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Histoire Coquines - Le passage à l’heure d’hiver

Ecrit par petitlapinou publié le 12/12/2007 à 7:48

Christophe a souvent pour moi des gestes de grand frère protecteur, il passe un bras autour de mes épaules, amicalement, même quand Sébastien est avec nous dans la salle des profs. Où serait le mal ? Sa femme Nathalie est une brunette toujours de bonne humeur. Ils ont deux enfants, dont l’aîné entrera au collège l’année prochaine. Comme ils sont installés dans la vie ! Ils viennent même d’acheter une maison, une ancienne ferme à l’écart d’un village, avec un grand terrain autour.

  • — Vous viendrez bien quand nous pendrons la crémaillère, dimanche prochain ?
  • — Avec plaisir, Christophe.
  • — Ce sera le jour du passage à l’heure d’hiver.
  • — Il faudra avancer ou reculer les montres ? Je me pose la question chaque fois.
  • — À trois heures du matin, il sera de nouveau deux heures, les journalistes le disent chaque année.

Nous prenons le café seuls, ce jour-là, lui et moi. Le déjeuner à peine fini, Nathalie m’a dit qu’elle m’empruntait Sébastien pour quelques minutes et qu’à la place elle me prêtait Christophe. Elle avait sans doute quelque chose à dire à mon cher et tendre, à propos d’élèves communs. Ils se sont mis dans un coin du bistrot. Nathalie agrippe parfois l’avant-bras de Sébastien et le secoue avec véhémence, comme pour être plus convaincante. C’est une de ses habitudes, de souvent toucher les gens à qui elle parle, dès lors qu’elle les connaît un peu. Mais quand même pas avec cette brutalité. Christophe leur tourne le dos. Il me regarde avec une bienveillance teintée d’ironie. Je viens à l’instant même de comprendre qu’il y a quelque chose entre sa femme et Sébastien, et qu’il le sait. Obscurément, je les trouvais bien trop proches, complices. Pure amitié ? Foutaise ! Mais Christophe parle encore. Pétrifiée, je n’écoute plus.

  • — Pardon, tu peux répéter, je n’ai pas bien entendu ce que tu viens de dire ?
  • — Je pensais à cette heure bizarre, qu’on vit deux fois. Il est vrai qu’en règle générale c’est en dormant.

Mais ils nous rejoignent, les deux tourtereaux.

  • — Je te le rends, me dit Nathalie.

Je ne lui rends pas son Christophe, je ne le lui avais pas pris. Elle se glisse à côté de lui, pose une main sur sa cuisse, lui demande s’il a mis du sucre dans son café, lui dit : merci, mon chéri. Une chatte amoureuse. Sébastien est normal. Mais quels hypocrites !

- 2 -

Le soir venu, il n’y a rien à la télé, c’est habituel. Sébastien a envie de moi, nous sommes sur le canapé, il tripote mes seins. Les pince-t-il, ceux de Nathalie ? Les tète-t-il ? Et son clito, l’aspire-t-il entre ses lèvres, le lèche-t-il d’une langue agile ? Je me lève et je vais dans la salle de bains me brosser les dents. Sa langue dans la bouche de Nathalie. La langue de Nathalie dans la bouche de Sébastien.

  • — Viens, viens tout de suite !

Il rigole, le benêt, tout fier. Il veut me chauffer, s’attarde en bagatelles, mais les pointes de mes seins sont déjà dures à me faire mal et mon clito est bandé. Je suis trempée, qu’il me bourre comme jamais ! Et han, et han, c’est Nathalie qu’il baise. Un puissant orgasme me laisse pantelante. Il en sourit, le benêt, tout fier.

- 3 -

J’ai eu trop chaud pendant la nuit, Sébastien était tout contre moi. Chercherait-il à se faire pardonner ? Nathalie ne doit pas user du moindre parfum, mais elle a une odeur, comme tout le monde. En lui faisant les bises matinales, il faudra que je la renifle, pour la retrouver ensuite sur Sébastien.
Petites femelles aguicheuses, en classe. Des seins arrogants à treize ans, des regards de luxure vers ces dadais de petits mâles qui ricanent, la bouche ouverte. Au tableau ! Parlez-moi donc de Pythagore, petits gorets ! Et du principe fondamental de l’hydrostatique : tout phallus plongé dans une vulve entraîne une poussée… Un supplice pour moi, certes, mais une bizarre jouissance aussi, quand c’est celui de Sébastien qui plonge dans celle de Nathalie.

- 4 -

Nous disposons d’une heure, elle et moi, avant le déjeuner. Il y mieux à faire que corriger des copies.

  • — Marre de la salle des profs, Nat, tu viens faire un tour avec moi ?

Une terrasse de bistrot. J’ai un canevas en tête, qui vaut ce qu’il vaut, mais…

  • — Je suis crevée !
  • — Tu nous couves une petite grippe, Virginie !
  • — Non, j’ai très mal dormi cette nuit.
  • — Tu vois bien !
  • — J’ai très peu dormi, plutôt. J’ignore ce qu’il a, Sébastien, mais pour le moment sa libido est particulièrement déchaînée.

Je la regarde en douce. Elle se marre.

  • — Ben t’en as, d’la chance, ma vieille ! Moi, c’est pas avec Christophe que ça m’arriverait. Plutôt flapi, lui, pour le moment ! L’amour à la papa le samedi et basta ! Bon, j’exagère un peu. Des fois le mercredi après-midi, quand les gosses sont au stade. Ah, sacré Sébaste ! Sébaste au Popaul infatigable ! Veinarde !

Ou c’est une comédienne de première bourre, ou je ne suis pas cocue. Mais elle en fait un peu trop, quand même. Ce pourrait être par dépit. Si elle a couché avec mon homme, elle a quand même dû s’y attacher, au moins un peu, et elle devrait être jalouse. Je ne suis plus sûre de rien. J’avais envisagé de lui poser carrément la question, décontractée, l’air de celle qui s’en fout pas mal : il me fatigue, si tu en prends ta part, tant mieux. Ce ne serait pas crédible. Par ailleurs, elle a quand même bien dû remarquer que son Christophe me fait les yeux doux. Serait-ce en mon honneur qu’il la baise moins ?

  • — Tu crois que Chris te trompe ?
  • — Bien sûr que non ! Oh, comme tout le monde, on a envie de temps à autre d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte, mais comme on sait que ce sera décevant, que ça finit toujours mal, que ça complique tout, on se résigne, on se contente du peu qu’on a… Mais qu’est-ce que tu as, à rigoler comme ça ? Tu en pleures ! Qu’est ce que j’ai dit de si comique ?
  • — Attends, file-moi un kleenex ! …Merci. C’est nerveux. Figure-toi que je m’étais mis dans la tête que tu couchais avec mon bonhomme.
  • — Ah bon ! Tiens, ça ne m’est pas encore venu à l’idée. Et toi, tu as envie du mien ?
  • — Ben non, mais…
  • — Continue, tu m’intéresses.
  • — Voilà, je vais tout te dire : en faisant l’amour, je vous ai imaginés, Séb et toi, en faire autant.
  • — Et alors ?
  • — C’était épouvantable, bien sûr, mais ça m’a incroyablement excitée. Un mélange de détresse et de plaisir, tu vois. Je t’imaginais à ma place, et j’ai joui comme rarement.
  • — Mais tu es une perverse, Virginie !
  • — Je crois bien, Nathalie.

- 5 -

Jeudi, entre deux cours, je suis avec elle dans la salle des profs.

  • — Tu sais, Virginie, me dit-elle à mi-voix, il y aura beaucoup de monde à la ferme, dimanche. On invite pas mal de copains. La fête, quoi ! Mes parents viendront chercher les gosses vers neuf heures du soir. Ceux qui ont des enfants partiront assez tôt. Pour les autres, ce sera vers les dix ou onze heures, peut-être minuit. Mais Sébastien et toi, vous pourriez rester. Il y aura de la place pour coucher.

Mon coeur bat si vite que je colle une interrogation écrite en arrivant dans la salle de cours, faisant fi des protestations indignées du troupeau. J’ai besoin de réfléchir.

- 6 -

  • — Alors, c’est d’accord ? Tu en as parlé à Sébastien ?
  • — Non.
  • — Pas eu le temps, hein ? Vous avez encore passé la nuit à baiser comme des mouches ?
  • — Pourquoi comme des mouches ?
  • — T’as jamais observé ? Elles restent collées ensemble pendant des heures. Et elles montent aux rideaux. Au plafond, même ! Bon, laisse-moi faire.

À table, Sébastien est l’unique objet de son attention. Il est question du profond silence de la campagne, du ciel étoilé qu’on ne voit plus en ville, en raison de l’éclairage public, et patati et patata. Elle en vient enfin à la crémaillère.

  • — Vous viendrez, n’est-ce pas ? Vous pourrez rester pour coucher, il y a une chambre d’amis.

Il me regarde. Je m’empresse de répondre, en minaudant :

  • — Si cela ne vous dérange pas, ce sera avec plaisir !
  • — Si ça nous dérangeait, on ne vous le proposerait pas. D’ailleurs il n’y aura personne d’autre que nous quatre, une fois les autres partis.

- 7 -

Un samedi matin royal ! Sébastien fort amoureux, aux petits soins, au service de mes fantasmes.

  • — Ne bouge pas ! Tu es une femme objet, je fais de toi ce que je veux. Si tu bouges, je t’attache.

Naturellement, que je bouge ! Ne serait-ce que pour empoigner sa verge turgescente, comme on dit dans les livres cochons, et en approcher mes lèvres avides.

  • — Bon, tu l’auras voulu !

Il se lève. Il a de belles fesses, de quoi plaire à Nathalie. Devant aussi. Il fouille dans l’armoire. Foulards de soie, écharpes d’hiver, mes poignets sont emprisonnés. Accroupi, il noue soigneusement les tissus aux pieds du sommier, son gland décalotté cogne contre son ventre. Au tour de mes chevilles, ensuite, et me voici crucifiée, jambes ouvertes. À sa merci.
Ou de tout autre… Il serait soudain glacial, cacherait sa belle nudité sous une robe de chambre écarlate, s’installerait devant le micro, dirait à voix haute le message qu’il enverrait :

  • — Jeune et jolie jeune femme blonde, attachée nue sur le lit, bras et jambes écartés, attend le bon vouloir d’un inconnu. Se présenter immédiatement au 24 de la rue Sainte-Opportune, troisième étage, porte de gauche.

Non, il ne me connaît pas suffisamment pour faire cela. Il prend son temps, du dos de la main droite il effleure mes lèvres, mes seins, mes cuisses. Tourne autour du puits d’amour dont nulle vérité ne sortirait sans me faire rougir de confusion, tant je me sens délicieusement garce.
Sage, Virginie ! Ne ferme pas les yeux, ce n’est pas Christophe qui te baise, mais Sébastien qui te fait l’amour. Tout à fait convenablement. Comme si j’étais Nathalie ?

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Il est content de lui. Tout juste s’il ne me demande pas : Alors, heureuse ? Il le voit bien, que je suis comblée, ah, le joli mot ! Au point de juger l’instant propice :

  • — Fabuleux ! Je suis morte ! Tu es divin !

Il me regarde avec inquiétude, se demandant si par hasard je ne me foutrais pas de lui. Mon regard clair le rassure, et aussi mes soupirs d’intense satisfaction. De bête assouvie, comme disait… mais peu importe ! Il sort de moi. Il bande moins, presque plus. Qu’il n’en soit pas humilié, tout cela a fort bien rempli son office. Abondamment, même, sa semence et ma cyprine coulent gentiment sur le drap.

  • — Je veux te confier quelque chose, Sébastien. J’ai cru que tu couchais avec Nathalie.
  • — Mais tu es folle !
  • — Eh bien tu vois, j’étais totalement désespérée, bien sûr, mais…
  • — Mais quoi ?
  • — Eh bien, en même temps, j’étais très fière de toi, contente que tu sois heureux de la baiser. Physiquement, je veux dire. Sexuellement, quoi, sans y mettre du sentiment. Simplement, je t’en voulais de ne pas me l’avoir dit.

Il me regarde, abasourdi. Il a l’air un peu stupide.

  • — Je vais même t’avouer que mardi soir, parce que je croyais que tu étais son amant, pendant que tu me faisais l’amour je t’ai imaginé le faisant avec Nathalie, et ça m’a excitée, excitée…
  • — Mais tu es perverse, Virginie !
  • — Je crois bien, Sébastien.

- 9 -

Il en reste songeur. Pas vraiment fâché, me semble-t-il. Il commence à délier le foulard qui immobilise ma cheville gauche.

  • — Non, laisse-moi attachée encore un peu, s’il te plaît. J’aime tellement cette sensation d’être entièrement soumise à toi, mon chéri. Tout à l’heure, j’ai pensé que Nathalie aurait pu être là, à ma place, attachée comme moi, et toi en train de l’embrasser, de mordiller ses seins, qui sont sûrement plus beaux que les miens, de caresser l’intérieur si doux de ses cuisses, d’écarter les petits poils noirs de sa chatte, d’y glisser ta langue, d’aspirer son bouton d’amour entre tes lèvres, et de mettre entre les siennes ton sexe si beau. Puis d’entrer en elle comme tu entres en moi, vigoureusement. Sébastien, c’était atroce et délicieux.
  • — Mais je vis avec une folle !
  • — Je suis folle à lier, tu le savais, c’est pour cela que tu m’as attachée.
  • — Alors, quand tu fais l’amour avec moi, tu penses que Nathalie pourrait être à ta place, et ça t’excite ?
  • — Oui. Et toi aussi, ça t’excite : tu bandes de nouveau, mon chéri !
  • — Pas vraiment.
  • — Ah bon ! Eh bien, qu’est-ce ce sera quand tu seras vraiment dans les bras de Nathalie !

- 10 -

Il reste bizarre jusqu’au soir. Il me demande enfin si j’étais vraiment sérieuse ou si c’était pour de bon.

  • — Quoi donc, Séb ?
  • — Que tu voudrais que je fasse l’amour avec Nathalie.
  • — Mais évidemment, mon chéri !
  • — Et elle, elle serait d’accord ?
  • — Le contraire m’étonnerait. Sans être un Adonis, tu as un certain charme, et tu es plutôt bien bâti.
  • — Et toi ?
  • — Quoi, moi ?
  • — Tu baiserais avec Christophe ?
  • — Pas sûr du tout, il est à moitié impuissant. Là n’est pas l’essentiel, de toute façon.

Il ne me croit pas, son visage se ferme, il boude. Dodo, à l’hôtel du cul tourné. Il se réserve pour le lendemain. Je jubile.

- 11 -

On appelle ça un baise-en-ville. Quelques sous-vêtements de rechange. Un chemisier pour demain matin. Une seconde jupe ? Mais oui, la petite mauve qui ne descend qu’à mi-cuisses. Un problème, Sébastien ? Il me regarde faire, silencieux. Je n’ai pas jugé à propos de prendre le moindre vêtement en me levant. Je vais, je viens, mes seins pendouillent quand je me penche, ça les met en valeur. Accroupie, j’écarte les cuisses. Il ne résiste pas longtemps.

  • — Viens, Virginie.

Il dit viens et je viens, brave petit soldat des évangiles. Il me prend sans fioriture et me baise comme un furieux. Il pense à Nathalie. Il n’est pas idiot, il sait que je pense à Christophe. Je ne le lui demande pas, mais il pince la pointe de mes seins, cruellement. Je lui crie que je l’aime, ça lui fait tellement plaisir.

- 12 -

  • — Séb, tu prends un boxer ou un slip ? Je te verrais bien avec ce petit slip taille basse.

Il sait que j’adore voir son gland en émerger gentiment, quand il bande. Il ne me répond pas, il est un peu triste, il a peur de me perdre, du moins je l’espère, mais il a envie de Nathalie.

  • — Et pour moi, ce coordonné rouge ?

Le slip est tout petit, le soutien-gorge aussi. Je sais que certains bonshommes interdisent à leur copine de porter une culotte. Question hygiène, ça laisse à penser. Et c’est tellement agréable de se la faire enlever par des mains fébriles !

  • — Pour toi, Sébastien, ce sera cette chemise de soie. Tu seras superbe. Tu plairas beaucoup à Nathalie.

Il n’ignore pas qu’elle est si légère, cette chemise, qu’elle épouse ses tout petits tétons, qu’il me plaît souvent de pincer délicatement et de prendre entre mes lèvres en laissant un peu de ma salive sur le bleu de la soie.

  • — Et ce pantalon de toile. Non, plutôt celui-ci, le beige. Tes mocassins, ton blouson.

Il est d’un beige légèrement plus foncé, qui donne un camaïeu plutôt flatteur. Nathalie parlera plutôt de décamaïeu, elle qui boit trop de café et joue avec les mots.

  • — Pour moi, cette longue jupe blanche, hein ?

Elle est boutonnée devant. Un bouton saute entre chaque danse. Mais dansera-t-on ?

  • — Mes chaussures blanches à talons ? Tu sais, ça redevient à la mode depuis Ségolène. Je les emporte au cas où. Mais je prendrai mes chaussures à lanières, plus confortables.

Je dispose bien d’un porte-jarretelles, également rouge, et de plusieurs sortes de bas qui vont avec, hors d’age, mais en bon état, vu que jamais je ne les porte, tellement rangée que je suis depuis que je vis avec mon Sébastien. J’ai même une paire de bas résille qui

fait un peu pute. Je la sors, la toise, la rejette.

  • — Non, je peux pas mettre ça, quand même. Mais le porte-jarretelles, pour une fois, hein ?

Qui ne dit mot consent. Il a envie de Nathalie. Le prix à payer, c’est de me laisser libre de batifoler avec Christophe, éventuellement. Il se fait facilement une raison. Je laisse tomber ma jupe sur le sol, j’enlève mon petit slip rouge, je positionne mon porte-jarretelles. Assise sur le lit, je glisse mes petits petons dans la soie blanche enroulée, je lève une jambe pour la gainer, puis l’autre. Je me suis bien gardée de remettre mon slip. Sébastien ne me quitte pas des yeux. Je suis satisfaite qu’il bande de nouveau, mais il ne fait pas mine de vouloir me baiser derechef. Nous déjeunons d’une pizza réchauffée.

- 13 -

L’église, la boulangerie à côté. Prendre à droite, passer devant la mairie. Ne pas s’y arrêter pour se marier. Humour à la Nathalie. Passer devant le cimetière sans y prendre pension. Tourner à gauche, puis prendre la deuxième à droite pour deux kilomètres.
Nous y sommes. Une maison banale, mais grande. Un étage et un grenier à lucarnes. Devant, une cour avec d’autres bâtiments en face. C’est derrière ceux-ci, dans un pré, qu’il faut garer la Clio. Il y a déjà six voitures, j’en reconnais deux. Au milieu de la cour, une immense table : des tréteaux et des planches recouvertes de papier. Des pinces à linge de couleur l’arriment au bois des planches. Je pense à Sophie qui aimait tant jouer avec sur la pointe de nos seins. Nous ne l’imiterons sans doute pas cette nuit.
Bises, sourires dans la cuisine. Christophe est en survêtement.

  • — Que tu es belle, Virginie ! Moi, je me changerai tout à l’heure.

Nathalie est en pantalon de cuir ! Ou de skaï, plutôt. Quelle dégaine ! Elle doit bien avoir une cravache, dans cette ancienne ferme. Mon Sébastien, à genoux devant elle : Oh oui, maîtresse, punissez-moi avec la plus grande sévérité !

  • — Tu sembles en pleine forme, Virginie.
  • — Tu es superbe, Nathalie.
  • — Arrête de te payer ma tête, tu veux. J’ai mis ma tenue de combat pour bosser, mais je vais me changer. Vous restez bien, ce soir ?
  • — Tu maintiens ton invitation ?
  • — Et toi, tu persistes à vouloir me prêter ton bonhomme ?
  • — Mais oui, Nathalie.
  • — Quant à Christophe…

Des nouveaux venus l’interrompent. Je ne les connais pas. Des cousins. Ah bon ! La fille porte une chemisette d’homme, pas tellement boutonnée, et pas grand-chose dessous. Enfin si, des nichons aux pointes très affirmées. Deux ados qui glandaient dans les parages la dévorent déjà du regard, des enfants de collègues, ils ressemblent à leur mère. Elle rapplique et les expédie dehors. Un génocide de jeunes spermatozoïdes est au programme.
D’autres gosses arrivent en courant et crient qu’il y a une étable avec des chaînes pour attacher les vaches. La mère des deux garçons me parle de la future grève des trains.

- 14 -

  • — Tu veux faire le tour du propriétaire, Virginie ? Sébastien est dans la souillarde avec Nathalie, elle l’a réquisitionné pour l’aider à préparer les toasts.
  • — Je te suis, Christophe.

L’escalier, les chambres des enfants, une chambre d’amis. Le bureau de madame, celui de monsieur. Je vais à la fenêtre. Il devrait se mettre derrière moi et appuyer son bas-ventre contre mes fesses, qu’est-ce qu’il attend ?

  • — La salle de bains est à côté. Notre chambre est au rez-de-chaussée.

La souillarde, j’y ai droit ou non ? C’est non, mais oui pour leur chambre. Il ne faut pas y faire de bruit, un bébé dort dans un couffin posé sur le lit. Qu’il est mignon !

  • — C’est celui de la documentaliste, me murmure Christophe.

Tout contre moi, il passe un bras autour de mes épaules. Je rapproche un peu ma hanche de la sienne, oh, à peine, et je tourne la tête vers lui, mes lèvres légèrement entrouvertes. Il me lâche et va vers la fenêtre. Elle donne sur un petit jardin encore fleuri, derrière la maison. Il a balbutié quelque chose que je n’ai pas compris.

- 15 -

Assis à l’extrémité de la table, des collègues parlent politique. - Le second tour des présidentielles, ce combat entre deux cocus. Vous avez remarqué que Sarko a parfois des mimiques qui le font ressembler à Stan Laurel ? La fausse colère de Ségolène était d’un grotesque ! Et draguer Bayrou, notre ancien ministre, quelle dérision ! Des enfants jouent au ballon dans la cour. Où est donc cette ancienne étable ? La porte grince. Un vieux four. Je dérange un garçon et une fille aux lèvres gonflées. Je les envie. L’étable est plus loin. Un bambin est accroupi dans une stalle.

  • — Je sais où tu es, Romain ! lui crie une petite fille. Sors de là, j’ai peur des souris.

Un collègue me demande si je ferai grève, le mardi 20.

  • — Naturellement.
  • — Et Sébastien ?
  • — Aussi.
  • — J’ai quelque chose à lui demander. Tu sais où il est ?
  • — Avec Nathalie. Ils font des sandwichs dans la souillarde.
  • — La souillarde ?
  • — C’est un mot de par ici. Une sorte d’arrière-cuisine, sombre et fraîche. Un endroit où l’on souille, et où l’on est souillé.

Il me quitte en rigolant.

- 16 -

Elle s’ouvre enfin, cette porte, devant les enfants de Nathalie, un plateau couvert de toasts dans les mains. Leur mère les suit. Que fait Sébastien ? Encore des toasts. Abeille laborieuse, va !

  • — Tiens, Virginie, tu veux bien emporter ce plateau ?

Je veux bien. Dehors, Christophe étreint un petit tonneau qui paraît bien lourd. Il le dépose sur une vieille table, le cale avec deux bûches.

  • — Je vais chercher l’autre.

Étiquette sur l’un : Vin rouge. Sur l’autre : Vin rosé. Les gamins posent sur la table une flopée de verres dépareillés. Duralex. Sed lex ?
Mangeaille. Certains parlent la bouche pleine. Nathalie, qui riait à perdre haleine en écoutant Sébastien lui parler à l’oreille, renverse son verre sur le chemisier, fort seyant, qu’elle venait de mettre.

  • — Oh, Sébastien, vite, du sel !

Il y a une salière à côté d’un beurrier. Mon Sébastien sait que le vin ne tache pas quand on met du sel. Sous quelques rires complices, il aventure une main sous le chemisier de Nathalie. Les deux boutonneux de tout à l’heure sont très rouges. Une bosse sous son pantalon beige, Sébastien me regarde, faraud.

  • — Merci, Sébastien, lui dit Nathalie. Virginie, tu veux bien venir avec moi ?

Je veux tout ce qu’on veut, moi. Elle m’entraîne dans leur chambre, me fait signe qu’il ne faut pas y faire de bruit, ouvre une armoire, me montre quelques corsages en m’interrogeant du regard. Je lui désigne un beige, satiné. Elle s’en empare, ôte son chemisier. Elle porte un soutien-gorge blanc qu’elle enlève, car il est taché lui aussi, la main de Sébastien n’a fait qu’étendre la souillure.
Encore un peu bronzés, les seins de Nathalie ; nulle trace de maillot. À son regard interrogatif, je réponds par un non de la tête, elle me sourit et enfile son chemisier. Ses beaux tétons roses pointeront libres sous le satin.
Le dos contre la porte qu’elle vient de refermer, elle me dit à mi-voix qu’elle a parlé à Christophe, habilement (enfin, elle le pense…) du fantasme de certains hommes qui veulent livrer leur compagne à un autre.

  • — Et alors ?
  • — Comme il a oublié d’être bête, il m’a dit que si je voulais coucher avec Sébastien, autant le dire tout de suite. Je lui ai répondu que tu étais à l’origine de tout cela, parce que l’idée de me prêter ton mec t’excitait. Naturellement il m’a demandé ce qu’il ferait avec toi, pendant ce temps-là, et il a émis l’hypothèse que vous tiendriez la chandelle.
  • — Mais quel mufle, ton mec !

Je me serais donc fait des idées, en pensant qu’il me draguait ?

- 17 -

Tiens, des retardataires ? Non, ce sont les parents de Nathalie qui viennent chercher les gosses. Ils prennent quelques toasts. Nathalie m’a présentée à son père. Très civil, il me tend du pâté, des rillettes.

  • — J’ai déjà mangé, merci.
  • — Un petit verre de rosé, alors, pour me tenir compagnie ?

Il a le regard fatigué, les tempes blanches. Il vous déshabille du regard, comme machinalement. Baise-t-il encore ? Il me dit qu’il me trouve très séduisante et me quitte pour parler à d’autres.
Quelques invités commencent à partir. Il va falloir prendre une petite laine. La documentaliste emporte son bébé, le père n’est pas venu. Les parents de Nathalie s’en vont avec les gosses. Ceux qui étaient avec des enfants partent aussi. Il reste une petite dizaine de couples. Il est question de danser un peu dans la cuisine. On ne va pas laisser traîner dans la cour les verres vides et les assiettes de carton.

  • — Mais non, laisse donc cela, Virginie, on a tout le temps.
  • — Ça sera vite fait. Tu as une poubelle ? Moi je mets les verres sur les plateaux.

Il faut ensuite se frayer un chemin entre les couples qui se trémoussent. Sébastien danse avec Nathalie, dont les seins tressautent en cadence. Plus besoin de petite laine.
Quand vient enfin le temps des slows, il est largement plus de minuit. Seul, le feu de la vieille cheminée éclaire la cuisine. Sébastien bande comme un taureau, il vient de se frotter contre Nathalie, sa chemise de soie contre le satin de ses seins dardés. Leurs bas-ventres doivent être une fournaise. Et le mien, donc ! Tous les hommes me serrent de près en me chuchotant que c’est bien sympathique de se retrouver ailleurs qu’au boulot, qu’il faudra remettre ça plus souvent, et que je suis très jolie. Certains disent : désirable. Ceux que j’aime bien ont mes paumes sur leur nuque, ou carrément mes bras autour de leur cou. Lèvres contre lèvres ou presque. Mon bas-ventre va à la rencontre de leurs braguettes dilatée. Même Christophe bande, mais avant même de me prendre dans ses bras. Il grommelle que je ne suis qu’une allumeuse et que je le déçois beaucoup. Mon coeur se gonfle d’allégresse.

  • — Mais c’est toi que je veux allumer, Christophe, toi seul.
  • — J’aimerais savoir à quoi tu joues, et à quoi vous jouez, toutes les deux, Nathalie et toi.
  • — Mais c’est bien simple, il sera bientôt deux heures. J’ai pensé à ce que tu m’as dit, cette heure que l’on vit deux fois. Il faut en profiter, pendant les premières soixante minutes. Tu as envie de moi, je suis bien placée pour le savoir. Moi aussi, j’ai envie de toi. Tu n’es pas bien, dans mes bras, tout contre moi ?
  • — Tu vas briser nos deux couples.
  • — Cesse de jouer le père la pudeur, tout cela n’est pas grave, une heure après tout rentre dans l’ordre, et on oublie tout.
  • — Mais je ne t’oublierai pas comme ça, Virginie, si nous faisons l’amour ensemble !
  • — Tu es gentil. Un grand sentimental, hein ? Tant mieux !

- 18 -

Quelques nuages chahutés par un vent de sud. La lune est dans son dernier quartier, elle nous éclaire faiblement. Nathalie a dit qu’il nous fallait absolument rester dehors, à jouir du silence, ce luxe qu’on ne connaît plus en ville. Les autres sont partis. Nous n’avons ni faim ni soif.

  • — Orion, là-bas. La Grande Ourse, bien visible, et Vénus, de ce côté, soupire Christophe.
  • — Ah bon !

Il voit bien que je m’en moque. Nathalie dit qu’il fait un peu froid, quand même, et qu’elle va chercher des couvertures. Elle en apporte deux, jette l’une sur mes épaules et l’autre sur celles de Sébastien.

  • — Fais-moi une petite place, lui dit-elle en se coulant contre lui.

J’écarte la mienne et d’un sourire j’invite Christophe à me rejoindre. Il a le regard sombre des mauvais jours, mais comme il fait nuit… J’insiste :

  • — Viens, Christophe.

Il regarde sa femme, blottie tout contre Sébastien. Je vais me mettre à pleurer, je pleure facilement, on ne résiste pas à mes larmes. Il daigne enfin se rapprocher et saisit le pan de la couverture pour la refermer sur nous. Je m’appuie sur son corps solide. Tout à l’heure, ma tête trouvera sa place au creux de son épaule.
Le silence dure. En face bouge la couverture, des mains sont à l’oeuvre dessous. Christophe ne bouge pas. Sébastien penche légèrement la tête, ses lèvres cherchent celles de Nathalie et les trouvent sans peine. Et ce dadais de Christophe, va-t-il enfin les imiter ? Si j’aventure ma main en territoire stratégique, il risque de s’enfuir. A-t-on jamais vu pareil empoté ?

  • — Nathalie, plus rien ne sera comme avant, entre nous, pleurniche-t-il tout à coup.
  • — Et pourquoi donc ? Sébastien et moi nous allons passer une heure dans la chambre d’amis. Je suppose que pendant ce temps tu seras dans notre chambre avec Virginie, ou alors c’est que tu es bien bête ! Quand il sera de nouveau deux heures, je viendrai reprendre ma place auprès de toi et Virginie ira retrouver son Sébastien, la parenthèse sera refermée, et voilà tout.
  • — Ce qui se sera passé pendant cette heure-là…
  • — Cela comptera pas, puisque cette heure n’existe pas. Sébastien, ne pince pas trop fort, les pointes de mes seins sont très sensibles.

Christophe se lève brusquement, emportant la couverture.

  • — Mais je rêve ! Tu es folle, Nathalie ! Nathalie, je croyais que tu m’aimais, et tu vas coucher avec Sébastien !
  • — C’est bien plus honnête que si je te cocufiais en cachette. Arrête de prendre cet air de chien battu, ou Virginie ne voudra pas de toi. N’oublie pas que tu ne disposes que d’une heure. Allez, Sébastien, suis-moi !

- 19 -

Me voilà encombrée d’un cocu pas content, qui ne comprend rien à ce qui lui arrive : sa petite femme si fidèle, la mère de ses enfants, l’amour de sa vie part s’enfermer avec mon mec dans leur chambre d’amis. Pour une heure, sous prétexte que c’est l’heure de trop !
Il reste planté là, debout, sa couverture dans les bras. Il donnerait gros pour qu’ils fassent soudain demi-tour, en riant très fort :

  • — On t’a bien fait marcher, hein !

Eh bien, c’est ce qu’ils font, et nous nous gaussons tous de la bonne, de l’excellente plaisanterie. Je passe une nuit délicieuse dans les bras de mon compagnon, pendant que Nathalie et Sébastien mettent en chantier un troisième enfant.

- 20 -

Oui, ce serait une fin possible. Mais pas de danger, ils y tiennent trop, à baiser ensemble, ils ne se retournent pas, ils courent, main dans la main, vers la chambre d’amis.

  • — Comme tu as confisqué la couverture, Christophe, je suggère que nous allions au moins dans la cuisine, à défaut de la chambre puisque tu sembles avoir fait voeu de chasteté.

Il y prend une chaise et regarde le feu, pensif. Mais quel nigaud, ce type ! Je suis derrière lui, debout.

  • — Puisque tu ne veux pas me regarder, Christophe, je vais te dire ce que je fais. Je me débarrasse de ma petite laine, je la pose sur la table de vieux chêne. Je sors de ma longue jupe blanche le bas de mon chemisier, je l’ouvre sans trop me presser. Je l’enlève. Mon soutien-gorge est rouge, je ne l’ôte pas encore. Je déboutonne ma jupe. Comme tu l’as remarqué quand je dansais, les boutons du bas ont déjà sauté, on voyait mes genoux quand je tournais sur moi-même pour faire tourner les têtes, mes genoux et un peu mes cuisses, beaucoup peut-être, parfois. Rappelle-toi, tu en étais jaloux. Il ne me reste que deux boutons à défaire. Un. Deux. Elle tient encore par la ceinture, mais elle est entrebâillée sur mon petit slip, rouge lui aussi. Voilà, je défais la ceinture, la jupe tombe à mes pieds. Je n’enlève pas encore mes chaussures blanches à talons. Je vais te tourner le dos, comme il se doit, pour dégrafer mon soutien-gorge… Voilà qui est fait, je le jette sur la table. Les mains en coquilles sur mes seins dont les pointes me font presque mal, je me retourne. J’écarte les bras.

Tu ne te précipites pas contre moi, qui t’attends pourtant ! Bon, je patienterai. Je fais maintenant descendre mon petit slip rouge. Il franchit le genou droit, le genou gauche, la cheville droite, la cheville gauche. Le voici sur la table. Il me reste mon porte-jarretelles et mes bas. Je détache celui de droite, je l’enroule délicatement autour de ma cuisse. Ah, il faut que je me débarrasse de ma chaussure. Je détache celui de gauche. Le voilà enlevé, lui aussi. Je suis pieds nus, désormais, les tomettes du sol sont bien froides. Je dégrafe mon porte-jarretelles. Je suis nue, Christophe…

  • — Mais… balbutie-t-il, la tête enfin tournée vers moi.
  • — Eh bien oui, je suis encore habillée, qu’est-ce que tu croyais ? Il est préférable que tu me les enlèves toi-même, mes vêtements, non ?

- 21 -

Long baiser, très long baiser, mon dos contre la porte de leur chambre. Sa langue est chez elle dans mon palais. Petite laine et chemisier gisent déjà sur le sol. Mes mains se glissent sous sa chemise, trouvent sans peine de petits tétons qu’elles se plaisent à légèrement pincer. Fébriles, ses doigts défont l’attache de mon soutien-gorge et ses lèvres se jettent sur les pointes de mes seins. Je récupère difficilement mes mains pour caresser sa nuque. Ma jupe tombe. À genoux, Christophe appuie longuement sa bouche sur le devant de mon slip.

  • — J’aime ton odeur.
  • — J’ai envie de toi depuis si longtemps !

Il fait descendre mon petit slip rouge, écarte de ses doigts les lèvres de mon sexe et aventure sa langue. Mes mains enserrent ses tempes, j’y sens battre ses artères.

  • — Relève-toi, laisse-moi faire.

Chemise, pantalon, slip. Comme il bande fièrement ! Hop, un petit coup de langue sur l’oeil ovale du gland.

  • — Viens, Virginie, viens, je veux être en toi !

Mais c’est que je ne demande pas mieux, moi !

- 22 -

  • — Si on arrêtait les pendules ? suggère-t-il quand approche l’échéance.
  • — J’allais te le proposer. Je crois que les deux autres n’y verront pas d’inconvénient, ils ne font pas mine de venir nous chercher.

C’est aussi une fin possible. Nuit délicieuse, etc. Et de quoi aurions-nous l’air, au petit jour, après avoir ainsi triché ?

- 23 -

La vieille comtoise de la cuisine vient de sonner trois fois, il convient de se lever et de contraindre la grande aiguille à faire un tour complet en arrière. Quatre pieds nus descendent l’escalier. Nul d’entre nous n’a jugé bon de prendre le moindre vêtement.

  • — Je te le rends, me dit Nathalie.
  • — Merci. Moi aussi, je te rends le tien.

- 24 -

Grandiose ! Une fin de nuit divine ! La mise en concurrence a du bon, n’en déplaise aux défenseurs du monopole : Sébastien met tout son coeur - et aussi le reste ! - à me prouver que j’ai intérêt à le garder. En bas, si j’en crois ses hululements, Nathalie est également à la noce.

- 25 -

Il est plus de midi quand nous nous levons, car il a bien fallu dormir un peu. Nous finissons les toasts et visitons, dans l’après-midi, quelques chapelles romanes des environs, sans reparler de notre passage à l’heure d’hiver.

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Histoire Coquines - Campus (3)

Ecrit par petitlapinou publié le 12/12/2007 à 7:32

Gaëlle est près de moi, si proche, enfermée dans les toilettes. Et pourtant un peu plus lointaine depuis que je sais qu’elle m’a dissimulé la vérité. Elle m’a avoué montrer ses seins rituellement à son prof d’histoire à la fin du cours du lundi. Ce qu’elle ne m’a pas expliqué, c’est pourquoi depuis deux semaines elle revient le soir entièrement nue sous sa jupe !

  • — Je t’en supplie Gaëlle, ouvre-moi !…
  • — Laisse-moi tranquille !

Bientôt, je l’entendis sangloter… Elle me suppliait :

  • — Pardonne-moi ! Je ne voulais pas !

Après un instant, j’entendis le bruit du loquet de la porte. Je m’avançai pour l’entrouvrir doucement… Elle était prostrée sur le tapis du bain, couverte de son seul corsage. Elle releva la tête et m’offrit son regard implorant noyé de larmes. Je la serrai très fort dans mes bras et frémis au contact tiède et humide de son corps abandonné. Le contour de son décolleté était trempé, sous l’effet de la douche et de ses sanglots… Je sentais son cœur battre fortement contre ma poitrine. Elle murmurait d’une façon presque irréelle :

  • — C’est toi que j’aime… Je ne voulais pas… Au début, c’est comme je te l’ai dit… Il n’y avait presque pas d’échange de mots entre nous, à partir du moment où il rangeait ses documents, je déboutonnais mon corsage, je lui offrais la vue de mes seins et cela semblait lui suffire… Et puis, il y a plus d’un mois maintenant, il m’a demandé de soulever ma jupe. C’est curieux parce que j’avais un peu honte et en même temps au fond de moi, c’est comme si j’attendais cet instant, comme pour le remercier, je voulais lui offrir quelque chose de nouveau.

Il y eut un long silence. Je ne sais pas si c’est le contact de son corps où la nature trouble de ses propos, mais je me mis à bander…

  • — J’étais contente de lui montrer ma culotte et je pensais le satisfaire ainsi… Il a commencé comme d’habitude à se masturber, il se penchait en avant, assez proche pour sentir mon odeur intime. Il m’a dit qu’il adorait le parfum de ma chatte… J’avais honte de ce que je faisais et en même temps c’était comme si j’étais fière.

Après une nouvelle pose.

  • — Notre relation a pris un tour nouveau, j’en avais conscience et c’est cela que je n’ai pas pu te révéler malgré mes promesses. Au début, j’étais prête à tout te dire, et puis le secret que je partageais avec ce prof est devenu trop lourd. En plus, je lui ai parlé de toi, que je t’aimais et que j’avais honte par rapport à toi… Quand il me regardait et sentait ma culotte, il me disait que tu avais de la chance de pouvoir me toucher, où de fourrer ta langue dans mon sexe chaud… Mais je peux t’assurer, si tu peux encore me croire, qu’il ne m’a pas même effleurée !

J’avais peur de déceler comme un regret de la part de Gaëlle, mais en même temps, elle relatait cela sans laisser transparaître la moindre émotion, comme si ce n’était pas elle. Et je me mettais moi-même à douter que tout cela soit vrai. Et puis je repensais à ses fesses nues sous sa jupe…

  • — Après, il me parlait souvent de toi, que tu avais de la chance de pouvoir caresser de si jolis seins, et de pouvoir les prendre dans ta bouche. Je restais très discrète lorsqu’il voulait en savoir plus sur ton compte, je lui disais seulement que je t’aimais très fort et je crois que ça l’excitait encore plus. Il m’a d’ailleurs avoué que lorsqu’il se caressait et que je n’étais pas là, il pensait souvent à nous deux en train de faire l’amour…

Il y eut un moment de calme. Bizarrement, il y avait quelque chose qui m’apaisait dans ses propos, comme si j’étais rassuré et confiant en son amour.

  • — Et puis, il y a trois semaines, il m’a demandé de retirer ma culotte. Je n’ai pas réfléchi, et je l’ai fait glisser le long de mes cuisses. Avant même que j’ai eu le temps de réagir, et sans même me toucher, il me l’avait prise des mains. Et alors qu’il regardait sous ma jupe comme s’il était envoûté, il a glissé ma culotte dans son pantalon et il a commencé à se caresser, comme cela à travers le tissu… et il a joui ! Évidemment, après cela ma culotte était maculée de son sperme et il était hors de question que je la porte. Il m’a proposé de la garder, de me la laver pour me la rendre la semaine suivante. C’est comme cela que cela se passe chaque semaine. Il y a la partie cours, où nous travaillons studieusement à mon projet de mémoire, et puis le moment où il range ses affaires et où je me mets torse nu. Alors qu’il commence à s’astiquer, je retire alors ma culotte et lui tend. Il continue à se branler dans ma lingerie tout en regardant mon sexe une fois que j’ai relevé ma jupe, jusqu’à souiller ma petite culotte de son foutre.

Ce qui me choquait maintenant, c’était à la fois la crudité de ses propos, comme si elle se laissait emporter par ses révélations, et en même temps le naturel avec lequel elle me racontait sa relation perverse avec cet homme d’âge mûr.

  • — Voilà pourquoi je n’avais pas de culotte. Il me demandait de remettre celle qui était lavée de la semaine précédente seulement une fois rentrée à la maison parce qu’il aimait me regarder par la fenêtre, partir en m’imaginant le cul nu sous ma jupe…

Elle se serrait plus fort contre moi.

  • — Je t’aime, je t’en supplie crois-moi ! Mais… j’aime aussi cette relation, qui n’existe que…

Elle n’avait pas terminé sa phrase qu’elle glissait sa fine main dans mon pantalon, pour prodiguer de tendres caresses à mon sexe qui n’en pouvait plus ! Elle plaqua ses lèvres contre mes lèvres et prit ma main pour que je lui caresse les seins. J’étais incapable de lui en vouloir, comme j’étais incapable d’en vouloir à cet homme qui désirait la même fille que moi. Et alors qu’elle s’approchait pour me lécher le bout du sexe, je repensais à notre prof et au privilège que j’avais, seul à cet instant, de pouvoir caresser le joli petit cul de Gaëlle.
Les semaines s’écoulèrent ainsi. Tous les lundis, je savais ce qui devait se passer. Et à son retour, au lieu que cela provoque ma jalousie, mon désir en était décuplé. Je la prenais dès qu’elle avait fermé la porte, dans la première position venue. Ces soirs-là, elle était elle-même excitée comme jamais. À la différence des autres jours de la semaine, où lorsque nous faisions l’amour, nous prenions le temps de la tendresse, ce jour-là il n’était question que de désir sauvage et de baise. Nous nous jetions l’un sur l’autre et souvent, il me suffisait de lui soulever sa jupe et de l’attraper par la taille pour plonger mon sexe dans son con humide et chaud. Je la plaquai contre la porte d’entrée debout, lui soulevai une jambe et m’enfonçai en elle.
D’autres fois, c’était elle qui se retournait, qui relevait sa jupe et me montrait son postérieur qu’elle venait d’exhiber à un autre regard, pour que je la prenne en levrette. Une autre fois encore, elle me sautait littéralement dessus pour s’empaler sur mon sexe, ses jambes serrées autour de ma taille. Sa chatte trempée coulissait le long de ma verge sans que ses pieds touchent le sol, mes mains s’agrippant à ses fesses pour accompagner les mouvements de son bassin.
Un autre soir, sans me laisser le temps de réagir, alors que j’avais juste ouvert ma braguette, elle se précipitait sur mon sexe pour l’emboucher. Elle me pompait de façon saccadée tout en me caressant les bourses et en me griffant d’un de ses ongles jusqu’à la raie du cul, et elle ne me lâchait plus jusqu’à ce que j’ai juté dans sa gorge exquise…
Il y avait toujours cette volonté alors, chez elle comme chez moi, de s’adonner immédiatement à nos pulsions comme pour se libérer d’un désir pervers et inavouable. C’était aussi le moment où une légère souffrance, sadique ou masochiste, pouvait trouver sa place. Ainsi régulièrement, elle me griffait le dos, les fesses ou les jambes. Ou bien c’est elle qui me demandait de mordiller ses tétons, de la griffer ou bien de lui donner la fessée.
Elle m’a avoué ensuite que c’était un fantasme qu’elle avait avec le professeur, mais qui bien sûr ne s’était jamais réalisé, (cela je pouvais le vérifier en observant sa ravissante croupe à la pâleur immaculée, excepté par quelques tâches de rousseur). Elle imaginait qu’il la grondait sur son travail, l’allongeant sur ses cuisses pour lui administrer une somptueuse fessée aux claquements bien sonores. Alors que je ne lui aurais jamais fait de mal les autres jours, j’éprouvais un réel plaisir à « jouer au professeur » quand elle me le demandait ces soirs-là, et alors que je sentais ses petits seins frotter contre ma cuisse, j’étais excité de pouvoir la corriger bruyamment et de voir ses lobes fessiers rougir à chaque claque, et garder l’empreinte de mes doigts. Ce dont je la corrigeais, c’était de ses désirs coupables pour un autre homme…
Je me rendis compte qu’avec le temps, cette relation avec le professeur, avait pris une place essentielle dans notre propre couple. Pour rien au monde je n’aurais voulu que cela s’arrête, tant cette situation contribuait à nourrir le désir que nous avions, Gaëlle et moi. Les cours en amphi avec lui avaient quelque chose de surréaliste. Je savais maintenant ce qui se passait réellement. Les échanges du regard entre elle et lui ne m’échappaient pas. Par instant, je croyais voir que le prof m’observait. Il savait alors parfaitement qui j’étais…
Un jour par hasard, nous nous sommes croisés tous les trois dans un couloir. Gaëlle a fait les présentations. Je scrutai son regard clair et franc, ce même regard régulièrement posé sur la nudité de mon amie. En lui serrant la main, j’imaginai que c’était avec celle-ci qu’il caressait son sexe en s’excitant auprès d’elle… Et puis un soir, après que nous ayons fait l’amour, Gaëlle m’a dit d’un air détaché :

  • — Il m’a dit qu’il voulait que je vienne chez lui.

Je ressentis comme un frémissement, suivi d’une anxiété que je n’avais pas connue depuis longtemps.

  • — Il veut me voir dans un autre contexte que celui de l’université, il a envie que je vienne dîner un soir chez lui…

Il y eut un long silence…

  • — Et qu’est-ce que tu lui as répondu ?

Alors avec un grand sourire qui sans doute se voulait rassurant :

  • — J’ai dit que je ne voulais pas me séparer de mon petit chéri, que s’il voulait que je vienne, je t’en parlerai et que de toute façon, je ne viendrais pas sans toi !
  • — Et qu’est-ce qu’il t’a dit ?
  • — Il ne s’est pas démonté, comme s’il attendait cette réponse. Il m’a dit que c’était OK, et qu’il aimerait même faire plus ample connaissance avec toi. Qu’est-ce que tu en penses ?

Je n’aimais pas trop ce ton neutre avec lequel elle me parlait, car j’avais l’impression qu’elle ne me disait pas tout. En même temps, malgré mes réticences, accepter cette invitation, c’était accepter d’en savoir plus sur cette relation. C’est peut-être aussi cela qui me faisait peur. Je ne savais ce qui était le plus lâche, d’accepter ou de refuser.

  • — Si tu veux…

Je vis qu’il était difficile pour elle de dissimuler sa joie, elle détourna la tête et partit se changer dans la salle de bain.
Les jours qui suivirent, je la trouvai de plus en plus belle. Sans doute était-ce pour elle stimulant de se savoir désirée par des êtres si différents, probablement complémentaires, dans la réalisation de ses fantasmes. Elle paraissait plus épanouie, comme libérée, de se savoir acceptée telle qu’elle était. Nous avions à nous trois comme un secret en commun, car elle me disait que maintenant elle parlait souvent de moi à son prof et qu’il lui arrivait de donner des détails sur notre vie sexuelle, pour l’exciter encore davantage.
Elle m’avouait aussi que cela lui faisait quelque chose à elle aussi, d’évoquer devant lui de façon impudique, la part la plus intime de notre relation. En le voyant jouir ainsi dans sa petite culotte, elle n’avait plus qu’un désir, c’était de me retrouver pour me faire jouir, mais cette fois charnellement. Sa sensualité était comme exaltée par cette situation et de façon étrange, elle semblait soudain avoir mûri, tout en gardant entière la grâce de sa jeunesse.
Le jour fatidique de l’invitation, nous nous présentions devant la grille imposante d’une villa bourgeoise, comme un jeune couple intimidé que nous formions alors. Gaëlle portait une robe satinée de couleur crème sans autre sous-vêtement qu’une culotte très classique, comme celles qu’affectionnaient le professeur, et des chaussettes hautes assez fines assorties à sa robe. Elle portait de petites sandales claires à talons hauts et aux attaches fines. Son maquillage était discret, tout en soulignant les qualités naturelles de son charmant visage.
Nous étions impressionnés par l’élégance de la propriété. Mais bientôt un homme, à peine plus âgé que nous, grand et mince, qui était visiblement un domestique, vint nous ouvrir pour nous conduire à l’entrée de ce qui était un véritable petit château de style XIXème. Il nous fit entrer dans un vaste hall orné de deux superbes escaliers de marbre, puis dans un grand salon où nous attendaient le professeur et sa femme. Ce dernier m’adressa une poignée de main ferme et se contenta d’un « bonsoir » à l’adresse de Gaëlle…
À côté de lui s’approchait une ravissante femme d’une cinquantaine d’années, très « classe » à la peau hâlée et au regard sombre et profond. Elle portait un chignon, et ses cheveux très sombres si soigneusement arrangés coiffaient un visage vraiment superbe. Ses lèvres étaient particulièrement sensuelles, parées d’un grenat un peu mat, et son petit nez bronzé était vraiment charmant. Mais c’est sa stature qui impressionnait. À côté, mon amie paraissait plus menue qu’elle ne l’était.
Notre hôtesse était une grande et belle femme qui, du haut de ses talons, avait presque ma taille. Son apparence laissait paraître des formes généreuses, mais aussi une silhouette élancée semblable à celle de ces femmes athlétiques que l’on voit dans certaines compétitions sportives. Sa robe noire satinée et moulante, fendue sur le côté jusqu’à mi-cuisse et son ample décolleté, soutenu par deux fines bretelles, laissaient deviner un corps superbe. Je découvrais dans l’échancrure de sa robe, une magnifique poitrine qui paraissait naturelle de par ses légers ballottements, dont il m’était difficile de détacher mon regard. Ses jambes étaient longues et musclées, fermement campées sur ses hautes chaussures. Elles étaient gainées d’un tissu diaphane qui assombrissait à peine sa peau ambrée.
Elle me serra simplement la main ; la sienne était douce et tiède. L’alliance de son regard sombre planté dans le mien et de son sourire accueillant finirent de me déstabiliser. J’avais perdu toute assurance et c’est ce moment que choisirent nos hôtes pour nous inviter à nous asseoir sur deux confortables canapés. Gaëlle était assise à mes côtés en face du professeur, j’étais face à son épouse.
Durant cette première conversation, dont je dois avouer ne pas me souvenir de grand-chose, j’étais surtout très attentif aux regards insistants du professeur en direction de ma copine. Il reluquait ses cuisses, maintenant que sa robe était légèrement relevée, ainsi que le dessin de sa petite poitrine en partie découverte par son décolleté. Ses tétines, quoique évidemment couvertes par le satin tendu de sa robe, offraient leur relief impudique, ce que je n’avais pas remarqué tout à l’heure. Je n’osais imaginer que c’était l’excitation qui leur donnait maintenant cette allure, cette même excitation qui donnait du relief à mon pantalon !
Pour ma part, je ne sais pas ce qui en était la cause principale, si c’était le désir que j’avais pour ma sculpturale hôtesse, qui me dévoilait un peu plus de sa beauté, maintenant qu’elle était lovée dans cette profonde banquette, ou l’excitation de voir Gaëlle si puissamment désirée dans le regard concupiscent de cet homme.
Au bout d’un certain temps nous avions tous un peu bu, sans excès, mais cela dut contribuer à ce rapprochement insensible qui s’opérait… Il se produisit alors un “évènement” qui me stupéfia. Le professeur se leva et il toucha Gaëlle ! Plus exactement, il prit sa main ! Ma réaction peut paraître ridicule, mais ce devait être la première fois… Comme une barrière nouvelle qui était franchie entre eux. C’était pour moi, comme faire céder toutes celles qu’elle avait placées entre elle et lui ! C’était presque à mes yeux comme s’il la violait !
Mon inquiétude était palpable, d’autant plus quand je vis qu’elle ne se dérobait pas à la pression de sa main sur la sienne, et qu’elle l’écoutait attentivement lui chuchoter quelques mots à l’oreille. Mon amie s’en aperçut, car alors que j’étais sidéré de la voir se lever avec l’aide de notre hôte qui la prit par le bras, elle se tourna vers moi et me dit d’une voix posée :

  • — Ne t’inquiète pas ! Nous avons juste besoin de parler en tête-à-tête.

J’étais littéralement vissé dans ce canapé décidément d’une profondeur atroce. Et je la vis accompagner cet homme dans une pièce adjacente dans sa robe moulante qui la rendait plus désirable que jamais. Ils entrèrent dans ce qui semblait être un bureau. Derrière eux, ils tirèrent la porte sans la fermer complètement, ce qui est le seul point qui me rassura en partie.
Sans que je ne m’en aperçoive autrement que par le parfum capiteux qui parvint à mes narines, sa femme s’était assise à mes côtés. Elle me prit la main, réveillant cette sensation électrique de notre présentation. La différence étant que j’étais enveloppé de son odeur captivante et qu’elle était si proche, sans me toucher, pour que je ressente la chaleur de son corps auprès du mien. C’est la chaleur de sa voix qui m’apporta alors un doux réconfort.

  • — Ne vous inquiétez pas, ils ont juste besoin de se parler. Je sais moi-même beaucoup de choses sur la relation particulière de votre amie et de mon mari. Si tout cela peut vous paraître étrange, je sais que je peux lui faire confiance. Je sais ce dont il est capable, tout comme il connaît et respecte mes propres désirs.

Après un court silence :

  • — Je m’occupe de quelques préparatifs avant le dîner, restez là, vous n’avez rien à craindre, dans quelques instants, je suis à vous.

Sa silhouette se dirigea vers la cuisine, et comme à l’instant avec ma compagne, je pus admirer ses superbes formes, pareillement moulées dans sa robe. Elle avait des fesses superbes ! Elle referma la porte et je me retrouvai brusquement seul et en plein désarroi.
Le temps me parut très vite interminable et je ne pus m’empêcher de me lever à mon tour. Dans cette ambiance feutrée qui avait quelque chose d’angoissant, je m’approchai doucement de la porte du bureau. J’entendais de petits bruits que je ne pouvais pas définir. Dans l’entrebâillement de la porte, et je les vis alors assis sagement à discuter, lui à son bureau, elle face à lui sur une chaise, comme s’il s’agissait d’un entretien d’embauche ! Ce sont alors des chuchotements, un peu plus prononcés qui attirèrent mon attention dans la pièce à côté. Poussé par la curiosité, je m’approchai de la seconde porte, je reconnus la voix de la femme tout doucement :

  • — D’accord, mais fais vite !

Je me penchai et vis, par le trou de la serrure, la femme du professeur retrousser sa robe jusqu’à la taille, plaquer son torse contre la table de la cuisine les jambes ouvertes et tendues… Le garçon après avoir déboutonné son pantalon et extrait son sexe, trempa ses doigts dans ce qui paraissait être un pot de crème. Et après avoir dégagé la ficelle du string de sa patronne pour lui tartiner la raie des fesses, la pénétra par derrière sans autre cérémonie. Très vite, je pris peur d’être surpris à espionner une telle scène, et je m’installai à nouveau seul sur le canapé.
Ma charmante hôtesse ne tarda pas à me rejoindre. Il ne s’était écoulé que quelques minutes depuis qu’elle avait quitté la pièce, et j’aurais pu croire que j’avais entièrement rêvé ce que je venais de voir, tant elle s’était appliquée à rajuster sa robe avec soin. Si ce n’était la présence de ces quelques miettes de pain à l’orée de son décolleté qu’elle n’avait pas pu voir, masquées par sa généreuse poitrine… Elle vint s’asseoir dans la même position que tout à l’heure, et sans surprise, je ressentis la chaleur de son corps plus fortement encore…

  • — Vous n’avez pas trouvé le temps trop long ?

Je ne pouvais pas lui dire combien cela avait été court…

  • — Je sens que vous êtes inquiet. De quoi avez-vous peur ? C’est pour votre petite amie ? Elle est très mignonne et ici, elle ne risque rien…

Et elle posa sa main sur la mienne, puis approcha sa bouche de mon oreille. Un léger souffle tiède et le doux son de sa voix :

  • — Laisse-toi faire…

Elle me prit dans ses bras, et je sentis s’écraser contre mon torse sa poitrine encore perlée de sueur sous l’effet des assauts qu’elle venait de subir. Le tissu de sa robe tiède et légèrement humide par endroits adhérait à sa peau, et j’avais presque l’impression de la sentir nue contre moi. Avant même de pouvoir réagir, elle gobait mes lèvres de sa bouche sensuelle et glissait sa langue entre mes dents. Elle m’agrippa alors le poignet fermement, pour diriger ma main vers sa poitrine. Et m’encourager à aller plus loin…

  • — Tes mains sont douces… C’est bon de les sentir entre mes seins. Regarde comme ils sont durs, comme ils ont envie de toi.

Elle s’était légèrement dégagée pour découvrir totalement sa poitrine. Ses boutons de seins, sombres et dressés aux larges aréoles, contrastaient avec la blancheur de sa poitrine qui épousait la forme de maillots qu’elle devait porter durant l’été. Cette deuxième nudité, celle d’une poitrine qui n’a pas subi les assauts du soleil et ne s’est pas offerte au regard des hommes de la plage, paraissait plus impudique encore parce qu’elle ne se dévoilait que dans l’intimité…

  • — Prends-les dans ta bouche !

Un instant, j’eus honte… Je pensais à Gaëlle qui pouvait nous surprendre. Et puis, je me jetai sur ses seins et me mis à téter ses mamelons goulûment, à les sucer, à les lécher… Elle fit glisser son autre main sur ma nuque et me la caressa, comme un encouragement à poursuivre les caresses de ma bouche. Puis, elle glissa ses doigts dans mes cheveux pour comprimer plus fermement mon visage contre ses seins.

  • — Comme c’est bon ! Ne t’arrête pas…

J’adorais caresser sa peau nue, soyeuse mais aussi délicieusement marquée par le temps, avec ses exquises ridules que je frôlais du bout de mes doigts, dans le creux de ses seins, en remontant vers son cou, à la commissure de ses lèvres… Elle dirigea ma main pour engloutir mes doigts dans sa bouche, les lécher et bientôt les sucer comme seule sait le faire une femme gourmande… Mon autre main s’aventurait sous le bas de sa robe entre ses cuisses, où le contact de la soie bientôt, laissa la place à celui de sa peau nue à proximité de son sexe. Quand à elle, elle abandonnait bientôt mes doigts pour approcher ses lèvres à nouveau de mon visage et, avec une attention délicate, me donnait de petits baisers, sur le front, sur les joues, sur le nez…
À l’instant où le plat de ma main entra au contact de la chaleur humide de sa culotte et adhéra au relief exquis de sa chatte, elle fit un mouvement brusque pour s’emparer à nouveau de ma bouche et la sucer avec ardeur comme si elle voulait la dévorer. J’étais enivré par le contact si « chaleureux » de ma surprenante hôtesse, cette femme si « classe », à la si noble allure et qui bientôt m’offrit la vision de son dos nu et de son divin postérieur. Elle avait littéralement plongé son visage vers mon entrejambe, et en un instant avait engloutit mon sexe pour la plus sublime des caresses…
Je ne savais plus où j’étais… Il y eut la vision fugitive à nouveau de Gaëlle… mes inquiétudes bientôt apaisées à son égard… la vision de cette conversation bien sage dans le bureau, et finalement c’était moi, affalé sur le canapé, qui était en train de me faire sucer par la femme du professeur, cette inconnue il y a moins d’une heure qui me laissait maintenant lui caresser le cul ! Je fourrais mes doigts dans le sillon de ses fesses, y frottait ma main de plus en plus fort, de son trou que j’avais vu comblé tout à l’heure, à sa chatte poisseuse et brûlante, parée d’un mince duvet délicatement taillé.
Elle cessa sa caresse buccale. Elle commençait à respirer fortement et on pouvait facilement l’entendre de la pièce d’à-côté… Elle me poussa fermement pour que je m’allonge tout à fait, et se mit à califourchon sur moi. Ma divine cavalière à nouveau m’offrait le spectacle superbe de sa poitrine un peu lourde mais digne. Elle enfila ma verge, bientôt avalée par son con littéralement bouillant, et commença à se trémousser tout doucement au-dessus de moi. Ses superbes mamelles ballottaient avec souplesse au-dessus de mon visage et mon regard était absorbé par leur fascinant mouvement. Comme j’aimais par ailleurs le contact de ses cuisses chaudes contre mes cuisses !
Pendant ce temps, je caressais sa taille, ou plutôt c’est elle qui faisait coulisser son corps exquis entre mes mains… C’est à cet instant que je la vis ! Gaëlle était là, assise au coin de la table, en face de moi. Elle avait quitté le bureau sans que je m’en aperçoive et se retrouvait là, seule à nous observer… Depuis combien de temps ?
Je voyais son regard qui me semblait si triste et j’avais terriblement honte. En même temps, j’étais totalement enveloppé par la jouissance que m’offrait ma divine hôtesse. J’étais entièrement en son pouvoir et je ne pouvais plus lutter. C’était comme si la vision du visage de mon amie, dans le regard de laquelle je crus déceler quelques larmes, quoique si proche, était devenu lointain, presque irréel… J’étais en train de baiser la femme de son professeur, et je la voyais là comme démunie, abandonnée… Toujours absorbé par son regard aimé, je la vis alors tourner de l’œil, et je crus un instant qu’elle allait s’évanouir…
C’est à ce moment là que je vis ses chaussettes… Les chaussettes grises du professeur… sous la table ! Il était à quatre pattes, habillé de ses seules chaussettes et de sa chemise ouverte. Il y eut quelque chose qui me révulsa avant même que je ne réalise vraiment, dans cette vision grotesque, ces chaussettes grises, les poils de son cul, son sexe qui pendouillait flasque, comme celui d’un animal… C’est alors seulement que je réalisai qu’il était en train de laper son sexe, comme l’aurait fait un petit chien trop gourmand… Gaëlle, dont je voyais la tête basculer, était en train de jouir sous l’effet des coups de langue de son professeur !
Tout cela ressemblait à un cauchemar et en même temps, j’étais englouti dans un rêve, submergé par le plaisir ! Je fermai les yeux, à la fois pour effacer cette vision douloureuse, la refuser, et m’engloutir plus profondément encore dans les délices de jouissance que ma cavalière me prodiguait.
Je perdis presque connaissance. Je ne sais pas le temps exact qui s’écoula. Quand j’ouvris à nouveau les yeux, ma partenaire était de tout son long allongée contre moi. Je regardai au niveau de la table et je ne voyais plus Gaëlle ! À ce moment-là, je vis sa superbe croupe. Elle était dans la position de son partenaire tout à l’heure, mais celui-ci était maintenant allongé sur le dos sous elle. Les mouvements de la tête de ma copine ne laissaient aucun doute. Elle était en train de le sucer. Mais ce qui attira très vite mon attention, c’est tout autre chose. Je remarquai tout d’abord que la pâleur habituelle de son joli cul était maculée de traces rouges de doigts. Elle avait reçu la fessée de son maître !
Mais plus encore, ce qui me fascina et m’effraya en même temps, c’est lorsque je vis son anus, dans la position impudique dans laquelle elle était. La rougeur timide qui décorait son pourtour me laissa imaginer le pire. J’aurais juré, sans en avoir la certitude, que son trou du cul avait été forcé. Un doigt, deux peut-être… Un objet qui se trouvait dans le bureau… Et puis, je vis distinctement cette larme blanche qui s’écoula de sa rosette. Un long filet de sperme glissait le long de sa cuisse !

~~~~~~~~

Plus tard, je devais apprendre que j’avais été pris au piège. Que tout avait été préparé et mûrement réfléchi pour satisfaire les désirs pervers de chacun des convives, et jusqu’au mien, même si cela s’était fait à mon insu. J’avais réalisé ce soir-là combien la souffrance peut se mêler au désir, au plaisir et les décupler !
Depuis lors, régulièrement, nous nous retrouvons tous les quatre, et je ne me lasse pas de baiser régulièrement la femme du professeur, pendant que celui-ci, devant mes yeux, sodomise ma petite Gaëlle ! Et souvent quand j’embrasse ma chérie, ou que je la prends par derrière, je revois cette première fois où une larme de sperme glissa délicatement contre sa peau.

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Ecrit par petitlapinou publié le 11/12/2007 à 14:48

J’ai rencontré mon épouse Laurence sur les bancs de la fac il y a presque vingt ans. Elle était déjà cette ravissante femme très classe à la silhouette élancée. J’avais été d’abord attiré par sa stature à la fois fière et réservée, son port de tête ravissant et son cou mince souvent paré d’un collier de perles, ainsi que par ses jambes longues et fermes vêtues souvent d’élégantes chaussures à talon. Issue d’une famille fortunée, elle était souvent habillée de façon très classique, en tailleur, et pour tout dire paraissait un peu coincée. Notre vie sexuelle était pour moi satisfaisante, dans le sens où celle qui est rapidement devenue ma femme acceptait le plus souvent de façon docile de satisfaire mes désirs, à partir du moment où je ne m’aventurais pas sur le terrain de la sodomie ou d’autres pratiques un peu déviantes.
Mais je dois reconnaître que son absence d’initiatives et le sentiment désagréable, malgré ses dénégations, qu’elle faisait l’amour essentiellement pour me faire plaisir pesait un peu ces derniers temps sur la qualité de notre relation. Quand je lui parlais d’un effet de lassitude chez elle, ou d’une absence de désir, elle s’évertuait à m’affirmer le contraire. De plus, elle prétendait que son gynécologue lui avait dit que le fait qu’elle ne mouillait pas durant nos rapports n’était pas lié à un manque de désir, mais chez elle à une constitution particulière et qu’il n’y avait rien à faire.
Il est vrai que depuis le début nous devions souvent utiliser des gels pour ne pas trop l’irriter. Cela ne l’empêchait pas d’exprimer, lorsque nous faisions l’amour, par ses soupirs et les ondulations de son joli corps, le désir qu’elle avait pour moi. Pour ma part, j’ai une libido assez envahissante. Souvent, je lui demandais de me laisser caresser ses seins par dessus son corsage ou encore de les sucer. Elle me laissait le plus souvent faire. Et même parfois lorsque nous étions dehors, après s’être assurée que l’on ne pouvait pas nous voir. Elle m’autorisait aussi à la prendre, vite fait, que ce soit à la maison sur le rebord de la table ou contre l’évier, sur le tapis en l’allongeant sur le dos et en lui relevant les jambes, ou encore debout dans le jardin, dissimulés par le linge étendu…
Comme je l’ai dit, quand l’occasion se présentait et que mon désir était si fort que je ne pouvais m’empêcher de susurrer à son oreille combien j’avais envie d’elle, elle s’exécutait souvent fort consciencieusement. Il semblait même que les lieux insolites et les étreintes fugitives la satisfaisaient davantage.
Alors que mes activités m’occupent beaucoup toute la semaine, car je travaille dans un cabinet d’avocats, Laurence acceptait donc volontiers avec une certaine application studieuse, lorsque j’étais de retour, d’accomplir son devoir d’épouse. Il y avait quelque chose d’un peu désuet dans la tournure de notre relation mais, sans doute par mauvaise foi ou par lâcheté, je m’en satisfaisais, appréciant sa bienveillance à ce sujet malgré ses aspects un peu froids et guindés. J’avais bien essayé d’évoquer avec elle la crainte que j’avais de ce déséquilibre dans l’expression de nos désirs respectifs, mais je m’étais toujours heurté à cette gêne chez elle, dès qu’il s’agissait de parler des choses du sexe.
À la suite de ses études, Laurence avait ouvert un cabinet de psychologue à mi-temps, ce qui lui laissait beaucoup plus de loisirs qu’à moi, d’autant plus que nous n’avons pas pu avoir d’enfant. À midi, je suis venu à son cabinet sans la prévenir, pour l’inviter au restaurant. J’ai trouvé la porte fermée et j’ai réalisé qu’elle ne travaillait jamais ce jour-là à cette heure-là.
Cela faisait longtemps que je n’y étais pas entré, et je l’ai fait parce que j’ai la clé et qu’il faisait froid (nous sommes en novembre). Son cabinet de consultation était arrangé avec soin et sobriété. En m’approchant de son bureau, je vis un tiroir entrouvert. Ce qui a attiré mon attention, c’était ce gros cahier usé sur les bords. J’ai trouvé sa présence déplacée au milieu de tous ses documents bien classés, d’autant plus que je savais que tous les renseignements pour son travail étaient informatisés. Je le fis glisser hors du tiroir, sans trop déranger ce qui était autour et ouvris le cahier à la première page.
Je ne savais pas alors les conséquences que ce simple geste aurait sur ma propre vie…

Lundi 15 septembre 2003
Il faut absolument que j’écrive, que je me décharge de ce poids… Il se passe quelque chose en moi que je ne peux pas définir, et que je n’arrive à exprimer à personne, pas même à mon thérapeute. J’ai quarante-deux ans, je suis mariée depuis dix-sept ans à un mari charmant, et voilà que j’ai l’impression de tomber amoureuse pour la première fois !
Bien sûr, depuis l’adolescence j’ai connu ces moments dont je n’ai jamais parlé à Christophe, où toute ma vie était accaparée par la volonté de voir ou d’être vue par le garçon que j’aimais. C’était arrivé au collège avec un garçon dont j’étais vraiment amoureuse, et puis au lycée avec un autre… Mais j’étais beaucoup trop timide et coincée.
Malgré le succès que j’avais auprès des garçons avec mon côté adolescente bien sage et un peu bourge, je n’ai pas connu à cette époque même l’amorce d’un flirt. Dès que l’un d’eux m’approchait, et d’autant plus si j’en étais amoureuse, je ne cherchais qu’à le fuir, angoissée par la peur de le décevoir.
Quand j’ai rencontré Christophe à l’université, ce qui m’a attirée c’est que lui savait me rassurer. L’attirance physique que j’avais pour lui n’avait rien à voir avec celle que j’avais connue avec les garçons précédents et qui était un peu honteuse pour moi, sous l’influence de l’éducation stricte que j’avais connue. Avec lui, il y avait surtout le désir de me sentir bien dans ses bras, d’être protégée. Nous avons fait l’amour assez rapidement après notre rencontre, mais c’est comme si, dès le début, tout le plaisir que j’avais sexuellement n’était lié qu’au plaisir que je lui procurais.
Aujourd’hui, ce que je vis c’est comme si j’étais une nouvelle fois cette adolescente submergée par des désirs inavouables, et ce n’est pas un hasard si je reprends l’écriture de ce journal, interrompu - et détruit - il y a plusieurs années lorsque j’ai rencontré mon mari. Maintenant, je sais qu’il ne viendra pas à mon bureau et qu’ici mon journal est en lieu sûr. J’aime que ce soit comme quand j’étais plus jeune, sur un cahier d’écolière… Je laisse comme cela une trace secrète, un objet un peu honteux que je peux relire dans la journée quand je le veux à mon travail, et qui sera un confident toujours disponible de l’amour que j’ai pour cet homme.
Il s’appelle Hervé, il est venu la première fois à mon cabinet il y aura bientôt un mois. J’ai tout de suite été séduite par ce beau jeune homme grand et svelte qui n’avait pas trente ans et qui venait me voir pour se libérer, comme il m’a dit, de l’emprise de sa mère. Il s’est confié à moi avec beaucoup de naturel, évoquant le désir que lui procuraient les femmes mûres, et combien il était incapable d’avoir une relation durable avec une fille de son âge.
Le petit jeu de séduction qu’il a essayé d’instaurer entre nous assez rapidement ne m’a pas échappé. C’est naturel dans le cadre d’une thérapie et je n’y prêtais pas d’abord une trop grande attention.
Et puis, je me suis rendue compte que je pensais un peu trop souvent à lui… Il revenait une à deux fois par semaine et j’attendais ce moment particulier de mon emploi du temps avec impatience. Là encore, je savais que cela pouvait arriver d’un jour à l’autre, qu’un jour je pouvais avoir plus que de l’affection pour un client. Mais dans le cadre de mon travail, je savais aussi qu’il était aussi hors de question d’imaginer autre chose que ces confessions dans le cadre de la thérapie, et qu’il fallait toujours maintenir une distance respectable avec le patient.
Pourtant, plus ce jeune homme, dont j’adorais aussi la voix, venait me voir, et plus je pensais à lui. Je me suis rendue compte rapidement que le désir de le revoir n’était pas purement intellectuel. À la fin d’une séance, et alors qu’il me serrait la main pour partir, je ressentis un désir, complètement irraisonné, de le prendre dans mes bras, de l’embrasser et de faire l’amour avec lui.
La seule évocation de ce moment provoque en moi encore une montée de désir… J’ai envie qu’il soit près de moi. Malheureusement je n’ai que mes doigts pour apaiser un peu la tension qui vient trop souvent quand il n’est pas là. Comme bien d’autres fois, je vais me caresser maintenant, et je reprendrai le cours de mon récit demain.
Mardi 16 septembre
Évidemment, comme d’habitude, hier soir Christophe a joui en moi, et comme d’habitude depuis quelques jours, j’ai pensé à Hervé, en imaginant que c’était lui qui se soulageait dans mon ventre. Quand je sais que je vais le voir dans la journée, je n’ai qu’un désir, c’est de me faire belle pour qu’il prête plus d’attention à moi. En même temps, je ne veux pas éveiller les soupçons de Christophe. C’est pourquoi ces jours-là j’emporte discrètement des affaires pour me changer à mon cabinet ou dans la voiture, à l’abri des regards dans le parking de l’immeuble, quand je sais qu’il sera mon premier client.
J’évite d’avoir une tenue trop provocante qui ferait vulgaire, mais j’aime enfiler une jupe légère qui découvre mes jambes jusqu’à mi-cuisses. Souvent, je garde le même corsage mais entrouvre un peu plus mon décolleté pour qu’il puisse porter son regard dans le creux que forment mes petits seins compressés dans un balconnet. Alors que j’en porte rarement, j’ai toujours dans mon sac des chaussures à hauts talons. Tout juste ce qu’il faut pour mettre en valeur mes jambes qui sont longues et fines et qui plaisent beaucoup aux hommes, si j’en crois les regards un peu orientés ces jours-là, ou plutôt désorientés, de mes autres clients masculins…
Je ne me serais jamais permis une telle audace il y a quelques jours, de pouvoir montrer ainsi mes jambes partiellement dénudées à la vue d’autres hommes que mon mari. Curieusement, une fois le pas franchi, dans le seul dessein d’attirer l’attention d’Hervé, j’ai découvert comme une sorte de libération dans ce simple geste. C’était un peu comme me sentir rajeunie, sous l’effet de cette assurance qui m’avait tellement manquée lorsque j’étais adolescente…
J’ai été tout d’abord un peu déçue par sa réaction dans mes tentatives pour capter un peu plus son attention. Si je constatais un certain trouble parfois, lorsque son regard était attiré par mes jambes ou mon décolleté, il s’empressait de ne pas trop le faire paraître. C’était un peu comme si c’était lui qui était soudainement intimidé. D’un certain côté, son attitude n’était pas très différente de celle de mes autres patients, et c’était cela qui me contrariait. J’aurais tellement aimé lui signifier que c’était pour lui que je voulais me montrer désirable ! Je ne savais pas quelle attitude adopter la fois suivante. Je me sentais prête à le draguer, mais les choses se passèrent autrement que je l’avais imaginé.
Dès qu’il fut entré dans mon cabinet, je me rendis compte que son comportement était bien différent de celui qu’il avait eu la fois précédente. D’emblée, il se mit à plaisanter et bientôt à me complimenter au sujet de ma toilette et de mon côté terriblement féminin. Je réalisai combien je m’étais transformée pour le séduire, en pensant aux reproches modérés mais réguliers de mon mari qui voulait me voir plus féminine…
Il se mit précisément à parler de mon mari en me disant qu’il avait de la chance de posséder une femme aussi belle et séduisante. Posséder, ce mot m’a décontenancée sans que j’en connaisse la raison… Et puis, il y avait ce ton si direct, franc et soudain presque familier auquel je n’étais pas habituée. Bien sûr, d’autres hommes m’avaient draguée, et surtout ces derniers temps à proximité de mon travail où à mon cabinet. Mais là, c’était différent. Il y avait cette intimité qui subitement s’était insinuée entre nous, comme la sensation absurde qu’il lisait dans mes pensées et qu’il savait combien moi-même je le trouvais séduisant. S’il ne l’avait pas su, mon sourire et mon incapacité à détacher mon regard du sien aurait suffi à le lui faire comprendre.
Ce jeu continua quelques jours entre nous sans jamais aller plus loin, mais la semaine dernière, alors que nous plaisantions tout en ne nous quittant pas du regard, soudain il s’approcha, me prit par la taille et me serra très fort dans ses bras ! Je répondis à son étreinte en l’enlaçant à mon tour. Il m’offrit alors sa bouche et je sentis la délicieuse moiteur de sa langue contre la mienne. J’avais une envie violente de le sentir, de sentir le contact de sa peau et je fis glisser mes mains sous sa chemise pour lui caresser le dos pendant qu’il me poussait brusquement contre le rebord de mon bureau. Il insinua lui aussi ses mains puissantes sous mes vêtements et s’empressa de faire sauter l’agrafe de mon soutien-gorge, pour masser aussi mon dos de ses paumes un peu rugueuses. Il embrassait avec frénésie les moindres recoins de mon visage et ne dégageait sa bouche que pour murmurer, avec tendresse et fougue à la fois :

  • — C’est tellement bon de te sentir ! Comme tu sens bon, ta peau est douce… Ça fait tellement longtemps que j’attends ce moment-là !

Sa bouche avait les saveurs d’un fruit frais et onctueux, et quel bonheur c’était de la caresser de ma langue… J’avais l’impression de donner et de recevoir un premier baiser, une sensation inconnue jusqu’ici ! À nouveau, je sentis le souffle de ses lèvres contre ma joue.

  • — Depuis la première fois, je n’ai pensé qu’à ça, à l’envie de te sentir, de sentir ta peau nue tout contre moi…

Ses mains à la fois tendres et puissantes effleuraient mes reins, puis le haut de mes hanches. Je ne puis m’empêcher de lui souffler entre deux baisers :

  • — Moi aussi, tu ne peux pas savoir comme j’ai envie. J’ai envie de toi !

Je n’oublierai jamais ce moment extraordinaire où il a glissé ses mains sous ma culotte pour caresser mes fesses… Le laisser ainsi masser une des parties les plus intimes de mon corps, ce que je n’avais fait jusqu’alors avec aucun autre homme que mon mari, c’était comme m’offrir à lui… m’offrir à un inconnu pour la première fois.
Cette sensation confuse de perdre ma virginité, comme si c’était la première fois qu’un homme me palpait les fesses, me troublait de façon intense et évidente, en provoquant en moi un plaisir bien plus profond que les simples caresses que j’avais connues jusqu’alors. J’aimais sa détermination, la fermeté de ses attouchements et en même temps sa présence attentive. Une sensation étrange, comme s’il me violait tout en étant doux et tendre. Ses mains, de mes fesses glissaient maintenant à l’intérieur de mes cuisses et me procuraient une douce chaleur dans le bas du ventre. Mon sexe était en feu, alors qu’il ne l’avait pas même effleuré ! J’entendais ma respiration s’accélérer et je sentis ma poitrine gonfler, soudain trop à l’étroit… J’avais une envie folle de déchirer mon corsage ! Heureusement, je sentis alors ses doigts s’affairer efficacement. En quelques instants, mes seins n’étaient plus contraints que par mon soutien-gorge que je trouvai trop étroit !
Je me sentais une autre femme, capable de vivre ce désir nouveau et intense pour un jeune homme, sans aucune honte ! Comme je n’avais pas honte, non plus, de montrer mon attirance par les réactions incontrôlées de tout mon corps. Je soupirais bruyamment, mes seins et mes mamelons étaient gonflés comme jamais, et il y avait cette humidité insolite entre mes cuisses… Pour la première fois de ma vie, je mouillais vraiment pour un homme ! Et je n’avais qu’un désir, que mon sexe humide et chaud enveloppe le sien.
À ce moment-là, il fit le premier geste qui me parut cruel après tant d’attentions : il me repoussa fermement, comme pour me voir réellement toute entière, telle que j’étais, dévorée de désir pour lui ! J’étais calée contre le bureau, les jambes tendues et légèrement écartées. En regardant ses beaux yeux sombres parcourir mon corps dans sa totalité, et bien que seul mon corsage soit ouvert et ma jupe à peine relevée, je me sentais nue, comme jamais je ne l’avais été face à un homme… Cet instant interminable où il continuait à m’observer était à la fois douloureux et agréable. C’est alors, en voyant sa détermination dans l’assurance de son regard, que je réalisai, mentalement comme dans mon corps, que c’était moi qui étais alors plus jeune que lui. J’étais comme une vierge, prête à se donner entièrement.

  • — Montre-moi tes seins !

Sa voix était douce, mais c’était bien un ordre… J’étais heureuse, d’un bonheur que je ne m’expliquais pas, d’ôter mon balconnet et de lui montrer ma poitrine nue. Je ne reconnaissais pas mes propres seins, je les trouvais plus beaux que d’habitude, impudiques et fiers, gorgés du désir d’être caressés, malaxés, sucés par le jeune homme qui était en train de les découvrir. En observant à mon tour son délicieux sourire et l’évidence qu’il appréciait le spectacle, je me sentis plus heureuse encore, un peu comme une enfant flattée d’attirer l’attention d’un être cher.

  • — Enlève ta culotte maintenant !

Le propos était tout aussi posé et déterminé. Cela ne me choqua pas, et je crois maintenant que c’était cela que j’attendais de lui : qu’il exprime son désir sans détours, jusqu’à devancer le mien !
Je m’exécutai naturellement et fis glisser ma petite culotte le long de mes cuisses et, l’ayant dégagée de mes pieds, je la laissai au sol, attendant de satisfaire à d’autres de ses volontés. Mais son attitude alors me désorienta. Il continuait à me regarder sans un mot, comme soudainement contrarié. Je ne comprenais pas et j’étais brusquement inquiète. Il détourna son regard, comme gêné.

  • — Il vaut mieux que je te laisse maintenant, me dit-il, je ne veux pas que ça aille trop vite. J’ai très envie de toi, mais il ne faut pas… Il ne faut pas nous faire de mal.

Après un silence, il se rajusta… et me blessa par ces derniers mots que je vécus déjà comme un éloignement :

  • — Je vous rappellerai pour vous dire quand je souhaiterai vous revoir. Vous êtes tellement belle !…

Il avait déjà fermé la porte, sans que je réalise vraiment ce qui s’était passé. J’étais brusquement seule avec mon désir et je n’étais pas même sûre de le revoir ! Sans m’en rendre compte, j’avais porté déjà la main à mon sexe nu, et j’étais en train de me caresser frénétiquement. Il fallait absolument que je me libère de cette tension insupportable !
Les jours qui suivirent, je fis ce que je ne faisais jamais : je me masturbai régulièrement deux à trois fois par jour en pensant à Hervé. Il s’écoula une semaine sans que j’aie de ses nouvelles, ce qui n’était jamais arrivé. Je pensais à ses derniers mots, au fait qu’il m’avait vouvoyé en partant, et je me disais qu’il avait peut-être raison de placer une distance, et que cela pouvait être malsain dans le cadre de notre travail sur lui (ce fameux transfert) de vivre une relation plus intime.
Je crois que je réussissais à faire le deuil de cette relation sans doute irréalisable. Mais hier soir, il m’a appelée sur mon portable, alors que j’étais à la maison, en train de regarder la télé avec Christophe. J’ai reconnu tout de suite son numéro. Mon cœur s’est mis à battre et m’a rappelé mes amours lycéennes… Je me suis levée, les jambes vacillantes, pour me diriger vers le couloir et la chambre. Je refermai la porte, et pus enfin entendre sa voix grave et douce en m’allongeant de tout mon long sur le lit. C’était comme s’il était à nouveau près de moi.

  • — Excuse-moi d’avoir été si long ! J’avais besoin de réfléchir. J’espère que tu ne m’en veux pas. J’ai très envie de te revoir, mais pas à ton cabinet, j’aimerais qu’on se voit au dehors, dans un café par exemple.

Rapidement, nous avons fixé pour aujourd’hui un rendez-vous près du quartier où il travaille. Il termina par cette phrase presque irréelle :

  • — Je t’aime très fort !

Avant même que je puisse répondre, la conversation était coupée. Je rejoignis mon mari sur le canapé, et alors que j’improvisais un mensonge pour justifier l’appel, je me mis à réaliser que pour la première fois ce soir, Christophe aurait la surprise, en me pénétrant, de sentir mon humidité…

J’allais refermer le cahier épais presqu’entièrement couvert par l’écriture petite et serrée de Laurence, et je repensais à ce soir de mai, où en effet, j’avais constaté que pour la première fois, j’avais pu glisser mon sexe sans effort dans son intimité… Alors que je réfléchissais à la façon de m’organiser les prochains jours pour continuer à le lire, j’ai regardé les dernières pages de son journal. Quand je vis le nom d’Hervé encore évoqué sous la date d’avant-hier vendredi 30 novembre 2007, j’ai reçu comme un coup de poignard la révélation que cette relation entre ce jeune homme et ma femme durait depuis plus de quatre ans !

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