Histoire Coquines - Cathy, ma chérie
À 30 ans, je n’avais encore jamais eu d’expérience homosexuelle et je n’en avais même jamais eu le fantasme. Non pas que de voir des femmes ensemble m’eût dérangée, chacun mène sa vie comme il l’entend, mais en mon âme et conscience ce n’était pas mon truc. Aujourd’hui encore je ne pense pas être lesbienne, même si souvent les apparences sont contre moi. En tout état de cause, je ne me ressens pas comme telle. D’ailleurs, Catherine mise à part, je n’éprouve vraiment aucun désir de ce côté.
La Catherine en question est une petite brune mignonnette qui est venue s’installer avec son mari près de chez nous il y a trois ans environ. Aussi brune que je peux être blonde, mais à peu près le même gabarit : 1 m 65, 50 kilos, petits seins pointus, fesses rebondies et petite foufounette très peu poilue, mais bien sûr ça ne se voit pas quand les gens nous croisent dans la rue. J’ai tout de suite sympathisé avec elle, dès les premiers jours en fait. Nous allions faire nos courses ensemble et je l’ai très vite affranchie sur tout ce qui peut être intéressant dans notre petite ville… En deux ou trois mois c’est devenu une de mes meilleures copines. Je dois dire que c’est loin d’être le cas de nos maris respectifs. Je ne sais pourquoi mais ils n’ont jamais pu se blairer malgré nos efforts respectifs pour essayer de les rapprocher. C’est vrai qu’au départ ils n’ont pas beaucoup d’atomes crochus. Le mien est cérébral, spirituel, cultivé et intellectuel alors que le sien est plutôt du genre sportif à fond la caisse aussi bien dans les salles de sport que devant sa télé. Mais malgré tout ils auraient quand même pu faire un effort d’autant plus que Claude est charmant et que Damien, malgré sa timidité, est très abordable. Mais non, il doit y avoir quelque chose de particulier dans leurs caractères respectifs, quelque chose de répulsif qui fait qu’ils ne peuvent pas se supporter. Et après avoir imposé deux ou trois soirées, Catherine et moi, pendant lesquelles ils se sont regardés en chien de faïence, nous avons décidé d’arrêter. Et nous nous voyons sans eux, dans la journée, pour ne pas les déranger.
Nos rapports faits d’amitié et de complicité auraient pu rester ainsi toute la vie si un jour en rentrant chez Catherine à l’improviste, je ne l’avais trouvée à moitié nue sur son canapé et en train de se caresser. Elle était allongée sur le dos, la tête posée sur l’accoudoir, la jupe complètement relevée et les cuisses largement écartées. Elle se branlait comme une folle en fermant les yeux et en se mordant les lèvres et avait l’air de vraiment prendre son pied. Pour moi c’était nouveau, c’était la première fois que je voyais une fille se caresser en réel devant moi-même si bien sûr je l’avais déjà vu dans des films érotiques. Aussi, je restai là quelques instants par simple curiosité. Simple curiosité oui, aucun voyeurisme et aucun désir trouble. Je pensais même que j’allais m’éclipser pour la laisser tranquille et que je reviendrai plus tard. Partir à petits pas de loup comme j’étais venue, sans rien dire pour qu’elle ne se sente surtout pas violée dans son intimité, et j’allais le faire… Mais tandis que je reculais, j’entends une voix qui me dit :
- — Excuse-moi Valérie, je suis désolée, j’aurais dû pousser le verrou pour faire ça.
Et je la vois qui se redresse lentement.
- — Euh ! Non, c’est moi, j’aurais dû frapper avant d’entrer.
Et comme je continue à reculer :
- — Non, reste, tu ne me déranges pas. D’ailleurs j’ai fini et je peux recommencer plus tard si j’en ai envie.
- — Je suis navrée, je t’ai tout coupé ma pauvre.
Elle éclate de rire.
- — Oh ! Arrête, ce n’est vraiment pas grave. Je ne t’ai pas choquée au moins ?
- — Non pas du tout, moi aussi ça m’arrive. (Ce qui était vrai, bien qu’assez rare j’en conviens !)
- — Et si on le faisait ensemble ? Tu penses à quoi quand tu le fais ?
Je suis très gênée car je n’ai pas trop l’habitude de ce genre de confidence, même à ma meilleure amie.
- — Euh ! À Damien… Je revois des scènes érotiques.
- — J’aimerais te demander quelque chose Valé mais je n’ose pas trop.
- — On est copines ou pas ?
- — Comme tu voudras ! Maintenant que tu m’as vue faire, est-ce que ça te gênerait beaucoup de me montrer comment tu fais toi, comme ça nous serions à égalité.
Je suis sous le choc, je n’ai pas imaginé ça, inutile de dire que je n’ai pas du tout envie.
- — Euh…
- — Si tu n’as pas envie dis-le-moi franchement, je ne t’en voudrai pas.
Malgré moi, presque à contrecœur, je me vois relever ma jupe et commencer à me caresser maladroitement par-dessus la culotte. Je suis hyper gênée, d’autant plus qu’elle me mate les yeux grands ouverts. J’essaie de m’appliquer. Sans grande conviction, j’écarte ma culotte et glisse mes doigts entre mes lèvres fines. Elle n’en perd pas une miette. De son côté, elle a relevé de nouveau sa robe et a recommencé à se caresser. Elle ne porte pas de culotte et sa petite chatoune est presque entièrement rasée avec simplement une petite touffe en haut. Elle est plus douée que moi en tout cas. En plus je suis stressée, coincée, je fais cela entièrement pour lui faire plaisir, mais pour ma part je n’ai aucun plaisir. Elle s’en aperçoit bien entendu.
- — Allez viens Valé, c’est juste pour rigoler, viens t’asseoir près de moi, si tu veux on arrête.
Je viens près d’elle tout en continuant à la regarder. En passant à ses côtés, je sens son odeur qui me monte au nez, qui me monte à la tête. L’instant d’avant impersonnelle, maintenant je suis troublée. Alors assise à côté, je recommence à me caresser mais cette fois pour de vrai, je me sens mouiller, j’ai envie de plaisir et surtout je ne peux pas me détacher de l’odeur qui émane de son fruit. Alors je fais quelque chose qui me semble insensé, je me penche sur sa chatoune et pose mon nez sur sa touffe. Je suis bientôt saoule de son odeur, saoule et complètement excitée, ma langue glisse entre ses lèvres, ma bouche l’aspire, j’embrasse ce fruit défendu dans cette union qu’on dit contre nature. Et au lieu de me dire que je suis folle et de me repousser, la voici qui tombe en arrière pour m’offrir toute son intimité. Et moi de la lécher au plus profond de son ventre et de chercher son bouton d’amour avec ma langue…
C’est ainsi que tout a commencé. Et depuis c’est presque tous les jours malgré nos vies de couple et nos occupations professionnelles. Nous nous arrangeons toujours pour nous retrouver, ne serait-ce que quelques minutes, nous ne pouvons plus nous en passer. Et pourtant aucune de nous deux n’avait eu la moindre expérience féminine avant cette rencontre. Nous avons peu à peu appris à mieux nous connaître, à apprécier nos réactions et à les domestiquer, à nous exciter mutuellement, en cherchant à nous donner le maximum de plaisir. Et vraiment ce sont des moments inoubliables.
Depuis, elle et son mari ont quitté la ville, alors on s’est écrit, on s’est téléphoné, puis les contacts se sont espacés, trop espacés, sa ligne ne répond plus, sans doute a-t-elle déménagé une fois de plus…
Je n’ai jamais remplacé Catherine, et n’envisage pas de le faire… Je me masturbe en pensant à elle
Si un jour tu lis ce texte, Cathy, je suis convaincue que tu te reconnaîtras. Je veux que tu saches que je n’ai jamais éprouvé autant de plaisir qu’avec toi et que tes caresses me manquent de trop, mon adorable petite chérie…
Related Post
Histoire Coquines - Penchant naturel
Femme de 45 ans, mariée, mère de deux enfants, ma vie avait toujours été très sage… Jusqu’à ma découverte de l’Internet. J’y passais de plus en plus de temps, parfois même des nuits entières tandis que mes gosses dormaient et que mon mari était au travail (Depuis quelques années, il avait trouvé un job de nuit, ce qui n’arrangeait guère notre vie de couple qui n’était déjà pas très florissante auparavant !). Au départ, je me contentais de surfer sagement mais c’est certain, plus le temps passait et plus je passais de temps à fouiller dans les sites coquins, avec une préférence, il faut bien l’avouer, pour les sites lesbiens. À plus de 40 ans, je n’avais pourtant jamais eu d’expérience dans ce domaine. Et soudain, la quarantaine passée, je me trouvais un goût soudain et bientôt immodéré pour les histoires de femmes, pour les fantasmes lesbiens, pour les photos cochonnes de femmes enlacées. Et j’en venais même à me masturber en cachette en reluquant tout ça, chose qui ne m’était non plus jamais arrivée. Des mois durant à me caresser en solitaire en m’imaginant dans les bras d’une de ces femmes.
Ensuite, j’ai “chatté” pour m’amuser, pour jouer évidemment un rôle de lesbienne. Je me faisais draguer souvent, presque tous les soirs et je coupais court au moment crucial, lorsque les choses sérieuses avaient une chance de commencer. Je ne me voyais jamais un jour passer à la réalité.
À la même époque, je m’étais inscrite dans un centre d’entretien physique et je passais en général trois demi-journées par semaine à entretenir mon corps. Je n’avais que cela à faire, élever mes gosses et rester à peu près convenable. J’y allais pour faire mes exercices et exécuter à la lettre un programme spartiate. Je n’étais vraiment pas du genre à me lier avec les autres et à m’en faire des copines. Bonjour, bonsoir, un petit sourire de compréhension mutuelle et nous rentrions chacune dans nos pénates, c’était beaucoup mieux ainsi. D’où mon grand étonnement le jour où j’aperçus cette femme en train de me regarder dans la glace tandis que je faisais mes exercices. Elle me regardait en plus avec un intérêt non dissimulé et une insistance presque malsaine. De quoi me faire fuir ! Aussi je détournai la tête, fort gênée car je l’imaginais continuant à me regarder. Très mal à l’aise, j’ai quitté prématurément la séance. Nos regards se sont croisés une dernière fois lorsque je me suis éclipsée. Du coup, je ne suis pas retournée à la salle de gym de toute la semaine, troublée que j’étais par cette curieuse expérience. Finalement, la fois suivante elle était présente à nouveau mais ne semblait vraiment pas s’intéresser à mon cas, à tel point que je me dis que tout ceci avait dû être le fruit de mon imagination.
Les semaines passèrent et à chaque fois ou presque je la remarquais, elle devait avoir à peu près les mêmes horaires que moi. Mais je dois dire qu’à aucun moment elle ne sembla, dans toute cette période, me porter le moindre intérêt. Et pourtant elle m’intriguait, et cette fois-ci, c’était moi qui n’arrêtais pas de la regarder, pour un oui ou pour un non, sous le prétexte futile de voir si elle n’était pas par hasard en train de me mater, alors que toute son attitude m’indiquait le contraire.
Elle était séduisante c’est certain. Sans doute un peu plus jeune que moi, plus fine et plus élancée, tellement bien faite que j’étais presque jalouse de sa beauté trop parfaite, une très belle blonde aux yeux bleus, avec un visage proche de la perfection, je n’aurais vraiment pas aimé que mon mari la rencontre un soir en boîte… Jalouse, oui, mais jalouse dans l’autre sens, jalouse parce qu’elle me troublait et que, quelque part, sans trop me l’avouer, j’avais envie d’elle. Et les jours et les semaines passaient. Désormais je fantasmais sur elle et il m’arrivait même de me toucher en pensant à elle. Je l’imaginais nue dans mes bras, nos corps tendrement enlacés, nos sexes et nos seins l’un contre l’autre et je prenais vraiment plaisir à cette évocation. Elle remplaçait astucieusement dans mes fantasmes toutes les photos vues sur le Net et se retrouvait dans les plus folles situations… de mon imaginaire…
Elle avait l’habitude, comme beaucoup d’autres femmes de prendre une douche et de se changer dans les vestiaires, alors que moi je rentrais directement à la maison. J’étais vraiment trop honteuse de mon corps pour faire de même, trop complexée aussi. Or, une journée particulièrement éprouvante de cet été caniculaire, j’étais pratiquement toute seule à la salle de gym, une des seules folles à faire du sport par ce temps-là. Inutile de préciser qu’au bout de quelques exercices, j’étais en nage ! Mes vêtements complètement détrempés me collaient à la peau, de larges auréoles sous les bras, sous les seins, dans le dos aussi. Et même pour faire les cinq cents mètres qui nous séparaient de notre pavillon, il me paraissait difficile de rentrer ainsi, il ne faut pas exagérer, tout de même ! Par chance, le vestiaire était pratiquement désert à cette heure, juste deux sacs qui appartenaient à des femmes qui venaient précisément d’arriver. Celles qui étaient venues avec moi en début d’après-midi étaient déjà, elles, toutes reparties. Aussi, je me décidai à me changer sur place et à prendre une douche rapide.
Ces douches communes… Mais quelle horreur ! Je venais juste de finir de me déshabiller et étais en train de régler l’eau à la bonne température lorsqu’elle est arrivée, fraîche et dispose et les cheveux mouillés, elle devait venir de la piscine, plus radieuse que jamais. Nos regards se sont croisés, elle m’a souri gentiment et je me suis mise à paniquer. Cette belle femme, féminine à l’excès, était tout simplement en train de se dévêtir en me regardant prendre ma douche. L’instant d’après elle était nue, entièrement nue face à moi, des proportions parfaites, elle évoluait sans aucun complexe. Et tout aussi naturellement, elle m’a rejoint sous la douche alors qu’elle n’en avait visiblement pas besoin. La proximité de son corps (elle était face à moi, à deux mètres) m’effrayait. Et elle devait le sentir car, au bout d’un moment, elle me dit gentiment :
- — Vous n’avez pas à être gênée, nous sommes entre femmes et nous sommes toutes faites pareil.
Sa voix était douce et profonde, étonnement rassurante. Je ne savais pas quoi dire et je ne savais plus quoi faire. J’avais envie de prendre mes jambes à mon cou mais d’un autre côté, je ne pouvais plus bouger, de peur qu’elle ne remarque les disgrâces de mon corps en mouvement. Des seins trop lourds, des fesses trop molles, ce n’était pas pour rien que je faisais de la gym, je cherchais à éliminer tous mes excès de gourmandise. Et c’est ce corps disgracieux qu’elle était en train de détailler avec affection.
- — Vous êtes très mignonne, continua-t-elle au bout d’un moment, avec une incontestable sincérité.
Je n’avais jamais rencontré un tel regard d’intérêt pour ma personne, à aucun moment de ma vie, même durant les premières années de mon mariage. C’était sans doute cela que l’on appelait “dévorer des yeux”, je ne savais plus trop bien où j’en étais, comment pouvait-elle donc trouver de l’intérêt à ce corps moche et difforme, et d’un autre côté tout ceci m’enchantait.
L’eau ne coulait plus : nous étions toutes les deux, nues, à nous regarder. Elle avait porté une de ses mains sur ses seins ronds parfaits et était tout simplement en train de se titiller les pointes. Je n’en croyais pas mes yeux, toutes ces images vues sur Internet étaient en train de me remonter à la tête. Et tout ce désir, toute cette chaleur entre mes cuisses, toutes ces pulsions si longtemps refoulées. L’instant d’après, elle s’était rapprochée, tout près de moi, sa main douce effleurait mes tétons. Ils n’avaient sans doute jamais été aussi durs, ce n’était pas raisonnable, je la laissais caresser mes seins lourds, les prendre entre ses doigts, les triturer selon son gré.
Je la laissais et, de fait, ne demandais que ça. Premier contact féminin, sa bouche qui se pose ses mes tétons, qui me mordille en me soupesant les seins… Divin et inespéré, je me sens tellement humide que j’ai peur de sentir fort. Mais déjà ses mains glissent sur mon ventre, déjà sa bouche cherche la mienne, déjà ses doigts glissent dans mon intimité, sensation divine d’une exquise douceur ! Ses doigts experts me transportent, des moments d’une intensité inoubliable, à tel point que j’en perds mes esprits. Elle aurait pu me faire faire n’importe quoi… Mais avec plus d’expérience, et surtout de self-control, elle s’est arrêtée au bon moment, quelques secondes avant qu’une autre femme ne fasse irruption dans les vestiaires. Elle m’a laissée là, vacillante, l’esprit complètement déconnecté, la tête dans les étoiles, et est retournée saluer l’autre femme. Je suis revenue derrière elle, à sa suite, sans savoir trop ce que je faisais. Je me suis rhabillée lentement, tardant à reprendre mes esprits. Les deux femmes parlaient mais je n’écoutais pas. Je n’arrivais plus à me concentrer.
Je me suis retrouvée dans la rue, à marcher vers nulle part. Elle était à mes côtés, elle me tenait par le bras, toute vibrante et collée bien à moi. Elle m’entraînait je ne sais où, dans un immeuble cossu de l’autre côté du boulevard. Nous nous sommes retrouvées dans la moiteur de son appartement, dans une chambre aménagée avec grâce. Sur des draps de soie, le lit défait, sa bouche frénétique décrivait mes courbes et me faisait vibrer de toutes parts. Une douce féminité, mélangée à des pulsions canines l’incitant à me griffer par moment et à me mordre, pour exciter tous mes sens. S’acharnant un instant sur mes tétins, l’instant d’après aspirant mes aisselles, inspectant méthodiquement chaque parcelle de mon corps pour déceler mes réactions. Et enfin, lorsqu’elle posa sa bouche entre mes cuisses, j’étais déjà prête à jouir. Et j’ai joui dans sa bouche, par sa bouche, une sensation d’absolu que je n’avais jamais éprouvée dans ma vie, une jouissance énorme, totale, qui allait définitivement m’orienter vers les femmes…
Cette après-midi-là fut fort longue, fort chaude, torride ! ! ! La chaleur de nos corps enfiévrés se mélangeait à celle de l’atmosphère étouffante. Mais pour rien au monde je ne voulais arrêter. Je savais pourtant que ce n’était pas très raisonnable de ma part, que mes enfants allaient m’attendre, que mon mari allait s’inquiéter, que peut-être il me demanderait des comptes, mais rien ne pouvait me convaincre… C’est presque elle qui dut me mettre à la porte, elle avait son frère pour dîner…
Related Post
Histoire Coquines - Virginie
CHAPITRE 1 : VIRGINIE
Tout a commencé ce jour où je suis rentrée en avance.
Non.
On ne peut pas commencer par là.
Tout a commencé le jour de notre emménagement, alors ?
Non plus.
Commençons par le tout début : Moi.
Après tout, je suis la narratrice et le personnage principal à la fois, autant que vous sachiez tout de suite qui je suis.
Je m’appelle Melissa Belnato, mais la plupart des gens que je connais m’appellent Mely. Ou Mel, mais c’est plus récent, et pour le moment réservé à une seule personne. Mais je ne vous en dirai pas plus pour le moment, vous l’apprendrez bien assez tôt.
J’ai de longs cheveux bruns que j’attache la plupart du temps en queue de cheval et des yeux noisette qui me valent généralement un certain succès. Ma peau est lisse et bronzée. C’est probablement dû à des origines méditerranéennes, on m’a souvent dit que mon nom était italien. Ou espagnol, parfois, mais ça me paraît moins probable. Certains vont même jusqu’à me parler de grec ou de portugais. Mais je m’éloigne du sujet. On m’a souvent dit que j’avais un très beau visage, et je pense pouvoir dire que c’est vrai.
Je suis plutôt petite, un mètre soixante, et assez fine et élancée, mais dotée d’une poitrine légèrement trop large à mon goût, ce qui n’est pas pour déplaire à la plupart des garçons que je croise et n’a jamais été un handicap pour en trouver un quand j’en avais besoin, bien que ce passe-temps ne fasse plus partie de mes préoccupations principales à l’heure actuelle. En attendant, le reste du temps, c’est plus un poids qu’autre chose. Si on descend, on trouve une taille fine puis un joli petit cul. Pour terminer, j’ai des jambes relativement longues, comparées au reste de mon corps.
Vous devez penser que je ne me préoccupe que de mon apparence, après avoir lu ces lignes. C’est vrai que je suis un brin narcissique et que je passe pas mal de temps à m’occuper de mon corps, mais je cultive aussi mon esprit. J’adore la littérature, le cinéma, l’art, les documentaires… et c’est justement pour cela que j’avais décidé de faire des études de journalisme, sans savoir encore à quelle branche de la profession me destiner dans l’avenir.
Avec mon petit copain de l’époque, Fabien, on avait décidé de prendre un appart ensemble pendant nos études. Fabien est un garçon grand, blond, bien bâti, plutôt mignon et bon vivant mais, comme je le découvris plus tard à mes dépends, bourré de préjugés et d’idées reçues et assez macho. Cela dit, au début de cette affaire, nous filions le parfait amour.
Nous avions trouvé un appart dans un quartier populaire de la ville. Sans aller jusqu’à dire qu’il soit malfamé, il n’était pas toujours bien fréquenté et il valait mieux éviter de sortir tard le soir, surtout pour une fille. Mais le loyer n’était pas cher et l’appart vivable. Ça a suffi à nous convaincre d’emménager. Cela dit, je pense que Fabien avait été pas mal motivé par notre rencontre avec la voisine, lors de notre première visite.
Elle est sortie de son appart au moment où nous entrions dans celui qui deviendrait le nôtre, mais cette brève entrevue suffit à provoquer l’excitation de mon mec. Des cheveux blonds qui lui cascadaient dans le dos jusqu’aux reins, deux yeux vert émeraude pleins de vie, des lèvres pleines étirées en un sourire franc et joyeux que j’ai vite appris à connaître, tant elle semble incapable de s’en défaire dans presque toutes les situations, et des dents si blanches qu’on la croirait sortie d’une pub pour dentifrice, le tout dans un visage aux traits harmonieux et délicats. Légèrement plus petite que moi, et dotée d’une poitrine encore plus « généreuse » et d’une adorable petite paire de fesses qui ce jour-là se trémoussait dans un mini-short en jean du genre qui a le don d’hypnotiser les mecs et de faire se dresser leur serpent encore mieux qu’une flûte de fakir. Elle nous a simplement dit un « Bonjour » accompagné d’un de ces sourires irrésistibles dont elle a le secret et a posé sur notre couple un regard appréciateur qui ne me dit rien de bon, puis est partie en coup de vent avant que le regard de Fabien n’ait réussi à traverser son tee-shirt blanc au niveau de la poitrine. Il brûlait tellement qu’il n’aurait pas tardé à y arriver, si elle s’était attardée. J’appris plus tard que cette jeune fille s’appelait Virginie Brivelonce et était en deuxième année à la fac de lettres modernes.
Le soir même, j’ai demandé à Fabien si notre future voisine lui avait plu. Il m’a répondu avec l’hypocrisie typique du mâle moyen que j’étais la seule qui puisse lui plaire et qu’il n’avait même pas fait attention à elle. Plus tard dans la soirée, alors que nous faisions l’amour, j’ai brusquement arrêté ce que j’étais en train de faire et lui ai reposé la question. Il a été forcé de reconnaître la vérité avant que je ne m’y remette.
Quelques jours plus tard, nous avons emménagé. Virginie a proposé de nous donner un coup de main, ce qui nous a permis de faire un peu plus connaissance. J’étais assez méfiante à cause de sa façon de nous regarder, Fabien et moi, et parce que si je ne pensais pas que mon mec m’ait déjà trompée, je ne l’avais encore jamais vu autant excité par une autre fille, et je ne pouvais dire si elle tenterait de le séduire, ni si elle avait des chances d’y parvenir. Elle s’est pourtant montrée très gentille, serviable et énergique, bien qu’un peu maladroite, ou peut-être trop motivée pour se rendre compte que certains cartons étaient trop lourds et trop fragiles pour elle. Quoi qu’il en soit, durant la semaine qui suivit, Fabien et moi avons dû manger dans des bols, le temps de trouver de nouvelles assiettes. Ce qui ne nous a pas empêchés de bien rigoler et d’offrir un verre à Virginie pour la remercier de son aide. Il faut dire que sa maladresse l’avait tellement perturbée que nous nous sentions encore plus coupables qu’elle, de l’avoir laissée faire.
Puis nous avons dû reprendre les cours, l’un après l’autre. Fabien était en fac de droit et n’avait donc pas les mêmes horaires que moi. Du coup, je passais une bonne partie de mon temps à me demander ce qu’il faisait au même moment, ce qui n’améliorait pas mon attention en cours, ni d’ailleurs mes relations avec Virginie. Elle avait beau être gentille, gaie, pétillante et pleine d’humour, je ne pouvais m’empêcher de la traiter avec une certaine froideur, ce qui semblait l’affecter plus que ça n’aurait dû. Si j’avais été plus attentive, j’aurais déjà dû avoir la puce à l’oreille, mais j’étais trop occupé à surveiller Fabien. Si j’avais su à quel point c’était inutile, je me serais probablement sentie ridicule.
Finalement, un jour, Virginie est venue me voir et m’a demandé si elle m’avait fait quelque chose qui m’avait déplu, pour que je la traite ainsi. Sans vraiment savoir pourquoi, je lui ai répondu que je la trouvais insupportable et complètement stupide. J’ai même déclaré que je la détestais. Elle m’a écoutée lui dire les pires horreurs jusqu’à ce que je ne trouve plus rien à ajouter. Elle est restée un moment comme ça, un peu perdue, puis a fondu en larmes et a couru se réfugier chez elle. J’avoue avoir été injuste et pourrie avec elle, mais à ce moment-là, je n’étais déjà plus dans mon état normal à cause de mes échecs à l’école de journalisme et de mes doutes sur la fidélité de Fabien. Je me suis immédiatement sentie coupable, mais j’étais trop bornée et sûrement trop stupide pour aller lui présenter des excuses. Les jours qui suivirent, elle fit tout pour nous éviter, Fabien et moi. Ce dernier, ignorant tout de ma crise de nerf, ne comprenait rien à la situation, mais je n’avais pas le courage de lui avouer.
Et puis un jour, en novembre, tout a changé. Le stress accumulé durant les dernières semaines a eu raison de moi et j’ai fait une crise d’angoisse en plein cours. On m’a conduite à l’infirmerie, et finalement, après m’avoir pris la tension, l’infirmière m’a ordonné plus que conseillé de rentrer chez moi pour me reposer. Ensuite, c’est le trou noir. Je me suis retrouvée dans mon appart sans savoir comment et, trop fatiguée pour me poser des questions, me suis affalée sur mon lit. Fabien n’était pas encore rentré, je n’avais personne à qui parler. Je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps. Quelque chose me pourrissait la vie et je n’arrivais pas à m’en débarrasser. J’étais épuisée, lessivée, et surtout complètement seule. En larmes, je me suis enfoncée la tête dans l’oreiller et l’ai serré dans mes bras. Je sentis soudain quelque chose d’étrange sous mes doigts. Je retirai ma main et découvris un string rose, qui de toute évidence ne m’appartenait pas.
Instantanément, la tristesse se changea en surprise, la surprise en certitude, la certitude en rage. Je saisis le string, sortis de mon appartement, fulminante et allai me planter devant la porte de Virginie. Je donnai un violent coup de pied dedans, sans savoir si j’espérais la casser ou simplement passer mes nerfs dessus. Je poussai un cri de douleur en me rendant compte que finalement, les portes de cet immeuble, c’était pas de la pâte d’amande. J’ai attrapé ma jambe douloureuse pour la masser, mais ne réussis qu’à me déséquilibrer et à tomber. Je me suis donc rattrapée à la poignée dans ma chute. Ce qui m’a permis de me rendre compte que le verrou n’était pas mis sur la porte. Je me suis étalée de tout mon long au milieu de l’appartement.
J’ai relevé la tête en fulminant et ai enfin aperçu Virginie. Elle était assise sur sa banquette, les genoux ramenés sous le menton, un bol de céramique dans une main et une paire de baguettes dans l’autre, des nouilles japonaises pendant de sa bouche et ses yeux verts écarquillés de surprise. Elle portait un immense pull-over rouge dont ne dépassaient que ses pieds, sur lesquels elle avait enfilé des chaussettes à rayures multicolores avec les orteils séparés. Malgré ma fureur, je n’ai pas pu m’empêcher de graver cette image dans ma mémoire. Elle était tellement drôle et en même temps tellement touchante que si je ne devais garder qu’un seul souvenir de ma vie, ce serait celui-là que je choisirais sans hésiter.
Mais sur le moment, j’étais trop énervée pour rire. J’allais me relever, quand Virginie a bondi, s’éclaboussant au passage avec le contenu du bol, et a foncé sur moi en lâchant tout ce qu’elle avait dans les mains pour venir m’aider.
- — Tu t’es fait mal, Melissa ?
Ignorant sa main, je me suis relevée d’un bond et ait brandi le string sous son nez en hurlant :
- — C’est quoi ça ?
Elle recula et me regarda avec des yeux écarquillés, et finit par répondre :
- — Bin… Ça m’a tout l’air d’être un string.
- — Te fous pas de moi, je sais très bien ce que c’est ! ce que je te demande, c’est qu’est-ce que ce string foutait chez moi, sous mon oreiller ?
- — J’en sais rien, je suis pas ta femme de ménage. Si tu laisses traîner tes affaires n’importe où, c’est pas mon problème.
- — Justement, c’est pas mon string. Est-ce que tu peux m’expliquer ça ?
- — Oh… Tu y tiens vraiment ?
- — Putain, mais arrête un peu de me prendre pour une conne ! Tu crois que j’ai pas remarqué les regards que vous vous faites, Fabien et toi ?
- — Hein ? fit-elle, réellement surprise.
- — Je m’en suis rendue compte dès le premier jour ! Je savais que c’était juste une question de temps avant que vous passiez à l’acte ! Et maintenant, je trouve ça dans mon lit ! Vous vous cachez même plus !
Un long silence s’installa. Nous sommes restées immobiles toute les deux, le string pendouillant dans ma main, pendant une bonne dizaine de secondes. Virginie brisa enfin le silence.
- — Melissa, regarde un peu autour de toi.
Ce fut à mon tour de reculer sous la surprise. Je mis quelques secondes à comprendre ce qu’elle voulait dire et à détacher mes yeux d’elle pour faire le tour de la pièce du regard. Ce que je vis me stupéfia. Les murs étaient couverts de photos de femmes, plus ou moins habillées, seules, par deux ou en groupes, en couleur ou en noir et blanc, sages ou impudiques, parfois provocantes, blondes, brunes ou rousses, blanches, noires ou asiatiques, anonymes ou célébrités. Que des photos ou des dessins de femmes, jeunes et belles, allant de la simple pose à la scène d’orgie en passant par le nu artistique. Il y avait aussi des posters et des images de mangas. Un véritable musée dédiée à la femme dans toute sa splendeur, et où l’homme serait banni.
Virginie me laissa contempler la scène un moment avant de déclarer.
- — Pas la peine de t’en faire, j’ai jamais eu l’intention de te piquer ton mec. Pour tout dire, il aurait plus d’inquiétude à se faire que toi.
Je rougis instantanément, à la fois de honte, de gêne et de confusion, et eut un mouvement de recul que Virginie dut interpréter comme de la répulsion, ce qu’elle devait déjà bien connaître.
- — T’inquiète pas, ajouta-t-elle, affichant toujours son large sourire, mais dans lequel je remarquais pour la première fois plus de cynisme et d’ironie que de joie et de franche gaieté. Je suis lesbienne, c’est vrai, à cent pour cent et depuis longtemps, mais ça ne veut pas dire que je vais sauter sur la première fille qui passe. C’est vrai que quand je couche, c’est pour le plaisir plus que pour la survie de l’espèce, mais je pense que c’est le cas de la plupart des hétéros, et ça n’en fait pas pour autant des nymphos.
Comme je ne répondais rien et ne bougeais pas, elle continua :
- — Et puis faut pas croire, c’est pas parce que des filles couchent ensemble que c’est qu’une histoire de cul. Y a pas que ça dans la vie, les sentiments ça existe, et c’est souvent plus important que le reste dans un couple, que ce soient deux mecs, deux filles ou un mix. Bien sûr, y a des filles qui se mettent ensemble que pour le cul et qui ressentent rien pour celle avec qui elles sont, à part physiquement. Mais perso, je pourrais pas supporter ça. Je choisis pas mes copines comme un steak pour midi, si tu vois ce que je veux dire. Et c’est valable pour toi. T’as pas l’air dans ton assiette, depuis que tu sais ce que je suis. C’est vrai, t’es une fille super canon, et c’est arrivé qu’on déconne bien ensemble, et c’est vrai que quand je t’ai rencontrée, je me suis dit que si il devait se passer quelque chose entre nous, c’est pas moi qui dirait non. Mais tu vois, j’ai un peu appris à te connaître, et t’es vraiment pas le genre de nana que j’apprécie, enfin, surtout, pas le genre avec lequel je voudrais me mettre en couple…
- — Oh… parvins-je à bredouiller après avoir laissé Virginie débiter ce flot de paroles ininterrompues. Et… euh…
Virginie avait d’abord parue vexée, ou plutôt déçue, que je lui coupe la parole alors qu’elle n’avait probablement pas fini, mais devant mes difficultés, elle se ravisa et me lança un sourire encourageant. Je la regardais dans l’espoir d’y puiser la volonté de continuer. Maintenant qu’elle était debout, on avait l’impression qu’elle nageait dans son grand pull-over rouge, qui lui arrivait sous les genoux et dont les manches étaient trop longues pour ses bras menus qui ne devaient pas dépasser l’emplacement prévu pour les coudes. Ses jambes nues sortaient d’un côté, et sa tête de l’autre. Elle ressemblait à une petite fille fragile et perdue, ainsi. Mais en même temps, il émanait d’elle une confiance et une innocence qui me rassurèrent.
- — Virginie… je… je suis désolée. Je me suis faite de fausses idées et… enfin… Désolée, j’ai tendance à me fier un peu trop à ce que je crois voir. Je pensais… enfin, désolée de m’être emportée, tout à l’heure. Et puis aussi de t’avoir fait pleurer la dernière fois. Et surtout de m’être montrée si… désagréable… tout ce temps… Je pensais… enfin, je pensais que tu…
- — Que je me tapais ton mec dans ton dos ? C’est vrai que j’ai remarqué qu’il avait tendance à me mater un peu ouvertement, et que plusieurs fois, il m’a limite allumée. Mais j’ai un peu déclenché tout ça, en fait. La première fois que je vous ai vus, j’ai vraiment trouvé que t’étais une bombe, et j’ai jamais vraiment réussi à cacher tout à fait ce que je ressentais. Mais comme il était juste à côté, vous avez tous les deux mal compris mon regard. Je dois avouer que j’sais pas comment je fais, mais j’ai tendance à m’attirer la réputation d’allumer les mecs des autres filles. Dans le meilleur des cas.
- — Et dans le pire ? ne pus-je m’empêcher de demander.
- — D’allumer les copines des mecs. Ce qui, je précise, n’est jamais arrivé, ajouta-t-elle avec empressement devant la tête que je fis.
- — Quoi qu’il en soit, je suis vraiment désolée. Je… je te demande pardon.
- — Bah, c’est oublié. Et puis je dois te remercier, si je m’étais pas rendue compte que t’avais un caractère de chien, j’aurais peut-être pour la première fois de ma vie essayé de draguer une fille déjà casée.
Elle éclata soudain de rire, ce qui me surprit tout d’abord, puis me rassura. Je finis par rire avec elle, même si, en d’autres circonstances, j’aurais trouvé la plaisanterie de mauvais goût.
- — Enfin, quoi qu’il en soit, ajouta-t-elle en reprenant soudain son sérieux, ça résout pas le problème de départ. Si t’es là, c’est parce que ton mec se fait des fantasmes sur moi.
- — Oui, enfin, au point où on en est, je crois que c’est pas le pire, fis-je remarquer en lui présentant le string d’un air pitoyable.
- — Mais c’est peut-être à cause de moi que c’est parti. Je veux pas avoir l’air prétentieuse mais ce sera pas la première fois. Un mec casé fantasme sur une nana qui n’est pas la sienne, et comme il arrive pas à l’avoir, il va voir ailleurs. Réfléchis, est-ce qu’avant de me rencontrer il avait l’air de s’intéresser aux autres filles ?
Je n’eus pas besoin de me poser la question longtemps.
- — Jamais, c’était pas son genre. Il disait tout le temps qu’il attendait autant de fidélité de moi que je pouvais en attendre de lui, et il me l’a jamais ressorti depuis qu’on est ici. S’il m’avait trompée, à l’époque, je m’en serais rendue compte, ou alors j’étais soit aveugle, soit conne.
- — Je pense que t’es aucun des deux. Mais s’il te trompe, à mon avis, c’est en attendant d’arriver à m’avoir. Il a d’abord essayé pour être sûr qu’il pouvait y arriver, et puis ensuite parce qu’il commençait à trouver ça cool. Peut-être qu’une nana qui sait qu’elle n’aura un mec qu’une nuit est prête à lui faire plus de choses que si elle pense pouvoir le garder encore, tu crois pas ? Enfin bref, je pense qu’il s’arrêtera pas tant qu’il aura pas eu ce qu’il voulait ou qu’il se soit rendu compte qu’il y arriverait jamais. À moins qu’il soit déjà devenu accro.
- — Tu vas quand même pas me dire qu’il faut qu’il couche avec toi pour que tout s’arrange ?
- — Ça va pas ??? c’est dégueulasse, c’est un mec !!!
Je la regardais d’un air surprise.
- — Pardon, reprit-elle. J’ai des réactions bizarres, des fois. Tu comprendrais mieux si tu me connaissais vraiment bien, et ça m’étonnerait que tu veuilles.
- — Mais si, enfin ! Je suis désolée pour ce que je t’ai dit avant, j’étais jalouse. Et pour rien, en plus !
Elle me regarda un instant, comme pour essayer de déchiffrer ce qui était écrit dans mes yeux, et si c’était un mensonge ou de la vérité, puis elle déclara lentement.
- — Non, je ne pense pas que tu le veuilles. Maintenant, tu peux le dire et même le penser, mais quand tu en sauras plus, tu changeras d’avis, et ce sera trop tard.
Je fus surprise par la gravité de ses paroles. Était-ce la même fille qui, d’habitude, paraissait si insouciante et désinvolte ? Celle qui se tenait devant moi me parut bizarrement marquée et durcie par la vie, comme une pierre laissée aux vents et marées. Mais cette image disparu lorsqu’elle reprit la parole de son ton joyeux.
- — Ce que je voulais dire, en fait, c’est qu’il faudrait faire comprendre à Fabien que je suis pas une fille pour lui, et pour ça, je crois qu’on devrait pas avoir trop de problèmes.
- — Tu veux que je lui dise que tu es lesbienne ? m’étonnais-je.
- — Non, ça suffirait pas. Il te croirait pas, pas assez en tout cas, et ça risquerait même de l’exciter davantage. Et je te parle même pas de ramener une copine pour que je l’embrasse devant lui, y a rien de mieux que ça pour qu’un mec s’imagine que les deux filles ont désespérément besoin de lui parce qu’elles pourraient rien faire sans « un vrai gars ».
Elle avait dit ces trois derniers mots en prenant une voix exagérément grave et qui aurait pu effrayer un bûcheron, ce qui me fit pouffer malgré moi.
- — Finalement, mon humour te plaît plus que je croyais. Je me suis peut-être trompée sur toi, va falloir que je te remette vite fait avec ton mec, sinon je risque de te violer sur place. Je plaisante, enfin ! Pas la peine de faire cette tronche ! Bref, je pense que le mieux pour qu’il arrête de se faire des idées sur moi, c’est que je vous invite à bouffer. Et ce soir même, ce serait le mieux. Je fais des super spaghettis, tu sais ?
- — Hein ?
- — Bin oui, des spaghettis, les pattes jaunes, allongées, toutes fines, tu dois déjà en avoir mangés, non ?
- — Non, je veux dire, pourquoi nous inviter à manger ? Ça va changer quoi ?
- — Regarde encore cette pièce.
Je fis de nouveau le tour de la pièce du regard et souris, comprenant où elle voulait en venir.
- — Que des filles qui savent se débrouiller sans mecs, confirma Virginie. Ils sont même tellement absents que le premier à entrer dans cette pièce se sentirait exclu direct. De quoi calmer les fantasmes de la plupart des pervers amateurs, je pense pas que son obsession y survivra.
- — Virginie, t’es géniale ! m’exclamais-je en me jetant dans ses bras.
Avant même de comprendre ce que je faisais, je déposais un baiser sur sa joue. Nous nous figeâmes instantanément et sommes restées immobiles quelques secondes. Ou quelques siècles, je ne sais plus. Je ne sentais plus que sa respiration lente qui faisait remonter sa poitrine et la collait à la mienne, à travers les épaisseurs de tissus et de laine que nous portions, et la peau nue de son visage sous mes lèvres. Je rompis brusquement le contact, reculant de quelques pas.
- — T’es sûre de vouloir le garder, ton mec ?
Je sentis une note d’espoir derrière sa tentative d’humour, si mal placée d’ailleurs qu’on ne pouvait se tromper sur le sérieux de la question. Elle était presque aussi rouge que son pull, et je pense que je ne devais pas être très différente à ce moment-là.
- — Je crois que c’est mieux comme ça, répondis-je d’un ton mal assuré.
Le silence s’installa entre nous.
- — À ce soir, alors, finit-elle par dire.
- — À ce soir, répondis-je en lui tournant le dos, de plus en plus confuse.
- — Attends, tu oublies quelque chose !
Je me retournais et la vis me tendre le string que j’avais dû lâcher à un moment donné.
- — En tout cas, ton mec te trompe avec des filles qui ont des sales goûts. Le rose, c’est vraiment à gerber.
Dès que Fabien rentra à la maison, je lui fis part de l’invitation de Virginie. Il sembla aussi surpris par la nouvelle que par mon enthousiasme, mais dut se contenter de penser qu’on avait arrêté nos chamailleries de filles, et surtout que c’était l’occasion rêvée de se rapprocher de la petite voisine blonde à forte poitrine sur laquelle il fantasmait depuis pas mal de temps déjà. Peut-être même a-t-il envisagé l’éventualité d’un plan à trois. Durant lequel, évidement, il aurait été le centre des attentions des deux demoiselles à son service.
Vous l’aurez compris, il ne fut pas très dur à convaincre.
Nous avons tous deux attendu le soir avec impatience, chacun pour ses propres raisons, et nous sommes présentés chez Virginie avec un quart d’heure d’avance. Lorsque je frappais à sa porte, j’entendis un bruit de course qui laissait supposer sa propre impatience, puis elle s’empressa de déverrouiller la porte. Apparemment, elle ne tenait pas à ce que quelqu’un entre de la même manière que je l’avais moi-même fait dans l’après-midi. La porte s’ouvrit d’un coup et elle me sauta dans les bras pour me faire la bise. C’était rapide et baveux, et j’avoue avoir été surprise, si ce n’est effrayée, par cette vivacité. Fabien lui-même avait reculé d’un pas devant cette furie. Il n’échappa pas non plus aux effusions de Virginie, bien qu’elle se soit peut-être montrée un peu moins chaleureuse.
Virginie nous attrapa ensuite chacun par un bras et nous tira dans son appartement en riant. Je me tournai vers Fabien pour voir quelle expression il allait faire. Je ne fus pas déçue. Il fut d’abord surpris par ce qu’il vit, puis il sourit, pensant y voire une invitation, puis le doute s’insinua dans son esprit jusqu’à devenir lisible sur son visage, alors qu’il regardait plus attentivement les photos et enfin il parvint à ses conclusions. Il s’assombrit brusquement. Je jubilais, en mon for intérieur, de voir ses fantasmes anéantis, sans me douter de ce qu’allaient entraîner ses découvertes.
- — Eh bin on va fêter ça ! s’écria Virginie.
La soirée se passa plutôt bien. Les spaghettis de Virginie étaient effectivement excellents, et elle n’arrêtait pas de plaisanter et de faire l’andouille, ce qui déclenchait toujours des éclats de rire de ma part, et des grommellements venants de Fabien. Celui-ci, malgré les efforts de Virginie, ne se déridait pas et semblait la traiter comme une pestiférée. Il trifouillait dans les pattes avec suspicion et ne levait pas le nez de son assiette. Son attitude semblait troubler la blondinette. Je la mettais pour ma part sur le compte de la jalousie et me disais que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Lorsque nous repartîmes, Fabien semblait énervé par quelque chose, et Virginie inquiète au plus haut point. Moi, de mon côté, je me méprenais sur les raisons de leur attitude à tous deux et étais folle de joie que notre plan ait marché. Mon petit copain semblait guéri de son obsession pour la voisine.
Une fois dans notre appartement, je me jetai sur le lit et soupirai. Fabien, lui, était toujours dans la cuisine, faisant face à la porte. Il demanda soudain d’un ton abrupt :
- — Ça fait combien de temps ?
- — Combien de temps que quoi ? répondis-je en m’étirant.
- — Combien de temps que tu te tapes la voisine.
Il y avait dans sa voix une froideur que je n’avais jamais connue. Je me relevais d’un coup et le regardait, l’air éberluée.
- — Qu’est-ce que tu racontes ?
- — Arrête de te foutre de moi. Tu crois que j’ai rien vu ? Il aurait fallu être aveugle. Toutes ces photos sur les murs, ça laisse pas beaucoup de doutes sur ce par quoi cette fille aime se faire passer sur le ventre. Et toi, tu as pas eu l’air étonnée. C’était pas la première fois que tu allais chez elle, hein ?
- — C’est vrai, mais ça veut rien dire !
- — Peut-être. Mais la façon qu’elle a eu de t’embrasser, quand on est arrivés, les regards que vous vous êtes faits toute la soirée, les sourires, ça, ça veut tout dire.
- — Putain mais t’es malade ! tu crois quand même pas que…
- — Oh si, je crois que ! J’en suis même sûr !!!
Il avait crié si fort que les portes tremblèrent. Je reculais, effrayée.
- — C… calme-toi, Fabien, parvins-je à bégayer.
- — Me calmer ? alors que ma meuf baise dans mon dos avec une salope de gouinasse ??? hurla-t-il derechef.
Je n’avais encore jamais vu Fabien aussi énervé. La terreur me clouait sur place.
- — Mais…
Il poursuivit, toujours hurlant :
- — Et vous me prenez pour un con, en plus ! Vous vous êtes quasiment sautées dessus sous mon nez, et vous croyiez que j’avais rien remarqué ?
- — Mais enfin, Fabien…
- — Ne me parle plus ! je veux plus t’entendre !
Il se jeta soudain sur moi, me dominant de toute sa taille, et leva le bras pour frapper. Je tentai vainement de me protéger de mes mains et baissai la tête, attendant que le coup vienne. Mais rien ne se passa. Je relevai les yeux, surprise. Fabien, me tournait le dos, il semblait s’être calmé. J’essayai de m’approcher de lui, mais avant que j’aie pu dire un mot, il lâcha froidement :
- — Prends tes affaires et vas-t’en.
- — Quoi ?
- — Barre-toi, connasse ! Va retrouver ta gouine et fous-moi la paix !
Fabien ouvrit mon armoire, jeta un sac sur le lit et commença à sortir mes affaires violemment. Je n’osais faire le moindre geste. Il ferma finalement le sac, me le jeta dans les bras, m’attrapa sous l’épaule et me balança dans le couloir, puis ferma violemment la porte dans mon dos.
Je fondis en larmes. Je venais de me faire virer de mon appart par mon petit copain à cause d’un stupide malentendu, et je n’avais sûrement aucune chance de le récupérer. Mais surtout, ses paroles m’avaient blessée. Il m’avait insultée, méprisée, et rabaissée plus bas que terre. Et maintenant, j’étais perdue, je ne savais plus quoi faire. J’étais recroquevillée dans l’allée, misérable, serrant le sac contre moi comme si ma vie en dépendait. Tout ce que je possédais se trouvait là-dedans, je n’avais nulle part où aller, personne auprès de qui me réfugier…
Je sentis soudain une présence chaude contre moi. Deux petits bras menus m’entourèrent les épaules et une joue chaude se colla à mon visage couvert de larmes. Je levais les yeux et croisait un regard vert émeraude dans un visage désolé et compatissant. Sans vraiment réfléchir, je la repoussais. C’était sa faute, si j’en étais arrivée là. Si je ne l’avais pas rencontrée, si je n’avais pas suivi ses conseils… En réalité, j’étais trop désespérée pour m’en sortir sans une personne à haïr, et encore trop sous le choc pour en vouloir à Fabien. L’esprit humain est décidément bien complexe. Mais Virginie ne se laissa pas intimider et me reprit à nouveau dans ses bras, chuchotant des paroles réconfortantes à mon oreille et caressant doucement mes épaules. Je n’ai jamais compris pourquoi, quand une fille pleure, une autre vient toujours lui caresser l’épaule, et le pire c’est que ça marche. Je me sentis subitement à nouveau en confiance avec elle et me jetai dans ses bras pour pleurer au creux de son cou. Je dus la broyer entre mes bras, mais elle ne sembla pas gênée outre mesure et continua de me chuchoter des mots rassurants à l’oreille. À vrai dire, j’étais trop bouleversée pour entendre ce qu’elle disait et elle aurait pu aussi bien parler de la culture des petits pois, la seule chose qui comptait était le ton sur lequel elle le disait.
Sans trop savoir comment, je me retrouvai seule assise sur sa banquette, mon sac à mes pieds, à me demander où était passée Virginie. Elle revint au bout de quelques instants avec une tasse fumante qu’elle me fourra dans les mains. Je notais au passage qu’elle portait de nouveau son pull-over rouge et qu’elle était jambes nues, et malgré mon état, je ne pus m’empêcher d’être attendrie par cette image d’une jeune fille vêtue juste d’un pull, portant une tasse fumante entre ses deux mains protégées par la laine rouge des manches trop longues. C’est-ce genre d’images simples de Virginie que je ne pouvais m’empêcher de remarquer et de conserver dans ma mémoire.
Je portai mécaniquement la tasse à mes lèvres et sentis un liquide chaud et doux descendre dans ma gorge et réchauffer aussi bien mon corps que mon esprit embrumé. Je me rendis compte, alors, que Virginie était assise à côté de moi et s’efforçait d’essuyer mes larmes à mesure qu’elles apparaissaient.
- — Je suis désolée, j’aurais dû prévoir, murmurait-elle à mon oreille. Il a pas réagi comme on pensait, je suis désolée. Je m’en suis rendue compte quand il est rentré, mais c’était trop tard.
- — Ne t’excuse pas, parvins-je à articuler. Tu pouvais pas savoir.
- — Allez, pleure pas va, chuchota-t-elle d’un ton apaisant en me prenant la tête pour caresser mes cheveux. Si un mec est capable de faire pleurer une fille, il peut pas en valoir la peine. Il t’a trompée, il t’a insultée, il t’a chassée. C’est qu’un connard, oublie-le.
- — Mais c’est pas si simple, protestais-je faiblement.
- — Bien sûr que c’est simple. Cite-moi une chose chez lui que tu vas regretter.
Je réfléchis un moment. Devant mon silence, Virginie continua :
- — Tu vois, tu devrais pas sortir avec un mec qui peut rien t’apporter. Tu mérites mieux que ça. S’il te laisse aucun souvenir qui puisse justifier le fait que vous ayez été ensemble, ça aura servi à rien.
Je repensais soudain à toutes les fois où Fabien avait semblé peu impliqué dans notre relation, ses lâchetés, ses mesquineries, son désintérêt total de tout ce qui pouvait me concerner, toutes ces choses que je lui pardonnais sans y penser quand je croyais que nous nous aimions. Non, décidément, il n’avait jamais été un bon compagnon. Cette pensée fit ralentir le flot de larmes qui coulait sur mon visage. Puis le nom de quelqu’un d’autre résonna dans mon esprit. Quelqu’un qui avait toujours su faire preuve de gentillesse, d’humour, qui s’était toujours montré serviable quand on en avait besoin et qui était d’un grand secours dans les moments critiques.
- — Je suis désolée, Virginie, soufflai-je.
- — De quoi ?
- — De m’être montrée aussi odieuse à plusieurs reprises, de m’être faite une fausse idée de toi, et puis maintenant je m’impose chez toi, alors que tu dois avoir autre chose à faire.
- — Tu n’as pas à t’excuser, tu sais. Tout ce que j’aurais pu te reprocher je te l’ai déjà pardonné. Et pour ta présence chez moi, c’est moi qui t’ai demandé de venir, et j’aurais été bien plus vexée que tu refuses.
- — Virginie, tu es merveilleuse.
- — Je sais, répondit-elle en tentant de sourire sans grande conviction. Je suis la bonne fée qui répare les cœurs brisés.
- — Je suis sérieuse, tu es vraiment merveilleuse.
Elle se fige soudain et me regarde d’un air surpris.
- — Tu es toujours gentille avec tout le monde et tu es quelqu’un sur qui on peut compter. Et puis aussi…
Je me rapproche légèrement d’elle.
- — Euh… oui ?
- — Tu es si belle…
Nos visages se frôlent.
- — Euh… Mel… ?
Je ne lui ai pas laissé le temps de continuer. Nos lèvres se sont rencontrées un court instant, puis séparées. Nos regards se sont rencontrés pendant une seconde qui sembla une éternité. Chacune eut le temps de lire dans les yeux de l’autre du désir, de la surprise, de l’inquiétude, des questions et des réponses. Une proposition dans mon regard. Un accord dans le sien. Puis nous avons décidé de laisser nos esprits fatigués se reposer et nos corps impatients continuer.
Nos lèvres se sont retrouvées, nos langues ont suivi. Toute la passion qui nous animait explosa dans ce baiser, et je sentis ma bouche s’enflammer dans un ballet désordonné mais ô combien savouré. Nos mains ont commencé à s’activer, caressant et pressant nos visages rougis d’excitation. Puis elles descendirent dans nos cous, sur nos épaules, et commencèrent à danser sur nos corps, par-dessus nos vêtements, escaladant les collines formées par nos poitrines, descendant dans les vallées de nos ventres puis remontant sur les monts de nos hanches. Je me mis à quatre pattes sur la banquette et entrepris d’embrasser Virginie dans le cou, ce qui sembla provoquer chez elle un plaisir intense. Elle s’assit face à moi, rompant momentanément le contact, et retira rapidement sa culotte qu’elle envoya voler à travers la pièce. Entre ses cuisses m’apparut le fruit défendu, recouvert d’une fine toison blonde et bouclée. Je me jetai comme une chienne en chaleur sur ce sexe offert et entrepris de dévorer avidement ma compagne.
La sensation de cette chair sous ma langue me surprit d’abord, et je m’amusais à penser que j’avais définitivement passé un point de non-retour. Et c’était exquis. Je me mis à laper frénétiquement, tendant ma langue au maximum comme pour atteindre les recoins les plus reculés de cette grotte d’amour, alternant parfois mes explorations par des baisers rapides déposés sur ces lèvres jusqu’alors inconnues, remontant parfois vers sa toison d’or où une sensation râpeuse sous ma langue changeait de la douceur de sa chair de fille. Dans ma bouche se répandait le goût exquis de l’interdit transgressé. Malgré mon inexpérience, mon amante se tortillait et haletait de plaisir, m’encourageant à aller encore plus loin. J’enroulais mes bras autour de ses cuisses et soulevait son bassin tout en continuant mes pérégrinations. Je sentis ses pieds se poser sur mon dos, exerçant une forte pression qui reflétait le plaisir qu’elle semblait éprouver. Je tombai soudain sur son clitoris tendu par l’excitation et luisant de son jus intime et déposai mes lèvres dessus pour me mettre à le téter. Je l’aspirai dans ma bouche et dardai ma langue pour le titiller. La pression des pieds de Virginie sur mes côtes augmenta, ce qui me poussa à intensifier mes coups de langues. La cyprine se mélangeait à ma salive, dans ma bouche, et je pris la résolution de boire ma compagne jusqu’à la dernière goutte.
Je sentis soudain son corps se raidir et elle poussa un long gémissement plaintif. Elle se retira brusquement de ma bouche et recula pour prendre son souffle. Je la regardai un moment, attendrie. Elle déclara soudain, la respiration hachée :
- — Espèce de cochonne… T’as même pas… enlevé tes godasses… avant de monter… sur ma banquette.
Je baissai le regard et m’aperçut qu’elle disait vrai. En fait, j’étais toujours habillée alors qu’elle-même ne portait que son fameux pull rouge, avec probablement rien en dessous maintenant qu’elle avait enlevé sa culotte. Je retirais donc rapidement mes chaussures, mes chaussettes, et je venais de retirer mon jean, lorsque quelque chose passa devant mes yeux et me cacha la vue. J’entendis des éclats de rire joyeux près de mon oreille.
Ma tête émergea rapidement et je me rendis soudain compte non seulement que je portais à présent le pull de Virginie, mais qu’en plus je n’étais pas seule dedans. Le vêtement était assez grand pour nous contenir toutes deux entières et nos deux têtes passaient par le col. Le propriétaire d’origine de ce pull devait être un géant.
Mes pensées furent coupées lorsqu’un petit corps chaud et nu vint se frotter au mien. Je sentis sa poitrine se frotter contre mon dos à travers le tissu de mon tee-shirt et son souffle sur mon cou avant qu’elle ne pose ses lèvres à l’arrière de ma mâchoire. Virginie partit d’un autre éclat de rire qui me contamina. Je tentais de me tourner vers elle, mais elle croisa ses jambes autour de ma taille et se colla davantage à moi, ce qui m’empêcha de bouger.
- — Ne sois pas pressée, ma jolie, susurra-t-elle à mon oreille. Maintenant, c’est moi qui mène la danse.
Je sentis qu’elle se contorsionnait dans mon dos et compris qu’elle avait retiré ses bras des manches lorsqu’une main passa le col pour venir me caresser la joue et retirer des mèches de cheveux collées à mon front par la sueur et à mes joues par les larmes. Puis elle redescendit dans le pull et je sentis soudain ses deux mains sur mes hanches.
- — Mm… fit Virginie sur un ton appréciateur. Intéressant.
Je voulus lui demander de quoi elle parlait, mais déjà ses mains avaient quitté mes hanches et saisi l’élastique de mon string par les deux côtés.
- — Très intéressant, répéta-t-elle.
- — Quoi donc ?
- — Jeune fille, vous avez un grave problème, dit-elle d’un ton très sérieux.
- — Et quel est-il, docteur ? m’enquis-je.
- — Vous êtes tout à fait le genre de demoiselle que je voudrais baiser sauvagement dans l’instant.
Tout en parlant, elle passa doucement une main sous mon string.
- — Mon dieu, c’est horrible ! Et que préconisez-vous ?
- — Je vais devoir vous violer, répondit-elle en enfonçant subitement deux doigts en moi.
Je poussai un cri de plaisir et de surprise mêlés. Virginie calla son autre main sur ma hanche pour me redresser et commença un vif mouvement de va-et-vient. Un feu s’alluma brusquement dans mon sexe et se répandit dans mes cuisses, mon ventre, ma poitrine… Mon cœur battait la chamade, je tressautais par à-coups, au rythme de ses doigts qui dansaient en moi. Le feu atteint ma gorge, puis mon cou. Je gémissais et haletais de plaisir, me tortillais en tous sens… Le feu remonta mon visage et atteint mon cerveau…
Et ce fut l’explosion. L’orgasme me parcourut comme un choc électrique et je me sentis comme propulsée hors de mon corps une fraction de seconde. J’étais parcourue de spasmes et semblais chercher de l’air, comme si j’allais étouffer. Et le cri suivit. Il monta de mes entrailles et s’éleva vers le ciel, tentant de rattraper mon plaisir. Mon corps est resté ainsi immobile dans les bras de ma blondinette alors que mon esprit explosait quelque part dans les étoiles.
Oh, la belle bleue !
J’émergeais doucement des brumes dans lesquelles l’orgasme m’avait plongée. Nous étions couchées sur le côté, Virginie me caressait les cheveux, et je me sentais incroyablement bien.
- — Joli cri, commenta ma belle amante. Ton Fabien doit vraiment regretter sa connerie, maintenant.
- — Ce n’est pas « mon Fabien », murmurai-je.
- — Bien sûr, mon cœur, répondit-elle en m’enserrant la taille et en posant la tête sur mon épaule. Il vaut mieux l’oublier.
- — C’est déjà fait. Maintenant je t’appartiens.
- — Ah oui ?
- — Si tu es d’accord, bien sûr.
- — Intéressant, commenta-t-elle. Très intéressant, ajouta-t-elle alors que ses mains remontaient sur ma poitrine.
- — Arrête, s’il te plait, je suis fatiguée.
- — Dommage pour toi, moi je suis encore en pleine forme et j’ai pas l’intention de m’arrêter là !
- — C’est de la torture !
- — Je t’ai dit que tu avais un grave problème. Et puis tu croyais quand même pas que dès le premier soir, j’allais laisser une débutante jouer les pros ? Tu m’as procuré un orgasme, d’accord, mais c’est à moi de te montrer comment on se donne du plaisir entre filles.
- — Tu viens juste de le faire.
- — Pas de discussion, c’est mon devoir de t’éduquer, jeune demoiselle.
Avant que je proteste, elle me retourna face à elle et me regarda dans les yeux.
- — Dis-moi maintenant qu’à cet instant précis, tu ne me désires pas. Dis-moi que tu refuses d’aller plus loin et je te laisserai dormir.
Son visage était sérieux, mais son regard brillait d’excitation. Je plongeai dans ce regard et m’y perdis. J’ai nagé une éternité dans l’océan vert émeraude de ses yeux avant de retrouver mon corps à temps pour m’entendre dire « prends-moi ». Mon propre corps se soumettait aux désirs de cette fille sans même me demander mon avis.
Je vis un sourire illuminer son beau visage. Puis il redevint sérieux à mesure qu’il s’approchait du mien. Ses lèvres capturèrent mes lèvres. Sa langue caressa ma langue. Son esprit emporta le mien. Et avant que j’aie pu répondre, avant que j’aie pu tenter quoi que ce soit, elle n’était plus là. Je paniquai un instant, puis je sentis ses lèvres se déposer sur mon menton, puis sur ma gorge. Elle émit un bruit qui ressemblait à un ronronnement et se recroquevilla contre moi en passant ses bras autour de ma taille. Elle me tira en arrière pour que je me retrouve à genou sur la banquette, ses cuisses de part et d’autre des miennes. J’étais prisonnière. Et ça me plaisait.
- — Un dernier petit détail, murmura-t-elle.
Elle sortit un bras par le col du pull-over, se pencha sur le côté et appuya sur l’interrupteur de la lampe qui éclairait la pièce. Nous nous retrouvâmes soudain dans le noir. Aveugles.
Elle saisit mon tee-shirt par le bas et me le retira avant de le jeter par le col, puis elle fit de même avec mon soutien-gorge. Un bruit de verre brisé retentit dans l’obscurité. Un éclat de rire m’échappa, mais elle le dévora impitoyablement en posant ses lèvres sur ma bouche, ce qui ramena le silence et le sérieux. Elle vint alors se coller à moi pour de bon, à présent que même ce bout de tissu n’était plus là pour nous séparer. Elle était entièrement nue. Je ne portais plus que mon string. Et nous étions réunies dans un pull-over rouge. Je me demandais soudain à qui avait pu appartenir ce vêtement. Virginie ne pouvait pas être sa propriétaire d’origine : Nous étions deux à l’intérieur et il y avait encore de la place pour un camp scout. Je fus sortie de mes réflexions par les sensations que me procurait ce corps collé au mien. La douceur de sa peau. Sa saveur. Son odeur. Ses fesses posées sur mes cuisses. Sa toison qui frottait contre mon ventre. Ses seins qui s’écrasaient contre mes seins. Ses mains qui cherchaient mes mains. Ses doigts qui dansaient avec mes doigts. Sa sueur qui se mélangeait à ma sueur. Mon corps était son corps. Mon âme était son âme. Elle était moi. J’étais elle. Nous étions une. Nous étions libres.
Je sentis ses lèvres se déposer à l’arrière de ma mâchoire. Puis ses dents mordiller le lobe de mon oreille. Et enfin sa bouche revenir à la mienne. Je sentis que par son baiser, elle aspirait toute ma vitalité, toute ma passion, tout mon désir. Vampire. Pourtant, rien ne me manquait. Je me sentais même plus complète. Comme si un échange avait été effectué et que chaque chose se retrouvait où elle aurait dû être. Ses mains quittèrent les miennes et vinrent se poser sur ma poitrine.
- — Je vais te faire découvrir un plaisir que tu n’aurais jamais soupçonné, susurra-t-elle à mon oreille.
Elle souleva mes seins et je fus parcourue par quelque chose à mi-chemin entre frisson et décharge électrique lorsque nos tétons entrèrent en contact. Ils étaient durs comme de la pierre et pourtant doux comme des pétales de roses. Elle se rapprocha de moi, écrasant ma poitrine sous la sienne, et croisa ses mains sur mes omoplates. Comme elle me l’avait promis, le plaisir que me procurait le simple contact de nos seins était au-delà de tout ce que j’avais pu connaître jusqu’alors. Aucune des expériences que j’avais pu partager avec un homme n’aurait pu égaler ça, ni même m’y préparer. Alors que je n’avais connu que des pénétrations malhabiles et parfois brutales qu’on m’avait présentées comme le summum du plaisir, cette caresse douce et experte était pour moi une découverte incroyable. Je m’agrippai à Virginie comme si j’étais en train de tomber et me plaquai à elle en haletant. La pression sur nos poitrines augmenta et j’eus l’impression de sentir une boule de plaisir qui enflait en nous deux, à partir de ce contact. Virginie se redressa soudain légèrement, comme pour réajuster sa position, et nos tétons entrèrent à nouveau en contact. Je compris alors que je n’avais eu encore qu’un avant-goût de ce que ma compagne avait décidé de me donner. Prenez deux silex. Si vous les frottez ensemble, vous obtenez des étincelles. Vous n’aurez qu’une vague idée du brasier que quatre petits bouts de chair de rien du tout frottés l’un contre l’autre entre deux poitrines peuvent déclencher.
Le plaisir était trop intense, je crois bien avoir littéralement perdu l’esprit pendant les quelques secondes qui me séparèrent d’un orgasme obtenu d’une manière que je n’aurais jamais crue possible. J’ai été ramenée à la réalité par un cri déchirant. J’ai mis quelques instants avant de réaliser que c’était moi qui l’avais poussé.
Plus tard, Virginie m’a confié que c’avait été le dernier d’une série qui avait duré une bonne dizaine de secondes, et pas le plus bruyant. Elle a d’ailleurs ajouté qu’elle craignait qu’on ait réveillé les voisins, mais aucun ne m’a jamais fait le moindre commentaire sur le sujet. Du moins pas ouvertement.
Quoi qu’il en soit, cette nouvelle expérience m’avait éreintée, et je me suis endormie comme une masse entre les bras de Virginie.

