, et la peau nue de son visage sous mes lèvres. Je rompis brusquement le contact, reculant de quelques pas.

  • — T’es sûre de vouloir le garder, ton mec ?

Je sentis une note d’espoir derrière sa tentative d’humour, si mal placée d’ailleurs qu’on ne pouvait se tromper sur le sérieux de la question. Elle était presque aussi rouge que son pull, et je pense que je ne devais pas être très différente à ce moment-là.

  • — Je crois que c’est mieux comme ça, répondis-je d’un ton mal assuré.

Le silence s’installa entre nous.

  • — À ce soir, alors, finit-elle par dire.
  • — À ce soir, répondis-je en lui tournant le dos, de plus en plus confuse.
  • — Attends, tu oublies quelque chose !

Je me retournais et la vis me tendre le string que j’avais dû lâcher à un moment donné.

  • — En tout cas, ton mec te trompe avec des filles qui ont des sales goûts. Le rose, c’est vraiment à gerber.

Dès que Fabien rentra à la maison, je lui fis part de l’invitation de Virginie. Il sembla aussi surpris par la nouvelle que par mon enthousiasme, mais dut se contenter de penser qu’on avait arrêté nos chamailleries de filles, et surtout que c’était l’occasion rêvée de se rapprocher de la petite voisine blonde à forte poitrine sur laquelle il fantasmait depuis pas mal de temps déjà. Peut-être même a-t-il envisagé l’éventualité d’un plan à trois. Durant lequel, évidement, il aurait été le centre des attentions des deux demoiselles à son service.

Vous l’aurez compris, il ne fut pas très dur à convaincre.
Nous avons tous deux attendu le soir avec impatience, chacun pour ses propres raisons, et nous sommes présentés chez Virginie avec un quart d’heure d’avance. Lorsque je frappais à sa porte, j’entendis un bruit de course qui laissait supposer sa propre impatience, puis elle s’empressa de déverrouiller la porte. Apparemment, elle ne tenait pas à ce que quelqu’un entre de la même manière que je l’avais moi-même fait dans l’après-midi. La porte s’ouvrit d’un coup et elle me sauta dans les bras pour me faire la bise. C’était rapide et baveux, et j’avoue avoir été surprise, si ce n’est effrayée, par cette vivacité. Fabien lui-même avait reculé d’un pas devant cette furie. Il n’échappa pas non plus aux effusions de Virginie, bien qu’elle se soit peut-être montrée un peu moins chaleureuse.

Virginie nous attrapa ensuite chacun par un bras et nous tira dans son appartement en riant. Je me tournai vers Fabien pour voir quelle expression il allait faire. Je ne fus pas déçue. Il fut d’abord surpris par ce qu’il vit, puis il sourit, pensant y voire une invitation, puis le doute s’insinua dans son esprit jusqu’à devenir lisible sur son visage, alors qu’il regardait plus attentivement les photos et enfin il parvint à ses conclusions. Il s’assombrit brusquement. Je jubilais, en mon for intérieur, de voir ses fantasmes anéantis, sans me douter de ce qu’allaient entraîner ses découvertes.

  • — Eh bin on va fêter ça ! s’écria Virginie.

La soirée se passa plutôt bien. Les spaghettis de Virginie étaient effectivement excellents, et elle n’arrêtait pas de plaisanter et de faire l’andouille, ce qui déclenchait toujours des éclats de rire de ma part, et des grommellements venants de Fabien. Celui-ci, malgré les efforts de Virginie, ne se déridait pas et semblait la traiter comme une pestiférée. Il trifouillait dans les pattes avec suspicion et ne levait pas le nez de son assiette. Son attitude semblait troubler la blondinette. Je la mettais pour ma part sur le compte de la jalousie et me disais que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Lorsque nous repartîmes, Fabien semblait énervé par quelque chose, et Virginie inquiète au plus haut point. Moi, de mon côté, je me méprenais sur les raisons de leur attitude à tous deux et étais folle de joie que notre plan ait marché. Mon petit copain semblait guéri de son obsession pour la voisine.

Une fois dans notre appartement, je me jetai sur le lit et soupirai. Fabien, lui, était toujours dans la cuisine, faisant face à la porte. Il demanda soudain d’un ton abrupt :

  • — Ça fait combien de temps ?
  • — Combien de temps que quoi ? répondis-je en m’étirant.
  • — Combien de temps que tu te tapes la voisine.

Il y avait dans sa voix une froideur que je n’avais jamais connue. Je me relevais d’un coup et le regardait, l’air éberluée.

  • — Qu’est-ce que tu racontes ?
  • — Arrête de te foutre de moi. Tu crois que j’ai rien vu ? Il aurait fallu être aveugle. Toutes ces photos sur les murs, ça laisse pas beaucoup de doutes sur ce par quoi cette fille aime se faire passer sur le ventre. Et toi, tu as pas eu l’air étonnée. C’était pas la première fois que tu allais chez elle, hein ?
  • — C’est vrai, mais ça veut rien dire !
  • — Peut-être. Mais la façon qu’elle a eu de t’embrasser, quand on est arrivés, les regards que vous vous êtes faits toute la soirée, les sourires, ça, ça veut tout dire.
  • — Putain mais t’es malade ! tu crois quand même pas que…
  • — Oh si, je crois que ! J’en suis même sûr !!!

Il avait crié si fort que les portes tremblèrent. Je reculais, effrayée.

  • — C… calme-toi, Fabien, parvins-je à bégayer.
  • — Me calmer ? alors que ma meuf baise dans mon dos avec une salope de gouinasse ??? hurla-t-il derechef.

Je n’avais encore jamais vu Fabien aussi énervé. La terreur me clouait sur place.

  • — Mais…

Il poursuivit, toujours hurlant :

  • — Et vous me prenez pour un con, en plus ! Vous vous êtes quasiment sautées dessus sous mon nez, et vous croyiez que j’avais rien remarqué ?
  • — Mais enfin, Fabien…
  • — Ne me parle plus ! je veux plus t’entendre !

Il se jeta soudain sur moi, me dominant de toute sa taille, et leva le bras pour frapper. Je tentai vainement de me protéger de mes mains et baissai la tête, attendant que le coup vienne. Mais rien ne se passa. Je relevai les yeux, surprise. Fabien, me tournait le dos, il semblait s’être calmé. J’essayai de m’approcher de lui, mais avant que j’aie pu dire un mot, il lâcha froidement :

  • — Prends tes affaires et vas-t’en.
  • — Quoi ?
  • — Barre-toi, connasse ! Va retrouver ta gouine et fous-moi la paix !

Fabien ouvrit mon armoire, jeta un sac sur le lit et commença à sortir mes affaires violemment. Je n’osais faire le moindre geste. Il ferma finalement le sac, me le jeta dans les bras, m’attrapa sous l’épaule et me balança dans le couloir, puis ferma violemment la porte dans mon dos.

Je fondis en larmes. Je venais de me faire virer de mon appart par mon petit copain à cause d’un stupide malentendu, et je n’avais sûrement aucune chance de le récupérer. Mais surtout, ses paroles m’avaient blessée. Il m’avait insultée, méprisée, et rabaissée plus bas que terre. Et maintenant, j’étais perdue, je ne savais plus quoi faire. J’étais recroquevillée dans l’allée, misérable, serrant le sac contre moi comme si ma vie en dépendait. Tout ce que je possédais se trouvait là-dedans, je n’avais nulle part où aller, personne auprès de qui me réfugier…
Je sentis soudain une présence chaude contre moi. Deux petits bras menus m’entourèrent les épaules et une joue chaude se colla à mon visage couvert de larmes. Je levais les yeux et croisait un regard vert émeraude dans un visage désolé et compatissant. Sans vraiment réfléchir, je la repoussais. C’était sa faute, si j’en étais arrivée là. Si je ne l’avais pas rencontrée, si je n’avais pas suivi ses conseils… En réalité, j’étais trop désespérée pour m’en sortir sans une personne à haïr, et encore trop sous le choc pour en vouloir à Fabien. L’esprit humain est décidément bien complexe. Mais Virginie ne se laissa pas intimider et me reprit à nouveau dans ses bras, chuchotant des paroles réconfortantes à mon oreille et caressant doucement mes épaules. Je n’ai jamais compris pourquoi, quand une fille pleure, une autre vient toujours lui caresser l’épaule, et le pire c’est que ça marche. Je me sentis subitement à nouveau en confiance avec elle et me jetai dans ses bras pour pleurer au creux de son cou. Je dus la broyer entre mes bras, mais elle ne sembla pas gênée outre mesure et continua de me chuchoter des mots rassurants à l’oreille. À vrai dire, j’étais trop bouleversée pour entendre ce qu’elle disait et elle aurait pu aussi bien parler de la culture des petits pois, la seule chose qui comptait était le ton sur lequel elle le disait.
Sans trop savoir comment, je me retrouvai seule assise sur sa banquette, mon sac à mes pieds, à me demander où était passée Virginie. Elle revint au bout de quelques instants avec une tasse fumante qu’elle me fourra dans les mains. Je notais au passage qu’elle portait de nouveau son pull-over rouge et qu’elle était jambes nues, et malgré mon état, je ne pus m’empêcher d’être attendrie par cette image d’une jeune fille vêtue juste d’un pull, portant une tasse fumante entre ses deux mains protégées par la laine rouge des manches trop longues. C’est-ce genre d’images simples de Virginie que je ne pouvais m’empêcher de remarquer et de conserver dans ma mémoire.

Je portai mécaniquement la tasse à mes lèvres et sentis un liquide chaud et doux descendre dans ma gorge et réchauffer aussi bien mon corps que mon esprit embrumé. Je me rendis compte, alors, que Virginie était assise à côté de moi et s’efforçait d’essuyer mes larmes à mesure qu’elles apparaissaient.

  • — Je suis désolée, j’aurais dû prévoir, murmurait-elle à mon oreille. Il a pas réagi comme on pensait, je suis désolée. Je m’en suis rendue compte quand il est rentré, mais c’était trop tard.
  • — Ne t’excuse pas, parvins-je à articuler. Tu pouvais pas savoir.
  • — Allez, pleure pas va, chuchota-t-elle d’un ton apaisant en me prenant la tête pour caresser mes cheveux. Si un mec est capable de faire pleurer une fille, il peut pas en valoir la peine. Il t’a trompée, il t’a insultée, il t’a chassée. C’est qu’un connard, oublie-le.
  • — Mais c’est pas si simple, protestais-je faiblement.
  • — Bien sûr que c’est simple. Cite-moi une chose chez lui que tu vas regretter.

Je réfléchis un moment. Devant mon silence, Virginie continua :

  • — Tu vois, tu devrais pas sortir avec un mec qui peut rien t’apporter. Tu mérites mieux que ça. S’il te laisse aucun souvenir qui puisse justifier le fait que vous ayez été ensemble, ça aura servi à rien.

Je repensais soudain à toutes les fois où Fabien avait semblé peu impliqué dans notre relation, ses lâchetés, ses mesquineries, son désintérêt total de tout ce qui pouvait me concerner, toutes ces choses que je lui pardonnais sans y penser quand je croyais que nous nous aimions. Non, décidément, il n’avait jamais été un bon compagnon. Cette pensée fit ralentir le flot de larmes qui coulait sur mon visage. Puis le nom de quelqu’un d’autre résonna dans mon esprit. Quelqu’un qui avait toujours su faire preuve de gentillesse, d’humour, qui s’était toujours montré serviable quand on en avait besoin et qui était d’un grand secours dans les moments critiques.

  • — Je suis désolée, Virginie, soufflai-je.
  • — De quoi ?
  • — De m’être montrée aussi odieuse à plusieurs reprises, de m’être faite une fausse idée de toi, et puis maintenant je m’impose chez toi, alors que tu dois avoir autre chose à faire.
  • — Tu n’as pas à t’excuser, tu sais. Tout ce que j’aurais pu te reprocher je te l’ai déjà pardonné. Et pour ta présence chez moi, c’est moi qui t’ai demandé de venir, et j’aurais été bien plus vexée que tu refuses.
  • — Virginie, tu es merveilleuse.
  • — Je sais, répondit-elle en tentant de sourire sans grande conviction. Je suis la bonne fée qui répare les cœurs brisés.
  • — Je suis sérieuse, tu es vraiment merveilleuse.

Elle se fige soudain et me regarde d’un air surpris.

  • — Tu es toujours gentille avec tout le monde et tu es quelqu’un sur qui on peut compter. Et puis aussi…

Je me rapproche légèrement d’elle.

  • — Euh… oui ?
  • — Tu es si belle…

Nos visages se frôlent.

  • — Euh… Mel… ?

Je ne lui ai pas laissé le temps de continuer. Nos lèvres se sont rencontrées un court instant, puis séparées. Nos regards se sont rencontrés pendant une seconde qui sembla une éternité. Chacune eut le temps de lire dans les yeux de l’autre du désir, de la surprise, de l’inquiétude, des questions et des réponses. Une proposition dans mon regard. Un accord dans le sien. Puis nous avons décidé de laisser nos esprits fatigués se reposer et nos corps impatients continuer.

Nos lèvres se sont retrouvées, nos langues ont suivi. Toute la passion qui nous animait explosa dans ce baiser, et je sentis ma bouche s’enflammer dans un ballet désordonné mais ô combien savouré. Nos mains ont commencé à s’activer, caressant et pressant nos visages rougis d’excitation. Puis elles descendirent dans nos cous, sur nos épaules, et commencèrent à danser sur nos corps, par-dessus nos vêtements, escaladant les collines formées par nos poitrines, descendant dans les vallées de nos ventres puis remontant sur les monts de nos hanches. Je me mis à quatre pattes sur la banquette et entrepris d’embrasser Virginie dans le cou, ce qui sembla provoquer chez elle un plaisir intense. Elle s’assit face à moi, rompant momentanément le contact, et retira rapidement sa culotte qu’elle envoya voler à travers la pièce. Entre ses cuisses m’apparut le fruit défendu, recouvert d’une fine toison blonde et bouclée. Je me jetai comme une chienne en chaleur sur ce sexe offert et entrepris de dévorer avidement ma compagne.

La sensation de cette chair sous ma langue me surprit d’abord, et je m’amusais à penser que j’avais définitivement passé un point de non-retour. Et c’était exquis. Je me mis à laper frénétiquement, tendant ma langue au maximum comme pour atteindre les recoins les plus reculés de cette grotte d’amour, alternant parfois mes explorations par des baisers rapides déposés sur ces lèvres jusqu’alors inconnues, remontant parfois vers sa toison d’or où une sensation râpeuse sous ma langue changeait de la douceur de sa chair de fille. Dans ma bouche se répandait le goût exquis de l’interdit transgressé. Malgré mon inexpérience, mon amante se tortillait et haletait de plaisir, m’encourageant à aller encore plus loin. J’enroulais mes bras autour de ses cuisses et soulevait son bassin tout en continuant mes pérégrinations. Je sentis ses pieds se poser sur mon dos, exerçant une forte pression qui reflétait le plaisir qu’elle semblait éprouver. Je tombai soudain sur son clitoris tendu par l’excitation et luisant de son jus intime et déposai mes lèvres dessus pour me mettre à le téter. Je l’aspirai dans ma bouche et dardai ma langue pour le titiller. La pression des pieds de Virginie sur mes côtes augmenta, ce qui me poussa à intensifier mes coups de langues. La cyprine se mélangeait à ma salive, dans ma bouche, et je pris la résolution de boire ma compagne jusqu’à la dernière goutte.

Je sentis soudain son corps se raidir et elle poussa un long gémissement plaintif. Elle se retira brusquement de ma bouche et recula pour prendre son souffle. Je la regardai un moment, attendrie. Elle déclara soudain, la respiration hachée :

  • — Espèce de cochonne… T’as même pas… enlevé tes godasses… avant de monter… sur ma banquette.

Je baissai le regard et m’aperçut qu’elle disait vrai. En fait, j’étais toujours habillée alors qu’elle-même ne portait que son fameux pull rouge, avec probablement rien en dessous maintenant qu’elle avait enlevé sa culotte. Je retirais donc rapidement mes chaussures, mes chaussettes, et je venais de retirer mon jean, lorsque quelque chose passa devant mes yeux et me cacha la vue. J’entendis des éclats de rire joyeux près de mon oreille.

Ma tête émergea rapidement et je me rendis soudain compte non seulement que je portais à présent le pull de Virginie, mais qu’en plus je n’étais pas seule dedans. Le vêtement était assez grand pour nous contenir toutes deux entières et nos deux têtes passaient par le col. Le propriétaire d’origine de ce pull devait être un géant.

Mes pensées furent coupées lorsqu’un petit corps chaud et nu vint se frotter au mien. Je sentis sa poitrine se frotter contre mon dos à travers le tissu de mon tee-shirt et son souffle sur mon cou avant qu’elle ne pose ses lèvres à l’arrière de ma mâchoire. Virginie partit d’un autre éclat de rire qui me contamina. Je tentais de me tourner vers elle, mais elle croisa ses jambes autour de ma taille et se colla davantage à moi, ce qui m’empêcha de bouger.

  • — Ne sois pas pressée, ma jolie, susurra-t-elle à mon oreille. Maintenant, c’est moi qui mène la danse.

Je sentis qu’elle se contorsionnait dans mon dos et compris qu’elle avait retiré ses bras des manches lorsqu’une main passa le col pour venir me caresser la joue et retirer des mèches de cheveux collées à mon front par la sueur et à mes joues par les larmes. Puis elle redescendit dans le pull et je sentis soudain ses deux mains sur mes hanches.

  • — Mm… fit Virginie sur un ton appréciateur. Intéressant.

Je voulus lui demander de quoi elle parlait, mais déjà ses mains avaient quitté mes hanches et saisi l’élastique de mon string par les deux côtés.

  • — Très intéressant, répéta-t-elle.
  • — Quoi donc ?
  • — Jeune fille, vous avez un grave problème, dit-elle d’un ton très sérieux.
  • — Et quel est-il, docteur ? m’enquis-je.
  • — Vous êtes tout à fait le genre de demoiselle que je voudrais baiser sauvagement dans l’instant.

Tout en parlant, elle passa doucement une main sous mon string.

  • — Mon dieu, c’est horrible ! Et que préconisez-vous ?
  • — Je vais devoir vous violer, répondit-elle en enfonçant subitement deux doigts en moi.

Je poussai un cri de plaisir et de surprise mêlés. Virginie calla son autre main sur ma hanche pour me redresser et commença un vif mouvement de va-et-vient. Un feu s’alluma brusquement dans mon sexe et se répandit dans mes cuisses, mon ventre, ma poitrine… Mon cœur battait la chamade, je tressautais par à-coups, au rythme de ses doigts qui dansaient en moi. Le feu atteint ma gorge, puis mon cou. Je gémissais et haletais de plaisir, me tortillais en tous sens… Le feu remonta mon visage et atteint mon cerveau…

Et ce fut l’explosion. L’orgasme me parcourut comme un choc électrique et je me sentis comme propulsée hors de mon corps une fraction de seconde. J’étais parcourue de spasmes et semblais chercher de l’air, comme si j’allais étouffer. Et le cri suivit. Il monta de mes entrailles et s’éleva vers le ciel, tentant de rattraper mon plaisir. Mon corps est resté ainsi immobile dans les bras de ma blondinette alors que mon esprit explosait quelque part dans les étoiles.

Oh, la belle bleue !
J’émergeais doucement des brumes dans lesquelles l’orgasme m’avait plongée. Nous étions couchées sur le côté, Virginie me caressait les cheveux, et je me sentais incroyablement bien.

  • — Joli cri, commenta ma belle amante. Ton Fabien doit vraiment regretter sa connerie, maintenant.
  • — Ce n’est pas « mon Fabien », murmurai-je.
  • — Bien sûr, mon cœur, répondit-elle en m’enserrant la taille et en posant la tête sur mon épaule. Il vaut mieux l’oublier.
  • — C’est déjà fait. Maintenant je t’appartiens.
  • — Ah oui ?
  • — Si tu es d’accord, bien sûr.
  • — Intéressant, commenta-t-elle. Très intéressant, ajouta-t-elle alors que ses mains remontaient sur ma poitrine.
  • — Arrête, s’il te plait, je suis fatiguée.
  • — Dommage pour toi, moi je suis encore en pleine forme et j’ai pas l’intention de m’arrêter là !
  • — C’est de la torture !
  • — Je t’ai dit que tu avais un grave problème. Et puis tu croyais quand même pas que dès le premier soir, j’allais laisser une débutante jouer les pros ? Tu m’as procuré un orgasme, d’accord, mais c’est à moi de te montrer comment on se donne du plaisir entre filles.
  • — Tu viens juste de le faire.
  • — Pas de discussion, c’est mon devoir de t’éduquer, jeune demoiselle.

Avant que je proteste, elle me retourna face à elle et me regarda dans les yeux.

  • — Dis-moi maintenant qu’à cet instant précis, tu ne me désires pas. Dis-moi que tu refuses d’aller plus loin et je te laisserai dormir.

Son visage était sérieux, mais son regard brillait d’excitation. Je plongeai dans ce regard et m’y perdis. J’ai nagé une éternité dans l’océan vert émeraude de ses yeux avant de retrouver mon corps à temps pour m’entendre dire « prends-moi ». Mon propre corps se soumettait aux désirs de cette fille sans même me demander mon avis.

Je vis un sourire illuminer son beau visage. Puis il redevint sérieux à mesure qu’il s’approchait du mien. Ses lèvres capturèrent mes lèvres. Sa langue caressa ma langue. Son esprit emporta le mien. Et avant que j’aie pu répondre, avant que j’aie pu tenter quoi que ce soit, elle n’était plus là. Je paniquai un instant, puis je sentis ses lèvres se déposer sur mon menton, puis sur ma gorge. Elle émit un bruit qui ressemblait à un ronronnement et se recroquevilla contre moi en passant ses bras autour de ma taille. Elle me tira en arrière pour que je me retrouve à genou sur la banquette, ses cuisses de part et d’autre des miennes. J’étais prisonnière. Et ça me plaisait.

  • — Un dernier petit détail, murmura-t-elle.

Elle sortit un bras par le col du pull-over, se pencha sur le côté et appuya sur l’interrupteur de la lampe qui éclairait la pièce. Nous nous retrouvâmes soudain dans le noir. Aveugles.

Elle saisit mon tee-shirt par le bas et me le retira avant de le jeter par le col, puis elle fit de même avec mon soutien-gorge. Un bruit de verre brisé retentit dans l’obscurité. Un éclat de rire m’échappa, mais elle le dévora impitoyablement en posant ses lèvres sur ma bouche, ce qui ramena le silence et le sérieux. Elle vint alors se coller à moi pour de bon, à présent que même ce bout de tissu n’était plus là pour nous séparer. Elle était entièrement nue. Je ne portais plus que mon string. Et nous étions réunies dans un pull-over rouge. Je me demandais soudain à qui avait pu appartenir ce vêtement. Virginie ne pouvait pas être sa propriétaire d’origine : Nous étions deux à l’intérieur et il y avait encore de la place pour un camp scout. Je fus sortie de mes réflexions par les sensations que me procurait ce corps collé au mien. La douceur de sa peau. Sa saveur. Son odeur. Ses fesses posées sur mes cuisses. Sa toison qui frottait contre mon ventre. Ses seins qui s’écrasaient contre mes seins. Ses mains qui cherchaient mes mains. Ses doigts qui dansaient avec mes doigts. Sa sueur qui se mélangeait à ma sueur. Mon corps était son corps. Mon âme était son âme. Elle était moi. J’étais elle. Nous étions une. Nous étions libres.

Je sentis ses lèvres se déposer à l’arrière de ma mâchoire. Puis ses dents mordiller le lobe de mon oreille. Et enfin sa bouche revenir à la mienne. Je sentis que par son baiser, elle aspirait toute ma vitalité, toute ma passion, tout mon désir. Vampire. Pourtant, rien ne me manquait. Je me sentais même plus complète. Comme si un échange avait été effectué et que chaque chose se retrouvait où elle aurait dû être. Ses mains quittèrent les miennes et vinrent se poser sur ma poitrine.

  • — Je vais te faire découvrir un plaisir que tu n’aurais jamais soupçonné, susurra-t-elle à mon oreille.

Elle souleva mes seins et je fus parcourue par quelque chose à mi-chemin entre frisson et décharge électrique lorsque nos tétons entrèrent en contact. Ils étaient durs comme de la pierre et pourtant doux comme des pétales de roses. Elle se rapprocha de moi, écrasant ma poitrine sous la sienne, et croisa ses mains sur mes omoplates. Comme elle me l’avait promis, le plaisir que me procurait le simple contact de nos seins était au-delà de tout ce que j’avais pu connaître jusqu’alors. Aucune des expériences que j’avais pu partager avec un homme n’aurait pu égaler ça, ni même m’y préparer. Alors que je n’avais connu que des pénétrations malhabiles et parfois brutales qu’on m’avait présentées comme le summum du plaisir, cette caresse douce et experte était pour moi une découverte incroyable. Je m’agrippai à Virginie comme si j’étais en train de tomber et me plaquai à elle en haletant. La pression sur nos poitrines augmenta et j’eus l’impression de sentir une boule de plaisir qui enflait en nous deux, à partir de ce contact. Virginie se redressa soudain légèrement, comme pour réajuster sa position, et nos tétons entrèrent à nouveau en contact. Je compris alors que je n’avais eu encore qu’un avant-goût de ce que ma compagne avait décidé de me donner. Prenez deux silex. Si vous les frottez ensemble, vous obtenez des étincelles. Vous n’aurez qu’une vague idée du brasier que quatre petits bouts de chair de rien du tout frottés l’un contre l’autre entre deux poitrines peuvent déclencher.

Le plaisir était trop intense, je crois bien avoir littéralement perdu l’esprit pendant les quelques secondes qui me séparèrent d’un orgasme obtenu d’une manière que je n’aurais jamais crue possible. J’ai été ramenée à la réalité par un cri déchirant. J’ai mis quelques instants avant de réaliser que c’était moi qui l’avais poussé.
Plus tard, Virginie m’a confié que c’avait été le dernier d’une série qui avait duré une bonne dizaine de secondes, et pas le plus bruyant. Elle a d’ailleurs ajouté qu’elle craignait qu’on ait réveillé les voisins, mais aucun ne m’a jamais fait le moindre commentaire sur le sujet. Du moins pas ouvertement.

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle expérience m’avait éreintée, et je me suis endormie comme une masse entre les bras de Virginie.

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Histoire Coquines - Ayaan, un autre monde

Ecrit par petitlapinou publié le 11/12/2007 à 13:04

Mi-janvier.
Demain, Pierre s’envole pour la Chine pour deux semaines dans le cadre de son nouveau poste à la « Purchase Division » du groupe où il travaille. La perspective de me retrouver seule, de devoir rester chaste me met le moral dans les chaussettes. Ah si je pouvais, à l’égale de mon amie Maud, m’offrir sans états d’âme aux beaux garçons qui me draguent ou l’accompagner dans ses soirées libertines, mon appétit sexuel serait rassasié. Mais on ne se refait pas. Je suis trop idéaliste, trop sentimentale pour mener ce genre de vie.
Alors… je suis bonne pour une hibernation sexuelle pendant 15 jours, avec un clito qui va dépérir, se rabougrir, un vagin qui va se remplir de toiles d’araignées. Oui, je sais, je peux passer mes soirées à me masturber comme il y a quelques mois, mais cela ne me branche plus du tout. Il y a aussi dans un coin de ma tête les propositions saphiques de Maud, mais je ne me vois pas faire des trucs avec ma meilleure amie. Par contre, avec Ayaan !
Ouhhh là, là ! Rien que de penser à la façon incroyable avec laquelle elle m’a fait grimper au plafond de la salle de massage, j’en suis toute chose. Une leçon de sensualité, une leçon de caresses qui m’a fait péter les plombs. Ayaan hante mes nuits, me fait fantasmer. Je me réveille avec la chatte en émoi pour le plus grand bénéfice de Pierre. Comment puis-je être profondément amoureuse de mon mari, n’avoir jamais eu le moindre penchant saphique et en même temps être obsédée par cette fille ? C’est incompréhensible. D’autant plus qu’elle n’est pas aussi jolie que Maud, petite blonde canon, craquante et extravertie. Elle est plus distante, grande, aussi grande que moi, d’une minceur extrême, presque du genre anorexique, mais elle a… Que dire ? Une allure folle, un charme exceptionnel, une prestance digne de la reine de Saba.
Si je reprends contact avec elle, vu ce qui s’est passé au hammam, c’est que j’accepte de passer à la casserole. C’est clair. Pierre s’en va demain, j’hésite. Je suis perdue. Pas question de dynamiter mon couple juste pour calmer ma libido en son absence. Je vais essayer de lui en parler. Sentir le vent… Le soir, sous la couette, en prélude à notre dernier gros câlin avant son départ, j’attaque mon cher époux sur l’oreiller avec une argumentation soigneusement préparée.

  • — Tu sais, Chéri, quand tu étais à New York, Maud m’a rendu visite et nous avons parlé sexe tout l’après-midi.
  • — C’est ça vos petits rendez-vous devant une tasse de thé, s’exclame-t-il, rigolard tout en me caressant tendrement un sein.
  • — Entre femmes, on se dit tout. Elle m’a avoué qu’elle était bisexuelle.
  • — Maud ?
  • — Oui, elle rêve de faire l’amour avec moi.

Pierre reste la bouche ouverte comme s’il voulait gober une mouche, puis réplique :

  • — Maud ? Je savais que ta copine était une croqueuse de mecs, mais je ne me doutais pas que les femmes y passaient aussi… Entre nous, elle a raison, cela double mathématiquement ses possibilités de rencontre, ajoute-t-il en souriant.

Je ne peux m’empêcher de rire.

  • — Je parle sérieusement, mon loulou, elle rêve de me brouter le gazon.
  • — Cela ne m’étonne pas que tu lui plaises, mais elle tombe sur un os, tu n’as jamais été attirée par les femmes.
  • — Non, mais cela me trouble.

Pierre me lance un regard interrogateur. Je baisse les yeux pour avouer :

  • — L’idée de faire l’amour avec une femme ne me hérisse plus du tout. Cela me tenterait même.
  • — Cela te tente ? s’exclame-t-il surpris.
  • — Oui, c’est vrai, explorer un corps de femme, essayer de la faire jouir, ce doit être une sacrée expérience,… mais ne crains rien, c’est juste un fantasme, je ne le ferai pas. D’ailleurs tu me ne l’autoriserais pas.

Punaise… Vous réalisez comme je suis manipulatrice ? Je suis loin de m’attendre à la réponse de mon mari :

  • — Karine, pourquoi dirais-je non si tu en en rêves ?

Je me retrouve complètement décontenancée, déstabilisée. Ai-je bien entendu ?

  • — Tu… Tu me permets ? Réellement ? bégayais-je sous la surprise. Je ne te comprends pas, tu ne tolères pas que je danse un peu serrée avec tes amis et tu me permets de faire n’importe quoi avec elle ?
  • — Oui, parce que je t’aime. Je ne veux pas te mettre sous cloche. Je veux une épouse sexuellement épanouie. Tu es libre de faire tout ce que tu veux si cela ne met pas notre couple en danger.

Je commence à piger.

  • — Je crois savoir comment tu raisonnes.
  • — Explique.
  • — Comme tous les hommes qui épousent des femmes chaudes, tu as peur de te retrouver cocu un jour en rentrant de voyage. Tu te dis que cette fille c’est un moindre mal.
  • — Pas du tout. Karine. Je vais te faire une comparaison. Je suis comme un homme qui possède un tableau de grande valeur. Je peux soit le mettre au coffre à la banque, soit l’exposer à la vue de tous pour le faire admirer par le plus grand nombre au risque de me le faire voler. Quelle solution choisit le vrai amateur d’art ?
  • — De l’exposer, bien sûr.
  • — Pour toi, c’est pareil. Je ne suis pas un taliban qui va te cacher sous une gourka, je veux que tout le monde s’aperçoive que j’ai une épouse heureuse, rayonnante, de plus en plus belle, sûre de son charme, débordante de sensualité.

Punaise, si je ne me trompe, ça c’est une méga déclaration d’amour.

  • — Mais, chéri…
  • — Attention, Karine, cela ne m’empêche pas d’être jaloux. L’idée qu’un autre homme puisse te faire mouiller ta petite culotte me rend malade. Alors, c’est vrai, je n’aime pas que tu danses serrée contre mes copains de bringue, ils rêvent tous de te collectionner et toi tu adores plaire, alors… danger à éviter. Le propriétaire du tableau, il n’est pas idiot, il prend aussi des précautions.
  • — Chéri, c’est vrai que j’adore plaire aux hommes, mais tu sais que cela s’arrête là.
  • — Justement, Karine, j’ai confiance en toi, je sais que tu n’es pas le genre de fille qui va me cocufier dès que j’aurai le dos tourné. Mon seul risque, c’est que tu tombes amoureuse de quelqu’un d’autre. Avec ta copine, je n’ai pas ce risque, tu as quartier libre.
  • — Attends, attends… Si je suis ton raisonnement, je peux coucher avec n’importe qui s’il n’y a pas de risque que je tombe amoureuse ?
  • — Non, tu ne comprends pas. Ce que je veux dire c’est que tu me quitteras jamais pour aller vivre avec une femme.
  • — Effectivement, de ce côté-là tu n’as rien à craindre, répliquais-je avec un petit rire forcé.
  • — Ce qui me conforte aussi dans ma décision, c’est que tu me demandes la permission.
  • — Comment ça ? Explique.
  • — Je sais comment tu fonctionnes. Si un jour tu tombes amoureuse de quelqu’un d’autre, tu ne me demanderas pas la permission de coucher avec lui, tu le feras et ensuite tu me diras :
  • — Pierre c’est fini, je m’en vais. Exact ?
  • — Tu n’as pas tort. Je ne suis pas le genre de fille à aimer deux hommes en même temps.
  • — Donc l’expérience que tu désires faire est juste un fantasme. Pourquoi la refuser ? Tu as bien raison, Maud est superbe et si tu n’étais pas ma femme, il y a longtemps qu’elle m’aurait fait craquer.

Sidérant ! J’en suis toute retournée… Autant avouer toute la vérité. Confession totale (un peu tardive, je l’avoue). Allons-y.

  • — Chéri, il ne s’agit pas de Maud, mais d’une fille (toute petite voix, en me blottissant sur son épaule)… qui m’a déjà fait jouir le mois dernier en me massant dans un hammam.
  • — Pourquoi tu ne m’as pas raconté ça ? me demande-t-il, visiblement amusé.
  • — Je n’étais pas fière de moi.
  • — Que ce soit Maud ou une autre, quelle importance ? Dis-moi juste qui est cette fille.
  • — Elle s’appelle Ayaan. Elle est originaire d’Érythrée. C’est une amie de Maud, 100% lesbienne.
  • — Jolie ?
  • — Un charme fou.
  • — Va la voir. Va t’amuser avec elle. Je sais que je te retrouverai encore plus amoureuse de moi.

M’amuser, quel drôle de terme pour des câlins saphiques. C’est bien un homme qui parle. Toute émue, je lui file un gros baiser amoureux.

  • — Chéri, tu es génial de me permettre ça, mais je ne veux pas que tu le fasses à contrecœur.
  • — Va la voir, tu en as tellement envie. Tu ne vas pas me tromper puisque je suis d’accord. D’ailleurs, être trompé, cela veut dire quoi ? Ce n’est pas une question de trou du cul. Pour moi, je serai trompé le jour où tu aimeras un autre homme sans me le dire, même si tu n’as pas encore couché avec.

Il a raison, entièrement raison.

  • — Sincèrement, je peux coucher avec elle ? Sans regret ?
  • — Oui. Karine, sincèrement. Cela me fera plaisir au bout du monde de penser que tu t’éclates avec elle au lieu de te caresser toute seule en attendant mon retour, ajoute-t-il en souriant. C’est plus sain. Il y a une seule condition.
  • — Laquelle ?
  • — Que tu me racontes tout, toujours tout.
  • — D’accord, je t’enverrai un mail et on tchatera pour te dire comment cela s’est passé, mais attention, chéri. Moi, je ne t’autoriserai jamais quoique ce soit. Je suis super jalouse, une vraie tigresse, dis-je en riant.

Je plane, en totale admiration devant mon mari. Il est très intelligent. Il me laisse libre, il a raison. En me faisant confiance, il me responsabilise.
Vibrante de désir, je glisse sous la couette pour le prendre dans ma bouche. En quelques secondes, il prend sa taille maxi. Je le chevauche, je positionne son gros gland à l’entrée de mon minou brûlant. Je me laisse lentement descendre savourant le plaisir de sentir mon vagin se déplier et s’inonder pour accueillir le sexe de l’homme que j’aime. Punaise… il n’y a rien de mieux. Quel intérêt de vouloir essayer avec une femme ?
Je commence une lente chevauchée, Pierre en profite pour martyriser mes petits seins à pleine main comme pour en éprouver sadiquement leur élasticité, leur sensibilité. Ayant une envie folle de l’embrasser, je me penche en avant comme sur un cheval au galop. Du coup, délaissant ma superbe (restons réaliste) petite poitrine, il me tient par les hanches pour accompagner du pubis le rythme du tagada tagada tsoin tsoin imprimé par ma chatte endiablée. Jamais à court d’idées lubriques, il tente une variation. Un petit doigt coquin se met à jouer avec mon petit trou sans défense vu la position.

  • — Eh ! Que fais-tu ?
  • — Rien du tout. Pourquoi ? Tu sens quelque chose ?
  • — Ce n’est pas que je n’aime pas ce petit massage lubrique, c’est que m’enfoncer un petit doigt de ce côté te fait péter les plombs d’habitude. J’ai droit à une explosion trop rapide de ta grosse saucisse du côté principal.
  • — Tu as raison, ça m’excite trop. Comme je ne vais pas te revoir avant 15 jours, je n’ai aucune envie de jouir trop vite. Changeons.

Pierre me fait prendre diverses positions ludiques et acrobatiques rarement utilisées. Une sorte de gym sexuelle sollicitant des muscles divers pour arriver à tenir la position, puis bouger et la pénétration prend une autre saveur. Je me laisse faire heureuse de me soumettre à ses caprices, heureuse de faire renaître son désir plusieurs fois. Pourtant, à chaque fois qu’il me fait crier de plaisir, je me demande si Ayaan crie autant que moi et quand, épuisé, il tombe de sommeil, je continue de me caresser une dernière fois en pensant à elle, imaginant que ce sont ses doigts magiques et non les miens qui s’activent entre mes cuisses.
Au petit matin, je conduis mon mari à Roissy.
Pendant une semaine au lieu de décrocher mon téléphone pour appeler Ayaan, je reste indécise. Il y a un truc qui me chagrine et auquel je n’avais pas pensé. Me faire faire des choses, d’accord, mais pour lui rendre la pareille, j’angoisse. D’abord, je crains de ne pas être bien douée et ensuite, en pure hétéro, je ne suis pas sûre du tout du tout d’en avoir envie. Je me vois très mal au moment crucial enfoncer mes doigts dans sa chaudière surchauffée et jouer au game-boy avec son clito.
Du coup, suivant une suggestion de Maud, je passe quelques-unes de mes soirées à mettre en forme les deux premiers chapitres de mes souvenirs érotiques et je les diffuse sur Revebebe (le meilleur site toujours d’après Maud). La seconde semaine, ma libido en manque l’emporte sur mes appréhensions. Ayaan, même si elle risque d’être déçue par ma prestation, devrait être très contente de m’initier. Et puis, Pierre me donne l’absolution. Alors, pourquoi hésiter ? Je passe au hammam avant d’aller travailler. Je laisse à l’accueil un message tout simple à l’intention d’Ayaan :
Karine 06 xx xx xx xx
À elle de décider, je vais voir si elle ne m’a pas oubliée. Vers 13 heures, à la pause déjeuner, elle m’appelle.

  • — Karine ?

Je reconnais immédiatement la voix suave teintée d’un léger accent.

  • — Ayaan, je voudrais te revoir. Tu vois, j’ai longtemps hésité, expliquais-je avec un petit rire forcé.

Au bout d’un silence qui me semble une éternité, elle répond :

  • — Karine, cela me fait très plaisir, mais je veux te prévenir que ce que j’aime c’est la rencontre. Je ne m’attache jamais. Je veux rester libre. Libre de dormir seule ou avec celle que j’ai choisie pour la nuit.

Punaise, elle n’est pas adepte de la langue de bois ! À mon tour.

  • — Ayaan, rassure-toi. J’ai un mari que j’adore. Je cherche juste à faire une expérience sans lendemain… pour ne pas mourir idiote, rajoutais-je avec le même petit rire forcé.
  • — Karine, je ne suis pas un laboratoire.
  • — Oh, non, excuse-moi. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ayaan… Tu es la première fille qui me trouble… qui m’attire… Je n’ai jamais…
  • — Si je te plais, alors, viens, je t’invite à dîner chez moi vers 20 heures. Je vais te préparer un plat de mon pays. J’habite 18, rue xxxxx, un studio sous les toits au sixième étage.

Punaise, comment vais-je m’habiller ? J’opte pour un long pull serré par une grosse ceinture sur une jupe courte, un collant noir, des bottines. Sage et classique. À l’heure dite, je rentre dans un immeuble du côté de la Bastille, vétuste sans ascenseur. Mon cœur bat la chamade avant même de grimper les 6 étages. Un couloir triste et sale avec des portes des deux côtés. Je repère une carte de visite avec le nom d’Ayaan punaisée sur l’une d’elle, je frappe timidement. Elle ouvre avec un sourire lumineux.

  • — Karine, cela me fait vraiment plaisir, comment vas-tu ?

Je retrouve son look ravageur, son regard de braise dû à de grands yeux dorés maquillés de Kohl, sa chevelure incroyable toute frisée, sa nonchalance. Je rentre dans une jolie pièce mansardée, décorée de quelques objets africains, un grand lit à même le sol, un grand tapis en poils de chameau sur lequel sont posés une table basse, deux poufs et un coffre en bois sculpté. Le long du mur sur une petite étagère, une petite chaîne hi-fi, un ordinateur portable, quelques livres. Dans un coin un rideau se cache une petite penderie. De l’autre côté, une cabine de douche côtoie une minuscule cuisine américaine où mijote une cocotte.
Elle est pieds nus, en jean noir et tee-shirt noir. À ses seins qui pointent à travers le léger tissu, je devine qu’elle ne porte pas de soutien-gorge.

  • — Ayaan, tous ces objets africains, ils viennent de ton pays ? interrogeais-je pour ne pas montrer ma gêne.
  • — Oui, bien sûr. C’est de l’artisanat… Ça c’est un poignard Afar. La statuette en ébène qui représente un guerrier vient du Soudan. La croix au-dessus de mon lit est une croix copte éthiopienne…
  • — Et ça ?
  • — Ça, c’est un Krar, un instrument de musique. Si cela t’intéresse, j’ai aussi quelques bijoux qui viennent de là-bas, viens voir dans mon coffre.

Ayaan me tend quelques boucles d’oreilles, des bracelets, des colliers.

  • — Celui-là est magnifique, m’exclamais-je devant l’un d’eux.
  • — C’est un collier traditionnel Tigrinien. Il te plaît ? Je te le donne.
  • — Mais… Pourquoi ? demandais-je suffoquée.
  • — Karine, tu n’as jamais fait l’amour avec une femme et tu as choisi de le faire avec moi. Garde-le en souvenir, je te le donne du fond du cœur.

Je suis sidérée… Cette fille n’a rien, elle me donne un des objets auquel elle tient le plus ! Du coup, je culpabilise. J’ai honte d’être une accro du shopping, honte de dépenser un pognon monstre en fringues.

  • — Mais Ayaan, c’est trop ! Que vais-je pouvoir t’offrir en échange ?
  • — Ce n’est rien. Je m’en referai faire un autre et si tu veux me faire plaisir envoie un chèque à l’O.N.G. qui m’a recueillie.

Émue aux larmes, je l’embrasse en la remerciant.

  • — Karine, installe-toi. Nous allons dîner tout de suite, car tout est prêt.

Délaissant le pouf, je retire mes bottines pour être à l’aise et je m’assieds comme elle en tailleur devant la table basse, elle me tend le tajine.

  • — Sers-toi, Karine, ce sont des morceaux d’agneau avec des petits légumes cuits dans du beurre avec des herbes, des oignons et des épices, poivre vert, ail, gingembre. C’est le plat traditionnel de mon pays.
  • — Cela a l’air délicieux.
  • — Parle-moi de toi. Tu es mariée, m’as-tu dit.

Je parle. Je me détends petit à petit, je deviens intarissable. Je parle de moi, de Pierre, de mon travail, de Maud notre amie commune.

  • — Et toi, Ayaan ? Maud m’a dit que ta vie était un vrai roman, raconte-moi.
  • — C’est un roman triste, Karine. Je suis née dans la corne de l’Afrique, en Érythrée, d’une famille chrétienne copte. Mon sang est un vrai mélange. Mon grand-père était un soldat Français de Djibouti, ma grand-mère une femme du pays beaucoup plus jeune. Ils n’ont eu qu’une enfant, ma mère, qui était une métisse d’une beauté à couper le souffle. Mon père, lui, était d’origine égyptienne, il était évolué, il faisait du commerce, il voyageait, il était moderne dans ses idées. Grâce à lui, je n’ai pas été excisée et j’ai pu aller à l’école.

Je dois avoir les yeux ronds, car elle ajoute.

  • — Ne sois pas surprise, Karine. Toute l’Afrique est prisonnière de ses traditions. 95% des filles sont excisées en Érythrée et même souvent infibulées. Là-bas, une fille non excisée est une fille facile qui trompe forcément son mari.
  • — Mais… 95%… c’est pratiquement toutes les femmes, m’exclamais-je horrifiée. Dans mon idée, c’était l’apanage de tribus reculées du fin fond de l’Afrique.
  • — Non, pas du tout. Le pire, c’est que ce sont les femmes qui transmettent cette horreur. Et puis l’école ! poursuit Ayaan. Pourquoi envoyer sa fille à l’école ? Dès qu’elle est pubère, on peut la marier, c’est-à-dire la vendre. Elle sert alors d’esclave soumise et battue par un homme qui lui fait un enfant tous les 11 mois dont un sur deux survit.

Je la regarde effarée. Elle me renvoie un sourire triste.

  • — C’est la réalité Karine, encore aujourd’hui au fin fond de mon pays. Mon père était contre ces coutumes ancestrales, il les combattait. Nous étions pauvres, mais j’allais à l’école, la vie était belle. La guerre d’indépendance entre l’Érythrée et l’Éthiopie en 1988 a été le début du cauchemar. Un jour des pillards sont venus de nulle part. Mon père et mes deux grands frères ont été tués en essayant de défendre notre commerce, ma mère a juste eu le temps de me cacher. J’avais 10 ans. En représailles pour avoir perdu un des leurs, ils l’ont violée puis tuée. Ne sachant pas que j’existais, j’ai eu la vie sauve. Ils sont repartis comme ils étaient venus. J’étais la seule survivante de ma famille.
  • — Comment tu as survécu ? demandais-je la gorge nouée.
  • — Une O.N.G. française m’a recueillie. Je rendais des services tant que je pouvais, je portais des sacs de nourriture, j’aidais les médecins et les infirmiers, j’essayais de me rendre indispensable pour rester avec eux. Comme je parlais un peu le français grâce à mon grand père, je faisais l’interprète. À la fin de la guerre en 1993, j’avais 15 ans. J’étais magnifique, je ressemblais à ma mère, c’est ce qui m’a sauvée. Un kiné est tombé amoureux de moi. C’est lui qui m’a initiée aux massages. Nous avons fait un marché. Je cédais à ses avances s’il faisait son possible pour me ramener en France, c’était du donnant-donnant. Je ne l’aimais pas, j’avais l’impression de me vendre, il me prenait sans aucun respect, les hommes ont commencé à me dégoûter.
  • — Il a tenu sa parole ?
  • — Oui. Je me suis retrouvée à Paris, mais sans papiers. Pour être régularisée comme réfugiée, j’ai dû me donner à des inconnus qui avaient le pouvoir de faire avancer mon dossier ou, plutôt, qui disaient pouvoir le faire. Karine, tu comprends pourquoi je préfère les femmes ?

J’acquiesce de la tête, toute retournée par son récit.

  • — Ensuite, continue-t-elle, j’ai pu entamer des études. Bien sûr, il n’était pas question que je devienne Kiné. Je me suis inscrite dans une école de massage. Pour pouvoir payer les cours et subsister, je pratiquais le soir en banlieue des massages… avec « finition, tu vois ce que je veux dire, c’est le terme utilisé. Je branlais les mecs, quoi.

Je lève les yeux avec un regard interrogateur.

  • — Oui, Karine, je me suis même vendue. Je demandais une somme astronomique, parfois cela marchait. Cela me suffisait pour plusieurs semaines. Depuis que j’ai mon diplôme, je travaille au hammam et je gagne ma vie honnêtement, j’en suis fière. L’argent ne m’intéresse pas du moment que j’ai suffisamment pour vivre et payer mon loyer.

Je reste muette, ne sachant quoi dire. À sa place, aurais-je eu la force de m’en sortir ?

  • — Karine, aimes-tu danser ?
  • — Oui, j’adore. J’ai suivi des cours de danse classique pendant plusieurs années. Pourquoi ?
  • — Connais-tu Faytinga ? me demande-t-elle en me montrant un CD.
  • — Non ? Qui est-ce ?
  • — Une chanteuse de mon pays. Un véritable symbole, elle a lutté pour l’indépendance. Concentre-toi, imprègne-toi de cette musique. Écoute les tambours, les instruments à cordes et la voix de Faytinga. Quand je l’entends, j’oublie tout. Viens danser, Karine. Danser ensemble, c’est déjà faire l’amour.

Profondément remuée, je regarde Ayaan commencer à danser au rythme des tambourins. Une danse orientale, incroyablement sensuelle. Elle ne me quitte pas des yeux, elle semble danser pour moi, en mon honneur. La musique envoûtante fait son œuvre, le miracle s’opère, je ne pense plus aux choses affreuses qu’elle a vécu, je regarde cette fille différente des autres, je danse avec elle, j’essaye de l’imiter, je ris, nous rions. Je suis bien.

  • — Et ça, tu connais, bien sûr, me demande-t-elle en commençant une danse du ventre endiablée. C’est le sharqui, une danse traditionnelle égyptienne à la gloire de la femme. Tu sais faire ?
  • — Non, j’avoue, je n’ai jamais essayé.
  • — Attends, je vais t’apprendre. Déshabillons-nous un peu, ajoute-t-elle avec son grand sourire envoûtant.

Elle s’approche derrière moi. Je frissonne quand elle me retire mon grand pull, déboutonne ma petite jupe et dégrafe mon sous-tif. Je frissonne encore plus quand, libérant mes seins, elle dépose un baiser tendre sur mon épaule tout en les effleurant. Elle n’est pas déçue, mes tétons pointent comme des vraies petites tiges, un étage plus bas mon ventre s’embrase. Punaise, suis-je bi sans le savoir ?

  • — Tu es belle, Karine, me complimente-t-elle.

Elle se met à genoux pour me retirer mon collant, le faisant descendre lentement tout en me regardant avec le même sourire. Il me reste juste mon petit boxer, mon dernier rempart.

  • — Et toi, tu ne te déshabilles pas ? questionnais-je d’une voix que je ne reconnais plus.
  • — C’est à toi de me retirer ce que tu veux, répond-elle, amusée.

Je lui retire son Tee-shirt, dévoilant une poitrine de rêve, celle que j’aurais aimé avoir. Une taille idéale, des seins fermes, hauts perchés, arrogants, défiant la pesanteur, des aréoles larges et sombres, des tétons durcis par l’excitation. Punaise. Comment peut-elle être si mince, quasiment squelettique et avoir une telle poitrine ? Je m’attaque à son jean muni d’un zip récalcitrant, le baisse. Elle porte une petite culotte noire toute simple qui souligne sa peau ambrée et le renflement de son mont de Vénus. Je dévoile un ventre plat, des hanches étroites, des cuisses fines, fuselées, des jambes de gazelle.

  • — Karine, regarde, c’est simple, explique-t-elle, il suffit de mimer l’amour.

Les bras en l’air, souriante, elle commence à bouger ses mains, ses poignets, ses épaules, ses hanches, avec grâce et volupté. Rien à voir avec le folklore pour touristes effectué par des moukères grassouillettes. C’est une danse du ventre lente, lascive, terriblement érotique, terriblement suggestive. Ayaan mime l’amour en me regardant, un amour lent et voluptueux, c’est comme un appel. Je suis fascinée de voir les globes fermes de ses seins onduler en cadence, de voir rouler sous la peau les muscles de son ventre. Elle accélère progressivement, ses hanches semblent prendre une vie indépendante de celle du reste de son corps.
Le rythme se fait endiablé à l’égal de Shakira, la chanteuse Colombienne. Malgré ses mains qui ondulent gracieusement et le sourire qu’elle me prodigue, je ne quitte plus des yeux son pubis en folie enrobé par la fine étoffe noire. Pourquoi ai-je écrit plus haut que je la voyais moins belle que Maud ? Ayaan est sublime. Elle est sûre de sa beauté, de son charme et dégage un magnétisme irrésistible. Elle sait qu’elle va me faire l’amour, qu’elle va croquer la petite oie blanche que je suis, elle me sourit et me regarde avec ses yeux dorés qui virent vers le vert.

  • — Karine, lève les mains en l’air, attrape les miennes, bouge ton bassin lentement. Fais comme moi, essaie de me suivre.

Je m’applique.

  • — Non, pas comme ça, dit-elle. Seul le ventre bouge. Au début, il ne faut pas essayer d’aller vite. Ce qui compte, c’est la sensualité.

Elle s’approche, nos seins et nos ventres se frôlent. Le contact est électrique, j’ai un petit mouvement de recul qui ne lui échappe pas.

  • — Karine, détends toi, me murmure-t-elle dans l’oreille. Imprègne-toi du mouvement, oublie tout et lâche-toi. Balance ton bassin… Oui… Bien…

Je repars dans la danse, je m’améliore petit à petit. Ayaan rit de mes efforts, ses mains me guident, se posent sur mes hanches, me redressent le dos, me forcent à sortir ma poitrine, je ris avec elle, le miracle s’opère, je ne crains plus son contact, je le cherche.

  • — Pas mal du tout, s’exclame-t-elle, toute contente. Colle-toi derrière moi, maintenant je vais te montrer le mouvement des bras et des mains. Imite-moi.

Passant dans son dos, je me colle contre elle, mon bas-ventre se frotte à ses fesses, je la tiens par une hanche pour m’imprégner de sa cadence, de l’autre main, j’essaie de bouger mon poignet comme elle. Le courant passe. De la haute tension. Tout devient lumineux. Cette fille si différente, si généreuse, cette fille magnifique, j’ai envie d’elle, et il n’y a pas de honte à avoir envie d’elle. Quoi de plus beau qu’un corps de femme ? Pourquoi les hommes en auraient-ils l’exclusivité ? Je la veux dans mes bras, je veux l’embrasser, la caresser, m’emparer de ses seins, tâter leur fermeté, voir s’ils sont aussi sensibles que les miens, goûter sa peau ambrée, essayer de lui donner du plaisir de toutes les façons possibles.
Ayaan, à la manière dont je la tiens, dont je me plaque contre elle, comprend que je suis mûre. Le plus naturellement du monde, elle guide la main que j’avais sur sa hanche vers son entrejambe. Je ne peux m’empêcher de caresser l’endroit de manière appuyée, enfonçant la fine étoffe dans sa fente, remontant à la recherche de son clitoris. Punaise, comme il est gros ! Rien à voir avec mon minuscule bouton, constatais-je.
Ayaan apprécie et se remet à onduler du bassin de plus en plus vite. Ses hanches semblent prises de folie. Elle est en train de se masturber sur mes doigts, réalisais-je. Sa tête part en arrière, elle vient poser sa joue contre la mienne. Je ne résiste pas à cet appel, le ventre en feu, je rentre ma main dans la petite culotte devenue gênante, la fais descendre, je pénètre la forêt de sa toison, mes doigts glissent sur les poils pubiens, rencontrent des petites lèvres trempées, s’insèrent dans sa fente, retrouvent le gros bouton, qui ressemble plutôt à une petite tige dure comme du bois. Mon autre main quitte son ventre, remonte, s’empare d’un sein ferme et élastique. Je le soupèse, le prends à pleine main, le malaxe, étire et pince le téton comme j’aime me le faire à moi-même.

  • — Oui, Karine, murmure-t-elle en fermant les yeux.

On va basculer sur le lit. Non ! À ma grande surprise, elle se retourne et m’annonce joyeusement :

  • — Karine, je vais faire un thé. La cérémonie du thé est importante chez nous, elle précède toute chose.

Me voyant complètement étonnée, elle éclate de rire et explique :

  • — Karine, l’attente fait partie du plaisir.

Comme je reste abasourdie, elle ajoute :

  • — Karine, ne sois pas comme un homme. Ils sont pressés, car ils ne tiennent pas la distance. Nous, nous avons toute la nuit, explique-t-elle en riant de plus belle.

Elle revient avec la théière brûlante et s’assied en tailleur devant la petite table basse.

  • — Ayaan, comment peux-tu être si gaie, si insouciante en ayant eu une vie pareille ?
  • — Mais, Karine, je suis heureuse. Je suis une privilégiée. Que serais-je devenue en restant là-bas ?

Une privilégiée ! Punaise… Elle me donne une leçon dans tous les domaines.

  • — Et puis, tu es là, continue-t-elle. Nous allons faire l’amour ensemble. Pourquoi serais-je triste ? Karine, tu es le genre de fille que j’aime.
  • — C’est-à-dire ?
  • — Grande, mince, brune. Tu es une fille du sud, ce n’est pas si loin de mon pays. Tu as des jambes parfaites, des petits seins superbes… et je sais que tu es très sensuelle, ajoute-t-elle en me faisant un clin d’œil avec son sourire envoûtant.

Je la dévore du regard. Punaise, qu’elle est belle, cette fille ! Mes yeux glissent et fixent à travers ses poils pubiens, sa fente entrouverte, teintée du bordeaux sombre au rose clair. Une fente gonflée et toute luisante de désir. Remarquant mon regard, elle éclate de rire.

  • — Tu me plais, Karine, je ne peux le nier. Bois ton thé avec du sucre pour prendre des forces, tu vas en avoir besoin. Le corps d’une femme est comme un instrument de musique, explique-t-elle avec une petite flamme dans ses yeux dorés, il y en a des mauvais et des bons. S’il est bon, il suffit juste de savoir en jouer pour en tirer des choses extraordinaires. Je vais te faire crier, Karine, jusqu’au bout de la nuit.

Elle se lève, me prend la main, me fait lever.

  • — Allez, viens.

Elle me prend dans ses bras, sa bouche se plaque sur la mienne, sa langue s’insinue entre mes dents, cherche la mienne, la trouve, entame une bataille, nos seins raides de désir s’écrasent les uns contre les autres, nos jambes se mêlent, nos pubis se collent, se frottent sur nos cuisses, nos mains caressent, explorent, palpent, pétrissent, écartent, partent à la découverte du corps qui s’offre à nos désirs. Dans la même pulsion, nous nous laissons tomber sur le lit.

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Histoire Coquines - L’invitée surprise

Ecrit par petitlapinou publié le 11/12/2007 à 0:17

C’est avec impatience que nous attendions l’heure de notre rendez-vous. Le soleil et la chaleur étaient revenus, mais nous avions plus envie de revoir Sylvie que de nous baigner. Arrivés à l’heure dite, nous frappons à la porte entrouverte. Après un petit temps d’attente, nous fûmes surpris de voir arriver non pas Sylvie, mais une jeune fille blonde, cheveux mi-longs détachés sur les épaules encadrant la peau très pâle de son joli visage orné de beaux yeux bleus.

Elle portait une robe de lin bleu pastel, généreusement décolletée, serrée à la taille par une fine ceinture de cuir et qui s’arrêtait au genou. Son haut croisé mettait en valeur sa poitrine généreuse et ses hanches larges. Elle allait pieds nus et d’emblée, sans doute échauffés par nos dernières aventures, je trouvais qu’elle dégageait une grande sensualité.

  • — Bonjour, dit-elle dans un grand sourire
  • — Bonjour, nous avions rendez-vous avec Sylvie, mais peut-être sommes-nous arrivés trop tôt, dis-je.
  • — Ah, elle ne m’a rien dit, mais elle ne va pas tarder à arriver, si vous pouvez patienter.
  • — Me voilà, dit Sylvie apparaissant dans l’embrasure de la porte.

Elle était plus grande de presque une tête par rapport à la jeune fille. Elle avait remis sa jupe ocre de l’autre jour, et un petit débardeur de coton blanc au travers duquel on voyait pointer ses seins libres. Elle s’approcha de nous, nous fit une bise sur la joue et fit les présentations.

  • — Aurélie, je te présente Rémi et Alexandre, qui vivent au village, et avec qui je vais me baigner quand il fait soleil. Aurélie est une lointaine cousine par alliance qui vient passer quelques jours de repos ici. Elle est arrivée hier au soir.

Aurélie nous fit la bise, et Sylvie en bonne maîtresse de maison nous installa dans le séjour pour nous proposer café et gâteaux secs. Je pensais qu’Aurélie ne savait rien de nos relations avec Sylvie qui cachait toute intimité avec nous, et semblait nous considérer comme de jeunes camarades. Je réalisais au cours de la conversation qu’Alexandre n’était pas du tout indifférent au charme d’Aurélie. Pour ma part, j’étais fasciné par la douceur de Sylvie, cherchant à voir à chacun de ses mouvements, notamment quand elle se baissait pour nous servir, la naissance de ses seins qu’elle ne cachait visiblement pas. Elle s’assit sur le canapé à côté d’Aurélie face à nous qui étions dans des fauteuils. Nous apprîmes qu’Aurélie était étudiante aux beaux-arts, et qu’elle aimait particulièrement dessiner. Sylvie insista pour qu’elle nous montre les croquis qu’elle avait amenés. Aurélie, après avoir manifesté quelque réserve, affirmant que ça n’en valait pas la peine, finit par se laisser convaincre et alla les chercher. Sylvie nous fit asseoir de part et d’autre d’Aurélie, et se mit derrière le canapé, les bras posés affectueusement autour du cou de sa cousine. Je pouvais à la fois sentir le parfum de Sylvie et l’odeur fraîche de savon qui émanait du corps d’Aurélie collé au mien. Je décidais de me concentrer sur les dessins qu’elle allait nous montrer afin de ne pas avoir trop vite des pensées lubriques.

Elle posa le porte-documents sur ses cuisses, et l’ouvrit. Les premiers dessins étaient des portraits d’hommes et de femmes effectués au crayon, portraits qui trahissaient un réel talent, du peu que je pouvais en juger vu mes médiocres performances dans ce domaine. Les esquisses suivantes montraient ensuite des nus féminins, d’un grand classicisme au début, puis les corps étaient présentés dans des positions de plus en plus obscènes, ce qui ne manqua pas de titiller mon sexe.

  • — Tu ne dessines que des femmes, questionna Alexandre ?
  • — Non je fais aussi des hommes, mais je préfère les formes des femmes, la sensualité qu’elles dégagent. Et puis j’ai plus de facilités à les faire poser car je ne travaille jamais sur photos.
  • — Elles posent dans ses positions, ne pus-je m’empêcher de réagir ?
  • — Bien entendu !

En regardant la page où une femme était assise nue en tailleur, ne cachant rien de son intimité, une main proche de son bas ventre, j’imaginai la tension érotique qu’il pouvait y avoir au cours de ces séances de pose. Aux corps de femmes seules succédèrent des couples féminins dans des positions lascives. Le rendu était réussi, et l’imagination aidant, je commençais à bander sérieusement. J’avais la douce impression de découvrir un nouveau monde où la sexualité était présente partout, où il me semblait que chaque désir allait être assouvi dans les instants à venir. De sentir ces deux femmes proches de moi, si décontractées, si naturelles devant ces dessins me transportait d’aise et entretenait mon désir.
On passa à des portraits d’hommes nus, dans différentes positions. Nous ne commentions que très peu les dessins sinon pour montrer notre admiration et complimenter son auteur. Sur la fin, il y avait une représentation d’un homme allongé en érection. Malgré moi, cela produisit une petite chaleur dans mon ventre, et à nouveau je m’imaginais à la place du modèle, le sexe en érection devant cette fille très désirable, le crayon à la main. Deux ou trois autres portraits du même genre suivirent. L’un montrait explicitement l’homme se branler et éjaculer. Arrivés à la dernière page, Aurélie dit :

  • — Celui-ci est tout neuf, il est de ce matin, vous reconnaissez ?

Bien évidemment nous reconnaissions Sylvie, en plan proche, debout, simplement vêtue de sa jupe, les bras relevés mettant en valeur sa jolie poitrine nue. Les mèches qui s’échappaient de sa chevelure attachée, donnaient à son visage penché, une douceur que je trouvais très romantique. Nous complimentions Aurélie pour ce dernier portrait.

  • — Tu mets combien de temps pour faire un portrait comme ça, m’enquis-je ?
  • — Une demi-heure de pose suffit en général, j’affine ensuite, de mémoire.

Sylvie lança :

  • — Tu pourrais faire la même chose avec nos amis, qu’en penses-tu ?

Aurélie nous regarda attentivement et dit

  • — Pourquoi pas, ça vous dit ?

Nous acceptâmes peut-être plus par politesse que par enthousiasme. Je ne voulais personnellement pas être pris en flagrant délit de bandaison, étant donné mon état d’esprit de ces derniers jours. Et cet instant présent me ramenait en permanence à des pensées érotiques. Aurélie alla chercher ses crayons, nous fit installer côte à côte dans le canapé, le bras d’Alexandre par dessus mon épaule comme peuvent le faire deux bons camarades, mains posées sur les cuisses.

  • — Ce serait mieux que vous enleviez vos tee-shirts, si ça ne vous gêne pas, dit-elle.

Bien évidemment cela ne posait aucun problème et nous le fîmes aussitôt. Mais alors que j’avais encore les bras pris dans les manches de mon tee-shirt, j’entendis Sylvie :

  • — Tu sais, ils peuvent poser nus si tu préfères, ils ont l’habitude.

Aurélie :

  • — Vous pourriez ?

J’étais prêt à refuser quand Alexandre me coupa l’herbe sous le pied.

  • — Bien sûr qu’on peut, y’a pas de raison, dit-il en regardant fixement Aurélie dans les yeux.

J’avais l’impression à ce moment qu’il voulait profiter de cette occasion pour lui signifier son inclination pour elle, et en espérant autant de sa part.

Sans plus pouvoir revenir en arrière je m’exécutai, et nous reprîmes notre position, entièrement nus. Heureusement, j’avais à peu près débandé, et pus prendre une attitude digne. Nous nous figeâmes dans la position et aussitôt Aurélie entreprit son travail. Sylvie s’était placée derrière elle et observait l’avancement. La position était confortable, mais je réalisai que garder une pose quelle qu’elle fut était fatigant. Je cherchai des pensées ailleurs pour être sûr de ne pas montrer un quelconque trouble, ce qui à mes yeux, m’aurait paru dévalorisant par rapport à ma posture d’un jeune gars qui en a vu d’autres, et qui en vérité, ne s’est ouvert à la sexualité à deux que ces derniers jours.
Sylvie se pencha à l’oreille d’Aurélie et montrant son dessin lui fit une remarque à voix basse.

Aurélie lui répondit à voix plus haute :

  • — C’est vrai, mais je n’ose pas leur demander
  • — Vas-y, tu vas voir, ils ne sont pas farouches.
  • — Quand même !
  • — Essaye, je te dis.

Aurélie nous regarda et dit alors

  • — Ce serait mieux Rémi, si tu posais ta main gauche non pas sur ta cuisse mais sur le sexe d’Alexandre.

Un silence pesant suivit, trois jours auparavant je n’aurais pas accepté, mais là je voyais que Sylvie, toujours manœuvrière nous avait tendu un piège, un piège grossier dans lequel j’étais prêt à tomber. Je regardai Alexandre, lui demandai « Je peux ? », il sourit, ce qui signifiait un acquiescement. Je fis donc ainsi et retrouvai dans ma paume la douce chaleur d’un autre sexe que le mien. Aurélie reprit aussitôt son travail et je commençai à bander, Alexandre aussi. Aurélie releva les yeux s’arrêta un instant, et très professionnelle, comme si elle avait oublié la situation trouble où nous étions, dit :

  • — Alexandre pose ta main libre sur la poitrine de Rémi, et toi Rémi tu es trop guindé, mets ton autre main entre tes jambes, comme si tu te caressais.

Nous nous exécutâmes, et Aurélie corrigea en même temps :

  • — Plus bas ta main Rémi, ne cache pas ton sexe, voilà, Alexandre tournes ton visage vers lui comme si tu allais l’embrasser. Voilà juste un peu ça suffit. Très bien tous les deux, la position est plus dynamique, plus jolie.

Elle reprit, et au bout d’un moment déclara ingénument à Sylvie :

  • — Ce serait mieux s’ils étaient en érection, tu ne trouves pas ?

Bien entendu Sylvie acquiesça de suite et rajouta :

  • — Ils aiment ça aussi.

Ce n’était plus un piège, mais un complot, et nous étions des victimes consentantes. De toute façon nous n’étions pas loin du compte et c’est avec des efforts surhumains que personnellement je résistai pour ne pas bander complètement.

  • — Je vais les aider.

Elle ôta aussitôt son débardeur, ce qui fit sourire Aurélie, et nous donna le feu vert pour aller plus loin.

  • — Allez mes tourtereaux un petit effort.

Aurélie crayonnait toujours, et Sylvie s’approcha de nous, elle posa sa main sur mon sexe, me roula une pelle phénoménale. L’effet sur mon sexe fut immédiat. Je sentis la chair d’Alexandre durcir aussi sous la pression plus marquée de ma main, Sylvie s’approcha d’Alexandre, lui fit subir le même traitement, et sans que nous ayons quitté la pose, nos deux verges pointèrent triomphalement devant nous.

Aurélie pour nous encourager dit :

  • — Ce ne sera plus très long, gardez cette pose, c’est super.

Plus facile à dire qu’à faire, aussi de temps en temps, je branlais un petit peu nos sexes quand je sentais une légère défaillance, j’essayais juste d’entretenir notre érection, mais il ne fallait surtout pas approcher de l’éjaculation ce qui était somme toute un équilibre assez difficile à trouver, mais ô combien délicieux. Sylvie avait remis ses bras autour du cou d’Aurélie et lui plaçait des bisous dans le cou de temps en temps sans que celle-ci ne semble troublée dans son travail. Heureusement, elle nous libéra rapidement comme promis

  • — Voilà, je finirai tout à l’heure, vous voulez voir le résultat ?

Nous nous sommes alors levés, heureux de nous dégourdir les membres et sans plus de pudeur nous nous plaçâmes debout à ses côtés, le sexe raide pour voir ce qu’elle avait exécuté. Je fus très surpris par la précision de nos traits et troublé par notre position, c’était un peu comme si nous étions pris en photo.

Alexandre le premier la remercia et la félicita. J’embrayais ensuite sur le même registre. Aurélie répondit :

  • — Je vous remercie, et regardant Sylvie, faisant allusion à nos queues raides, on ne peut pas les laisser comme ça.

J’ai cru alors qu’elle allait se saisir de l’occasion pour nous soulager, mais au contraire, Sylvie annonça :

  • — Ça aussi ils peuvent le faire eux-mêmes, tu vas voir.

Devant notre absence de réaction, elle insista :

  • — Allez les garçons, montrez nous ce que vous savez faire.

Alexandre comme moi semblait très déçu par la situation. Il commença à faire la moue, puis réussit à dire :

  • — On préférerait avec vous.

Sylvie répondit alors du tac au tac :

  • — Vous aurez droit à une récompense si vous obéissez maintenant…
  • — Promis ?
  • — Juré, vous n’avez pas été déçus jusqu’ici, non ?

L’argument était imparable, alors, comme à ce qui devenait une habitude, je pris le sexe d’Alexandre dans la main et commençai à la masturber. Il me rendit la pareille, en me caressant doucement de la base jusqu’à la pointe, et de nouveau le plaisir revint intact comme au premier jour. Sylvie s’appuyait contre le dos d’Aurélie, dont les cheveux caressaient les seins à l’air de sa cousine. Celle ci laissait dériver ses mains sur la gorge de la dessinatrice, et nous dit :

  • — Embrassez-vous comme hier s’il vous plaît.

Maintenant que nous étions bien chauffés, nous n’hésitions plus et tout en frottant nos sexes l’un contre l’autre, nous nous embrassâmes à pleine bouche un long moment comme des gourmands.
Lorsque nous nous sommes séparés, nous vîmes que Sylvie s’était assise sur la cuisse d’Aurélie et que cette dernière avait mis la main sous la jupe de sa compagne. Les seins de Sylvie ballottaient sous le nez d’Aurélie qui posait de temps en temps un bisou sur les tétons bandés. Nous formions à l’instant deux couples homosexuels en pleine action, et cette vision décupla mon désir. Alors Alexandre me retourna, se colla contre mon dos, empoigna mon sexe et le secoua plus fort que jamais. Sylvie passa ouvertement sa main sous la robe d’Aurélie, et malaxa ses seins libres de tout soutien-gorge. De voir les deux filles se peloter ainsi, de deviner la chair blanche des seins d’Aurélie poussa mon plaisir au paroxysme. Alexandre, sentant mon éjaculation proche, se rapprocha de Sylvie et dirigea les flots de mon plaisir sur sa poitrine dénudée. Mon sperme abondant coula sur son sein mais aussi sur son visage, et j’ai cru que je n’aurai plus jamais un tel orgasme.

Sylvie gémissait et Alexandre me lâcha et présenta son sexe à la bouche de Sylvie. Comme pour la punir de nous avoir fait languir tous les deux, il lui prit fermement la tête pour qu’elle le suce. Complètement excitée par les caresses que lui faisait subir Aurélie, elle entreprit une fellation sauvage sur Alexandre. Elle se figea dans un long spasme, puis bonne élève finit de sucer Alexandre qui n’en demandait pas plus pour lui remplir à nouveau la bouche de sa semence. Elle avala ce qu’elle put, le reste dégoulinant sur son menton. Elle se redressa et embrassa fougueusement Alexandre, lui faisant goûter son sperme. Complètement déchaînée, elle ne semblait plus maîtriser la situation, elle empoigna le sexe mou de mon ami et commença une masturbation frénétique. Tout à coup elle prit conscience de ma présence, se jeta sur moi, m’embrassa enfonçant la langue profondément dans ma bouche, s’agenouilla, me lécha le sexe gluant se mit la main sous la jupe et rapidement poussa un cri qui signifiait un orgasme violent. Elle se recula pour s’affaisser dans le canapé, heureuse.
Au bout d’un petit moment de récupération, Aurélie dit

  • — Ils ont droit à leur récompense, non ?

Sylvie se levant, répondit :

  • — Oui bien sûr, approche Aurélie.

Celle ci se leva, prit le débardeur de Sylvie pour essuyer le sperme qui séchait sur son corps et son visage. Elle se mit ensuite à califourchon sur ses cuisses et elles s’embrassèrent. Sylvie fit descendre alors le haut de la robe d’Aurélie sur ses hanches et lui léchait les seins blancs dont la grosseur contrastait avec la finesse des seins légèrement hâlés de Sylvie. Elle défit sa ceinture et fit tomber la robe d’Aurélie qui se leva. Sylvie posa alors sa langue sur la fine culotte détrempée de son amie. Au bout d’un moment, elle fit tomber aussi la culotte découvrant une toison brillante et claire dans laquelle elle glissa la langue, faisant gémir Aurélie qui lui caressait les cheveux. Comme nous pouvions le deviner, les fesses d’Aurélie étaient amples, blanches et appelaient le désir.
Alexandre et moi, étions de nouveau surexcités. Il s’approcha alors d’Aurélie pour la caresser, mais Sylvie intervient en disant :

  • — Pas maintenant, ce n’est pas votre tour.

Frustré mais obéissant, il se contenta de les observer de très près, le sexe à l’air. Sylvie mettait maintenant ses doigts dans le vagin d’Aurélie tout en continuant à exciter son clitoris, celle-ci secouait alors la tête de droite à gauche, exprimant son contentement par de petits mots d’encouragement :

  • — Oui, ici, ma petite chérie, encore.

Rapidement elle atteignit l’orgasme, Mais Sylvie ne lâcha pas sa proie, et continua son léchage, les mains malaxant les fesses de sa cousine.
Après ce qui me sembla être un deuxième orgasme d’Aurélie, Sylvie se redressa, l’embrassa à nouveau, et se tourna vers nous et dit malicieusement :

  • — Regarde-les comme ils sont sages, ils méritent un petit dessert, non ? Par qui vais-je commencer ?

Elle soupesa nos sexes tendus comme si elle faisait son marché, et j’étais persuadé qu’elle allait encore choisir Alexandre en premier. Mais à mon plus grand plaisir elle posa ses bras sur mes épaules, et un baiser sur mes lèvres.

  • — C’est Rémi qui commence aujourd’hui.

Alexandre s’approcha alors d’Aurélie pour faire de même avec elle, mais à ce moment-là Sylvie intervint :

  • — Ma petite chérie Aurélie n’aime que les filles, Alexandre, tu devras patienter.

La tête qu’Alexandre tira alors faisait presque rire. Heureusement Aurélie dit :

  • — Elle exagère ! Avec toi je crois que je peux faire un petit effort, approche !

Sur la pointe des pieds, elle posa un petit baiser sur la bouche d’Alexandre. Elle posa sa main sur son sexe et le caressa doucement. Alexandre se baissa et commença par lui suçoter les seins.

Sylvie et moi les regardions faire, et quand nous vîmes qu’il était entre de bonnes mains nous nous embrassâmes à nouveau. Je lui pris la bouche goulûment, ma langue cherchant la sienne avec frénésie. Nous étions corps à corps, et ma main souleva sa jupe et je la plaquai sur sa culotte. Je réalisai qu’elle n’en avait pas et je sentis les poils frisés, humides directement sous mes doigts. Sans hésiter je lui en glissai deux dans la fente ce qui la fit réagir par une embrassade plus fougueuse. Au bout d’un petit moment pendant lequel mes doigts trempés de sa mouille fouillèrent son intimité, je l’amenai alors sur le canapé, l’allongeai et lui enlevai sa jupe. Je la couvris de baisers sur tout le corps, la léchai, comme affamé.
Pendant ce temps, je pus voir qu’Aurélie et Alexandre s’étaient mis en position de soixante-neuf à même le tapis, Aurélie dessus, ses loches pendantes malaxées par Alexandre, nous exhibant ses fesses. Je me dis que pour une lesbienne elle se débrouillait bien. Elle était à portée de ma main et je ne pus m’empêcher de lui caresser les fesses, sans délaisser Sylvie, qui était quasiment en pâmoison. Je me mis alors sur elle, engageait mon pénis dans son sexe et collé à sa bouche j’entrepris une chevauchée lente au début puis rapidement débridée. Sylvie hurlait de plaisir, et ma semence ne tarda pas à l’inonder. Ce fut encore un orgasme simultané et fulgurant. Alexandre choisit ce moment pour prévenir Aurélie qu’il venait, elle retira sa bouche et Alexandre éjacula sur sa poitrine. Sylvie s’approcha d’elle, passa la main sur ce sperme, pour l’étendre sur le corps de sa cousine, le goûta, s’approcha de sa bouche lui disant :

  • — Ma petite chérie, je suis fière de toi, et elle l’embrassa à pleine bouche pour lui faire goûter la saveur du sperme d’Alexandre.

Elles se dessoudèrent. Alors Aurélie embrassa Alexandre, se tourna vers moi et en fit autant. De sentir ses gros seins contre ma poitrine me fit triquer à nouveau, je ne voulais plus la lâcher, elle se retira, attrapa mon sexe, le regarda et dit en riant :

  • — Elle est plus petite que celle de ton copain ! Mais y’a de quoi faire.

Elle posa alors un baiser chaste dessus, qui fit rire tout le monde. Elle se releva, me lâcha son plus joli sourire et lança :

  • — Et si nous allions nous baigner ?

Nous étions partis pour un début de vacances mémorable !
Mais ça c’est une autre histoire.

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