Histoires Coquines - Derrière le miroir
Résumé des épisodes précédents
À l’occasion de deux épreuves pénibles et humiliantes, Miko a compris que les maîtres du jeu attendent d’elle qu’elle réagisse aux situations qui lui sont proposées, qu’elle ne se contente plus de les subir. Un lapsus d’un des arbitres lui donne une information importante : son anonymat doit être protégé. Avec l’aide de sa servante, Ninaa, elle entreprend de réactualiser sa connaissance de la vie quotidienne de son pays. Ninaa essaie de l’entraîner vers des jeux lesbiens, ce que Miko refuse absolument. Miko ne sait plus quoi penser, lorsque deux nouvelles épreuves, riches d’enseignements, lui donnent plusieurs nouvelles informations, dont une particulièrement l’interpelle et l’inquiète : le sens de sa dernière épreuve semble indiquer que les maîtres du jeu gagnent de l’argent avec ses aventures…
Miko était profondément attristée, frustrée et révoltée de cette révélation. Elle se sentait comme dans cette blague idiote, où la prostituée se rend soudain compte que ses collègues se font payer !
Elle eut brusquement l’envie de tout arrêter, et de signaler aux maîtres du jeu qu’elle mettait fin à tout cela. Mais elle se ravisa aussi brusquement que cette idée lui était venue à l’esprit : elle devait bien admettre qu’elle avait été payée pour cela. Son père avait en mains l’argent nécessaire pour son opération. Et d’ailleurs, n’avait-elle pas elle-même pensé à monnayer auprès des maîtres du jeu les images de ses aventures, lorsqu’elle avait retrouvé ses parents ?
Une autre question lui vint à l’esprit : par quel moyen gagnaient-ils de l’argent avec elle ? Sa mémoire était excellente, et elle se souvenait parfaitement de l’une des règles du jeu : aucune photo, aucune image, ne seraient distribuées sans son autorisation. Ne respectaient-ils pas les règles et vendraient-ils les photos ? Même si l’hypothèse était envisageable dans l’absolu, Miko la rejeta ; elle ne saurait dire pourquoi, mais il ne lui semblait pas que cela collait avec le tableau qui se dessinait petit à petit. Les maîtres du jeu devaient avoir très probablement, certainement, un autre moyen de rentabiliser ses épreuves, même si elle n’en devinait pas la nature pour l’instant.
L’idée troublait quand même profondément Miko. Certes, les maîtres du jeu ne lui avaient jamais donné la moindre piste sur leurs motivations, mais elle aurait espéré que leur but ne se résumait pas à quelque chose de simplement mercantile ! Si tout cela n’était qu’une simple histoire d’argent, cela ne valait plus la peine de continuer.
Elle était frustrée par cette « révélation », et même si elle se refusait à y croire, elle en était gênée, inquiète… Déçue aussi, et elle n’avait pas envie d’être déçue. Pas après tout cela.
Ninaa l’invita à passer à table. Miko avait une faim de loup. Elle fut surprise de trouver une table copieusement garnie, et deux chaises dignes de meubler un château. Comme une domestique bien attentionnée, Ninaa l’invita à prendre place, avec un petit sourire dont Miko comprit rapidement le pourquoi : un splendide phallus en latex émergeait du coussin, bien dressé à la verticale. Miko eut quelques difficultés à trouver une position confortable…
Une fois bien assise, Miko s’attendait à ce que Ninaa fasse le service. Quelle ne fut pas sa surprise de la voir s’assoir sur la chaise opposée ! Vu le temps qu’elle mit à s’installer en se tortillant, Miko devina que sa servante devait certainement se positionner sur un attribut identique, et qu’elle l’enfouissait elle aussi profondément dans son intimité…
Ninaa invita Miko à se servir. Sitôt le repas commencé, une vibration se fit sentir dans son intimité. Miko observa la réaction de Ninaa et constata que, de toute évidence, elle éprouvait les mêmes sensations. Les mets étaient délicieux, mais compléter les plaisirs de la chère par ceux de la chair donnait à ce repas une dimension tout à fait différente, celle d’une expérience unique.
Depuis le début du jeu, Miko avait l’habitude qu’on l’amène à la jouissance dans des endroits insolites et devant des inconnus. Mais c’était la première fois qu’elle voyait une femme, en face d’elle, prendre du plaisir, et de plus en même temps qu’elle ! Les deux filles jouirent en même temps. Ninaa fit un clin d’œil à Miko car les vibrations ne s’arrêtèrent pas.
Au bout de trois quarts d’heure, les deux filles se levèrent de leur chaise. Il ne fallait pas abuser des bonnes choses ! Épuisée, Miko se traîna jusqu’à son lit et sombra rapidement dans un profond sommeil.
Elle se réveilla sous l’impérieux appel d’une vessie qu’elle n’avait pas soulagée avant le coucher. Elle se leva, dans cet éclairage bleuté qui rendait la serre si spectaculaire. Suivant les consignes reçues, Miko ne fit que quelques pas pour se soulager, et d’un pas plus léger, elle regagna son lit.
La grosse fatigue qui l’avait plongée dans un premier sommeil lourd avait disparue. Ses pensées, ses questions, ses doutes se bousculèrent dans son esprit. Dans le calme de cette nuit douce et parfumée, Miko essaya de remettre de l’ordre dans ses idées et de refaire le point.
Est-ce que tout cela se résumait à une simple histoire d’argent ? Probablement pas, mais une chose semblait sûre et évidente : il en fallait, et dans des proportions non négligeables ! Autre évidence, les maîtres du jeu la connaissaient très bien. Ce qui amenait une question, inévitablement : qui, dans son entourage, serait capable de monter une telle opération ?
Mais par où commencer ?
Par le début, évidement !
Lorsque l’on veut prendre contact avec une personne au milieu d’une foule et être sûr que seule la personne appelée réponde, on lance un appel personnalisé : ici, la personnalisation, c’est la couleur fuchsia. Celui ou celle qui est derrière tout ça doit être certain que cette couleur m’attire, évoque quelque chose pour moi. Hors, moi qui adorait cette couleur, cela fait plusieurs années que je ne porte plus grand-chose de fuchsia.
Depuis quand, en fait ? Si, j’y suis, depuis que Vincent m’a dit que cela faisait trop gamine. Donc, ça peut vouloir dire que je dois chercher les personnes de mon entourage avant Vincent… Sauf si… c’est Vincent lui-même qui est derrière tout ça !
Comment ai-je pu vivre avec un type si possessif ? Toujours à choisir à ma place… toujours à prétendre savoir ce que j’aime… Toujours, il commençait par « Je sais que cela va te plaire ! ».
Et si… non, quand même pas… mais… si ce type avait fini par réellement chercher ce que j’aime, et que ce soit sa nouvelle manière de prétendre m’aimer pour encore mieux me posséder ? Non, ce n’est pas possible… pas lui ! PAS LUI !
Miko était inquiète. Jusqu’à présent, elle avait toujours imaginé que les maîtres du jeu voulaient l’amener à découvrir quelque chose de merveilleux. Voilà qu’on lui fait comprendre qu’ils gagnent de l’argent avec ses prestations, et maintenant elle découvre que l’investigateur pourrait être un ancien amant rejeté !… Et pourtant, elle avait beau examiner tout ce qu’elle avait vécu sous tous les angles, à chaque fois l’hypothèse que Vincent soit derrière ce qu’elle avait traversé apparaissait comme tout à fait plausible…
Ils faisaient du jogging ensemble. Lorsqu’ils allaient au cinéma, ils s’installaient toujours au milieu. Il lui interdisait de sortir seule le soir de peur qu’elle fasse une mauvaise rencontre. Il la narguait lorsqu’elle revenait d’avoir fait du shopping : « Tu pars pour acheter de nouvelles chaussures et tu reviens avec un gilet ! ». Il critiquait son sens de l’orientation et sa capacité à retrouver son chemin. Comme il n’arrivait pas à la battre à la natation, il trouvait toujours un prétexte : « Mon maillot me fait mal, tu as dû le faire bouillir : il est devenu trop petit… ».
Ce qui inquiéta Miko par-dessus tout, c’est qu’elle se rendit compte que si l’avenir confirmait la présence de Vincent derrière le jeu, elle serait capable de retourner vers lui si elle avait la certitude qu’il continuerait le jeu jusqu’au bout ! L’horreur pure, pour elle qui avait mit un temps fou à le mettre à la porte ! À chaque fois qu’il avait refait surface, elle était repartie pour une nouvelle série de déboires et de désillusions ! N’importe qui, mais pas lui !
Et pourtant, le salut de son père pourrait être à ce prix… Miko se rendormit avec une grosse boule dans la gorge.
Le matin venu, Ninaa vint la voir avec un grand sourire.
- — Salut ! Tu as bien dormi ? demanda-t-elle d’un air joyeux.
- — Non ! cria Miko. Et arrête de me regarder comme si tu allais pouvoir me sauter ! Je ne suis pas celle que tu penses !
Miko était d’humeur massacrante. Ninaa, complètement abasourdie par cet accueil « explosif » et piquée au vif, lui signala d’un ton sec que son petit déjeuner était servi et qu’ensuite elle devait prendre un bain. Elle partit en lui tournant vivement le dos, visiblement vexée. Heureusement que les murs de bambou n’avaient pas de portes à claquer, toutes les vitres de la serre se seraient retrouvées réduites en miettes !
- — C’est vrai, quoi ! Ce n’est pas parce que tu me ressembles que tu sais ce que je veux ! hurla Miko à la cantonade.
Et qui c’est, d’abord, celle-là ? Pourquoi cette ressemblance si… si forte ? Certes, nous ne sommes pas aussi semblables que maman et ma tante qui sont de vraies jumelles, mais si je n’avais pas la certitude que maman n’a pas eu de deuxième enfant et que ma tante n’a jamais pu en avoir à la suite de sa fausse couche… je jurerais qu’elle pourrait être de ma famille ! Je n’avais pas encore assez de boulot à trouver qui s’amuse à m’introduire des objets dans les fesses, il faut en plus que je me tape un sosie !
Miko avala son petit déjeuner de fort méchante humeur. Et celle-ci s’était à peine améliorée lorsqu’elle entra dans son bain…
La colère est mauvaise conseillère ! Il faut que je retrouve mon calme. Chaque fois que je piquais une crise devant Vincent, il me sortait une phrase imbécile du style « Tu vois, ma chérie, j’avais raison. Tu aurais une réaction plus saine si tu avais des arguments valables pour contredire mon avis ! ». Je DÉTESTE ce type !
Tiens, revoilà Ninaa… Elle pleure ? Je suis trop dure avec cette fille. Mais je suis persuadée qu’elle est beaucoup plus qu’une simple domestique : les maîtres du jeu prendraient-ils le risque de me voir succomber à ses charmes alors qu’ils ont refusé de donner le salaire de mon arbitre de la piscine parce qu’elle voulait m’uriner dessus ? Cette fille fait partie des maîtres du jeu, c’est obligé, c’est logique ! Mais pourquoi n’est-elle pas restée dans l’ombre, comme les autres ? Et est-ce que les autres sont restés dans l’ombre, d’abord ? Et est-ce qu’il y a des autres, seulement ?
Encore des questions, et pas de réponse ! Décidément…
- — Excuse-moi Ninaa. Je me suis levée du pied gauche, ce matin. Qu’est-ce qu’il y a au programme aujourd’hui ?
- — Rien dans la matinée. Comme je vois que tu n’as pas envie de la passer avec moi, j’ai appelé le chauffeur. Tu la passes chez tes parents.
Miko sursauta : Ninaa avait donc le pouvoir de changer le planning… La conclusion s’imposait : Ninaa était l’un des maîtres du jeu, ou quelqu’un qui leur était très proche ! Bingo ! Une question venait de trouver sa réponse.
Elle s’empressa de revêtir une tenue « grand luxe » et de rejoindre le garage. Juste avant de sortir, elle voulut embrasser Ninaa sur la joue, mais celle-ci lui fit signe de ne pas s’approcher… À la vue du bras tendu dans ce geste de refus, la paume ouverte vers elle et le pouce bizarrement projeté vers l’avant, Miko se figea, prise soudain par un trouble diffus, presque irrationnel, qui déclencha étrangement un frisson. Cette position, si caractéristique… Et si… Non, impossible !
Mais il était plus que temps qu’elle ait une discussion sérieuse avec son père. À propos de l’honneur !
Le trajet se fit à vitres opaques. Miko en profita pour faire une séance de relaxation. Elle ne voulait pas que ses parents la voient dans cet état. Sa mère quittait la maison au moment où elle arrivait.
- — Ma Miko, je suis désolée mais je pars travailler, annonça la mère.
- — Ce n’est pas grave, maman, je resterai près de papa.
Elle se glissa doucement dans la chambre de son père. Celui-ci dormait, comme l’avait signalé sa mère. Elle attrapa un album photo et, en attendant que son père se réveille, remonta le temps en le feuilletant. Elle regardait une image de sa mère et de sa tante, enceintes toutes les deux, en pleins préparatifs d’une fête traditionnelle, probablement Shunbun, celle de l’équinoxe de printemps, lorsque son père s’agita un peu et ouvrit les yeux. Miko fut frappée par l’impression de grande fatigue qui se dégageait des traits réguliers et autrefois altiers de son père.
- — Oh, la belle surprise ! Mon ange est là. Qu’est-ce que tu fais ? Mmm, les vieilles photos que voilà ! Il faudrait que tu arrêtes de regarder le passé et que tu penses à l’avenir, dit le malade avec un sourire douloureux.
- — Tu as raison, papa. Cette photo a bien été prise trois mois avant ma naissance, n’est-ce pas ? demanda Miko.
- — Fais voir…
Son père se souleva péniblement sur sa couche. Miko lui tendit immédiatement l’album.
- — Oui, c’est bien ça, tu es née trois mois après Shunbun no Hi. Est-ce que cela a de l’importance ?
- — Non, aucune… je passais le temps. Pourquoi veux-tu que je pense à l’avenir alors que tu refuses d’y être ? lança Miko.
Les lèvres du malade esquissèrent le même sourire fatigué que précédemment. Sa voix se fit plus faible, hésitante, comme s’il cherchait ses mots.
- — Je ne refuserais pas d’y être si j’avais la certitude que mon honneur n’en serait pas absent ! Et ce n’est pas ton copain européen qui me convaincra d’accepter cet argent sans contrepartie. Et comme je n’ai aucune richesse ou aucun savoir à lui donner…
- — Mon copain européen ? Qui ? Qui est venu te voir, papa ? Qu’est-ce qu’il voulait ?
Le père tourna le regard. Sa voix se fit encore plus faible, son regard fuyait celui de sa fille, comme s’il regrettait les mots qui venaient de franchir ses lèvres. Miko se dit en cet instant que son père était vraiment très fatigué : il avait toujours montré une extraordinaire maîtrise de lui-même et là, elle avait l’impression que ces paroles lui avaient échappées. Jamais, en temps normal, il n’aurait commis une telle erreur.
Il reprit d’une voix hésitante :
- — Ma chère petite, lorsqu’un jeune homme vient voir un vieil homme comme moi, c’est soit pour lui demander un conseil, soit pour demander la main de sa fille. Je n’avais aucun conseil à lui donner…
- — Un Européen est venu te demander ma main ! Comment s’appelle-il ?
Miko hurlait presque. Elle ne s’était jamais sentie si proche de la solution, et en même temps, elle était morte d’inquiétude à l’idée de ce que pourrait être la réponse.
- — Je ne me souviens plus de son nom…
- — Il est comment ?
Miko tremblait.
- — Grand… et pfff… je ne sais pas, moi ! Ils se ressemblent tous, pour moi ! ironisa le père.
- — Papa, ne te moque pas de moi ! Tu peux bien me dire s’il était blond ou brun ou encore noir ! Je sais que tu es très fatigué, que les médicaments de ton traitement perturbent ta mémoire, mais quand même ! Un homme vient demander la main de ta fille unique, et tu ne lui demanderais pas qui il est ? Et tu l’oublierais ? Papa !
En un instant, Miko retrouva son père. En un instant, au prix d’un intense effort de volonté, le vieil homme malade rassembla ses forces, et retrouva l’aplomb et la sérénité qui étaient restés dans la mémoire de Miko comme l’image de ce qu’était son père avant sa maladie.
- — Excuse-moi, Miko, mais je ne me moque pas de toi. Bien sûr que j’ai vu ce garçon, bien sûr que je sais qui j’ai vu ! Mais ce gentil garçon ne m’a pas demandé ouvertement et officiellement ta main. Il m’a parlé de tes futurs enfants, et il m’a semblé qu’il aurait bien voulu les faire. Mais qu’importe qui est ce garçon et s’il est à ton goût, puisque ta réaction montre à l’évidence que tu ne le connais pas… Dommage d’ailleurs, il m’avait presque convaincu de prendre cet argent, s’il avait été vraiment ton amoureux… ce que je voulais vérifier. Mais l’honneur, Miko, n’a rien avoir avec les sentiments : recevoir de l’argent d’un gendre, passe encore. Le don marque le respect et la reconnaissance. Mais d’un parfait inconnu, c’est hors de question ! Si un jour, parce que j’aurais accepté cet argent, tu te sentais contrainte de l’épouser, j’aurais l’impression d’avoir vendu ma fille !
Miko reconnut la sagesse de son père et même si cette sagesse le faisait se comporter comme une tête de mule, elle lui montrait aussi à quel point il l’aimait.
Elle venait dans le même temps d’obtenir une série de réponses et de s’éloigner d’une partie de la solution. Première réponse, ce n’était pas une simple histoire d’argent. Deuxième réponse, il y avait un homme qui semblait la convoiter. Solution manquée, en admettant ne pas le connaître, elle éloignait la possibilité que son père accepte l’argent de cet homme pour financer son opération. Deux pas en avant, un pas en arrière… mais ça faisait quand même, au bout du compte, un pas en avant, non ? Un tout petit pas, mais un pas quand même.
Pourquoi ce mystérieux admirateur n’était-il pas venu simplement la voir, tenter de la séduire « classiquement » au lieu de tenter de séduire son père ? Elle dut admettre qu’une hypothèse s’en trouvait renforcée : Vincent ! On n’a pas besoin de séduire un être que l’on peut posséder… Ce type de réflexion était tout à fait dans la philosophie du bonhomme.
Si Vincent est derrière tout ça, est-ce que ça vaut le coup de continuer ?
Oui. Sans aucun doute.
Ne serait-ce que pour régler mes comptes avec lui… Et aussi savoir comment, par quel incroyable hasard, a-t-il trouvé Ninaa, cette fille qui me ressemble tant ! Il est équipé d’une tête chercheuse à Miko, ou quoi ?
On sonna à la porte. Elle regarda sa montre, c’était probablement son chauffeur. Avant d’aller ouvrir, elle prit la main de son père qu’elle plaqua sur son cœur.
- — Sens ! Ce cœur ne bat actuellement que pour un seul homme. J’attends tout de lui. Et il refuse de répondre à mon désir.
- — Bien essayé, ma fille. Mais l’homme qui fait battre ton cœur en a aussi un qui ne supporterait pas ne pas pouvoir honorer une dette ou pire, de l’honorer en sacrifiant ce qui ne peut être sacrifié.
La main posée sur son épaule, la pression du pouce à la forme si caractéristique, finirent de décider Miko. Elle devait poser à son père la question à laquelle elle pensait depuis le matin. Il fallait qu’elle sache…
- — Je dois y aller. Je reviendrai rapidement te voir…
Miko respira. C’était un instant de vérité, un de ces instants où les secrets de famille les mieux cachés surgissent du passé. Elle reprit, d’une voix dans laquelle elle ne put éviter de laisser filtrer un léger tremblement :
- — D’ici là, recherche dans ta mémoire si, une fois dans ta vie, tu n’aurais pas mis ton honneur de côté… Si tu l’as fait une fois, tu pourrais le refaire.
- — Je n’ai pas besoin de réfléchir : jamais je n’ai trahi mon honneur. Des gens autour de moi l’ont fait et m’ont blessé, mais moi… jamais !
Miko savait que son père disait la vérité. Elle en ressentit un immense soulagement qui cependant ne parvenait à masquer totalement une pointe de regret : la perspective aurait été plaisante, tout de même, pour elle qui avait toujours été seule… Mais son intuition se révélait fausse, tout cela n’était que coïncidences et, du coup, le mystère restait entier.
Elle abandonna le malade et sortit rejoindre son chauffeur. Pas besoin de dialogue pour comprendre ce qu’elle devait faire : une robe courte de la couleur habituelle, le collier, les fameuses cuissardes et sa rondeur l’attendaient sur le siège arrière.
Le trajet fut relativement court. Miko prit conscience d’un fait qui lui avait échappé : quel que soit leur objectif, il était probable que le refus de son père d’accepter leur argent représentait un grave échec, ou au moins un sérieux contretemps, dans les plans des maîtres du jeu. Sinon, pourquoi auraient-ils essayé de le contacter et de le convaincre directement ? Loin de la réconforter, cette réflexion lui amena des larmes aux yeux. Elle devait impérativement trouver une solution par elle-même.
Et elle y était désormais plus résolue que jamais.
* * * * *
La voiture s’arrêta devant un salon hall d’exposition où se tenait un salon : « Le Monde du Manga et du Hentai ». Miko sourit. Une hôtesse dans une tenue très « manga » lui ouvrit la porte.
- — Je vous prie de bien vouloir me remettre la bille, demanda-t-elle.
Miko obéit. Quelle idée bizarre de lui réclamer quelque chose qu’elle venait à peine d’installer ! Elle avait tout juste réussi à « s’échauffer ». En échange, elle reçu un masque de chirurgien – fuchsia, évidemment. En le mettant en place, elle devina que sa raison d’être était la même que la cagoule qu’elle avait passée au restaurant, préserver son anonymat et certainement pas protéger les personnes qu’elle allait croiser d’une infection pulmonaire contagieuse. Elle se souvint que Vincent – encore lui ! – prétendait que c’était pour se protéger de la pollution de l’air dans son pays que les gens se déplaçaient ainsi. Ridicule !
L’hôtesse invita Miko à la suivre, et elles pénétrèrent dans le hall d’exposition. Des centaines d’enfants et leurs parents parcouraient les allées et déambulaient devant les stands consacrés à leurs héros. Miko était un peu gênée, en présence de tant d’enfants, de sa tenue un peu provocante, et elle fut heureuse d’arriver dans une zone de toute évidence réservée aux plus grands : les filles qu’elle croisait à présent avaient des jupes nettement moins longues et les « poumons » sensiblement plus… visibles.
Allait-on lui faire distribuer des autocollants aux visiteurs, comme cette fille qui venait de lui donner une petite image portant l’adresse d’un site Internet payant ? Visiblement non, car elles quittèrent le hall principal et entrèrent dans un long couloir, au bout duquel elles débouchèrent dans une salle de sport avec des gradins bien garnis !
Miko observa les gens dans les tribunes. Peu de femmes, les hommes avaient entre 30 et 40 ans. Tous criaient en réclamant le début du show. Miko eut la confirmation de son intuition à propos du masque : il y avait plein de caméras, on ne voulait donc pas qu’elle puisse être identifiée. Elle observa le matériel. Celui-ci ne portait pas le logo d’une quelconque chaîne de télévision, mais celui d’une société très connue, spécialisée dans la conception de zenra ! Elle allait assister, ou plus vraisemblablement participer, à une émission du même genre que celle du soir où elle s’était disputée avec Éric, où deux équipes essayaient de faire entrer le plus grand nombre de filles nues dans une cabine téléphonique.
Son hôtesse prit la parole :
- — Je vous explique brièvement le principe du jeu d’aujourd’hui. Il y a trois équipes de filles : la rose, la jaune et la rouge. Il y a une équipe de garçons : la bleue. L’équipe féminine gagnante recevra une très grosse somme d’argent, les autres rien ! Si une fille hésite ou refuse de faire une épreuve, elle est livrée en pâture aux garçons, qui en font ce qu’ils veulent.
- — Mais c’est horrible ! Je refuse de participer à ça ! C’est digne des jeux du cirque de l’époque de Rome !
- — On se calme ! Ça, c’est que croit et voit le spectateur… La réalité de l’émission est toute autre : toutes les filles seront payées pour leur participation, mais chaque fille qui gagnera une épreuve recevra une prime conséquente. Les « victimes » sont consentantes, désignées à l’avance et indemnisées pour la perte des primes qu’elles pourraient gagner en continuant, et les « actes » des garçons sont bien sûr strictement planifiés et encadrés, eux aussi !
Miko s’inclina. C’était évident ! Cette société était un opérateur professionnel de spectacles. Elle aurait risqué de très sérieux ennuis judiciaires si elle avait tenté d’organiser ce genre de « jeux » avec de vrais amateurs, même consentants… au départ. Tout était nécessairement prévu à l’avance et consigné sur des contrats en bonne et due forme, précieusement mis de côté.
- — Vous faites partie de l’équipe rose. Vous devrez participer à une seule épreuve et au jeu final. Évidement, vous ne serez ni pénalisée ni jetée aux garçons !
Miko eut à peine le temps de saluer son équipe que les participantes furent annoncées aux spectateurs. L’équipe entra dans la salle sous les applaudissements, et Miko découvrit à cet instant avec stupéfaction qu’elle connaissait l’organisatrice des jeux : c’était Ninaa !
Elle comprit d’où provenait le professionnalisme qui entourait toutes les étapes et épreuves par lesquelles elle était passée : Ninaa et/ou les maîtres du jeu avaient très probablement fait appel aux équipes techniques de cette société. Une pièce du puzzle venait de se mettre en place, mais plusieurs réponses restaient à trouver, à commencer par savoir d’où venait les fonds puisque ses épreuves ne s’inscrivaient pas dans le cadre d’une production. Et aussi, pourquoi Ninaa était-elle partie prenante dans cette aventure ?
La première épreuve débuta. Une fille de chaque camp, habillée d’un short et d’un t-shirt blanc, devait parcourir une zone remplie d’obstacles tout en étant copieusement arrosée d’eau froide par les garçons. Une fois arrivée à destination, elle devait entreprendre de faire une pipe à un garçon. Son temps était arrêté lorsqu’elle avait réussi à le faire éjaculer.
Miko, comme les autres filles, fut rapidement saisie par l’excitation de la compétition, et se coula dans l’esprit d’équipe. La fille rose était cependant bonne dernière. Premier incident, la fille jaune refusa d’avancer dans un couloir où les garçons pouvait lui arroser son intimité. Aussitôt, un compte à rebours se mit en marche sous les cris de joie de la foule. Elle avait quinze secondes pour continuer son parcours, mais elle ne bougea pas, faisant « non, non » de la tête. Un énorme coup de gong se fit entendre. Aussitôt une horde de garçons se lancèrent à la poursuite de la fille qui, « horrifiée », fit mine de s’enfuir. En vain, bien entendu, et c’est devant son équipe que la fille fut mise à nue et prise par plusieurs garçons. Si Miko n’avait pas été prévenue par son hôtesse que tout ceci était programmé et prévu, elle serait partie en courant tant la scène avait été réaliste et bien jouée.
La fille rouge cracha dans sa main et montra à l’arbitre le sperme que son « travail » venait de lui faire obtenir. Elle gagnait l’épreuve ! La fille rose arrêta son œuvre… au grand désarroi de l’homme qu’elle était en train de sucer !
On appela Miko. Bien qu’elle savait qu’elle ne courrait pas le risque de se faire prendre par les garçons, c’est tout de même avec une certaine appréhension qu’elle s’avança sur le plateau.
Le jeu était simple : deux filles face à face, assisses ou couchées, recevaient chacune un godemiché dans son sexe. Les deux appareils étaient reliés par une corde, chaque fille devait donc retirer à la seule force des muscles du vagin le godemiché de son adversaire. Miko sourit, « sa rondeur » l’avait très bien préparée à ce jeu ! Était-ce dans le seul but de ce jeu qu’on l’avait fait se balader depuis des jours avec cette boule ? Question mise de côté, pour l’instant il y avait une urgence à traiter.
Miko était face à la fille jaune. Celle-ci, comme elle, portait un masque de chirurgien. Une trompe se fit entendre, et aussitôt le godemiché se mit à vibrer. Partagée entre l’envie se laisser aller à son plaisir et celle de gagner l’épreuve, Miko hésita à tirer. La fille jaune, quant à elle, n’avait pas hésité une seconde et Miko sentit son gode se dérober. C’est avec beaucoup de mal qu’elle réussit à l’empêcher de ressortir complètement et qu’elle réussit, sous les cris de la foule qui suivait les détails du « combat » sur des écrans géants, à renverser la situation à son avantage. Le godemiché de la Jaune se retrouva sur le sol, alors que Miko était toujours « bien garnie ».
Applaudissements fournis, et apparition d’une nouvelle concurrente pour Miko, une grosse fille de l’équipe rouge qui s’assit face à elle. Miko remarqua tout de suite les anneaux qui ornaient ses lèvres intimes. Bruit de trompe, cette fois-ci Miko ne perdit pas de temps et commença immédiatement ses tractions vaginales. Mais à sa grande surprise, le godemiché de son adversaire ne bougeait absolument pas ! Les godes avaient recommencé à vibrer, et Miko commençait à être gênée par le plaisir qui montait sous l’effet des vibrations de l’engin dans son vagin. Elle avait de plus en plus de mal à maintenir son petit sexe serré, d’autant qu’il se lubrifiait de plus en plus. Un coup d’œil à son adversaire : bien qu’étant elle aussi sous l’emprise des vibrations, elle ne semblait avoir aucune difficulté à garder l’objet en elle. Dans un éclair, Miko comprit. Elle cria et demanda un contrôle.
Coup de sifflet. Un arbitre s’approcha et constata, comme Miko l’avait deviné, que la fille rouge avait triché en coinçant le fil dans un de ses anneaux. Elle fut immédiatement disqualifiée et la sanction tomba : elle était livrée aux garçons ! Miko sourit en voyant la fille un peu boulotte se frotter les mains et se lécher les lèvres avec une pointe de gourmandise en voyant quatre superbes garçons foncer sur elle !
Miko avait gagné les deux manches et remporté l’épreuve, ce qui lui valut d’être congratulée chaleureusement par toute son équipe, et de recevoir un tonnerre d’applaudissements de la part du public. Désormais reléguée pour un temps au rang de simple spectatrice, elle n’avait plus d’autre rôle que d’encourager son équipe. Elle en profita pour observer attentivement les personnes qui entouraient Ninaa.
Elle ne put reconnaître quiconque, et donc n’en tira aucune conclusion, si ce n’est que Ninaa semblait être quelqu’un d’important dans cette équipe. Elle n’était certainement pas qu’une simple animatrice, son autorité et la rapidité avec laquelle tous s’affairaient autour d’elle démontrait qu’à l’évidence elle se comportait en patronne, pas en simple « potiche » télévisuelle.
Le temps passa. Les équipes rose et jaune étaient à égalité, la rouge à un point à peine de ses adversaires. Comme cela était prévisible dans tout spectacle bien pensé, la dernière épreuve, qui attribuait 3 points, allait déterminer l’équipe gagnante.
Toutes les filles furent appelées sur le plateau, sauf évidemment les « éliminées » qui avaient rejoint les coulisses et qui, compte tenu de leurs « activités » post-élimination, étaient de toute façon très probablement hors d’état de jouer à quoi que ce soit.
Miko comprit tout de suite le principe de ce dernier jeu. Elle allait s’amuser ! Les trois équipes étaient alignées côte à côte. En dessous de chaque fille, pointant vers le ciel, se trouvait un phallus qui était en réalité une pompe à vélo améliorée ! L’air produit par les mouvements de va-et-vient permettait de gonfler un ballon situé derrière chaque fille, de telle façon qu’elle ne puisse le voir. Le but était limpide : faire exploser son ballon la première.
Au coup de sifflet, les filles se jetèrent chacune sur un appendice, heureusement bien lubrifié par l’équipe de préparation. Miko, placée en dernière position de sa file, vit ses coéquipières amorcer leur va-et-vient. Les spectateurs hurlaient leurs encouragements, avec cette sorte de frénésie grandissante propre à ce type d’ambiance. Miko essayait de doser ses mouvements pour que ceux-ci soit les plus efficaces possible sans engendrer trop vite l’orgasme.
La fille rouge à côté d’elle poussa un râle et arrêta son mouvement. Deux filles de son équipe firent de même. Une fille de l’équipe jaune hurla si fort qu’elle couvrit les cris de toute la salle. Elle se dégagea de son socle, secouée par des spasmes violents, et elle s’effondra, endormie ou inconsciente, sous les regards réprobateurs de son équipe.
Une autre fille rouge arrêta sa gymnastique à son tour. Une des filles de l’équipe de Miko qui venait de jouir essaya de reprendre son travail, mais celui-ci était de moins en moins efficace.
Une après l’autre, les filles s’arrêtèrent, saturées par le plaisir. Miko finit par être la dernière représentante de son équipe. L’équipe jaune n’avait plus personne dans l’échappée finale, et seules deux filles de l’équipe rouge s’activaient encore aux côtés de Miko. Une des deux avait déjà joui et semblait avoir du mal à tenir son rang dans cette dernière ligne droite. Miko avait de plus en plus de mal à ne pas rejoindre ses équipières et adversaires dans le plaisir. Elle était sur le point de jouir à son tour lorsqu’on entendit le bruit caractéristique d’un ballon qui éclatait. Miko se laissa aller à sa jouissance en priant pour que ce soit le sien qui… Relâchant son effort, elle regarda derrière elle : il n’y avait plus de ballon rose !
Malgré leur épuisement , les filles de l’équipe rose portèrent Miko en triomphe, sous les hurlements suraigus d’une foule enthousiaste et hystérique. Le montant des gains de l’équipe s’afficha sur l’écran géant, une somme assortie d’un nombre fort conséquent de zéros. Miko sourit : même si la somme était exprimée en yens, ce qui la rendait plus impressionnante, et après répartition entre les membres de l’équipe, cela ferait encore une très belle somme, d’un montant qu’elle n’aurait jamais pensé gagner !
Toutes les participantes se précipitèrent dans les coulisses en piaillant, se disputant pour se placer dans la file devant la comptable de la production qui établissait les chèques. Miko ne put s’empêcher de comparer cette meute plus surexcitée que les spectateurs du show aux sans-abris de la veille… Elle soupira et se plaça en dernière position dans la file, au calme. Quoiqu’il arrive, ce bout de papier, même s’il représentait une vraie fortune, finirait par lui parvenir.
Après un long moment, elle se retrouva devant la préposée, qui lui demanda d’émarger en face de son nom avant de lui remettre le précieux papier. Miko regarda le montant du chèque… et sentit son sang ne faire qu’un tour, son cœur s’arrêter de battre, sa respiration se figer et sa bouche s’ouvrir en grand, prenant la forme d’un des nombreux zéros qui agrémentaient la somme. Ce n’était pas le montant, au demeurant fort impressionnant, qui provoquait cet état d’immense stupéfaction, mais le nom du signataire : Ninaa. Certes, elle s’y attendait. Depuis le début du show, elle avait compris que Ninaa était plus qu’une simple exécutante dans cette société. Mais elle venait de découvrir son inkan (1).
Qui lui donnait son nom…
Un nom banni de sa famille. Un nom devenu une insulte majeure. Un nom que plus personne, depuis des années, n’osait prononcer devant son père !
Miko voulait comprendre, devait comprendre. Comment cette fille pouvait-elle être liée à ce nom ? Encore une coïncidence ?
Elle aperçut Ninaa à quelques pas de distance, qui recevait les compliments de certains « officiels » et tardait à la rejoindre. Elle décida de l’attendre là, dans les coulisses, et en profiter pour revenir au calme, mettre de l’ordre dans ses pensées et essayer de comprendre.
Miko observait à la dérobée cette fille au sourire d’ange, et brusquement elle comprit. Tout se tenait ! Très probablement, Ninaa n’était pas au courant de l’histoire et celle-ci n’était certainement pas la raison du jeu : jamais Ninaa n’aurait pu, si elle avait connu le terrible secret que Miko venait de mettre au jour, organiser et monter toute cette opération. Organisatrice et complice des maîtres du jeu, oui, mais peut-être aussi victime.
Ou cible. Comme Miko.
Celle-ci venait de trouver une réponse à plusieurs énigmes ! Ninaa devait probablement être, bien avant le jeu, victime elle aussi de cet homme qui avait tant fait de mal à sa famille.
Ninaa arriva enfin.
- — Salut ! Tu en fais, une tête ! On dirait que tu viens de voir le diable en personne !
- — Laisse tomber, ça doit être la fatigue. C’est donc comme cela que tu gagnes ta vie ! Je comprends maintenant ce que voulait dire « les maîtres du jeu gagnent leur vie grâce à mon sexe ».
- — Eh bien oui ! Il n’y a pas de sot métier ! Et je t’assure que cela rapporte, puisque le public en raffole, de ces joutes ! confia Ninaa. Les jeux que tu as testé ont tous resservi par la suite, et tous ont remporté un véritable triomphe. Du coup, grâce à cela, je suis devenue directrice de production ! Je te dois beaucoup, Miko, ajouta-t-elle plus doucement.
- — Tant mieux pour toi. Mais aujourd’hui, pourquoi m’as-tu fait gagner cette argent avec cette mascarade de compétition ? demanda Miko.
- — Pour ton père, évidemment ! Il refuse de prendre notre argent, il acceptera bien le tien…
- — Si j’avais eu cet argent, je le lui aurais donné depuis longtemps. Il va tout simplement déduire qu’on me l’a passé, encore… Il refusera.
- — Et merde ! Tu as raison… Eh bien, garde-le pour toi… Tu pourras au moins lui offrir un bel enterrement ! Sacré tête de mule !
Miko, bien qu’un peu choquée sur le coup par les propos de Ninaa, dut reconnaître qu’elle avait hélas raison. Ninaa s’excusa, elle devait terminer certaines formalités et régler des détails avant de la rejoindre dans la voiture pour qu’elles puissent rentrer.
Épuisée, avec en mains plusieurs années de salaire qu’elle savait ne pas pouvoir utiliser comme elle l’aurait souhaité, Miko arriva à la voiture. Une piétonne devant elle laissa tomber son foulard. L’homme qui passait à sa hauteur se précipita pour le ramasser et le lui tendre.
Le chauffeur aperçut Miko et descendit pour lui ouvrir la portière. Miko s’effondra sur la banquette arrière.
La scène de l’homme ramassant le foulard lui rappelait une scène identique, des années auparavant, celle de sa rencontre avec Vincent. D’une banalité à faire pleurer Cupidon ! Elle revenait d’un cours du soir. En croisant une personne dans la rue, elle accrocha son écharpe à une palissade. « Laissez-moi vous aider » lui annonça le garçon. C’était Vincent. Pourquoi avait-elle accepté son verre et le jour suivant son lit ? Certainement à cause de l’énorme tristesse qu’elle ressentait en ce jour d’anniversaire : deux ans sans la moindre nouvelle d’Antoine.
Ah, ce brave Antoine ! Un garçon gentil, toujours prêt à aider mais sans jamais s’imposer. Il pouvait l’écouter des heures sans l’interrompre. Et ses conseils étaient toujours pondérés, donnés sans aucune arrière-pensée. Même leur rencontre était hors du commun !
Elle se rendait dans le parc à 300 mètres de l’école pour faire des katas de kendo. C’était la seule sortie non accompagnée qui lui était autorisée. Pour se rendre au parc, elle faisait un petit détour qui l’amenait devant l’ambassade du Japon. Pourquoi ? Elle se le demandait encore… Voir le drapeau de son pays ? Croiser des concitoyens ? Espérer voir son oncle ? Elle n’aurait pu le dire. Peut-être simplement un rituel, comme ceux qu’elle ne pratiquait plus.
Quoi qu’il en soit, ce jour-là elle assista à un drame. Une dame se fit voler son sac par deux jeunes à moto. La malheureuse resta accrochée à son sac et les voleurs, ne voulant pas lâcher prise, la traînèrent sur plusieurs mètres.
Un jeune homme essaya de s’interposer, mais en vain. Le passager de la moto lui balança un coup de couteau dans le bras qui l’obligea à lâcher prise. La moto fonçait sur Miko, armée de son bâton d’exercice. Sa première idée fut de s’en servir pour taper sur le conducteur, mais la moto allait déjà trop vite, elle risquait tout simplement de se faire très mal. La solution était simple, toujours la voie de la souplesse, le jû-dô : utiliser la force de l’adversaire contre lui. L’adversaire allait vite ? Sa vitesse causerait sa chute.
Lorsque la moto passa à sa hauteur, elle se baissa rapidement et tendit son bâton de kendo en visant les roues. La moto fit un vol plané, les deux passagers furent projetés en l’air et chutèrent lourdement au sol, sans qu’elle-même ne subisse de dommage.
La foule courut au secours de la pauvre dame qui semblait très sérieusement blessée après avoir été traînée sur plusieurs mètres par les deux voyous, et monta la garde devant ceux-ci, bien en peine de s’enfuir tant ils avaient été sonnés par leur envol imprévu.
Personne ne s’occupait du jeune homme, qui pourtant perdait son sang par une énorme entaille au bras. Miko reconnut le jeune garçon, c’était un habitué qui se rendait souvent à la piscine. N’ayant rien pour le soigner, elle eut l’idée d’ôter son t-shirt et d’en faire un pansement. Elle se dit amusée que personne ne verrait la blessure : le t-shirt était presque de la même couleur que le sang, juste un peu plus violet.
Le visage d’Antoine s’empourpra brusquement alors qu’une minute auparavant il était pâle comme un mort : Miko, comme à son habitude, ne portait pas de soutien-gorge, et elle était torse nu devant lui !
- — Merci, tu es gentille… mais euh… tu n’as pas froid ?
Lorsque la police arriva, elle voulut arrêter Miko pour exhibitionnisme. C’est en voyant qu’elle tenait le bras d’un blessé qu’un policier comprit ce qui s’était passé et calma le jeu en lui passant une chasuble jaune fluo.
Elle riait encore au souvenir du concierge de l’école, ouvrant des yeux gros comme des balles de golf alors qu’elle rejoignait l’internat dans cette tenue très colorée.
Le lendemain, elle se rendit avec le responsable de l’internat au chevet de « son blessé ». Un amour sous surveillance était né. Miko sourit. Pour soigner un inconnu, elle avait rejeté sa honte, avant de se rendre compte qu’elle avait enfreint la loi. Son sourire se figea. Pourquoi ce souvenir lui faisait elle penser aux règles du jeu ?
Ninaa entra à son tour dans la voiture. Miko avait toujours son chèque en main, elle regarda encore une fois les caractères de l’inkan. Ce nom et leur ressemblance, c’était trop cette fois-ci pour être de simples coïncidences, ou alors elle était tombée sur l’anomalie statistique du siècle. Elle avait certainement raison. Elle DEVAIT avoir raison.
- — Ninaa… Quelle est ta date de naissance ? demanda Miko sans aucune explication.
- — Pourquoi cette question ? lui répondit Ninaa, surprise.
- — Pour rien… En Europe, ils utilisent des signes différents des nôtres pour déterminer leur destinée, et je voulais savoir de quel signe tu es.
Ninaa lui demanda son signe et la réponse l’amusa… quelle drôle d’idée d’utiliser cet animal pour déterminer un avenir ! Miko ne releva pas la remarque. Ninaa avait deux mois de plus qu’elle, ça ne collait pas. Et si, ça collait, ça pouvait coller si…
Tout se tenait. À cet instant, Miko se sentait partagée entre deux sentiments contradictoires, aussi forts l’un que l’autre : elle mourrait d’envie d’avoir tort et elle espérait éperdument avoir raison.
- — Ninaa, en rentrant… je pourrais téléphoner à ma mère ? Je ne l’ai vu qu’une minute ce matin.
- — Bien sûr ! Dors un peu, tu as les yeux cernés comme si tu venais de passer tout l’après-midi à faire l’amour.
Miko rit mais suivit le conseil. Elle était épuisée.
Related Post
Histoires Coquines - La bibliothèque !
Je devais faire une étude sur un auteur particulièrement apprécié par les romantiques, Lamartine.
Il me fallait des textes de référence et je décidai de fréquenter la bibliothèque assidûment jusqu’au terme de mes travaux. J’avais une chance dont j’étais parfaitement consciente, par le fait que cette bibliothèque était ouverte jusqu’à deux heures du matin tous les jours ! En fait je n’allais à la bibliothèque qu’après le dîner, pour que je sois plus tranquille en dehors du coup de feu de tous les étudiants ou les lycéens, souvent plus turbulents. Je m’y suis fait prendre les deux premières fois, me faisant même chahuter dans un tel lieu magique où il devrait régner silence et concentration. C’est l’été et se balader en minijupe paraît un outrage, où va se nicher la liberté des femmes ?
Bref, ce soir-là, il faisait si chaud, que je suis allée à la bibliothèque sans me préoccuper des risques de refroidissement que je pourrais subir au milieu de nuit, lorsqu’il me faudrait rentrer. Il a fait si chaud cette journée que la nuit ne sera pas assez fraîche pour m’inquiéter !
J’étais assise depuis une trentaine de minutes, j’étais absorbée par mes lectures, quand soudain une fille, étudiante je pense, vint s’asseoir sur la même table que moi, dans ma rangée. Je commençai par me dire que ce devait être une “emmerdeuse” : autant de place à cette heure et il fallait que cela tombe sur moi ! Ne pouvait-elle pas s’installer sur une autre rangée que la mienne.
« Arrête », me dis-je, « d’être aussi intolérante ! »
Absorbée par mes découvertes sur cet auteur que j’aimais tant, je ne pouvais m’empêcher de lancer quelques coups d’œil vers ma nouvelle arrivante, il faut dire qu’elle était attirante et, me sentant observée moi-même, je ne pouvais me résoudre à l’idée de ne pas en connaître la raison. Elle n’était pas d’une beauté à couper le souffle mais dégageait un charme qui enivrait, et je me plus à m’enivrer moi-même ! Visiblement je devais avoir quelque chose sur moi qui l’intriguait, sinon pourquoi m’aurait-elle observée ainsi en cachette ? Elle devait être nouvelle dans cette bibliothèque, car elle n’avait pas remarqué que, par le jeu de glaces, on pouvait surveiller les observateurs indiscrets.
Mais je me rendis vite compte, qu’elle savait s’adapter aux lieux et aux ambiances. Nos regards commencèrent à se croiser régulièrement dans ces glaces qui me renvoyaient son image et cela n’était pas sans me troubler. Ce fut comme une détonation, un coup de canon, était-ce cela que l’on appelait le coup de foudre ? Je m’aperçus qu’elle me plaisait terriblement et j’avais une vague impression que je ne lui étais pas indifférente non plus ! À présent je me surprenais à lui montrer mes jambes, j’étais excitée à l’idée de m’exhiber à son regard inquisiteur qui se faisait nettement plus pressant.. Elle devait être plus jeune que moi, mais affichait une telle force et une telle sérénité dans le visage que j’en étais impressionnée ! Enfin je ne pouvais plus douter, le regard, se portant sur mes cuisses souvent écartées juste pour elle, était en train de lui faire chavirer l’esprit.
Dois-je vous parler du mien ? Une brûlure sauvage commençait à envahir mon ventre, je me surprenais à avoir une envie d’elle comme jamais encore je n’avais connu. Nous ne pouvions en rester aux regards, mais je sentais bien que si je ne prenais pas l’initiative, elle ne la prendrait pas, peut-être par timidité, peut-être par pudeur. Je m’approchai d’elle, telle une féline, sans faire un bruit dans cet antre du silence, là où elle se trouvait, au calme de cette salle, plus isolée que l’était ma place initiale. Peut-être c’était la lumière douce amère que diffusait l’ampoule de ce lustre de lecture un peu bas qui était éloigné de notre place. C’était magique. Sans un mot je vins me coller à son corps afin que nos mains se frôlent, que nos cuisses frémissent dans ce contact charnel. Ses doigts caressaient les flancs de mes bras nus, descendaient le long de mon poignet, puis venaient se fondre sur l’extrémité de mes doigts. Quel délice ! elle m’électrisait.
Elle était vêtue d’une salopette en jean large, avec de grandes ouvertures sur les hanches, un léger tee-shirt noir faisait saillir une poitrine que je sentais ferme et tendue, je sentais son souffle s’accélérer au fur et à mesure que ma cuisse se lovait contre la sienne. Elle laissa tomber son bras sous la table, discrètement, pour venir poser sa paume si douce sur le dessus de ma cuisse largement découverte. Les hautes tables vertes massives de bibliothèque étaient nos parfaits alibis pour ces ébats volés, ces caresses furtives, ces moments de tendresse. Pas un mot n’était sorti de nos bouches qui n’avaient qu’une envie, se fondre l’une à l’autre. Je frémis langoureusement lorsque je sentis ses doigts s’immiscer sous ma jupe d’été et courir le long de l’aine, j’écartai le plus possible mes cuisses, afin de lui offrir toute la cyprine qui s’écoulait de mon sexe trempé.
Son doigt, plus inquisiteur à présent, se frayait un chemin à la lisière de ma petite culotte de coton blanc, maintenant l’intérieur de son index effleurait mes lèvres qu’elle découvrait trempées de bonheur. Ce grand explorateur avait décidé de venir fouiller ma grotte d’amour, que je lui abandonnais volontiers. Les autres doigts étaient venus rejoindre l’index, et c’est son pouce qui s’attaqua en premier à mon bouton d’or qui s’érigeait de plaisir. Elle titillait cette partie de mon corps entre son index et son pouce et elle sentait que j’étais en train de défaillir, j’avais oublié Lamartine et ce pour quoi j’étais venue. Elle paraissait absorbée par sa lecture et ne me lançait que quelques regards furtifs de temps en temps, pour surveiller mon émoi qui aurait pu trahir nos activités secrètes. De temps en temps, je jetais un œil par-dessus son épaule, pour vérifier que personne ne nous regardait, les glaces nous y aidaient bien, la pénombre également.
Je décidai de me tourner légèrement vers elle afin de lui offrir plus encore ce vagin complètement trempé par ses caresses époustouflantes que je n’avais jamais encore connues avec cette intensité. Elle comprit bien mon initiative et doucement se laissa glisser sous cette grande table d’où personne ne pourrait la voir. Allai-je tenir le coup sans crier de bonheur comme j’en avais envie ?. Je sentis ses mains baisser ma culotte, je l’aidai en soulevant mes fesses pour que celle-ci puisse plus aisément tomber à mes chevilles. Puis je découvris une chaleur moite et humide sur mes lèvres et sur mon clitoris, c’était sa langue qui venait jouer avec mon plaisir.
Elle aspirait à présent mon bouton érigé, qui bandait sous les passages de sa langue, je souhaitais que ce moment ne s’arrête jamais, c’est à cet instant que je ressentis une violente réaction au creux de mes reins, mon premier orgasme était en train de monter en moi, il allait falloir que je puisse l’assumer sans un cri ! Était-ce possible ? Je devais m’y contraindre si je voulais faire durer ce moment intense, cette jouissance au-dessus de toute imagination.
Sa main se fit plus violente et deux doigts pénétraient mon sexe au plus profond de mes entrailles, elle touchait presque mon utérus qui durcissait, un de ses doigts s’orientait vers mon fruit défendu que je lui offris sans retenue en me soulevant légèrement jusqu’à m’asseoir sur le bord du banc. Je pinçai mes lèvres fort pour ne pas hurler durant cet orgasme et je me surpris à être encore lucide à surveiller sans cesse pour vérifier que personne ne nous observait. Maintenant son index et son majeur étaient en train de me branler frénétiquement et venaient m’arracher un deuxième orgasme long, majestueux, étonnant et merveilleux. Pendant ce temps son pouce avait trouvé le chemin de mon petit trou et la phalange remuait à l’intérieur de mon anus que je sentais se dilater à ses caresses magiques. Sa langue et la paume de sa main encore libre flattaient avec sensibilité l’intérieur de ma jambe de la cheville au genou puis de la cuisse à l’aine, cela me rendait folle, j’avais envie de frotter ce sexe contre le sien, j’avais envie de la lécher, de l’aspirer, de lui happer les pointes de ses seins que je sentais trahir le fin tee-shirt qu’elle portait. Je lui demandai de cesser, je ne savais pas en effet si je serais capable d’assumer ce troisième orgasme qui montait en moi encore plus intense que les précédents.
J’avais chaud et ne savais si je pourrais rester insensible à de telles sensations longtemps, c’est pourquoi je lui proposais de nous isoler dans un endroit qui respecterait notre intimité. Dans ces moments-là la réflexion ne vous est pas d’un grand secours, et c’est donc sans réfléchir que je lui proposai de continuer nos attouchements dans les toilettes de la bibliothèque. Elle avait tellement envie que l’endroit sinistre que je lui proposais ne lui créa pas non plus de problème de conscience.
Je me levai en premier et me dirigeai vers les toilettes des femmes où elle devait me rejoindre d’ici deux à trois minutes.
Personne, il n’y avait personne dans ces toilettes et je m’en réjouis d’avance, cela allait faciliter notre rendez-vous. Je décidai de l’attendre dans les toilettes du fond, celles réservées aux handicapés, parce que nous y trouverions plus d’aises, elles étaient en effet bien plus grandes que les autres. À peine avais-je fini mon inspection de propreté, que la porte du hall des toilettes s’ouvrit sur ma tendre partenaire qui se tenait dans l’encadrement de la porte, l’œil brillant de désir.
Vite nous nous engouffrâmes dans cette pièce où nous allions enfin prendre notre plaisir tant attendu. Forte de cette intimité enfin retrouvée, je décidai de prendre les opérations en main, j’ôtai les bretelles de sa salopette et retirai le tee-shirt noir, laissant apparaître deux superbes seins qui, effectivement, se tenaient sans besoin de soutien, aussi beau soit-il.. Ma bouche se fondit à la sienne et nous pûmes enfin partager un baiser où je sentis sa langue fouiller la mienne avec une intensité d’une telle beauté que mon envie d’elle fut encore décuplée… Je laissai tomber sa salopette sur ses chevilles, la largeur de celle-ci m’y aida facilement, et découvris deux cuisses fuselées à souhait, magnifiques, je sentis le pubis et les lèvres humidifier cette petite culotte noire en coton, vite je baissai celle-ci afin de découvrir avec ma langue le goût sucré de ce sexe qui n’avait envie que de se faire avaler par ma bouche inquisitrice.
Ma langue à présent fouillait ce sexe offert, et je sentais ses fesses sous la pression de mes mains se durcir d’envie, elle avait posé une de ses jambes sur le rebord des toilettes, pour m’offrir cet orifice encore plus écarté et faciliter ainsi le plaisir que je lui donnais avec ma bouche. J’avais le menton trempé par son nectar qui coulait abondamment le long de mon visage, et je sentais son petit bouton tout durci de désir bander au fur et à mesure que je le titillais avec une langue savamment experte.
Elle se raidissait et je sentais son plaisir monter, son souffle devenait court, ses yeux se révulsaient et à présent elle écrasait son sexe trempé contre mon visage à m’en couper le souffle, je mouillais abondamment également et d’une main libre je me donnais du plaisir pour que je ne sois pas en reste. J’étais toujours en jupe mais n’avais pas remis ma culotte qu’elle m’avait retirée sous cette table où je pris mes premiers orgasmes, j’avais remonté cette jupe jusqu’aux hanches pour être plus à mon aise afin de prendre mon plaisir sans retenue… J’étais accroupie devant elle, qui se tenait debout, appuyée contre le mur, elle décida d’immiscer son pied vers mon sexe qui lui était offert, complètement offert, vu l’écartement de mes cuisses provoqué par la position que j’avais adoptée. Je sentis son gros orteil pénétrer entre mes grosses lèvres et cette caresse m’électrisa complètement. Elle devait sentir comme j’étais trempée, son pied à présent se faisait plus pressant contre mon sexe, j’aurais été capable d’avaler son pied entier, tant le plaisir qu’elle me provoquait était grand !
J’avais fait un choix judicieux en investissant ces toilettes plus grandes que les autres, ceci nous permit de nous allonger toutes deux afin de nous lécher le sexe chacune, dans une superbe pose de « 69 », comme on l’appelle habituellement… Le carrelage était froid sous mes fesses ainsi mises à nu, mais c’était secondaire, trop occupée à aspirer son clitoris dans ma bouche qui jouait avec celui-ci, je le sentais s’enfler au gré de mes caresses buccales. Je sentais sa bouche s’occuper de mon sexe et ses doigts pénétrer mon anus avec son majeur et son index, je soulevai mon bassin afin de lui en faciliter l’entrée et mon plaisir. Je serrai sa tête entre mes cuisses pour être sûre qu’elle n’arrête pas sa caresse qui était en train de faire monter mon plaisir et ma jouissance à une intensité que je n’avais jamais encore connue.
Je fis la même chose et entrai mes doigts dans son trou défendu qu’elle m’offrait juste au-dessus de son visage, pendant que ma langue léchait ce sillon tout humide du bas de son sexe, tout près de ce trou que j’étais en train de fouiller, jusqu’au clitoris dur et tendu. Mes doigts s’enfonçaient profondément, presque à lui faire mal, mais apparemment, c’est du bien que je lui faisais, à entendre ses gémissement étouffés qui rythmaient ses spasmes de bonheur, elle jouissait, elle jouissait fort et je sentais que j’allais monter aussi, pour la rejoindre dans cet orgasme que nous attendions tant depuis près d’une heure.
Nos corps se détendirent enfin, mais nous restions là, alanguies par tant de bonheur, nous continuions à nous donner de légères caresses de tendresse, à nous embrasser, à nous lécher les seins, nous étions si bien, l’une contre l’autre. C’est à ce moment que je commençai à m’enquérir de savoir ce qu’elle avait fait de ma culotte, qu’elle m’avait si prestement retirée sous la table dans la salle de lecture. Un sourire s’installa sur ses lèvres et elle dit, dans un rire étouffé, qu’elle l’avait oubliée sous la table, justement. Nos seins, secoués par notre fou rire, étaient collés les uns contre les autres et il ne m’aurait pas fallu beaucoup de temps pour repartir dans un orgasme si, soudain, un bruit de porte et de pas n’était venu nous réveiller de la torpeur où nous étions installées après ces instants de bonheur.
Sans un mot, nos bouches collées l’une contre l’autre, nous entendions notre voisine fermer le loquet de sa porte des toilettes adjacentes et, peu après, nous entendîmes le jet d’urine dans l’eau de la cuvette où nous imaginions ses fesses installées sur la lunette.
Dès que nous entendîmes le bruit du rouleau de papier que l’on déroule, de la chasse d’eau, des frôlements de vêtements que l’on rajuste, du robinet et de l’eau qui se mélange au savon pour laver les mains et enfin de la porte du hall qui se referme, nous décidâmes de nous rhabiller également afin de réapparaître dans une tenue correcte en salle de lecture. Moi, j’avais encore une mission : récupérer ma culotte qui devait se trouver sous la table. Si la bibliothécaire avait remarqué notre absence, elle allait nous disputer, nous n’avions pas rendu les livres que nous avions empruntés et cela faisait presque une heure que nous étions absentes, j’eus soudain une boule d’angoisse au fond de ma gorge, même si Sophie, car elle s’appelait Sophie, essayait de me rassurer.
Je ne vis pas de suite la bibliothécaire à sa place, il était tard et plus personne n’occupait les tables de lecture, lorsque mon regard se dirigea en direction de celle que nous occupions, afin de vérifier que ma culotte se trouvait toujours sous la table, je la vis enfin, assise là, à la place que j’occupais, ma culotte à la main, en train de nous guetter du regard. Je m’approchai, la gorge nouée, en bredouillant des mots inaudibles. La jeune femme au visage dur me toisa d’un regard peu enclin à l’amitié et me dit sèchement :
- — J’ai vu votre manège depuis tout à l’heure, avant même que vous n’alliez aux toilettes, je vous rappelle qu’il s’agit d’une salle de lecture et non pas d’un salon de massage !
Je ne trouvais pas les mots, j’étais morte de honte, je baissais la tête, je l’observais en train de me sermonner, elle n’était pas mal, cette jeune femme un peu austère, avec son chemisier col “Claudine” et sa longue jupe noire. Était-ce l’uniforme qu’elle était assignée à porter et qui lui donnait un air si “catholique traditionaliste” ? Dommage, parce que si ses cheveux, qui étaient ramenés sur la tête en chignon assez mémère, avaient été laissés libres et tombants sur les épaules, si les lunettes demi-lunes étaient un peu moins ringardes, si ses vêtements avaient été un peu plus affriolants, elle n’aurait pas été mal, notre bibliothécaire agressive et non tolérante !
Je ne me souvins pas grand-chose de son sermon, mais les derniers mots me marquèrent particulièrement :
- — Vous serez interdites de bibliothèque, j’aviserai le directeur de votre attitude intolérable pour des étudiantes et en ses lieux, votre réputation va en prendre un sérieux coup, croyez-moi ! Je ne donne pas cher de votre peau, peut-être direz-vous adieu à vos chères études, vous devrez vous expliquer et vous justifier auprès de vos parents, qui avaient certainement fondé tous les espoirs en vous…
Je me mis à sangloter, je voyais ma vie basculer, ce devait être un cauchemar, je ne pourrais plus affronter le regard de mon père et de ma famille, de mes amies, des autres, elle ne pouvait pas faire cela, quand même. Sophie était figée, dans une attitude que j’admirais, comment faisait-elle pour rester ainsi impassible ? Puis le coup de grâce tomba enfin :
- — À moins que, pour acheter mon silence et que vous puissiez continuer à vaquer à votre vie étudiante, continuer en toute sérénité à passer vos examens, vous ne m’accordiez une faveur, je vous laisse donc le choix et ne veux vous forcer à rien… Je ferme la bibliothèque, vous me suivez chez moi et vous devrez me donner toutes deux une nuit de plaisir comme vous vous en êtes donné toutes deux, tout à l’heure. Ne niez pas, j’ai pu vous observer sur mon écran de contrôle, eh oui que voulez-vous, nous sommes obligés de vérifier que nos étudiants ne se livrent à aucun trafic de drogue, ni de lieu de consommation dans les toilettes comme ce fut le cas il y a encore peu.
Nous nous regardâmes, Sophie et moi, complètement ébahies, il ne nous restait guère de choix ! Nous décidâmes d’acquiescer ensemble à cette proposition qui, après tout, n’était pas si terrible, au vu de tout ce qui nous attendait si nous refusions. Puis Sophie serait avec moi, la bibliothécaire n’était pas non plus un thon. Peut-être, nue, était-elle moins austère ?
Elle me rendit donc ma culotte que je me hâtai d’enfiler et nous la suivîmes jusqu’à son domicile après qu’elle eût fermé et quitté son lieu de travail.
Mais là, il s’agit d’une autre histoire, qui laissa dans ma vie un souvenir intarissable, je vous la conterai peut-être un jour, si celle-ci vous a plu, allez savoir…

